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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 14:24
       Cette revue semestrielle de sciences sociales, créée en 1981, se veut indépendante "de toute chapelle comme de tout pouvoir financier, bureaucratique ou idéologique". D'abord trimestrielle et totalement artisanale, La Revue du MAUSS paru sous l'appellation Le Bulletin du MAUSS de 1982 à 1988, jusqu'à sa reprise par les éditions La Découverte. Elle est devenue semestrielle depuis 1993, avec à chaque numéro plus de 300 pages.

      En référence directe à Marcel MAUSS, elle aborde des aspects anthropologique, économique, historique, écologique, philosophique, sociologique et politique, avec une prédilection pour "le paradigme du don", dans une esprit pluridisciplinaire, dans une critique vive de l'utilitarisme. S'adressant plus spécialement aux chercheurs et aux étudiants, elles s'engage dans des débats majeurs de société, ancrée délibérément à gauche. Parmi ses précédents et plus récents numéros, on peut citer "Vers une autre science économique", "Marcel MAUSS, savant et politique", "Avec Karl POLANYI", "pourquoi se mobilise t-on?", "Penser la crise de l'école", "Le capital social", "Malaise dans la démocratie"... Il faut saluer le numéro du premier semestre 2008 consacré, autour des problèmes soulevés par Thomas HOBBES, "L'homme est-il un animal sympathique?, Le contr'HOBBES". Notons également l'un des derniers numéros, le numéro 38 (2011/2), consacré à "Emancipation, individualisation, subjectivation, suite du précédent sur "Psychanalyse, philosophie et science sociale, avec des contributions de Pierre PRADES, Lucien SCUBLA, Elisabeth CONESA... Selon une présentation de l'éditeur : "Où il est montré (entre beaucoup d'autres choses) que non seulement la psychanalyse est en définitive aussi ou plus efficace que les psychothérapies concurrentes, mais que c'est à la psychanalyse que ces dernières doivent l'essentiel de ce qui marche chez elles. Ce constat purement empirique - qui remet en cause les condamnations positivistes trop rapides, qu'on croyait acquises, notamment à l'Inserm -, ne fournit toutefois en tant en tel aucune justification des théories analytiques, quelles que soient les multiples obédiences dont elles relèvent. La confrontation de la psychanalyse, de la philosophie politique et des sciences sociales reste donc plus nécessaire que jamais. On la mène ici, dans la foulée du précédent numéro, autour de la thématiques de l'émancipation, qui figure l'idéal moderne par excellence, tant individuel que collectif. Comment l'entendre? S'émanciper, est-ce devenir un individu? Un sujet? Un peuple souverain? Et qu'est-ce à dire? Quoi de plus libre, de plus émancipé, par exemple, que le sujet économique (et son apothéose, le trader), enfin affranchi de toutes relation de don avec ses semblables, n'ayant d'obligation qu'envers lui-même et ses "préférences" du moment? Est-ce là notre idéal? Certainement pas! Il reste donc à expliciter quelle émancipation il nous est effectivement permis d'espérer".

       Se voulant étrangère à tout académisme et à tout mandarinat, La Revue du MAUSS ouvre se colonnes à de parfaits inconnus, comme à des auteurs de renommée internationale. Autour d'Alain CAILLÉ et de Philippe CHANIAL, on trouve les noms de Gérard BERTHOUD, François FOURQUET, Jacques GODBOUT , Ahmed INSEL et Serge LATOUCHE. Ce n'est pas moins d'une cinquantaine de noms que l'on trouve comme auteurs sans compter un Conseil de publications particulièrement fourni.
      Cette revue possède la particularité d'avoir une édition électronique couplée et complémentaire à l'édition papier disponible sur abonnement.
       Le MAUSS édite également, entre autres, avec les éditions La Découverte et Syros une collection d'essais, la Bibliothèque du MAUSS qui accueille la série "Économie solidaire et démocratie". Animée par le CRIDA (Centre de Recherches et d'Information sur Démocratie et l'Autonomie, équipe de recherche du CNRS), cette série porte sur le fait associatif dans la perspective d'une économie et d'une démocratie plurielles.

   Revue du M A U S S - Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales, 3 Avenue du Maine, 75015 PARIS,
  Abonnement sur le site www.revuedumauss.com.
   www.journaldumauss.net.
(Actualisé le 20 mars 2012)

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 11:15
            Créée en 1997 par Pascal LOROT, ancien directeur des études économiques chez Total SA, conseiller de la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement) et chercheur à l'IFRI (Institut Français des Relations Internationales), la revue Géoéconomie veut contribuer à diffuser des analyses des stratégies économiques internationales, des forces et des enjeux économiques qui sous-tendent les relations internationales. Elle s'attache "à identifier les ruptures et évolutions qui témoignent de la réalité des enjeux de puissance et des nouveaux rapports de force de notre planète".
    Publiée par les éditions Choiseul (de l'Institut Choiseul), qui édite également d'autres revues à vocation d'analyses internationales (Sécurité Globale, Maghreb-Machrek, Politique américaine, Nordiques, Problèmes d'Amérique Latine et Monde chinois), cette revue trimestrielle de 150 à 200 pages à chaque fois est considérée comme une référence dans de nombreuses sphères étatiques et même pour certaines grandes entreprises. Sous la direction de la rédaction, Pascal LOROT et Jean-François DAGUZAN, la revue est disponible en version papier et électronique.
      Elle aborde tous les sujets touchant l'économie, par exemple "la nouvelle alliance Inde-Israël, l'Union méditerranéenne, les relations entre la Russie et l'Europe, le développement durable, la guerre économique, le krach agricole, pour ne prendre que des thèmes abordés en 2007 et en 2008. Les nombreux collaborateurs réguliers ou occasionnels de la revue y livrent des articles très souvent denses, même s'ils sont courts, appuyés d'un appareil statistique spécialisé. La revue propose régulièrement des dossiers fournis, comme celui consacré aux guerres du pétrole en été 2006. A noter les derniers numéros qui portent sur "Les défis de la gouvernance de l'eau" (n°60, Hiver 2011-2012), "La révolution des industries de défense" (n°57, Printemps 2011), "Les secrets des appels d'offres internationaux" (n°52, Hiver 2009-2010) ou "Les conflits de la mondialisation" 'n°50, Été 2009). Dans le numéro 82, paru en 2017, figurent les contributions de Nicolas DUFOURCQ (Au coeur du réseau entrepreneurial fançais) et de Pierre LELLOUCHE (De l'urgence d'une véritable politique industrielle).
    D'orientation plutôt de centre droit, ceci dit avec beaucoup de bémols, car il s'agit d'expressions parfois critiques sur des problèmes très connotés politiquement, Géoéconomie parait avoir "des sympathies plutôt européennes dans la perspective d'une Europe puissante", quoiqu'elle soit très loin d'être européocentriste.
     Il faut noter que son comité scientifique comporte des personnalités venant d'un ensemble assez large de sensibilités politiques, de Jacques ATTALI à François HEISBOURG, de Pierre LELLOUCHE à Jean-Luc DOMENACH, et que s'y retrouvent nombre de ceux qui ont toujours eu une attention particulière - et une sensibilité de gauche - aux questions de géopolitique, tels Gérard CHALIAND et Yves LACOSTE.
   On ne saurait trop conseiller à tout étudiant en sciences économiques la lecture régulière des articles de cette revue appelée sans doute à un avenir important.
   On peut trouver tous les renseignements sur cette revue sur le site www.Choiseul-editions.com ainsi que les possibilités d'abonnement sur papier ou en ligne.
     Les éditions Choiseul publie également les publications Choiseul 100 Africa et Choiseul 100 Les leaders économiques de demain. Et également Choiseul Magazine.
 
