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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 10:28

  Peu connue du grand public, de même d'ailleurs que la pourtant bien plus ancienne Revue des Etudes juives (fondée en 1880), la revue biannuelle Pardès, créée en 1985 par Annie KRIEGEL et Shmuel TRIGANO, "ouvre une voie inédite dans l'approche des questions juives, conjuguant recherche et réflexion, croisant histoire, littérature et sciences religieuses". Dans l'environnement de l'Alliance Israélite Universelle (fondée en 1860), qui gère une Bibliothèque très fournie et très ouverte sur les différentes tendances du jaudaïsme, elle se veut "un carrefour ouvert à toutes les écoles de pensée, sans exclusive idéologique." 

 

   Ses numéros sont thématiques et invitent souvent des contributeurs non juifs dans ses pages. Ainsi Y-a-t-il une morale chrétienne? (n°30, 2001), Guerre et paix dans le Judaïsme (n°36, 2004), Controverses sur la Bible (n°50, 2011)... Avec à chaque fois une petite dizaine de contributions sur 200 à 300 pages. Défendant l'identité juive, contre d'ailleurs une tendance à dénier à la Bible un caractère aussi ancien et aussi fondamental que le veut une grande partie du Judaïsme, Pardès - littéralement le paradis pour l'érudit juif de la Kabbale - est éditée par In Press, sous la direction de Shmuel TRIGANO. Un solide comité scientifique international soutient un comité éditorial (où l'on retrouve David BANON et Jean-Marc CHOURAQUI, par exemple) et un comité de rédaction de six membres (dont Catherine CHALIER, Rivon KRYGIER  et Perrine Simon NAHUM...).

 

     Son intention éditoriale tranche effectivement avec celle de la Revue des Etudes Juives fondée par la Société des Etudes Juives, dans le prolongement de la Wissenschaft des Judentuns, comme le Jewish Quarterly Review, sans que des divergences de fond soient perceptibles. 

Cette dernière contient principalement des articles scientifiques sur la littérature et l'histoire juive, et traite plus rarement de sujets théologiques que Pardès veut aborder. La revue plus récente entend intervenir de cette manière bien plus dans le débat public, luttant entre autres contre l'antisémitisme. A noter, sans doute une différence avec d'autres revues juives, qu'elle observe une attitude relativement critique par rapport à Israël et au sionisme, à l'instar de l'Alliance Israélite Universelle qui d'anti-sioniste à la veille de la Seconde guerre mondiale, a assoupli sa position théorique et modulé son programme d'enseignement. 

 

Pardès, Etudes et Culture juives, c/o Editions In Press, 12, rue du Texel, 75014 PARIS, Site www.inpress.Fr.

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 07:22

      Les Cahiers de la Réconciliation, organe d'une des composantes des courants non-violents français, le Mouvement International de la Réconciliation (MIR), parait depuis 1927. Actuellement trimestriel, il témoigne d'une activité quasiment inninterrompue (sauf entre 1939 et 1946 ) de l'activité des milieux chrétiens (surtout de confession protestante) non seulement en France, mais aussi dans le monde.

      Animés d'abord par Henri ROSER (de 1927 à 1957) qui prit la relève de Jacques MARTIN, fondateur de l'ancêtre des Cahiers de la Réconciliation, (les "Cahiers du Semeur), puis par Jean LASSERRE (1908-1983), et actuellement par Marie BIEDRAWA, Christian RENOUX et Marlène TUININGA, diffusés de manière un peu confidentielle (pas de présence dans les kiosques...) par voie de courrier et d'abonnement direct et peu connus en dehors des cercles militants, Les Cahiers de la Réconciliation ont publié, en dehors de leur parution courante, des Monographies de la défense civile, jusqu'au années 1980.

Edités actuellement avec le soutien de Non-violence XXI, organisme de promotion d'une culture non-violente,, Ces Cahiers proposent par exemple un petit dossier sur L'intervention civile pour la paix (n°3, 2010) ou un ensemble de contributions sur justice et paix et réconciliation en Afrique (2) Aspects socio-économiques (2009, n°4), De la désobéissance civile (1989, n°5)... Très présente dans le combat pour l'obtention d'un statut de l'objecteur de conscience en France et ailleurs, la revue a connu une grande activité jusque dans les années 1990.

