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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 08:13

      Un esprit mathématique un peu disjoncté qui traduit tout en terme de probabilités peut facilement s'amuser à quantifier un raisonnement sur l'erreur humaine. De toute façon, on a quantifié plus bêtement déjà que cela, alors sur ce sujet grave, allons y gaiement!

 

Quatre grandes opérations

        Quatre grandes opérations lient les décisions aux raisons de ces décisions :

- De bonnes décisions pour de bonnes raisons.

- De bonnes décisions pour de mauvaises raisons

- De mauvaises décisions pour de bonnes raisons

- De mauvaises décisions pour de mauvaises raisons.

Le même esprit tordu évalue donc dans un premier temps les vraies bonnes décisions au quart des décisions, en se plaçant d'abord dans le cas le plus simple : l'individu raisonneur qui agit en tout bon égocentrisme et dont les décisions orientent sa vie personnelle.

En effet, seules les bonnes décisions pour de bonnes raisons sont réellement bonnes, car :

- Ce sont les seules bonnes décisions (pour de bonnes raisons) dont l'expérience peut être reproduite afin de produire, à environnement inchangé, de nouvelles bonnes décisions, à partir de bonnes raisons ;

- Les bonnes décisions pour de mauvaises raisons sont sans doute les pires, car elles amènent à reproduire les mêmes raisons pour déclencher des catastrophes de plus en plus importantes ;

- Les mauvaises décisions pour de bonnes raisons, peuvent conduire à la croyance que les raisons sont mauvaises, dont à éviter de bons raisonnements parce qu'ils semblent toujours provoquer de mauvaises décisions ;

- Les mauvaises décisions pour de mauvaises raisons, peuvent encore être corrigées, car ce sont les situations les plus faciles à mettre en évidence, d'autant plus que les conséquences premières sont cuisantes et que nous n'avons pas envie de les reproduire...

 

      Nous nous sommes placés du seul point de vue de l'individu égocentrique et les choses semblent plutôt simples au premier abord. Mais en fait, comme l'individu isolé n'existe pas ou dépérit assez rapidement (physiquement ou mentalement...), et qu'il existe toujours au moins un duo, la confrontation entre les quatre possibilités s'étend à beaucoup plus d'autres, et met en face de l'autre de chacun des protagonistes, pour chaque couple décision/raison (en supposant toujours bien entendu que chaque décision soit le fruit d'un raisonnement, ce qui est loin d'être toujours le cas, le nombre de personnes impulsives s'accroissant avec la multiplication des acteurs...). Ce qui fait au moins huit possibilités, au sens strict. Se confrontent 4 couples de décisions de l'un à 4 couples de décision pour l'autre. La paresse inhérente à la personne qui écrit cet article lui interdit de remuer davantage ses méninges, sur les croisements de ces possibilités. 

 

     Sachons seulement, suivant une méthode mathématique qui laisse toujours à désirer (mais bien entendu les mathématiques sont d'indécrottables absents du désir), le nombre de possibilités des couples décision/raison s'accroît de façon exponentielle avec le nombre d'acteurs en présence (toujours en se plaçant dans un environnement inchangé... ce qui bien entendu n'existe pas...), à raison de n puissance n-1 relations.... Ce qui veut dire qu'à trois, on a droit à 9 possibilités, à quatre à 64 possibilités en ainsi de suite (je connais des professeurs de mathématiques qui vont me mettre au piquet...). mais attention ces 9 possibilités (pour prendre seulement - par paresse toujours, ah c'est les vacances quand même! - le premier cas, existent pour un seul type de couple décision/relation, or nous en avons quatre...

 

      Au fur et à mesure que le nombre de relations entre les couples augmentent (quoi, quoi?... pas de grivoiseries!), la proportion de bonnes décisions pour de bonnes raisons chute lamentablement... Et l'erreur devient générale, lié à l'espèce humaine de manière admirativement solide. Et le nombre de points de vue sur la qualité des bonnes et mauvaises raisons et des bonnes et mauvaises raisons augmentant, cela produit un phénomène vraiment intéressant : de bonnes raisons peuvent devenir mauvaises en changeant de point de vue et de mauvaises devenir bonnes illico, et pareil par les décisions.

 

            Du coup, la statistique se ramasse une sacrée difficulté, car à vouloir tout quantifier on en oublie la qualité des décisions et des raisons. Or, comme la qualité d'une relation n'est pas quantifiable, et qu'elle varie dans le temps et dans les changements de lieu, cette sorte de mathématique sur les relations sociales est de toute manière condamnée à ne produire que des statistiques inutilisables, dont le seul résultat, comme beaucoup de raisonnements mathématiques, est assez tautologique, voire comique : l'erreur est humaine. De là à penser que plus de monde on est, plus les catastrophes peuvent arriver, le pas est déjà franchi avant même que vous ne l'ayez écrit... ou pensé...

 

            Ces lignes veulent relativiser tous les nobles efforts réalisés à longueur d'ouvrages pour mathématiser les relations sociales. De la lutte pour la vie mathématisée aux tentatives de socio-histoire (vous savez, Hari Seldon de la série Fondation d'Isaac Asimov... Non, vous ne savez pas, laissez tomber, il fait trop chaud pou réfléchir!), il est assez vain d'utiliser les mathématiques pour prévoir le résultat des relations sociales. Car pour comble de malheur, si vous parvenez à finaliser des calculs à environnements constants, cela s'avère inutile, car précisément tous les environnements changent (et ne me racontez pas d'histoires sur les marges!). Et si vous parvenez à finaliser avec des environnements changeants, et aboutir à une connaissance exacte de ce qui se passe et de ce qui va se passer, alors vraiment vous avez perdu votre temps, parce qu'en fait, comme vous avez toutes les sciences infuses, vous le saviez déjà avant de commencer les calculs!

 

  Notez bien, pour finir, que de l'expérience, on peut corriger de mauvaises décisions, à condition toutefois, de posséder la capacité de produire de bons raisonnements, ce qui n'est pas donné à tout le monde... et à condition aussi de comprendre les causes des décisions, ce qui est donné à encore moins de monde!

 

 

     Pourquoi tout de même, tant d'erreurs et tant de décisions en fin de compte mauvaises, même du point de vue des objectifs des intéressés et des bénéficiaires de ces décisions? Pourquoi tant de propension dans l'erreur... Est-ce parce que les individus sont en grande partie stupides? Parce que l'humanité se distingue par sa stupidité? Individuellement stupides ou collectivement stupide, cette espèce?  Sont-ce les individus qui sont stupides ou l'espèce toute entière?  Qu'est-ce qui l'emporte dans une espèce, l'addition des stupidités individuelles ou la stupidité rattachée à l'espèce? Prenons les insectes par exemple : individuellement stupide l'insecte, collectivement intelligente l'espèce... Prenons les humains : individuellement intelligent l'individu, collectivement stupide, l'humanité?