 
Actualisé le 19 mars 2012 et complété le 8 décembre 2018

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 14:17

       Une revue qui a maintenant plus d'une quinzaine d'années d'existence (née en 1990) traite des questions sociologiques au sens large au niveau planétaire. Alors que généralement les revues qui traitent des relations internationales se centrent sur les relations entre Etats ou encore économies, celle-ci a le mérite d'aborder de manière transnationale et même transculturelle des questions telles que la xénophobie de gouvernement (numéro de printemps 2008) ou l'immigration, ou encore les libertés fondamentales.
      Trimestrielle, de 200 pages environ, animée par Didier BIGO et Laurent BONELLI en tant que rédacteurs en chef, constituée d'une équipe très large d'une vingtaine de rédacteurs, faisant appel de manière constante à des collaborations extérieures, Cultures et Conflits entend aborder les "différentes expressions de la conflictualité dans toutes ses formes". Elle partage avec ce blog ce souci de balayer toutes les disciplines afin de mieux cerner les origines, les modalités et parfois les solutions aux multiples conflits qui traversent notre époque. La revue propose des articles souvent assez longs et élaborés, outils de réflexion universitaire, souvent de haut niveau, et sans frilosités quant aux opinions exprimées (nettement orientées à gauche), prenant part de cette manière au débat politique, A noter par exemple le numéro paru en juin 2008 sur les "altermondialismes oubliés".
        A chaque fois, après un thème central, des pages hors-thèmes sont proposées, de manière très variée. Cultures et Conflits est l'organe d'un "Centre d'Etudes sur les Conflits" qui propose par ailleurs une collection depuis janvier 2006 d'ouvrages publiés en français, en anglais, en espagnol, en italien... Il collabore de cette manière de façon régulière avec les revues Alternatives (anglaise de Lynne REINER) et Conflitti globali (italienne). Sous oublier que, comme beaucoup d'autres revues, elle organise de manière régulière des Conférence-débats autour d'un thème.
     Le numéro de printemps/été 2011 (n°81-82), de 240 pages, sur Le passage par la violence en politique "invite à explorer les configurations sociales, historiques et politiques afin de mieux comprendre la violence politique, en refusant tout "exceptionnalisme méthodologique"." Le dossier s'ouvre sur le cas de l'Allemagne avec une traduction inédite d'un texte de Norbert ELIAS sur le conflit générationnel comme mode d'explication de la violence politique. Les autres contributions traitent tour à tour des violences syndicales (Antoine ROGER), du lien entre des militants, leur organisation et la violence, à travers des trajectoires collectives ou individuelles) (Benjamin GOURISSE, Stéphanie DECHEZELLES, Karine LAMARCHE, Marc MILLET...). "Le passage par la violence en politique n'est pas le résultat d'un "dysfonctionnement" ni d'une "subjectivité pathologique" réservée à des fanatiques, à des individus manipulés ou frustrés. Il s'inscrit dans des configurations sociales qu'il faut étudier dans toute leur singularité, en faisant varier les niveaux d'analyse." Dans ce numéro, les responsables de la revue inaugure une nouvelle formule qui reprend celle que les lecteurs d'International Political Sociology connaissent bien. "Il s'agit de demander à des collègues contemporains afin de pointer ce qui fait débat sur le plan intellectuel, et qui n'a pas nécessairement été éclairé dans les grands média" Ainsi, dans ce numéro, la question des Roms (comme prétexte : luttes autour des droits et de l'autorité).

      Cultures et Conflits, Sociologie Politique de l'International, Editions L'Harmattan, 34, rue de Montholon, BP 20064, 75421 PARIS CEDEX 09. Abonnement Librairie de L'Harmattan, 16, rue des écoles, 75005 PARIS. Le Centre d'études sur les conflits/Cultures et Conflits se trouve à l'université Paris X Nanterre, batiment F, bureau 515, 200 avenue de la République, 92001 NANTERRE.
       Site : www.conflits.org. Présence au portail Cairn.
 