 

      Les Cahiers de la Réconciliation ont participé de manière non négligeable aux différents débat autour de la Défense Civile Non-violente, souvent aux côtés du mouvement "frère" belge, le MIR-IRG, PAR LA PUBLICATION DE monographies de la Défense Civlle, dont voici la liste :

- Norvège 40-45, La résistance nonviolente face à l'occupation nazie (Magne SKODVIN) ;

- La bataille de la Rhur, Les problèmes économiques de la défense civile (Wolfgang STERNSTEIN) ;

- Allemagne de l'Est 1953, Résistance nonviolente dans les régimes communistes (Theodor EBERT) ;

- Danemark 40-45, La Résistance nonviolente face à l'occupation nazie (Jeremy BENNET) ;

- Tchecoslovaquie 1968 (Adame ROBERTS, Andres BODERUP, Andrew MACK) ;

- Guerilla et résistance nonviolente, Les leçons des mouvements de résistance (Basil LIDDEL HART) ;

- Le putsch de Kapp (1920), Le putsch d'Alger (1961), La résistance nonviolente face aux coups d'Etats militaires (Curzio MALAPARTE; Anders BOSERUP, Andrew MACK) ;

- Organisation et fonction de direction en défense civile (Theodor EBERT) ;

- Reconversion, Désarmement et Sécurité de l'Emploi ; Lucas Aerospace (Quido GRÜNEWALD et Mike GEORGE) ;

- Défense civile nonviolente et intérêts stratégiques (Brigadier-Général Edward AKTESON) ;

- Transarmement (Jon GREPSAD, Robert POLET, J.F. LECOCQ) ;

- Résistance civile et "Arsenal" de la défense nonviolente (Adam ROBERTS) ;

- L'été polonais ; Conquêtes ouvrières et défense civile nonviolente (Robert POLET) ;

- Action populaire ou non résistance, Deux exemples britanniques : une grève militaire 1797 : mutinerie de la flotte britannique ; L'occupation des îles anglo-normandes, 1940-1945 (Jean JACQUEMIN) ;

- Le Comité de Défense des Juifs de Belgique (1940-1945), Bel exemple de résistance civile et populaire (Philippe de BRIEY) ;

- La défense militaire est-elle crédible? Réponse à Jean LASSERRE (Jacques de BOLLARDIÈRE) ;

- Résistance civile en Belgique 1914-1918, 1940-1944 (Jean JACQMAIN) ;

- Résistance non armée dans la Région de Bergame, Italie (1943-1945) (Stefano PIZIALI) ;

- La défense non-violente, Utopie ou alternative de dernier recours. (Bernhard HÄRING).

      A noter aussi un dossier composé de deux textes de Henri ROSER (1899-1981), Le chrétien devant la guerre, suivi de Jésus-Christ non-violent, dans le numéro 4 de 1993, exemple de nombreux numéros où sont évoqués les oeuvres de figures de la non-violence ou l'activité du MIR. De nombreux numéros font le point sur la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac (gagnée en 1981). 

 

Les Cahiers de la Réconciliation, MIR, 68, rue de Babylone, 75007 PARIS.

Site : www.mirfrance.org. (non actulaisé en 2012)

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 13:45

       Périodique français consacré, de manière très large, à l'approche sociologique et philosophique de l'Ecole de Francfort, fondé par Jean-Marie VINCENT (1934-2004) en 2001, se présente comme une revue transdisciplinaire orientée à gauche. Fondée à la suite de la disparition de Futur antérieur (revue que Jean-Marie VINCENT dirigeait avec le philosophe italien Toni NEGRI, dans le cadre du département de sciences politiques de l'Université Paris VIII), la revue, sans parution régulière, mais au rythme des travaux se voulant une lecture de "Marx après les marxismes", rassemble avec pour directeur de publication Alexander NEUMANN, Denis BERGER, Julien BORDIER, Hélène CHATROUSSAT, Lucia SAGRADANI (rédactrice en chef), entre autres, dans un comité de rédaction qui se situe dans la foulée des travaux de l'EF. 