 

Les calculs de CIPOLLA

      En tout cas, l'humanité est souvent dans le pétrin, comme l'écrit l'historien de l'économie italien Carlo Maria CIPOLLA (1922-2000). Il dégage même quatre lois fondamentales de la stupidité humaine. 

1 - Chacun sous-estime toujours inévitablement le nombre d'individus stupides existant dans le monde. Si élevé que l'on juge le niveau de stupidité humaine, que l'on retrouve dans toutes les sociétés, dans tous les groupes, qu'ils soient puissants ou misérables, riches ou pauvres, matérialistes ou spiritualistes, dans toutes les catégories sociales et socio-professionnelles, dans le même pourcentage alpha, "on est régulièrement frappé, de façon récurrente, par le fait que :

a) Les gens que l'on croyait rationnels et intelligents s'avèrent outrageusement stupides ;

b) Jour après jour, avec une monotonie imparable, chacun est harcelé par des individus stupides qui surgissent à l'improviste, dans les lieux les plus malcommodes et aux moments les plus improbables".

2 - La probabilité que tel individu soit stupide est indépendante de toutes les autres caractéristiques de cet individu". Rien à voir avec la couleur de ses cheveux ni la longueur de son pénis. Qu'il soit jaune, marron, noir, blanc (si ça existe...), rose, rouge, vert, bleu... rien de cela ne détermine sa stupidité et sa stupidité, ajouterions-nous, ne fait pas varier la couleur de ses cheveux, la taille de son pénis, ni la couleur de sa peau... Notons toutefois que Carlo M. CIPPOLA a tendance à accorder une part naturelle à cette stupidité... Mais c'est une part de cette stupidité qui serait naturelle..

3 - Est stupide celui qui entraîne une perte pour un autre individu ou pour un groupe d'autres individus, tout en n'en tirant lui-même aucun bénéfice et en s'infligeant éventuellement des pertes. Cette Loi fondamentale "part du principe que l'humanité se divise en quatre grandes catégories : les crétins, les gens intelligents, les bandits et les êtres stupides." L'historien se paie même un schéma, genre graphique, pour expliquer la répartition des individus... 

4 - Les non-stupides sous-estiment toujours la puissance destructrice des stupides. En particulier, les non-stupides oublient sans cesse qu'en tout temps, en tous lieux et dans toutes les circonstances, traiter et/ou s'associer avec des gens stupides se révèle immanquablement être une erreur coûteuse.

   Dans son court exposé, Carlo M. CIPOLLA ne chiffre jamais ce fameux taux de stupidité alpha, même s'il effectue une comparaison de la puissance d'impact de la stupidité dans les société anciennes d'une part, et dans nos sociétés modernes d'autre part. Les richesses produites par le monde moderne tendrait à amoindrir cet impact... Voire, vu le pétrin actuel de l'humanité face à une nature qu'elle a elle-même en partie détruite...

 

Carlo M CIPOLLA, Les lois fondamentales de la stupidité humaine, PUF, 2012, 70 pages. Il s'agit de la traduction de l'anglais d'un texte écrit  en 1976 en édition limitée et numérotée, chez un éditeur arborant le nom impossible de "Mad Millers", les Meuniers Fous. Il fut d'abord traduit en italien en 1988. A l'automne 2011, l'éditeur italien Il mulino faisait paraître en anglais, The Basic Laws of Human Stupidity, texte qui sert de base à la traduction française... C'est un texte savoureux, méchant, et... pseudo-scientifique (mais pas à la manière de certaines impostures intellectuelles...!.

 

Complété (pour la stupidité) le 12 février 2013. Relu (avec plaisir) le 21 juillet 2020

 

 

MOQUS

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 08:43

        Les conflits d'intérêts menacent directement la démocratie, dans une mesure beaucoup plus importante que ce qu'on peut voir, entendre et lire des médias.

     Conflits d'intérêts entre fonction publique et fonction privée, entre mandat exécutif et mandat législatif se répandent comme le feu à la poudre. Avocats d'affaires sur les transactions immobilières légiférant sur l'habitat ou les bureaux, financiers s'activant à faire et à défaire les lois sur le fonctionnement des marchés et du système monétaire... poursuivent toute une tradition, mais à plus large échelle que les propriétaires de vignobles proposant et votant des lois sur le commerce du vin et des alcools... Professionnels qui légifèrent directement sur leur profession deviennent légion dans les Assemblées.

Pas étonnant que les services publics se transforment tous en services privés!  Passe encore que ce soient des activités "complémentaires" ou "temporaires" de ces élus, mais lorsque ces personnages cumulent dans l'esprit et le corps activités privées et activités publiques, lorsqu'ils érigent en principe les confusions, le devoir de servir et le pouvoir de se servir, cela s'appelle sobrement de la corruption.... Personnels politiques qui, maire un jour applique les lois, député un autre jour qui prépare, discute et vote ces mêmes lois... Personnes qui cumulent des mandats dans un exécutif local et dans un législatif national, hommes de lois qui appliquent plus ou moins consciencieusement les mêmes lois, cela s'appelle sobrement aussi de la corruption... Même si la deuxième corruption semble moins grave que la première, elles se nourrissent l'une de l'autre dans une joyeuse mesure pour certains, dans une plus triste mesure pour d'autres, beaucoup plus nombreux.

 

            Corruption de l'esprit de la démocratie. Il est tout-à-fait légitime que tous les lobbies, que tous les intérêts divers des nations sollicitent, assiègent même, les instances législatives. Il est tout-à-fait possible d'organiser la confrontation des différents points de vue, y compris en termes industriels et commerciaux. Mais là où un pas est franchi dans la décadence, c'est lorsque les intérêts privés eux-mêmes légifèrent.... Les affaires qui de temps en temps émergent dans les médias ne sont que la partie émergée !précisément) d'icebergs de corruption. Constamment, lobbies pharmaceutiques, de l'armement, du textile, de la chimie, du pétrole... guident directement l'activité des commissions parlementaires. En France plus qu'aux États-Unis, le Parlement est sensible au déploiement d'énergie des intérêts privés : les moyens du député ou du sénateur de base sont rachitiques par rapport à ce qui existe outre-Atlantique. Tout citoyen qui a eu la pénible obligation de prendre rendez-vous avec son député est frappé de la petitesse de son bureau, condamné à payer de sa rémunération pitoyable - par rapport à celle des ministres - frais de bureau et frais de personnel, notamment son secrétaire qu'il est obligé d'aller chercher dans sa mairie, lequel doit partager son temps entre Paris et la circonscription! 

 

       De manière générale, l'appareil politique actuel des pays dits démocratiques fonctionne sur la "synergie" chaotique entre intérêts privés plutôt que sur la mise en marche d'un intérêt général.