(Actualisé le 17 mars 2012)

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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 12:54

     Journal mensuel généraliste sur les relations internationales d'abord, puis sur toutes les questions de société, Le Monde diplomatique constitue une référence pour qui ne veut pas s'engluer dans le ronronnement actuel de la presse quotidienne.
       Créé en 1954 par Hubert BEUVE-MERY comme supplément au journal quotidien Le Monde duquel il s'est détaché ensuite, ce journal a pour nous le mérite de s'intéresser à toutes les formes de conflits avec une approche critique et une honnêteté intellectuelle que nous voudrions voir partagées ailleurs.
     Dès l'origine, Le Monde diplomatique a critiqué les impérialismes et le colonialisme, d'où qu'ils viennent, et aujourd'hui il dévoile encore les dangers d'une certaine mondialisation, du néo-libéralisme sous toutes ses formes comme celui d'une possible société sécuritaire. Il porte également un regard critique sur l'histoire en général comme sur certains aspects politiques, sur les politiques de certains pays, celles d'Israël en particulier, sans faire d'impasses sur l'actuel impérialisme américain, qu'il soit militaire, culturel ou social.
Favorisant l'engagement citoyen, il est lié à l'altermondialisme dès ses débuts et les débats au sein de la citoyenneté internationale rejaillissent parfois un peu durement sur le journal (jusqu'à en faire changer l'équipe rédactionnelle en 2005). Une associations, Les Amis du Monde diplomatique, actionnaire à 25% du journal, constitue tout un réseau de lecteurs et d'organisateurs de débats.
D'une trentaine de pages par mois, le journal traite par exemple dans son numéro de septembre 2008, aussi bien du retour russe sur la scène internationale que sur les illusions de la video-surveillance ou l'actualité de la Bosnie-Herzégovine. A chaque fois, les rubriques dédiées aux textes de fond de nature politique ou philosophique (un texte de Jacques DERRIDA sur MACHIAVEL par exemple), à l'actualité des revues et des éditions sont bien fournies. Dans les années de la guerre froide, ce journal a publié d'importantes contributions sur la défense et les courses aux armements, et aujourd'hui encore on peut y trouver des textes importants sur les stratégies de défense de différents Etats et sur l'évolution des complexes militaro-industriels. Volontairement dès ses premières parutions d'une pagination restreinte, avec toujours très peu de publicité commerciale comparativement à d'autres médias, Le Monde diplomatique, peut être lu d'un bout à l'autre.
Parfois conçis, souvent très denses, toujours bourrés de références, ses articles sont très lus chez les "décideurs" de tout genre, notamment dans les milieux diplomatiques internationaux (il était d'ailleurs au départ destinés aux ambassades et aux organisations internationales). Le Monde diplomatique a une certaine prédilection pour les grands articles qui couvrent deux grandes pages et parfois davantage...
       Diffusé dans une trentaine de langue, en 70 éditions internationales, présent dans une centaine de pays, sur papier et sur Internet, il tire à 2,4 millions d'exemplaires, dont 270 000 en France. Ces derniers chiffres ne sont qu'indicatifs si l'on prend ceux publiés par Le Monde diplomatique lui-même sur sa parution en France : de 153 600 exemplaires en 1994, elle atteint un pic de 240 226 exemplaires en 2003, pour descendre à 171 274 exemplaires en 2008.
Le journal n'échappe pas à une baisse des ventes et diffusions de la presse écrite en général, avec cette difficulté mise en avant en 2009 dans un de ces appels au public fréquents dans la profession, par Serge HALIMI : "A l'évidence, le déclin de l'altermondialisme nous a atteint plus durement que d'autres. L'hégémonie intellectuelle du libéralisme fut remise en cause, mais très vite l'argile s'est durcie. car si la critique ne suffit pas, la proposition non plus : l'ordre social n'est pas un texte qu'il suffirait de déconstruire pour qu'il se recompose tout seul ; nombre d'idées ébrèchent le monde réel sans que les murs s'écroulent."
         L'équipe actuelle, dirigée par Serge HALIMI, (Après Claude JULIEN de 1973 à 1990, puis Bernard CASSEN et Ignacio RAMONET) anime également un bimestriel, Manière de voir (100 pages thématiques chaque fois) et lance parfois des atlas toujours instructifs (en 2008, l'atlas environnement). Il existe également un agenda annuel (celui de 2008 porte sur les luttes sociales et politiques en Amérique Centrale et aux Caraïbes).
           Enfin, et ce n'est pas la moindre des choses dans le paysage des médias actuels, il faut indiquer l'indépendance financière et de gestion du journal non seulement vis-à-vis des investisseurs qui pullulent (qui polluent aussi souvent) chez beaucoup de médias, mais aussi du quotidien Le Monde depuis 1996.
      Le numéro de mars 2012 comporte un dossier Retour à l'usine, avec des contributions de Laurent CARROUÉ, Gérard DUMÉNIL, Bernard BRÉVILLE... On peut y trouver aussi, très utile, la quatrième version de son atlas géopolitique.
 


   Le Monde diplomatique, 1, avenue Stephen-Pichon, 75013 PARIS ; abonnements : BP 1209, 60732 Ste GENEVIEVE CEDEX.
   Sites Internet : Monde-diplomatique.fr et Amis.Monde-diplomatique.fr.
   A noter l'existence de cédérom renfermant les archives du journal à partir de 1978 jusqu'à aujourd'hui, archives consultables sur Internet.
(Actualisé le 16 mars 2012)

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 11:55

 

      Si l'on doit conseiller une seule revue généraliste du cinéma, c'est bien la revue trimestrielle CinémAction. A l'intention de tout citoyen curieux, cinéphile ou non, qui veut voir au-delà d'une parfois envahissante promotion commerciale, de tout étudiant qui commence à étudier le cinéma tout en ne sombrant pas dans l'ennui académique, CinémAction constitue le véritable portail qui mène à tous les cinémas, comme à toute les analyses de cet art.
      Fondé en 1978, par Guy HENNEBELLE (1941-2003), CinémAction propose à chaque numéro 200 pages environ d'analyses sur un thème particulier. Sur l'histoire des théories du cinéma (1991), le panorama des genres au cinéma (1993), les producteurs français (1998) ou dernièrement Fassbinder l'explosif et Masque et Lumière, cette revue fait le tour presque complet de chaque thème, chaque numéro comprenant en plus de multiples bibliographies et filmographies.
   Depuis 30 ans, CinémAction a publié 160 volumes, en comptant les différentes séries, avec 20 à 30 collaborateurs par ouvrage. Chaque numéro, de 200 pages en moyenne, est constitué par une équipe dirigée par un coordinateur qui s'attache à traiter le sujet sans oeillères. La revue traite aussi bien des sujets concernant le cinéma que concernant la télévision
 