     Une première série (2001-2003, Éditions Syllepse) portaient sur L'émancipation sociale, L'introuvable troisième voie, Les nouveaux mythes du capitalisme, Sciences sociales et engagement (4 premiers numéros), une seconde (2005-2007, Editions Parangon), sur Barbaries, résurgences, résistances, La Théorie critique - héritages hérétiques, Mouvement social et politiques de la transgression, Subjectivités libres et critiques de la répression, Les frontières de la politique (n°5 à 9-10) et la troisième série (Depuis 2008, Editions Variations), toujours en cours, abordent des sujets précis comme sur Mai 68, La Haine (printemps 2011) ou la Critique du travail (été 2012). Les numéros 5 à 10 sont proposés en téléchargement libre sur le site de la revue : http://theoriecritique.free.fr. Et les numéros 11 à 17 sur la plate-forme revues.org, ce depuis 2011

 

     Pour les membres du comité de rédaction "lorsque l'ordre du monde a été contesté de nouveau, au début des années 2000, Variations a fleuri (...). Notre revue est toujours là pour transgresser les discours établis, fussent-ils universitaires. Portée par un héritage hérétique, celui de la Théorie critique. Aujourd'hui, des auteurs comme Adorno, Benjamin, Fromm et Marcuse sont bien connus, mais semblent enfermés dans le musée des grands classiques. Nous voulons les ramener à la vie intellectuelle à travers nos débats. (La revue) a l'ambition démesurée de déborder le périmètre que le champ académique veut accorder à la Théorie critique, en dialoguant avec les mouvements sociaux, en faisans connaître les débats internationaux contemporains extrêmement vifs qui se nouent actuellement autour de ce courant. Cette ambition, cette exigence de la revue, pourrait faire sourire si Variations n'avait pas publié les premiers textes d'auteurs mondialement connus, qui s'inspirent directement de la Théorie critique, ce qui a par la suite permis d'éditer leurs livres en français, grâce au concours des membres de la revue. (...) L'effort théorique de Variations s'oppose dans le même temps au repli intellectuel. La revue cherche au contraire à nommer les expériences contemporaines, inachevées, latentes que la crise des sociétés engendre, au Nord comme au Sud. (...) Après la chute du mur de Berlin, du stalinisme, et au moment où la marchandisation mondiale démarrait sa grande fête triste, le courant actuel de la Théories critique promet de corroder aussi bien le récit capitaliste que les bureaucraties mortifères qui voulaient entraîner Marx dans leur tombe. Des entretiens inédits avec André Gorz et Edgar Morin ont nourri cet esprit de résistance dans nos colonnes. (...) Au fond, l'expression d'Ecole de Francfort est trompeuse. Le programme de recherche original du courant chaud de la Théorie critique - et dont Jürgen Habermas se souvient manifestement très mal - a été ébauché en 1922 : "Grève de masse, sabotage, vie internationale du syndicalisme, analyse sociologique de l'antisémitisme, marxisme, parti et masse, modes de vie des différentes couches de la société"... (projet de l'Institut de recherche en sciences sociales de Francfort). En ce sens, nous ne définissons pas les thèmes qu'il s'agirait d'exposer, mais les sujets viennent plutôt à nous, à travers l'actualité lancinante ou dès que le collectif de rédaction éprouve le désir de mieux comprendre tel ou tel événement ou débat. (...)".

 

     Une Collection d'essais La Quatrième Génération est animée par la revue, qui permet aux auteurs de s'exprimer plus longuement. En 2012, La Quatrième Génération propose déjà trois essais en ligne : Conscience de classe, la sociologie critique de l'Ecole de Francfort (Alexander NEUMANN, 2010) ; Les contre-pouvoirs de Foucault (Michael KOZLOWSKI, 2011); Critique du travail. le faire et l'agir (réédition, Jean-Marie VINCENT, 2012). Les essais de cette collection sont disponible sur le site http://theoriecritique.free.fr.