Peu importe encore une fois que le député ou le sénateur soit agriculteur, avocat ou chef d'entreprise, pourvu qu'il ait en tête l'intérêt général. Or ce n'est plus le cas. Ce sont d'abord ses intérêts qu'il a en tête!  Plus encore, la majeure partie des élites politiques, justifie, revendique cet individualisme possessif, au nom des principes de la concurrence à tous les niveaux, voire du libéralisme le plus épuré. Tant et si bien que les élus ne réclament même plus de statut d'élu - un statut qui en France leur ferait bénéficier de moyens conséquents propres à assurer leur indépendance et leur liberté d'action. Ceci est réduit à l'état de slogan électoral utile!

 

      Cette corruption recouvre un mépris des lois, en définitive, qui se propage à toute la société.

L'exemple venu de très haut du mépris du droit lorsqu'il contrecarre les nouveaux (et les anciens) privilèges distille à l'ensemble de tous les corps sociaux. Comme une gangrène, cette corruption pourrit toute la société. Et le citoyen, conscient que ses intérêts sont continûment bafoués n'a... plus aucun intérêt à respecter à son tour la loi... Cela devient le règne d'abord gentillet de la débrouillardise, puis dominant de la combinazione, et enfin agressif du chacun pour soi ou de sa famille... C'est le retour aux principes claniques, c'est la dominance de préoccupations individuelles étendues aux proches. C'est aussi la vie au jour le jour, le mépris absolu de toute perspective d'ensemble et à long terme érigé du bas en haut des hiérarchies sociales...

Une sorte de guerre civile larvée s'instaure, où tous les coups ne sont d'abord pas permis, où la violence dans un premier temps est évitée. Avant qu'elle n'éclate par accident, avant qu'elle ne soit banalisée, revendiquée, admise et que la guerre civile devienne une guérilla violente de tous les jours... Une guerre civile d'abord dans les esprits, puis dans les faits....

C'est d'abord de circuler dans les transports collectifs sans payer, frauder à la petite semaine comme les financiers le font à la grande... avant de virer les huissiers à son domicile, séquestrer de façon habituelle les employeurs, pirater de manière monotone les serveurs des administrations publiques et privées... avant de voler de manière quotidienne supermarchés, contrôleurs de fisc... avant de transformer des quartiers entiers, et demain des villes entières, en camps retranchés de marchés parallèles, clandestins.. et ensuite fonctionnant de manière ouverte, armées de protection en appui. Avant, bref de transposer en petit ce qui se fait en grand, dans les hautes sphères sociales et ceci de manière généralisée et banalisée...

Pour ceux qui pensent que cela reste utopique ou peu probable, qu'ils songent un instant à un pays au million de personnes derrière les barreaux, à des quartiers entiers vivant en dehors des lois ou presque : les États-Unis d'Amérique!

 

     Il n'est pas besoin de relire un Montesquieu ou un Tocqueville, pour voir dans cette corruption rampante, souterraine et ample, la fin de la démocratie. 

 

          La corruption fait vraiment monter la moutarde au nez dans certaines circonstances.

Parmi ces circonstances, le spectacle de la présidence française de Nicolas SARKOZY place la barre assez haut... et les odeurs de corruption vraiment d'un niveau très fort...

Nous recommandons un livre, une fois n'est pas coutume parce que nous n'aimons pas dans ce blog entrer, de quelque manière que ce soit, dans la politique politicienne française (outre l'aspect provincial, il y a le danger de se noyer dans des conflits particuliers) : celui de Michel PINÇON et Monique PINÇON-CHARLOT, Le président des riches, Enquête sur l'oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy, La Découverte/Poche, 2011, nouvelle édition revue et augmentée, de 281pages. Il donne à voir un précipité de divers types de corruptions d'intérêts toutes ouvertement mises en oeuvre. 

 

       Un autre aspect de cette corruption, en France toujours, mais importée des États-Unis, réside dans la collusion/confusion de l'activité de la presse et de la finance, particulièrement vive dans la presse économique. Les journalistes économiques, de concert avec la grande majorité des économistes, font l'apologie des affaires de la finance... en s'enrichissant eux-même du système libéral, tout entier plongé dans une vie mondaine. La pénétration de la finance dans le monde universitaire, et notamment des sciences économiques, est l'objet d'un autre livre que nous recommandons, même s'il est publié en pleine campagne électorale : Les imposteurs de l'économie, de Laurent MAUDUIT, publié, non pas par une maison d'édition bien connue, tant elles sont gangrenées par cette corruption-là, mais à Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2012, (295 pages).

    Nous en profitons pour dire aux lecteurs, qu'ils peuvent tout-à-fait en proposer d'autres, dans la rubrique Commentaires.

 

 

                                                                                                                                                                               REVOLTUS

 

 

Complété le 12 Avril 2012. Relu le 23 mars 2020 (avec angoisse, devant la crise du coronavirus, dont ils faudra que tous ces corrompus rendent compte un jour...)

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 13:49
         Inculte! C'est le mot qui blesse d'autant plus que cela est souvent vrai. Et là, dans ce domaine crucial de la santé, l'inculture semble générale! 

         L'embarras de pratiquement tout le monde devant la nécessité, la possibilité, le devoir moral, l'opportunité... de se faire vacciner face à la menace d'une grippe dont le germe est semblable à celui de la fameuse grippe qui fit plus de mort que la Première Guerre Mondiale tout de suite après celle-ci, est révélateur d'une inculture qui traverse absolument toute la société.
       Incultes, ces journalistes qui ânnonent des chiffres impossibles d'ailleurs à constituer sur les victimes de la grippe.   

       Incultes, ces laboratoires pharmaceutiques qui ne savent même pas si leur vaccin est efficace et dont le gouvernement vient d'interdire l'utilisation pour les enfants de moins de six mois.
        Incultes ces hommes politiques qui se contentent de répéter ce que leurs amis du complexe médico-financier leur dit de dire, sans en comprendre un traître mot, sauf que leur carrière peut être détruite s'ils renouvellent les erreurs de certains acteurs de l'affaire du sang contaminé.

       Incultes, tous ces hommes et toutes ces femmes qui ne connaissent même pas leur propre corps alors qu'ils se vantent d'en connaître un rayon sur leur automobile ou leur télévision.

           Incultes, tous ces citoyens qui ne font pas la différence entre un rhume et une attaque sérieuse de leurs voies respiratoires!  Pas étonnant que le monde soit rempli de buveurs et de fumeurs vus qu'ils ne connaissent même pas le moindre effet que leurs passions ont sur leur propre corps!

     Il serait temps pour le système scolaire de passer à quelque chose d'aussi important sinon plus que de connaître son histoire ou sa géographie. Il serait temps, passant outre un certain pouvoir médical au passage, que tout enfant apprenne son propre corps. Et possède ainsi un véritable savoir médical, au lieu de rudiments parfois mal appris de sciences naturelles.
 
       Tous les responsables des exercices de sauvetage en savent quelque chose de cette ignorance crasse!