     Elle est co-éditée depuis 1989 par Corlet-Télérama et son équipe d'une dizaine de personnes, dirigée par Monique MARTINEAU et Françoise PUAUX. Elle continue de contribuer à la réflexion de fond sur le cinéma, mais aussi sur la télévision, avec l'apport de très nombreux collaborateurs extérieurs. La presse salue régulièrement l'action de cette équipe, comme proposant des ouvrages et des dossiers de référence, avec un esprit d'ouverture réel.
  Il faut enfin signaler les liens étroits qui unissent cette revue à la collection Septième Art, presque la plus ancienne collection de cinéma au monde (présente depuis 1952), publiée aujourd'hui par le même éditeur.
 
   A noter un numéro récent (2011, n°140) consacré à Jorge SEMPRUN (1923-2011), scénariste et écrivain engagé. Il participa comme scénariste et dialoguiste à des films comme La guerre est finie (Alain RENAIS, 1966), Objectif : 500 millions (Pierre SCHOENDOERFFER, 1966),  Z (COSTA-GAVRAS, 1969), L'aveu (COSTA-GAVRAS, 1970), L'attentat (Yves BOISSET, 1972), Stavisky... (Alain RENAIS, 1974), Section Spéciale (COSTA-GAVRAS), Une femme à sa fenêtre (Pierre GRANIER-DEFERRE, 1976), Les routes du Sud (Joseph LOSEY, 1978), La guérilla (Mario CAMUS, 1983), Les trottoirs de Saturne (Hugo Santiago MUCHNICK, 1986), El Salvador, le pays des quatorze volcans (Florestano VANCINI, 1988), L'affaire Dreyfus (Yves BOISSET, 1994), K (Alexandre ARCADY, 1997), Ah, c'était ça la vie! (Franck APPREDERIS, 2008) et Le temps du silence (Franck APPREDERIS, 2011). Il réalisa Les deux mémoires en 1973 et écrivit de nombreux ouvrages sur le cinéma, de multiples scénarios, des essais et des pièces de théâtre. Ce numéro , dirigé par Jaime CÉSPEDES, comporte sur près de 170 pages, des articles très documentés.
 
   CinémAction se décline aussi en CinémActionTV, qui se penche non seulement sur la télévision française mais aussi celles d'autres pays, dans la même approche que la revue. Son abordés ainsi les thèmes des images numériques, des émissions éducatives, des séries...
    On recommandera également les numéros hors-séries faisant le tour (presque) complet d'une question : cinéma et bande dessinée, L'histoire de France au cinéma, L'enseignement du cinéma et de l'audiovisuel, Quelle diversité face à Hollywood?
     Le numéro 166, Chronique de la naissance du cinéma algérien, revient également sur la carrière de Guy HUNNEBELLE, tout en fêtant ses quarante ans. 
 
    

 CinémAction, 106 boulevard St Denis, 92400 COURBEVOIE. Abonnement à Corlet Editions Diffusion : BP 86, 14110 CONDE-SUR-NOIREAU. 
 Le site cinemaction.net. semble inactif. Il vaut mieux consulter www.corlet-editions.fr. Depuis un certain temps déjà, cinémAction possède son propre site Internet, cinemaction-collection.com où l'on peut commander des numéros.
 
(Actualisé le 15 mars 2012 et le 20 juillet 2018)

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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 14:58
   La revue Politique étrangère, dont le premier numéro date de 1936, parait trimestriellement et se situe, dans le paysage diplomatique intellectuel international, dans une place presque équivalente à la Revue Défense Nationale pour la politique de défense officielle de la France. Avec la différence essentielle que cette revue, animée par une trentaine de spécialistes, est tout-à-fait indépendante, aborde les problèmes internationaux avec beaucoup plus de moyens et ne prend pas en principe position. Publiée par l'Institut Français des Relations Internationales depuis 1979, sous la direction de Thierry de MONTBRIAL, elle est le pendant francophone des publications de l'Institut International d'Etudes Stratégiques de Londres (IISS).

   Avec le soutien d'un vaste réseau de spécialistes extérieurs, sous la rédaction en chef de Dominique DAVID, cette revue figure pour l'IFRI dans une palette de moyens d'interventions dans le débat diplomatique intellectuel, qui comporte aussi la revue annuelle RAMSES, des Cahiers, des Conférences, des interventions (fréquentes) dans les médias. Les travaux de l'IFRI, que l'on retrouve dans Politique étrangère, portent sur les évolutions politico-stratégiques et notamment les relations transatlantiques. Ainsi en 2007, on pouvait y trouver des analyses fouillées (plutôt sous forme d'articles courts, moins d'une dizaine de pages) sur le Moyen-Orient, le dialogue transatlantique, sur la Russie, l'identité européenne, l'Islam et la préparation en France du Libre Blanc sur la défense... Une grande place est accordée dans chaque numéro d'environ 200-250 pages, à des critiques de livres.
Un des derniers numéros (2011/4), aborde en plus de 100 pages, la question de "La déconstruction européenne?" avec des contributions  d'Alain RICHARD, de Maxime LEFEBVRE, de guy HERMET ou encore de Dario BATTISTELLA. Les auteurs, plutôt favorables à la construction européenne se demandent où se situent les responsabilités de la zone Euro, comment réenchanter le rêve européen ou encore appellent de leurs voeux d'une gouvernance européenne de la zone Euro. 100 autres pages explorent les question de Démocratie, démocratisation, en Occident, dans les pays arabes, en Afrique ou en Chine...