 

Variations, 45, rue Polonceau, 75018 paris

http//variations.revues.org/

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 14:16

      La revue d'analyse marxiste Contretemps, fondée en 2001 par le philosophe Daniel BENSAÏD (1946-2010), se présente comme une revue indépendante, clairement engagée dans la mouvance anticapitaliste. Outil dense de la mouvance trotskiste, cette revue se situe après la chute du Mur de Berlin et la fin du régime soviétique, dans une interrogation sur la lutte quand l'horizon révolutionnaire s'éloigne.

 

      En rupture avec la conception marxiste traditionnelle, le philosophe français, avec Mateo ALALUF, Stéphane BÉAUD, Philippe CORCUFF, Samuel JOHSUA, Bernard LAHIRE, Gérard MAUGER, Dominique PESTRE, Michel PIALOUX, Pierre ROLLE et Jean-Marie VINCENT, se penchent, dans le numéro 1 de la revue sur Le retour de la critique sociale : Marx et les nouvelles sociologies. Daniel BENSAÏD et Philippe CORCUFF, dans une présentation de la revue écrivent : "On prétend qu'il faut vivre avec son temps, il faut non moins savoir penser à contretemps, de manière intempestive ou inactuelle, "à rebrousse-poil" disait Walter Benjamin. Avec son temps et à contretemps : ne s'agit-il pas d'inventer une politique du temps présent où la danse du virtuel l'emporte sur le piétinement du réel, où l'éclosion des "peut-être" brise le cercle de l'éternel retour? La solitude éthique de l'homme sans dieu ne pourrait-elle s'apaiser dans une action politique refusant obstinément de croire à l'incroyable, c'est-à-dire à l'éternité de la marchandise et de la domination, cette "fin de l'Histoire" nous présentant le nouveau siècle comme l'entrée dans une hibernation temporelle? Pour cela, on doit sans doute repousser les voix des sirènes postmodernes, qu'il s'agisse des éloges en vogue de l'émiettement de la pensée et des luttes, dans un smal is beautiful désarmant face aux avancées de la "globalisation" marchande, ou du scepticisme blasé d'anciens combattants revenus de tout sauf de leur ego. Mais on ne peut pas, non plus, retourner tel quel aux certitudes de la Modernité, ces concepts à majuscules (l'Humanité, la Raison, le Progrès, le Peuple, etc.) qui ont perdu de leur superbe dans les fracas du siècle qui vient de s'achever (le judéocide, le stalinisme, le colonialisme, l'impérialisme, le racisme, les catastrophes et les menaces écologiques, le triomphe de l'inégalité capitaliste sur la planète...). 

On a besoin aujourd'hui de quelque chose comme des Lumières tamisées (qui ne sauraient se confondre avec le couvre-feu où tous les chats sont gris) à la recherche de formes alternatives de globalisation, dans la ferme certitude de l'incertitude, et donc du risque, de l'erreur et du provisoire inclus dans tout pari. Des Lumières mélancoliques, qui n'opposent pas la tradition (des cultures enfouies des opprimés et des pensées critiques marginalisées) à l'horizon d'un avenir radicalement autre. Car pour résister à l'air du temps et tenter d'ouvrir un nouveau chemin, il vaut mieux être lestés d'un passé qui reste à advenir. Comment, sans le recours à une telle mélancolie active et radicale, trouver les ressources d'un décalage nécessaire avec les évidences aveuglantes et aveuglées des "Z'élites"? L'aventure politique, comme l'aventure esthétique et l'aventure amoureuse, nourrie du souvenir d'instants d'éternité, d'événements impromptus et inoubliables, mais aussi d'un sens du tragique (la Barbarie peut gagner, la tristesse peut être au rendez-vous), nous lance dans l'avenir comme un coup de dés. De tels paris n'ont-ils pas plus de souffle que les habitudes paresseuses de la gauche gestionnaire? (...)".

 

      Depuis ce premier numéro, fait dans le prolongement d'une journée d'études en octobre 2000 sur les rapports entre les marxismes et sociologies critiques, les fondateurs de la revue entendent renouveler la réflexion marxiste, en prise directe sur les luttes contre la mondialisation capitaliste.

Une nouvelle formule est lancée en 2009, avec les Editions Syllepse comme éditeur et le lancement d'un site Internet, qui est plus qu'une simple extension de la revue papier. Les titres portent sur De quoi quoi le communisme est-il le nom? Frantz Fanon, cinquante ans après, La nouvelle gauche anticapitaliste, Révolutions arabes... Le Moyen-Orient sous les ruines de Gaza, dans une cent-cinquantaine de pages pour chaque numéro, avec une parution trimestrielle.