           On en finirait sans doute plus vite au passage avec tous ces charlatans de la psychanalyse à l'emporte pièce qui encombre les ondes et les hôpitaux!  

          Bien entendu, beaucoup préfèrent rester ignares plutôt que de penser à ces choses-là, qui tout de suite, quand on en parle au moindre quidam, voient surgir des idées lubriques, ou des réflexions de peur profonde ! 
 
          Et que dire de certaines religions qui font de l'ignorance des femmes de leur propre corps leur meilleur fond de commerce!

                                                                      
 
MOTUS CONFLICTUS
 
Relu et confirmé! le 9 Août 2019

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 11:05

           Avez-vous remarqué la prolifération (qui ne date pas d'aujourd'hui) des noms communs en isme?

          En philosophie (hégélianisme, kantisme, aristotélisme, je ne suis pas sûr que ça fonctionne bien mais enfin..., platonisme...), en sociologie (weberisme, c'est moins fréquent), en théorie politique (alors là, vous en avez... marxisme, blanquisme, lockisme, machiavélisme...), en psychanalyse (freudisme, kleinisme...), cela existe depuis un certain temps.
Cela se justifie, comme catégorisation, pour des doctrines, des théories, des hypothèses qui marquent l'histoire des idées.
        Mais alors, maintenant, gaullisme, pompidolisme, giscardisme, mitterrandisme, chiraquisme, sarkozysme, macronisme, cela dépasse la cadre d'un (très gros) dictionnaire, si vous n'oubliez pas le tibérisme, le jospinisme, le chevénementisme, le poppérisme (vous l'aviez oublié, celui-ci, hein!), le royalisme (pour la grande philosophie ou pratique politique de Ségolène ROYAL...) (en voulez-vous, vous en avez, heureusement que personne n'a eu l'idée de s'appeler République!)...
   Cela dépasse les bornes et révèle plusieurs choses sur l'ego des hommes politiques, sur la paresse du journalisme d'aujourd'hui, sur le flou aussi de ce que peuvent recouvrir comme pensées politiques (lorsqu'il y en a une...) ces dénominations parfois bien fumeuses... Cela évite d'analyser les choses et l'action des hommes, comme ceux qui sont au pouvoir économique depuis des lustres et dont le crétinisme amplifie jusqu'au vomissement la dégénérescence actuelle du capitalisme.   
         Comment cela est-ce possible? Quand la presse fourmille de parvenus ou d'installés carriéristes, les yeux rivés sur l'audimat, quand la plupart des analyses tournent en rond autour d'idées fixes ou d'images hypnotiques, quand le court terme et l'anecdotique émotionnel l'emportent sur les véritables perspectives d'avenir, des générations d'étudiants, puis des générations de faiseurs d'opinion reproduisent des schémas obsolètes depuis longtemps, jusqu'à s'obnubiler sur des éléments purement de représentation, coupés de la réalité.
     Un élément de cette obnubilation est de persister à mélanger l'anecdotique et l'historique comme  le faisait cet éditorialiste très bien en vue qui compare Bonaparte au président de la République Nicolas SARKOZY... C'est de persister à faire croire aussi qu'à travers les changements de sigles ou de noms de partis politiques, on assiste à des changements de politique. Un des exemples les plus caricaturaux à mon avis est la longue série de noms du principal parti de droite en France. Souvenez-vous, MFP, MRP, UDR, RPR, UMP... Jusqu'à transformer le sens des sigles! UMP, ce n'est plus l'Union pour la Majorité Présidentielle, c'est l'Union du Mouvement Populaire!   J'ai du mal à ne pas traduire ça personnellement...
 
 
(Légèrement) révisé le 8 novembre 2013. Légèrement modifié le 6 février 2019.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 16:08

 

    On a l'habitude de considérer l'injure comme faisant partie d'un ensemble de pratiques qui servent de défouloirs, surtout dans les registres satiriques. On pourrait penser aussi qu'il s'agit de dérivatifs, "pis aller" pour ne pas aller (!) vers le combat physique.
 Pourtant l'injure fait partie d'une sorte de continnum dans les relations conflictuelles, qui peut s'arrêter au combat verbal, ou marquer une étape vers le combat physique. La tendance serait de justifier l'injure - jusqu'à un certain point et les systèmes pénaux sont d'une mansuétude tout à fait variable à ce sujet - et à trouver le passage au combat physique ainsi provoqué. Pour faire court, on peut écrire qu'il y a une continuité entre violence verbale et violence physique que les habitués à la provocation verbale ne perçoivent pas toujours : ils sont les premiers étonnés du changement - injustifié souvent à leurs yeux - de registre d'expression du conflit...

       Nancy HUSTON, romancière et écrivain de pièces de théâtre, mais aussi de quelques essais,  dans son livre "Dire et interdire", attire notre attention :
  "Les innommables dont nous avons parlé (il s'agit des mots interdits dans le registre sexuel ou religieux) se situent apparemment toujours à deux extrémités : au plus loin les puissances divines et, au plus près, le corps. A tout objet et à tout phénomène entre les deux, l'homme assigne sans difficulté un nom. Or, la nomination est un jugement. Elle opère toujours une violence, dans la mesure où elle découpe le réel de manière arbitraire et lui impose les catégories de la pensée humaine." "...l'usage de la parole confère aux êtres humains non seulement un privilège mais aussi une responsabilité (...). Comme le langage est le seul moyen dont ils disposent pour se repérer, s'identifier et se distinguer de tout ce qui les entoure, il ne faut pas qu'ils disent n'importe quoi. La nomination injuste - l'injure, au sens fort - dépossède les êtres de ce qu'ils ont de plus précieux, leur nom, pour leur en attribuer un autre."
  "La violence verbale (...) est la plus arbitraire de toutes, et ne peut être efficace que parmi les usagers d'une même langue. Elle annonce et ponctue presque toujours les actes de violence physique."
  L'écrivain cite ensuite quatre types d'injures, qui peuvent se combiner de différentes manières :
- la nomination littérale, le simple fait de "traiter" l'autre de ce qu'il est : injures racistes et politiques, rehaussées par une déformation phonétique, de même que les injures sexuelles (pédé, parfois rendu plus offensant par une débauche de description : "enculé") ;
- la nomination antiphrastique, où l'ennemi est désigné par  l'opposé diamétral de son "idéal du Moi". Dire pédé à un macho est assez efficace ;
- la nomination métaphorique, où l'on évoque des objets ou des qualités dont on prétend qu'ils ont des traits en commun avec l'adversaire. Salaud latin se disait autrefois, salope reste encore en usage ;
- la nomination métonymique, où l'on réduit le tout à l'une de ses parties, injures passe-partout (con, couillon, petite merde) et d'un emploi très fréquent.
   L'agression verbale, utilisant l'exhibitionnisme masculin, est assez efficace envers les femmes, selon Nancy HUSTON, dans une société où des tabous forts existent envers la sexualité féminine. De la même manière, celle qui utilisait autrefois des attributs négatifs, accolés aux classes sociales inférieures ou supérieures, pouvaient générer des affrontements sérieux dans une société aux cloisonnements importants. On songe là aussi à des sociétés à castes, où traiter son voisin membre de la même caste d'un attribut accolé à une autre caste peut provoquer des luttes physiques mortelles. En parcourant le glossaire présenté par l'auteur en fin de son ouvrage, on mesure l'évolution des sociétés qui rendent des injures, inexpiables auparavant, au mieux drolatiques et au pis incompréhensibles. Dire à quelqu'un aujourd'hui qu'il est une chose provoque au plus l'amusement, mais allez dire cela dans un société victorienne lorsque chose voulait signifier pine ou con!
 