   Politique étrangère, IFRI, 27, rue de la Procession, 75740 PARIS CEDEX 15 (rédaction). Portails Internat Persée et Cairn.
Pour les abonnements, il faut s'adresser à la Documentation française depuis 2009
Site : politique-etrangere.com
(Actualisé le 13 mars 2012)

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 16:53
   Revue de référence sur la sociologie, L'année sociologique, fondée en 1898 par Emile DURKHEIM, conçue comme une véritable machine de conquête de la discipline dans le paysage intellectuel français et même au-delà (des milliers de bibliographies notamment), publie encore aujourd'hui nombre d'auteurs confirmés ou en recherche.
   De nombreux ouvrages-clé (Que l'on pense à Essai sur le Don de MAUSS) ont d'abord été publié dans la revue sous forme de longs articles. La célébration de son centenaire a coïncidé avec de notables transformations, notamment le passage à une périodicité semestrielle. Selon leurs responsables, la revue est désormais mieux en prise sur les évolutions que connaît ce domaine du savoir, et a fait le choix de privilégier la publication de numéros thématiques en alternance avec des volumes de varia (entendre des articles sur des domaines variés). Plusieurs de ces récentes livraisons ont ainsi permis de faire le point sur les études qui se rapportent respectivement au "droit au féminin", à la "sociologie économique", à "l'abstraction en sociologie", et l'un de ses numéros, coordonné par Christian TOPALOV, a été consacré à "la ville comme catégorie de l'action". Elle a également l'ambition de ne pas s'arrêter aux frontières disciplinaires (ce qui, selon nous, serait un peu difficile à l'époque de l'indisciplinarité...), et donc de mettre en évidence les rapports que les sciences sociales entretiennent avec des sciences voisines, notamment politiques et juridiques. A ces orientations nouvelles s'ajoute un renouvellement du comité de rédaction qui, aujourd'hui ouvert à de jeunes enseignants, chercheurs, accueille également des sociologues étrangers de renommée internationale.
    Dans le comité d'honneur actuel figure Raymond BOUDON, ce qui au premier abord ne laisse pas d'étonner dans la revue de l'école française de sociologie, quand on connaît les positions de celui-ci sur celle-là... Mais, précisément, L'année sociologique, de par la diversité des courants qui l'animent et qui s'y expriment, constitue un bon point d'observation sur l'évolution de cette discipline. Le président du comité de rédaction actuel est Bernard VALADE.

         La revue parait maintenant donc deux fois par an et privilégie des approches (un numéro sur deux) par thèmes. Ceux-ci sont très variés et ne concernent évidemment  pas que le conflit. Toutefois, comme nous le savons, chaque domaine en sociologie porte une conflictualité... Précisément, notons que L'année sociologique aborde dans son numéro 2/2011, les "Valeurs, métier et action : évolutions et permanences de l'institution militaire", avec notamment des contributions, entre autres d'Eric LETONTURIER, Laure BARDIÈS, Sébastien JALUBOWSKI, Bernard BOÊNE et de Nina LEONHARD.
  Ajoutons que tous les numéros, depuis 2001, sont disponibles en ligne en texte intégral sur le portail CAIRN (il suffit de se laisser guider dans le site) sur abonnement. Comme les articles sont en accès libre 5 ans après leur parution, je vous conseille pour vous édifier sur l'intérêt "en veille", pour cette revue, d'y jeter un coup d'oeil de temps en temps... Les autres, antérieurs à 2000 sont disponibles notamment sur JStor.org. Nous regrettons que l'accès n'y est pas immédiat et que seuls les premiers numéros de la revue (jusqu'à 1910 environ) soient disponibles à partir du site Gallica.
     