Le numéro 13 (premier trimestre 2012) de la revue porte sur 2012, Sarkozy, et après? avec des contributions entre autres de Francis SITEL, Stéphane ROZÈS et Rémi LEFEBVRE.

 

Contretemps, Revue de critique communiste, 88, rue de Bagnolet, 75020 PARIS.

www.contretemps.eu ; www.syllepse.net.

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 10:39

              Les revues qui traitent de sociologie musicale ou de thèmes approchant n'ont bien entendu rien à voir avec les divers magazines dégoulinantes de photographies en gros plans d'artistes "musicaux", et même avec les excellentes revues sur le plan de la musicologie pure et simple, ou sur le plan de la critique d'art musical. Cahiers d'ethnomusicologie et Transposition retiennent particulièrement notre attention sur ce blog consacré au conflit de manière générale. 

 

       Cahiers d'ethnomusicologie, anciennement Cahiers de musiques traditionnelles jusqu'en 2007, fondés à Genève en 1988, dans le cadre des Ateliers d'ethnomusicologie, proposent un numéro annuel, avec chaque volume centré sur un dossier thématique. Ces dossiers sont complétés par des rubriques d'intérêt général, entretiens, portraits et comptes rendus. C'est la seule revue francophone d'ethnomusicologie disponible, et elle s'impose au cours des dernières années, comme un outil de premier plan pour tout professionnel de la musique, ainsi que comme "une lecture passionnante pour les nombreux amateurs des musiques du monde.

        Autour de Laurent ALBERT, directieur de publication, François BOREL, Jérôme CLER, Christine GUILLEBAUD, en collaboration avec la Société française d'etnomusicologie (SPE), ont déjà proposés des numéros sur Questions d'éthique (n° 24, 2011), Emotions (2010), Mémoires, traces, histoires (2009), Performance(s) (2008), Identités musicales (2007), Chamanisme et possession (2006), Entre femmes (2005), Formes musicales (2004), Musiques à voir (2003), Histoires de vies (2002), Le geste musical (2001), Métissages (2001)...

Dans le dernier numéro (Questions d'éthique), les questions posées reflètent la diversité du champ couvert : "Comme tout chercheur, l'ethnomusicologie se doit de respecter certains principes déontologiques en différentes phases de son activité, notamment la collecte, l'archivage, l'analyse, la communication et la publication. Comme la recherche a-t-elle évolué pour s'adapter aux conditions de terrains souvent marqués par les migrations, les conflits ou les tensions économiques et religieuses? L'éthique du métier s'applique aussi aux droits des individus et des communautés produisant les musiques étudiées par des ethnomusicologues. Comment les instances internationales régulant le "patrimoine immatériel", sa "sauvegarde" ou encore la "propriété intellectuelle" (UNESCO, OMPI...) influent-elles sur la production des documents de recherche? Comment ces différents facteurs contribuent-ils à redéfinir la relation enquêteur.enquêté? (...)"

        Dans l'Introduction au n°22 (2009), Laurent AUBERT et Luc CHARLES-DOMINIQUE écrivent notamment qu'au-delà des formes, des genres, des répertoires, des techniques, des styles, des diverses formes de pratiques musicales dont l'étude révèle l'évolution ou, au contraire la grande stabilité, l'analyse historique peut également s'appliquer aux instruments de musique : non pas du point de vue de leur seule évolution, mais à travers certains de leurs mythes d'origine, la formation de l'histoire de leurs dénominations, ou encore la perpétuation ou non de leurs caractéristiques organologiques. Les perspectives de recherche entrouvertes à partir de l'examen méthodique des fonctions historiennes des musiques de tradition orale sont ainsi extrêmement diversifiées. Et si une certaine ethnomusicologie a longtemps délaissé l'approche historique pour se concentrer sur les seules données fournies par l'observation de terrain, il n'en est plus de même aujourd'hui. L'appel à communications de ce colloque (international : Mémoire, traces et histoire dans les musiques de tradition orale, Université de Nice Sophia-Antipolis des 16 et 17 octobre 2008) a généré près d'une soixantaine de propositions, toutes de grande qualité, au sein desquelles la durée limitée du colloque et le format de ce dossier qui en présente les Actes ont imposé une sélection drastique. Mais le nombre et la pertinence des propositions reçues attestent de l'émergence d'un questionnement épistémologique de grande ampleur qui, au-delà de l'histoire, est celui d'un nécessaire décloisonnement disciplinaire."