     Dans le registre plus de l'analyse que de la description, Béatrice FRACCHIOLLA, linguiste et Maitre de conférences à l'Université de Paris VIII, s'attache au sens de l'injure. 
"Insulte, injure, outrage, invective... La langue française foisonne de mots parents, voire synonymes pour désigner de manière équivalente un certain type de paroles proférées qui ne renvoient pas exclusivement à des mots reconnus en soi comme grossiers mais qui sont identifiables comme verbalement violentes dans leur ensemble. L'injure a néanmoins deux formes. D'une part, on la reconnait comme un phénomène plutôt oral, comportemental, spontané et immédiat, qui est associé à la violence physique ou au contraire s'en distingue comme un moindre mal (voir, entre autres, É. LARGUÈCHE, L'effet injure, PUF, 1983). D'autre part, elle possède également un versant juridique spécialisé, où elle rejoint le champ notionnel de l'outrage (DESMONS et PAVEAU, Outrages, insultes, blasphèmes et injures : violences du langage et polices du discours, L'Harmattan, 2008).
    De nombreux travaux sur l'injure portent en réalité en linguistique sur ses formes lexicales, qui impliquent un jugement de valeur négatif - sous-ensemble de la catégories des axiologiques (C. KERBRAT-ORECCHIONI, L'énonciation de la subjectivité dans le langage, Armand Colin, 1980) qui désignent les termes impliquant tout jugement de valeur, négatif comme positif.
    
       De nombreux chercheurs s'accordent aujourd'hui à dire que la prise en compte de facteurs pragmatiques est fondamentale pour sa compréhension (voir par exemple le Petit Traité de l'insulte, de L ROSIER, paru chez Labor en 2006). Ainsi, peut-on y voir avant tout un acte social porteur de conséquences (LAFORÊT et VINCENT, La qualification péjorative dans tous ses états, dans Les insultes : approches sémantiques et pragmatiques, Langue française, 2004, Sous la direction de D. LAGORGETTE et P. LARRIVÉE). C'est pourquoi il semble pertinent de réfléchir en termes d'anthropologie de la communication sur ce que l'on nomme injure, à partir des effets qu'on lui reconnait. Car le terme "injure", en même temps qu'il est souvent une qualification péjorative est avant tout un projectile verbal et désigne la "nature d'un certain effet et ce qui est la cause de cet effet" (É. LARGUÈCHE, 2009)."
 
Nancy HUSTON, Dire et interdire, Eléments de jurologie, Petite Bibliothèque Payot, 2002. Béatrice FRACCHIOLLA, article injure, dans Dictionnaire de la violence, PUF, 2011
 
Complété le 7 novembre 2013. Relu et complété le 8 janvier 2019.

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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 17:02

 

   Voulez-vous des mots conflictuels sur la forme de conflit qu'est la guerre?

   En voilà !

   Les guerres entretiennent la santé des peuples comme les vents et les ouragans préservent les mers des pétrufactions. (HEGEL)

   L'armée : la force des nations logiquement sacrifiée à la bêtise humaine. (H.DESCHAMPS)

   A l'heure où je parle, il y a cent mille fous de notre espèce couverts de chapeaux, qui tuent cent mille autres animaux couverts de turbans pour quelques tas de boue grands comme votre talon... Il ne s'agit que de savoir s'ils appartiendront à un certain homme qu'on nomme Sultan ou à un autre qu'on nomme, je ne sais pourquoi, César... Presque aucun de ces animaux n'a jamais vu l'animal pour lequel ils s'égorgent. (VOLTAIRE, Vue panoramique sur les guerres).

  La guerre nourrit les mâles vertus que la paix étouffe. (V. DURUY, 1811-1894)

  En pleine bataille, en présence de la mort, et en semant la mort, vous pouvez avoir l'âme en paix, absolument en paix. (Pierre MENEGOS, professeur de théologie, Université protestante de Paris)

  Ah! la guerre! il y a assez d'années que nous l'attendions. Et c'était un rude cauchemar! Quand elle a éclaté sans paradoxe, quel soulagement. (René BENJAMIN, Nos émotions pendant la guerre, 1916)

   L'antimiltarisme et l'Internationale que l'on propage, hélas, impunément, abaissent les caractères. (Mgr Charles PAUL, évêque d'Agen)

    La guerre a sa fumée et sa flamme, mais elle a aussi sa lumière... Moi, je sais pourquoi je me bats : pour vivre plus fort et plus haut! (H. de MONTHERLAND, Mors et vita, 1895-1972).

   Il n'est pas vrai que la guerre dégrade l'homme et obscurcisse l'humanité ; au contraire, elle l'illumine et l'exalte et nous savons tous avoir été meilleurs alors même que nos mains étaient lourdes de sang... (Charles DELCROIX, aveugle de guerre, L'éclaireur de Nice et du Sud-Est, 23 août 1935)

   Regardez ces bras, ces jambes, ces cervelles sanglants et tous ces membres épars, c'est le fruit d'une querelle entre deux ministres ignorants. (VOLTAIRE)

   Le nombre de phrases de ce genre - qu'ils soient en faveur ou en défaveur de la guerre - sont légions dans la littérature dite générale comme dans les sermons d'Église ou les pamphlets de tout genre.
  Il n'est pas étonnant que pour la guerre, conflit "de haute intensité" par excellence, les mots employés soient souvent crus et violents. Toute une étude psychosociale serait intéressante à réaliser d'ailleurs sur ce thème. Il faut remarquer que depuis les deux guerres mondiales, les "bons mots" militaristes ont cessé d'exalter les esprits et sont plutôt employés soit dans le sens grinçant, soit encore plus pour en montrer la monstruosité.
  
   Mais si ces mots sont écrits dans cette rubrique MOTS CONFLICTUELS , c'est moins pour entraîner la réflexion (ce qu'ils n'empêchent pas même dans cette rubrique!) que pour étaler avec une certaine complaisance la conflictualité des phrases, qu'elles soient guerrières ou non-guerrières.