      Philippe BESNARD, dans sa communication sur Les durhkeimiens s'attarde sur la naissance et le fonctionnement de L'année sociologique. Cette revue "fut non seulement l'organe du groupe durkheimien mais l'instrument même de sa constitution. Les douze volumes de sa première série (1898-1913), publiés du vivant de Durkheim, sont autant de pierres fondatrices de ce qui fut vite appelé "l'école française de sociologie".
"L'idée de créer cette revue naquit au printemps de 1896 lors d'entretiens entre Durkheim et Bouglé, jeune agrégé de philosophie qui venait de faire paraitre un livre sur Les Sciences sociales en Allemagne et cherchait à se spécialiser dans cette discipline nouvelle. Le projet ne prit vraiment corps qu'au début de 1897 et le premier volume fut publié un an plus tard. Il faut dire que la formule des Années, revue présentant annuellement les principales productions d'un savoir, était alors très en vogue. L'Année psychologique (1895), notamment, dirigée par Binet et publiée par son laboratoire de psychologie physiologique a pu servir de modèle à L'Année sociologique.
Cependant, en 1895 encore, Durkheim soutenait que la littérature véritablement sociologique n'était pas assez abondante pour alimenter une revue périodique : il visait, il est vrai, la Revue internationale de sociologie, créée dès 1863 par René Worms, et jugeait que cette entreprise était prématurée. En fait, cette déclaration n'était pas contradictoire avec le projet de L'Année sociologique. L'originalité de cette dernière venait précisément de la manière dont elle résolvait ce paradoxe : comment vouloir rendre compte de la production d'une discipline qui reste complètement à constituer? L'objectif, d'ailleurs déclaré, de L'Année sociologique était différent. Il s'agissait de présenter et d'analyser les recherches qui se faisaient dans les "sciences spéciales" - histoire et ethnographie des religions, histoire du droit, criminologie, statistique morale, science économique, linguistique, archéologie, géographie humaine, etc. - et de voir si l'on pouvait en extraire des matériaux utilisables par la sociologie. Seule la première section, institutlée "Sociologie générale" avait vocation de rendre compte de la littérature proprement sociologique, c'est-à-dire qui se donnait pour telle et, pour cette raison même, elle était considérée comme la moins utile.
L'Année sociologique avait donc un caractère unique parmi les revues du même genre. Alors qu'elle contribuait à créeer une science, à définir son domaine, elle pouvait donner l'illusion d'une science déjà constituée ayant son organisation interne et ses disciplines auxiliaires. On comprend dans cette perspective l'importance accordée au plan de classification qui ordonnait les comptes rendus. Les divisions et subdivisions thématiques permettaient de définir les diverses régions du territoire de la sociologie et de légitimer sa prétention de légiférer sur tous les aspects de la vie de l'homme en société. En outre, le caractère critique des analyses permettait aux durkheimiens de faire valoir leur point de vue sur toutes sortes de sujets qu'ils avaient à peine commencé d'explorer, et d'annexer des savoirs produits par d'autres disciplines.
Cet intérêt "stratégique" de L'Année pour la constitution de la nouvelle science peut, seul, expliquer la durée d'une entreprise qui nécessita un travail collectif considérable. Les douze volumes de la première série analysèrent 4 800 livres ou articles et en signalèrent (sans commentaire) 4 200 autres. Et ces analyses critiques étaient souvent fort développées puisque 1 767 d'entre elles dépassaient une page de revue (certaines allant jusqu'à 10 voire 20 pages). L'Année sociologique était donc bien essentiellement une revue de bibliographie critique, même si elle présentait aussi, au moins dans ses dix premiers volumes, des "mémoires originaux", articles souvent substantiels. Notons que ces mémoires provenaient des membres de l'équipe, sauf au début où Durkheim fit appel à des auteurs étrangers et prestigieux (Simmel, Steinmetz, Ratzel). Après 1907, l'entreprise s'essouffla un peu, chacun voulant consacrer plus de temps à ses travaux personnels, et aussi parce que l'entreprise fondatrice et légitimatrice avait moins de raison d'être. L'Année sociologique, réduite aux analyses, parut tous les trois ans (1910 et 1913), tandis qu'était créée parallèlement la collection des Travaux de l'Année sociologique.
La participation à cette entreprise collective est le meilleur critère pour cerner la population des durkheimiens. (...) La réussite de l'entreprise n'est pas sans rapport avec plusieurs facteurs d'intégration et de solidarité de l'équipe. Son recrutement était assez homogène quant à la formation universitaire. Plus de la moitié des 43 collaborateurs étaient agrégés de philosophie (22) et/ou anciens élèves de l'Ecole normale supérieure (24). (...) En dépit des liens d'amitié, de collaboration ou même de parenté qui unissaient certains de ses membres, l'équipe dans son ensemble n'était pas un groupe d'interconnaissance. Les relations n'étaient étroites qu'à l'intérieur de certaines fractions du groupe. C'est à Durkheim que revenait la tâche de centraliser les communications. Le tandem formé par Mauss et Hubert, très proche de lui, guidait les activités de la plupart des jeunes collaborateurs et Fauconnet gravitait autour de ce noyau central. Mais deux sous-groupes oeuvraient dans un relatif isolement : celui que formaient Bouglé, Lapie et Parodi, soucieux de faire la part du psychologique dans l'explication des faits sociaux, et celui qui réunissait, autour de Simiand, Halbwachs et les frères Bourgin. (...). Parallèlement à ces fractions, on peut discerner une stratification au sein du groupe. Quand les décisions qui touchent au sort de la revue sont à prendre, Durkheim ne manque pas de consulter une sorte d'état-major composé de Bouglé, Fauconnet, Hubert, Mauss et Simiand. (...) La défection de Richard, qui allait devenir un des adversaires déclarés du durkheimisme, fut la seule notable qu'eut à subir l'équipe du vivant de Durkheim. C'est là un trait qui mérite d'être souligné : en dépit de divergences doctrinales initiales, de l'existence de certaines fractions, du travail colossal qu'impliquait la collaboration à L'Année, l'équipe apparut comme de plus en plus homogène et ne connut aucune rupture fracassante. En cela aussi, L'Année sociologique a été une incontestable réussite."
 
       L'Année sociologique, conçue comme une sorte de machine de guerre à destinée à annexer des territoires était divisée en classes thématique : sociologie des religions, sociologie du droit, secteurs les plus étudiés, en sociologie économique, morphologie sociale (catégorie attrape-tout, surtout composée d'anthropologie et d'ethnologie). Elle ne traitait que fort peu de sociologie politique ou de sociologie de l'éducation.
Philippe BESNARD, article Les durkheimiens, dans Encyclopedia Universalis, 2014.

   L'année sociologique, Université Paris Sorbonne, Maison de la recherche, Institut des Sciences Humaines Appliquées (ISHA), UFR de philosophie et de sociologie, 28, rue Serpente, 75005 PARIS (rédaction).
   Site : www.PUF.com
Actualisé le 10 mars 2010
Complété le 19 décembre 2013.

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 16:36
    Sous-titrée depuis Janvier 2005 "Actualisation et renouvellement de la pensée stratégique", cette revue mensuelle est la revue, sinon officielle, du moins des points de vues officiels et autorisés, de la France en matière de défense et de relations internationales.
En fait, le titre de la revue a changé plusieurs fois depuis sa création en 1939 sous le nom de Revue des questions de défense nationale. Elle reparait en juillet 1945 sous le nom de Revue de défense nationale. En 1973, elle devient Défense nationale, puis Défense nationale et sécurité collective en 2005 avant de prendre son titre actuel en janvier 2010 de Revue Défense Nationale. 
 
       Editée par le Comité d'Etudes de Défense Nationale (association loi de 1901), elle est dirigée par la hiérarchie du Ministère de la Défense. On y trouve, depuis 1939 (son premier article fut signé par le Maréchal PETAIN, "le devoir des élites dans la défense nationale"), avec une parenthèse entre 1940 et 1945, les points de vues des dirigeants politiques et militaires français de la défense, des éléments sur la situation interne des armées, des réflexions sur les évolutions technologiques, des analyses et des synthèses sur les politiques de défense des autres pays; beaucoup portant sur la défense européenne ou la défense de l'Europe. Une revue de livres parus, assez riche et diversifiée, termine chaque numéro.
  Elle diffuse à 5 000 exemplaires et est beaucoup lue par l'establishment militaire de nombreux pays et par les spécialistes et futurs spécialistes des questions de défense. C'est en effet une revue de référence, avec les exposés fréquents de la politique de défense de la France par leurs responsables (et également par les dirigeants des grandes entreprises militaro-industrielles). On trouve par exemple dans le numéro de mai 2008, consacré à la cybercriminalité et à la cyberguerre, en tête, l'intervention de Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de l'Outre-mer et des collectivités territoriales.
 