 

        Transposition. Musique et sciences sociales, très jeune revue électronique semestrielle, fondée à l'initiative de jeunes chercheurs de l'EHESS, bénéficie du soutien du Centre de Recherche sur les Arts et le Langage. Elle envisage l'importance de la musique et des pratiques musicales dans l'organisation des sociétés et entend questioner la manière dont celles-ci les pensent, les instituent et les mettent en scènes. Elle veut se faite l'écho de l'ouverture de la musicologie aux autres sciences sociales, tout en encourageant ces denières à s'intéresser à l'objet musical. 

          Le comité de rédaction dans lesquels figurent entre autres Florine ANDRIEUX, François BLANCHE, Laetitia DERBEZ, Maud LAMBIET et Luis VELASCO-PUFLEAU, a déjà proposé deux numéros, dont celui de juin 2012 qui porte sur Séductions musicales. il prépare déjà un numéro 4 sur Musique et conflits armés après 1945, dont nous ne manquerons pas de relater le contenu. L'équipe entend, sous la coordination de Luis VELASCO PUFLEAU, privilégier l'approche comparatiste afin de "dégager les processus mis en oeuvre par les différents acteurs armés (armées, collectifs d'artistes, Etats, musiciens, mouvements sociaux, ONG) dans des contextes historiques ou géopolitiques différents. Le quatrième numéro de Transposition se donne ainsi pour objectif de témoigner, d'une part, de l'extrême diversité des formes d'appropriation et d'utilisation par les acteurs des conflits armés contemporains et, d'autres part d'étudier le rôle de la musique dans les processus de déclenchement et d'arrêt de la violence politique."

 

 

 

Cahiers d'etnomusicologie, Ateliers d'ethnomusicologie, 10, rue de Montbrillant, CH-1201 GENÈVE. (voir aussi www.revues.org)

Transposition : http://transposition-revue.org

 

Corrigé le 11 octobre 2012

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 09:03

            Deux revues de fondation récente, disponibles en ligne contribuent à la diffusion des idées sur l'Antiquité, dans le monde universitaire, peu connues du grand public. Cahiers "Monde anciens" date de 2009 et Anabases de 2005. Elles ont en commun d'aborder l'Antiquité grecque et romaine, soit pour l'une pour elle-même, soit pour l'autre plus spécifiquement sur les influences de l'Antiquité après l'Antiquité.

 

 

           Née de la fusion du Centre Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes (CNRS/EHESS), du Centre Gustave Glotz de recherches sur les mondes hellénistiques et romain (CNRS/ParisI/EPHE) et de l'équipe Phéacie (Pratiques culturelles dans les sociétés grecque et romaine, Paris I/Paris VIII), la revue Cahiers "Monde anciens", semestrielle, est éditée sous forme électronique. Son directeur de publication, François de POLIGNAC (auteur de La naissance de la cité grecque, Editions La Découverte, 1984), et le comité de rédaction où l'on retrouve par exemple Vincent AZOULAY (MCF, Université Paris-Est Marne-la-vallée) et Christian JACOB (DR CNRS, DE cumulant EHESS) veulent faire converger plusieurs courants intellectuels et traditions institutionnelles. Rappelons que le Centre Gernet est l'héritier du Centre de recherches comparées sur les sociétés anciennes fondées en 1964 par Jean-Pierre VERNET, Pierre VIDAL-NAQUET et Claude MOSSÉ, que le Centre Gustace Glotz s'est formé lui -même en 1998 par fusion du Centre Glotz de l'Université Paris I, de l'équipe Rome et le monde romain de Paris IV et que l'équipe Phéacie fit créée en 2000 pour regrouper les doctorants des deux universités Paris I et Paris VII.