   Dans d'autres registres, sur d'autres thèmes, comme l'argent, l'honneur, la religion, la politique, on trouvera énormément de mots conflictuels dans l'excellente compilation (quoique non regroupés par thèmes)  de Jean-Claude LOEWINSKI (Recueil de bonnes et mauvaises pensées, Sentences, maximes, anathèmes et anecdotes, auto-édition, 2006, disponible chez Jean-Claude LOEWINSKI, 27 rue Paul François Avet, 94000 CRETEIL). Avec une préface (courte) de Jean-pierre MOCKY et une quatrième de couverture signée de Marc SILBERSTEIN. 
 
Complété le 7 novembre 2013. Relu le 3 novembre 2018

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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 08:37
   La variété et l'étendue du domaine des injures force d'abord l'admiration. Que ce soit un substitut ou un élément de l'escalade de conflits, mais pour l'instant, on s'en balance...
    Il y a d'abord des injures dévalorisant un comportement, justement : balance pour délation ou dénonciation, envieux pour jaloux... Mais cela est trop proche de l'argot... Quoique parler en argot pour un grand bourgeois, c'est de l'injure!

    Plus intéressantes sont les injures agressives tels que salaud, salaude (pardon, salope), idiot, idiote, connard, connarde (pardon connasse), pauvre conne, pauvre embité (non, ça, ça, se dit pas... c'est compliqué les injures, c'est toute une culture!).
  Certaines injures sont révélatrices de la personnalité de ceux ou de celles qui les profèrent : petit con (ce sont les grands cons qui aiment bien dire celle-là), pauvre con (généralement un riche), petit imbécile (généralement un grand imbécile)...
  D'autres injures sont incompréhensibles pour certaines cultures, par exemple les injures racistes... Sale blanc, sale noir, sale jaune, sale bleu (ah non, celle-là, elle n'existe pas encore!), sale rose (celle-là non plus, dur, dur!), sale juif, sale arabe, sale corse, sale hindou, sale chrétien, bref tout ce qui suit sale semble valabe comme injure...

   Les injures de classe ne sont pas mal non plus : richard, salaud de pauvre, pauvre bourge, racaille (celle-là est un peu passe-partout valable autant pour les immigrés que pour les banquiers)...
   Certains ont une préférence marquée et raffinée pour les noms d'oiseaux ou d'autres animaux : rapace, vipère, moineau (cervelle de... pour ceux qui ne savent pas), porc (surtout entre musulmans...), pourceau, cochon, sale porc, gros cochon (mieux, grosse cochonne), volaille, canard boiteux... C'est d'ailleurs injuste très souvent pour ces animaux-là...
    Moins raffinés sont ceux qui adorent les mots à caractère sexuels ou scatologiques : pauvre merdeux, petite merde (grosse merde aussi...), pauvre caca (plutôt pour les petits pendant la récréation), bite molle, seins mous (non, celle-là, n'existe pas..), couillon (c'est mieux au pluriel), couillus, couilles molles (adorés par ceux qui bandent sans doute tout le temps), enculé (sans doute de la jalousie...)...
   Revenons vers ceux qui possèdent un certain niveau intellectuel, qui évitent d'utiliser la répétition à tire-larigot, ceux qui utilisent beaucoup les initiales : BICS (Banque Imbécile, Conne et Stupide), PSG (Pédé Sur Gazon), CQFD (C'est le Qul qu'il Fallait Dénoncer... T'es sûr, coco?), PMU (ne me demandez pas, je ne sais pas...)...
 
   Il existe bien sûr des publicités injurieuses pour ceux qui les entendent sans les écouter, du style du bon sens près de chez vous, sous-entendant que vous en êtes vraiment dépourvu chez vous...
    Sans doute le registre de l'injure, de l'insulte est-il le plus étendu dans le monde sportif. Ce qui est évidemment un plus dans leurs vertus éducatives... Non seulement tous les thèmes sont abordés (avec une prédilection pour le sexe version machiste), mais toutes les variantes d'émetteurs, de destinataires et d'objectifs s'y retrouvent.
Parmi les objectifs : déstabilisation des autres joueurs en lançant des insultes dont on ne pense pas un mot, déstabilisation de l'arbitre pour le mener à des décisions irréfléchies, déstabilisation des médias, forme de vengeance à propos d'articles "mal" faits, défoulements sur les autres joueurs de son équipe ou de l'équipe adverse, sur l'entraîneur, très bon bouc émissaire des échecs, forme de pression sur les supporters ou sur les financeurs...
Parmi les destinataires, et c'est sans doute l'aspect le plus intéressant : joueurs partenaires, joueurs adversaires, publics, journalistes, supporters.... avec des stratégies d'emploi de l'insulte : soit pour se valoriser pour ne pas retomber trop vite dans l'anonymat, soit pour viser une cible en faisant semblant de tirer sur une autre... Cette dernière variante étant surtout utilisée dans le monde politique ou financier, pour obtenir un effet ricochet par l'intermédiaire des déclarations à la presse, proche de la manipulation mensongère. Il s'agit par une insulte qui vise une personne en particulier d'agir sur un processus de décision, pour faciliter sa carrière ou nuire celle d'un autre.
Sur les émetteurs, les variations sont là aussi multiples : les joueurs (surtout professionnels) sont souvent mis en avant par les insultes qu'ils profèrent par médias interposés, de même que les entraîneur. Mais ce que raconte la presse est rachitique par rapport à ce qui se passe sur le terrain, et c'est quelqu'un qui a beaucoup fréquenté le terrain qui le rapporte. Car non seulement ces deux types d'acteurs s'amusent presque à se répandre ainsi, mais les financeurs, les supporters, et même les politiques qui comptent sur des effets sportifs pour favoriser leur propre parcours sont particulièrement productifs pour mettre la pression sur les joueurs, en particulier, afin de les aguerrir au minimum ou de les menacer en cas de mauvais résultats...

  Bref, le sujet des injures est vraiment vaste.

  J'espère que je ne vous ai pas injurié!
 
Complété (légèrement) le 6 novembre 2013 et relu (avec plaisir) le 10 juillet 2018.