      Pour donner une idée de la diversité du contenu de chaque numéro, hors numéros spéciaux, celui de mars 2012, qui se centre en partie sur la Défense du continent europée (Avant-propos de Jean-Pierre CHEVÈNEMENT), comprend une série d'entretiens "Défense", période électorale oblige, (Jean-François COPÉ, Philippe FOLLIOT, David MASCRÉ et Jean Yves WAQUET), un dossier sur la Défense antimissile, des Repères-Opinions-Débats sur l'Afghanistan ou la situation du Maroc avec la proposition d'adhésion au conseil de coopération du Golfe, des compte-rendus de Revues ou de Rapports (CESA - Politique européenne de défense ou la Russie...)... Le numéro d'été 2017 est consacré à L'ambivalence de la puissance russe... Le numéro d'octobre 2017 porte principalement sur l'Engagement militaire : de nouvelles formes? avec les rubriques devenues habituelles Approches régionales, Repères-Opinions, Chronique-Recensions...
         Sur le site Internet (www.defnat.com), rénové en 2017, une nouvelle rubrique a été créée : les Brèves pour traiter de sujets sous un angle militaire, avec plus de "réactivité" aux événements en France et dans le monde. Des articles de réflexions y sont publiés, hors revue, tribunes comme celle sur Corée du Nord, une nouvelle crise de Cuba?, de Pierre VIAUD, le 13 septembre 2017.
  
  Loin d'être fermée sur la hiérarchie militaire, la revue s'est ouverte à plusieurs reprises, surtout depuis les années 1980, aux intervenants venant de divers échelons de l'armée, de la marine et de l'aviation (sur le service national, par exemple) et aux divers milieux politiques, économiques, sociaux, scientifiques nationaux et internationaux. Généralement, des débats (pas tous...) y sont honnêtement traités, même si, un peu trop souvent, la revue sert de tribune prioritairement aux responsables officiels, sans contre point de vue.

Revue Défense nationale et sécurité collective, Ecole militaire, 1, Place Joffre, 75007 PARIS. Pour abonnement, BP 8607, 75325 PARIS O7.
Site : www.defnat.com
 
 
(Actualisé le 9 mars 2012)
Complété le 21 septembre 2017

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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 16:23

 

   Fondée en 1975 par Pierre BOURDIEU et un groupe de chercheurs du centre de sociologie européenne, à la Maison des Sciences de l'Homme, cette revue trimestrielle, publiée aux Editions du Seuil, avec le concours, entre autres de l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), offre une gamme de connaissances intéressantes en ce qui concerne les conflits sociaux. Son équipe, insérée dans un vaste réseau international de chercheurs de sciences sociales et humaines, actuellement dirigée par Maurice AYMARD, est soucieuse depuis l'origine d'une interdisciplinarité qui lui fait aborder tous les sujets sociaux.

   On se souvient des numéros publiés dans les années 78-80 sur le déclassement, le capital social, l'institution scolaire. J'avais été frappé à cette époque par un article de Sylvain MARESCA sur "Grandeur de permanence des grandes familles paysannes", avec ses impressionnantes précisions généalogiques des relations familiales entre dirigeants d'un département français. Et également par l'article de Pierre BOURDIEU sur "les trois états du capital culturel" (numéro 30, novembre 1979).
  C'est par des monographies et des enquêtes du type de celui, encore un exemple, de Paul WILLIS sur "l'école des ouvriers" (numéro 24, novembre 1978) que l'on peut approcher scientifiquement et précisément la réalité sociologique, notamment les conflits, pris dans leur complexité.
  Aujourd'hui, cette rigueur se perpétue avec des numéros tels que celui de mars 2008, sur "les politiques impérialistes" avec une dizaine de contributions. Le Centre de Sociologie Européenne, qui publie les Actes de la recherche en sciences sociales, organise également des Colloques. On peut consulter les articles de cette revue sur le site créé par le ministère de l'enseignement supérieur, Persée.fr. et également pour les numéros plus récents sur Cairn.info.
 
Rédaction : 3, rue d'Ulm, 75005 PARIS.
site internet : http://cse.ehess.fr

    A signaler deux numéros successifs (173 de juin et 174 de septembre 2008) qui portent sur "Pacifier et punir", respectivement sous-titrés "Les crimes de guerre et l'ordre juridique international" et "La force du droit international et le marché de la paix".
Ces numéros marquent la volonté de la revue d'aborder plus qu'auparavant des thématiques planétaires. Jérôme BOURDIEU, Sara DEZALAY et Franck POUPEAU, dans un "Prologue de la rédaction" les introduisent pour l'essentiel comme voulant faire "l'analyse des processus sociaux de qualification juridique et politique des (phénomènes de massacres collectifs) comme crimes dans un cadre supranational." "Le parti pris méthodologique de ces deux numéros a été non pas en fait de prendre les "crimes de guerre" pour des objets sociologiques en soit, mais de lire l'élaboration historique de cette notion comme le produit de la genèse multiforme d'un ordre juridique international de gestion par "le Nord" des "violences du Sud". Nous reviendrons dans la rubrique "Droit" sur les études très intéressantes de ces deux numéros.
    A signaler aussi le numéro 190 de décembre 2011, sur le pouvoir économique, coordonné par Anne-Catherine WAGNER. Présentant ce numéro, elle écrit que "la mondialisation n'ébranle pas de manière uniforme les structures du pouvoir économique : elle produit des effets contrastés selon l'histoire et les structures sociales des différents pays. La comparaison internationale des propriétés sociales des dirigeants d'entreprises multinationales met en évidence la diversité et la stabilité dans le temps des modèles nationaux de recrutement et de légitimation des plus hauts dirigeants. La domination économique prend appui sur des capitaux liés, selon des modalités diverses, aux structures sociales et aux Etats nationaux. Si le système des grandes écoles et des grands corps de l'Etat est propre à la France, chaque pays a son mode de formation et de sélection des élites économiques. En Allemagne, c'est le partage d'un même habitus de classe se marquant par des manières d'être forgées par la commune appartenance au petit monde de la bourgeoisie des affaires allemande qui soude le grand patronat. En Angleterre, les filières de formation sont un peu plus diverses qu'en France (...) et la légitimation du pouvoir repose moins sur le passage par le service de l'Etat que sur l'engagement dans des oeuvres caritatives ou culturelles qui marque l'appartenance à la "noblesse" des affaires. Du fait de cette diversité des filières, l'interpénétration des différentes fractions des classes dominantes prend des modalités spécifiques dans chaque contexte national : le passage par les mêmes institutions d'élites ou, comme en Suisse, par l'armée de milice, la participation aux mêmes cercles et clubs exclusifs ou encore les liens de filiation ou d'alliance assurent la solidarité des différents pouvoirs". Ce numéro montre bien ces spécificités et les changements introduits par la perte d'importance de l'échelon politique national pour les plus grandes entreprises au profit d'instances politiques internationales ou supranationales, telles que l'Union Européenne ou l'Organisaion Mondiale du Commerce, ce qui entrainent des recompositions dans les réseaux du pouvoir. 
   Les derniers numéros portent sur Les classes sociales européennes (septembre 2017), Plages, territoires contestés (juin 2017), Les classes sociales au foyer (décembre 2016) et Les structures contemporaines de la "parentalité" (septembre 2016).
 