 

    La mise en ligne de leurs travaux représente pour eux, "un moment important non seulement pour une meilleure diffusion des recherches sur l'Antiquité, adaptée aux demandes et possibilités de notre temps, mais aussi pour témoigner de la variété des manières dont la connaissance des mondes antiques peut enrichir la compréhension du monde contemporain." Dans la présentation des fondateurs (2009), dans le premier des trois numéros publiés à ce jour, nous pouvons lire : "Confrontées à de vastes bouleversements, nos société ont besoin de renouveler l'intelligence des mondes qui nous ont portés et de l'humanité dans laquelle nous vivons. Les sociétés contemporaines ont compris que pour maîtriser au mieux leur histoire présente et à venir elles doivent constituer en leur sein un puissant courant scientifique qui prenne comme objet la réalité humaine dans toutes ses dimensions temporelles et spatiales. Les disciplines qui constituent ce courant des sciences humaines et sociales ont connu un essor remarquable au XXe siècle en développant la réflexion sur le double plan de l'analyse des régularités sociales d'une part, et d'autre part de la construction et de l'interprétation des faits humains singuliers. Le contexte a profondément changé aujourd'hui. La globalisation ne se résume pas à la mondialisation des échanges de biens et d'informations : elle s'accompagne de l'universalisation des débats sur les valeurs qui sont susceptibles de donner sens et forme à ces échanges et sur les catégories qui permettent de penser l'ensemble des sociétés et traditions humaines ainsi que leurs relations. Dans ce processus, le passé même le plus lointain, les monuments et les textes qu'il a produits, les croyances qu'il a vues naître ou qui lui sont imputées, les identités qu'il a consolidées ou qu'il accrédite, envahissent le débat public et rendre plus que jamais nécessaire une connaissance critique et sûre des héritages, des traditions et des cultures, même les plus anciennes, même les plus lointaines. L'étude des monde antiques, en premier lieu des sociétés de la Méditerranée ancienne mais aussi d'autres aires culturelles dans une perspective comparatiste, constitue donc un élément indispensable  au recul réflexif, au réexamen méthodique des connaissances, à la mise en perspective des modes de pensée dans la longue durée historique, sans lesquels il n'y a pas de compréhension du présent ni des relations complexes entre les cultures qui forment notre monde (...)."

 

      Le numéro de 2011 (n°2) est consacré à la publication des travaux des Journées doctorales ANHIMA 2008 et 2009 dont les contributions se répartissent en deux thèmes : Regards sur les religions grecque et romaine (avec une introduction de Raphaëlle LAIGNOUX) et Le monde colonial grec et romain, entre héritage et identité locale (avec une introduction de Caroline BLONCE et Madalina DANA). 

 

 

       La revue Anabases, constituée d'un comité de rédaction de chercheurs et d'enseignants de l'Université de Toulouse II-Le Mirail (entre autres Jacques ALEXANDROPOULOS, Corinne BONNET, Didier DOUCAULT, Pascal PAYEN...), se veut une revue internationale, transdisciplinaire et comparatiste portant sur la réception et les traditions de l'Antiquité à travers le temps.

La démarche intellectuelle de l'équipe d'Anabases, selon leurs propres termes - qui est à la base de l'équipe ERASME - sous-tend une perspective transversale dans trois registres d'analyse :

- entre disciplines, comme l'histoire, la philosophie, les littératures, l'archéologie, les sciences politiques ;

- entre aires culturelles touchant la Méditerranée, l'Europe, le Proche-Orient et le Moyen-Orient ;

- entre périodes, depuis l'Antiquité jusqu'au très contemporain.