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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 12:30

 

       La France est vraiment un pays de sportifs de l'âge de 5 à 85 ans, comme dirait Hergé, le père de Tintin et Milou. Si, si, le foot perpétuel, le rugby un peu moins perpétuel, le tour de France et bientôt les jeux olympiques de Pékin. Tout le monde participe! A ce rythme en sportivé, il n'y aura plus d'obésité dans notre charmant pays.
       C'est bizarre pourtant... Pas beaucoup de vélos en dehors de Paris, pas beaucoup de ballons ronds qui traversent le champ de vision... Ah oui, il ne faut pas confondre. Il y a les sportifs qui courent, qui tapent (le ballon, qu'est-ce que vous croyez?), mais il y a aussi d'autres sortes de sportifs : le sportif-télé, le sportif-fauteuil (souvent le même, mais il y aussi le canapé), le sportif en bière (pas de vilains jeux de mots, hein!) ou en coca-cola, le sportif-hurleur dans les stades, le sportif fixe au bord de la route, le sportif-tiercé ou footé, un vrai joueur dans la vie celui-là, le sportif-causeur (si vous ne les entendez pas, vous avez un problème!), le sportif-tiroir caisse (vous savez les gens en costard-cravate aux tribunes)... Quels sports quand même!
          Tous ces sportifs se retrouvent périodiquement en esprit, sinon en corps (oh là là...) pour célébrer les grandes messes périodiques comme le Mundial pour le football. Avec toujours les mêmes prétextes qui veulent camoufler des aspects pas très...sportifs de la mondialisation ou du fonctionnement des sociétés actuelles.
             Les "meilleurs" de ces sportifs sont les supporters et les joueurs du hasard... Il n'y a pas plus sportif que les supporters. La preuve, ils participent à la mêlée générale à la fin de certains matchs, de tout leur corps, avec pieds et poings, cannettes de bières, quand ils ne se livrent pas à de longues tirades sportives d'injures contre les équipes adverses, les pas-bons, les losers, les arabes, les juifs, les noirs, les blancs... Quand ils se pointent lors des match en groupes compacts, on est sûr qu'il va y avoir du spectacle! Quand ils défilent dans les rues, ivres grâce aux commerçants du quartier, ils font déguster à ces commerçants les joies du sport! 
           Les plus discrets, les plus nombreux sportifs sont les joueurs du loto sportif et de la quirielle de jeux autour des courses de chevaux, de foot, de... n'importe quoi! Là, les cerveaux et les mains sont mis à contribution pour remplir les caisses de l'Etat et des officines du sport au lieu des bêtes pieds. C'est à qui perdra le plus d'argent toutes les semaines dans cet impôt parfaitement volontaire qui ne dit pas son nom. 
      Il y a bien entendu plusieurs autres catégories de sportifs dont la fréquentation est recommandée pour le délassement des muscles, surtout ceux du cerveau... Sport massif de la bêtise massive!
      J'oubliais : le sport des injures!  Là pas de problème, c'est un sport massif, même pas réservé aux adeptes du sport tel qu'on l'entend généralement. Sport qui implique un jeu complexe - des études scientitititfiques le prouvent - mimiques, mouvements de salives, paroles guturales et prononciations recherchées, mouvements du corps tout entier, de la tête aux organes sexuels,  pour le plus grande efficacité. Et quoi de plus beau quand ce sport-là se mélange au sport de masse, dans les stades... Oh que c'est beau, comme dirait l'autre!
 
Salement complété le 5 novembre 2013

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 12:29
     Au début, je croyais qu'un contable, c'est quelqu'un qui racontait des histoires, des contes à dormir debout.
     Ensuite, j'ai pensé que les comtables (les rapprochant des comtes)  étaient plutôt des gens très proches du pouvoir, si proches qu'on leur filait le titre de comte, la particule.
    Ce n'est que plus tard que j'ai compris que les comptables faisaient tout simplement des règlements de comptes.
   Et en affinant mon enquête, finalement ils faisaient simplement des comptes avec des chiffres et non pas avec des révolvers, quoique le résultat est parfois aussi probant.
    Mais réflexion faite, dans notre monde plein de chiffres, ce serait plutôt des personnages qui racontent des histoires, avec plein de chiffres au lieu de mots ou d'armes, permettant de régler certains comptes dans les sphères du pouvoir... et par ces comptes, départageant (de manière souvent très fictives) les acteurs des différents rapports de force, avec autour de leur activité un respect qui frise celui qu'on avait auparavant pour les actes religieux...
   Et les experts comptables sont vraiment des experts quand il s'agit de raconter des histoires chiffrées. Car s'ils ont des comptes à régler, c'est souvent avec... la réalité!
 
   Ce qui précède provient d'un comptable.
   C'est tout dire le degré de considération que peut atteindre ce métier.
   L'occasion de fréquenter des experts-comptables, de réfléchir sur le fond sur la pratique de ce métier (des approximations transformées en exactitudes, des compromis passés avec les clients entre intérêts des actionnaires et intérêt fiscal et des transformations, parfois très curieuses,  dans les procédures de comptabilisation sans compter l'idéologie forte qui traverse tout le système comptable, mettant au premier plan le capital financier au détriment du capital humain, le point de vue du dirigeant de l'entreprise au détriment des associés ou salariés...), de constater bien des présentations fallacieuses de comptes, tout cela provoque une certaine répulsion.
   Il faut dire que l'invasion des considérations financières dans la vie quotidienne des gens et des organisations a de quoi remettre en question bien des sympathies antérieures. Après tout, on peut avoir aimé ce métier...
   Certes, il faut bien compter pour bien dépenser et bien gagner de l'argent. Mais il ne s'agit absolument plus de cela. Il s'agit de faire passer d'abord les flux financiers avant même les objectifs premiers des entreprises, qui est de produire des biens et services. On ne parlera pas des associations à qui l'on veut faire épouser l'idéologie et les pratiques de ce que sont devenus les entreprises... On en arrive à des absurdités telles que les comptes sont apurés, la situation financière brillante, et plus aucun bien et service valables produits!
 
   Ceux qui pensent que ce qui précède n'est pas très sérieux devrait réfléchir (cela a beau vouloir être humoristique, ce n'en est pas moins très sérieux...) à l'étrange voisinage entre les verbes compter et conter. Si étrange que Bernard COLASSE, auteur d'un Dictionnaire de comptabilité (La Découverte, 2015) y consacre une rubrique. "Comme le mot comptable, écrit-il, le verbe "compter" est dérivé du latin computare (calculer, mettre dans un compte, faire les comptes) : compter l'entreprise, c'est la mettre en comptes. Computare a également donné naissance à "conter", qui signifie aujourd'hui narrer, raconter, relater...
Les verbes compter et conter restent cependant étrangement voisins : on compte l'entreprise pour faire rapport dessus, pour la conter, et il arrive aussi que les comptes d'une entreprise soient des contes... On parlera encore longtemps des "comptes de fées" d'Enro, de Vivendi, de Worldcom ou de Parmalat.
De computare et "compter" viennent aussi le verbe "comptabiliser" (enregistrer), le substantif "comptabilisation", son antonyme "décomptabiliser" (action de sortir de la comptabilité un actif ou un passif), le lourd adverbe "comptablement" (en comptabilité), et bien sûr, compte et comptabilité." 
Bien entendu, pas d'analogie avec le comte ni la comtesse, mais on n'arrête pas le progrès!
 
Modifié le 4 novembre 2013
Modifié le 31 janvier 2016

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 12:37


 Je vous donne le choix entre plusieurs définitions de la publicité.
   - Propagande commerciale ;
   - Mensonge organisé de façon à orienter les actions d'achats des consommateurs ;
   - Matraquage psychologique répétitif détourneur d'attention et polarisateur de pulsions sur le futile et l'inutile ;
   - Putlicité est un anagramme entre publicité et prostitution : les panneaux publicitaires fixes ou mouvants font la rue et les lignes, comme les ondes, comme des prostituées archi-racoleuses, insistantes, agressives et perverses.
  - Economie de la stupidité, du gaspillage et de l'inutilité (quoique pas pour tout le monde...)