    La revue ne fait pas qu'aborder des sujets de sociologie, elle participe également aux débats sur la situation des sociologues. Ainsi en juin 2017, le comité de rédaction d'Actes de la recherche en sciences sociales s'inquiète de la politique du jury d'admission de l'InSH où nombre de candidats sociologues ont été éliminés, non pas en regard de leur compétence mais au nom de logiques académiques contestables. 
 
   Autour du rédacteur en chef François DENORD, s'active un comité de rédaction d'une vingtaine de personnes., lui-même épaulé par un conseil scientifique et aidé par une multitude de rédacteurs associés. Le secrétariat de rédaction se trouve 105 boulevard Raspail, à Paris, dans le 6ème arrondissement. Jocelyne PICHOT anime un site Internet fourni. 
 
(Actualisé le 8 mars 2012)
Complété le 8 novembre 2017

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 16:57
      Fondée en 1991 par Pascal BONIFACE, géopolitologue de l'Université Paris 8, cette revue trimestrielle offre toute une gamme d'analyses sur les multiples enjeux contemporains. Sur l'or bleu (entendre l'eau), sur l'Islam (peut-on le critiquer?) comme sur les nouveaux enjeux en Asie Centrale, une équipe d'une vingtaine de spécialistes des relations internationales fait le point régulièrement sur les nombreux conflits qui agitent notre globe.
    La revue de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) fait partie d'un ensemble de moyens d'information et de formation qui comprend également la livraison annuelle de "L'année stratégique", des ouvrages d'actualité comme "Lettre ouverte à notre futur(e) Président(e) de la République sur le rôle de la France dans le monde" de 2006, des interventions nombreuses dans les médias (Radio Orient notamment, mais aussi souvent dans C'est dans l'air, l'émission de La Cinquième, que je recommande d'ailleurs chaudement, pour ce qui concerne les questions internationales, car pour les affaires françaises, c'est une autre affaire......), et diverses expertises auprès d'organismes nationaux et internationaux.
   
       Chaque année, l'IRIS publie en collaboration avec Dalloz, l'Année stratégique, Analyse des enjeux internationaux, sous la direction de Pascal BONIFACE. En plus de 600 pages, le lecteur peut trouver des informations sur tous les pays de la planète et des articles faisant le point sur les principaux problèmes internationaux. L'année stratégique constitute un excellent complément d'une autre "atlas" annuel, dont nous parlerons plus loin, L'état du monde, publiée par les Editions La Découverte.
    Orientée plutôt à gauche, sans être partisane, cette revue revient souvent sur le conflit israélo-palestinien-arabe. Pour qui s'intéressent aux questions de défense et qui ne veulent pas se limiter à la "Revue de Défense Nationale", dont je parlerais d'ailleurs, et aux débats trop franco-français, c'est un outil indispensable.
    
     L'IRIS organise chaque année des cycles de formation sur mesure pour les entreprises. A travers son établissement privé d'enseignement supérieur technique, il forme des étudiants à différents métiers dans un contexte international (220 étudiants par an, avec 20% d'étudiants internationaux). Des observatoires, dirigés par des experts de l'IRIS, proposent de suivre l'actualité et les enjeux de zones géographiques sur des thématiques transversales particulièrement stratégiques. Ainsi l'observatoire des mutations politiques dans le monde arabe (sous la direction de Béoligh NABLI), celui stratégique et économique de l'espace post-soviétique (Philippe MIGAULT), de la Turquie et de son environnement géopolitique (Didier BILLUN), de la géopolitique du religieux (Nicolas KAZARIAN), géostratégique de l'information (François-Bernard HUYGHE), de la politique étrangère européenne (consortium de 13 think tanks et universités issus ou voisins de l'Union Européenne).
 
   Dans l'ensemble des moyens dont se dotent les responsables et de la revue et de l'IRIS, l'espace de conférences situé 2bis rue Mercoeur à Paris, dans le 11ème arrondissement,  prend une grande importance. Les locaux peuvent s'adapter à toutes sortes de manifestation et sont utilisés régulièrement comme salles de conférence pour des thèmes touchant aux relations internationales et à la défense.

  La revue internationale et stratégique, revue de l'IRIS, Editions Dalloz. Abonnements au 2bis, rue Mercoeur, 75011 PARIS.
  Site IRIS-France.org.
Un nouveau site est disponible depuis octobre 2008, www.affaires-stratégiques.info. Pour l'espace de conférences : espace-conferences@iris-france.org.
 
(Actualisation du 7 mars 2012)
Complété le 14 novembre 2017.

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