 

  La mauvaise humeur peut se répandre très facilement de nos jours avec la prolifération de la publicité. Très loin de l'adage - très commercial - selon lequel la publicité adoucirait la vie, égayerait le paysage, introduirait de la musique dans le quotidien, comme un doux aphrodisiaque - il semble que la multiplication des sollicitations visuelles et sonores, amplifiées de manière grotesque dans les pages d'Internet, rendent de plus en plus agressives les moeurs. En effet, comme d'ailleurs toutes les études sur le bruit (dans l'information comme dans la rue, ou dans les immeubles...) le montrent, (le bruit constitue, à partir d'une certaine intensité et d'une certaine continuité, une agression majeure) la publicité en tant que bruit agace de plus en plus. 

  Le fait qu'une grande partie des médias soient constitués de ces bruits, qui se nichent un peu n'importe où, dans les tranches horaires comme dans les pages écrites, sans parler des coupures intempestives de films sur certaines chaînes de télévision, publique ou privée d'ailleurs, devrait interroger les responsables de la presse en général sur la qualité de leurs informations, qui ne se juge pas seulement par leur contenu vérifiable et valide, mais également sur leur présentation et leur lisibilité ou visibilité...

   Le fait que l'outil Internet, au sens large, base une grande partie de son économie sur les messages publics - d'ailleurs de plus en plus invasifs - est plutôt inquiétant, dans la mesure où plus les fenêtres publicitaires sont sollicitées passivement ou activement par les internautes, plus la circulation de l'argent est rapide et importante dans cette économie. C'est l'envers sans doute de la gratuité - en fait pas si gratuite que ça! - de l'accès à Internet, que clament les... publicitaires et leurs clients. Mais de même qu'il n'est pas sûr que les téléspectateurs refuseraient une augmentation de la redevance pour avoir beaucoup moins de publicités à l'antenne, il n'est pas sûr que les internautes n'acceptent pas un renchérissement de l'accès si l'on supprime ces sollicitations bruyantes.

    Enfin, cette mauvaise humeur, ce sentiment publiphobe, qui nous envahit à chaque fois qu'une vidéo intempestive nous empêche de nous concentrer sur ce que nous lisons ou visionnons, cette tendance à développer des attitudes défensives (des logiciels bloquants à des réflexes oculaires), ne vont t-elles pas à l'encontre du but recherché par les publicitaires? De même que trop d'impôt tue l'impôt, trop de publicité tue la publicité.

     Mais allons plus loin. Si la publicité continue de croitre de cette façon, et que son efficacité s'érode au même rythme, sans que des mesures soient prises par les publicitaires eux-mêmes, c'est que les intérêts financiers derrière ces publicités ne s'y... intéressent pas! Ils n'ont cure de l'efficacité ou non des publicités ; ce qui les intéressent - et uniquement - ce sont les flux d'argent générés par ce mouvement incessant. il y a belle lurette que les entreprises ne sont plus dominées par le goût du métier ou la qualité des marchandises ou des services vendus ; seuls importent les dividendes distribués aux actionnaires - qui se moquent du nom des entreprises achetées ou vendues, comme de leur première chemise (et encore, parfois, ils l'aimaient bien, leur première chemise!).

Si les clients des publicités continuent de croire en l'efficacité de leur publicité (chose qui s'arrange assez facilement d'ailleurs, les enquêteurs sur cette efficacité et les fabricants de la publicité étant souvent les mêmes! ...), pourquoi pas continuer d'inonder les espaces privés et publics d'informations inutiles! En fin de compte, les publicitaires se moquent bien de leur publicité (et de leurs clients crédules, au passage), du moment que ça rapporte! Seuls sans doute, les personnels qui s'échinent à faire de l'art publicitaire, sont assez cons pour y croire...

 

   Il est des billets de presse qui font chaud au coeur. Ainsi celui d'Olivier ZLIBERTIN paru dans Le Monde du 15-16 juin 2014.

Les internautes sont incorrigibles, écrit-il, car ils refusent obstinément de cliquer que les pubs et même de les regarder. En tout cas, il serait de plus en plus nombreux à vouloir éviter la pub. Il cite une étude de Comscore (Comscore.com) : en 2012, 31% des pubs n'étaient jamais vues, et en juin 2013, 54%. Je souhaite que ça s'accélère! Bien entendu, comme l'écrit également notre chroniqueur (C'est tout net!), les pubs n'étaient peut-être pas regardées avant, mais aujourd'hui on peut le mesurer! On peut regretter son regret (mais n'est-ce pas plutôt de l'ironie mordante...), car cette situation, écrit-il toujours, si elle s'aggrave, pourrait conduire à rendre l'accès à Internet beaucoup plus cher.

Sans l'argent de la pub, qu'arrivera-t-il? Or, et tous les sondages concernant des lieux où la pub était envahissante (et l'est encore d'ailleurs), les canaux de télévision, je pense que les internautes seraient prêts à payer plus cher l'accès à Internet, voire payer au service et au site, s'ils étaient débarassés de ces images parasitaires. En effet, une large majorité de téléspectateurs se déclaraient régulièrement prêt à accepter une grosse augmentation de la redevance en échange d'une réduction drastique du temps de publicité...

Si l'inquiétude gagne tout le réseau, comme le rapporte notre auteur, c'st plutôt l'inquiétude des publicitaires que celui des utilisateurs!  Si les logiciels destinés à bloquer les pubs rencontrent de plus en plus de succès (200 millions de téléchargements pour le plus connu : Adblock (Adblockplus.com), il n'y aurait tout simplement plus de publicité en ligne en 2018, prévient Pagefaire.com... Et bien, ce serait l'occasion de revoir absolument toute l'économie d'Internet, sous peine de voir émerger sur Internet, via les virus par exemple, des batailles dantesques, à chaque fois que l'on veut consulter un site, entre logiciels anti-pub et logiciel anti anti-pub... jusqu'à rendre les pages d'Internet difficilement accessibles. Autrement, il faudra attendre 2018 (vivement 2018!) pour que la pub s'arrête par collapsus! La complète révision de l'économie d'Internet permettrait de plus de lutter contre les effets des changements climatiques, tellement les publicités sur Internet (qui représentent tout de même une grosse proportion des videos circulantes...) contribuent à faire d'Internet un monstre dévoreur d'énergie...

 

Continué le 3 novembre 2013

Continué le 16 juin 2014

Revu le 24 novembre 2017 (on ne voit pas trop pour l'instant la couleur de ce collapsus publicitaire...)

Continuez, continuez dans les commentaires. Quels qu'ils soient, on les laisse en ligne!

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