 

        Dans leur numéro 1 de 2005, dans une présentation "L'Antiquité après l'Antiquité : parcours et détours d'un projet éditorial, nous pouvons lire : "La naissance d'une nouvelle revue, dans un champ scientifique déjà largement balisé par des périodiques spécialisés, nombreux et reconnus, demande quelques mots d'explication. Anabases est la revue d'un réseau de chercheurs, constitué autour d'une équipe scientifique qui consacre ses travaux aux traditions issues de l'Antiquité et à leurs modes de réception. En somme, à ce qu'il advient de l'Antiquité après l'Antiquité. Jamais, en effet, le rapport à l'Antiquité n'a cessé de faire partie du présent, des présents. Nos identités, autant que nos marginalités d'hier et d'aujourd'hui se sont progressivement construites en puisant dans de multiples héritages issus des civilisations anciennes - grecques, romaines, mais aussi, sans exclusive, orientales, berbères, ibères, celtes -, qui ont contribué et contribuent encore à façonner nos cultures et nos manières de penser la politique, l'histoire, l'art, la religion, la philosophie, le droit. La démarche qui sous-tend ce projet est résolument éloignée de deux voies qui ont longtemps occupé, sous la forme d'hypothèses opposées, le champ d'analyse des liens entretenus par la modernité avec l'Antiquité, alors réduite, le plus souvent, à sa dimension classique. Anabases ne propose donc pas de réactiver la querelle entre adversaires et partisans d'un retour à l'Antique, les premiers attachés à une vision positiviste de la culture, les seconds, au contraire, ne concevant de modernité qu'adossé aux valeurs morales des Anciens ; les uns épris de science, les autres d'esthétique. Il ne saurait non plus être question de poser les problèmes en termes d'oubli de l'Antiquité, de rupture, de perte, de décadence, de "passé dépassé", et nous ne privilégierons pas davantage l'idée d'un continuum entre les Anciens et les Modernes, d'une origine qui se serait transmise toujours égale à elle-même, d'une source d'autorité ou de pouvoir, ni d'un rapport d'admiration, à la manière de Cicéron, qui, selon Plutarque, "disait par exemple d'Aristote que c'était un fleuve qui charrie de l'or, et des dialogues de Platon que, si Jupiter est doué du langage, c'est ainsi qu'il parle (...)".   Cette présentation très longue peut être lue sur le portail www. revues.org, comme les autres articles de la revue.

 

    Le dernier numéro en ligne (15/2012) porte sur Historiographie et identités culturelles.

 

 

 

 

 

 

Cahiers "Monde anciens", Editeur UMR 8210 ANHIMA (Anthropologie et Histoire des Mondes antiques).

Anabases, ERASME, université de Toulouse-II Le Mirail, Pavilon de la Recherche, 5, allée Antonio-Machado, 31058 TOULOUSE CEDEX 9

Ces deux revues sont disponibles sur le portail Internet www.revues.org.

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 13:54

               Journal mensuel publié sous forme papier à Nice en France, mais également sur Internet, cette revue, née seulement en 1999, est le premier journal d'information en Europe consacré au bouddhisme. Il existe bien entendu d'autres publications (surtout en anglais) qui traite du bouddhisme mais aussi d'autres religions ou philosophies venues d'Asie, mais celle-ci possède la spécificité de se centrer sur les divers aspects de cette religion. Elle le fait sous le prisme de la philosophie, de l'art de vivre, des traditions et de la psychologie qui caractérise la voie du Bouddha. Ouverte sur les différents courants du bouddhisme et de ses multiples réponses aux problèmes de notre société moderne, elle est destiné au grand public, bien que des articles soient écrits par/pour des spécialistes. 

 

              Fondée par Jean-pierre CHAMBRAUD (mort en 2007), dirigée par Jean-pierre DAUZAT, avec comme rédacteur en chef Christine BOUCHET, entourée de Thierry AZZOPARDI, Philippe GUERSAN, Nicolas D'INCA, jean-François GANTOIS... elle traite des nouvelles sur le bouddhisme, des voyages possibles dans les pays où cette religion est importante, des arts et de la culture. Ainsi, dans le numéro 121, elle se centre sur "Le bouddhisme et l'amour", avec un entretien avec Fabrice MIDAL, un article sur la peinture à Bhaktapur, des contributions sur la lignée Shangpa et le Shangpa Network, le Théâtre rituel du Kerala, les bienfaits du ghee et le Mustang : le "Royaume interdit"... La revue anime l'émission hebdomadaire consacré au Bouddhisme diffusée sur France 2 chaque dimanche, Sagesses Bouddhistes. 

Jean-Pierre CHAMBRAUD avait fondé cette revue suite à son désaccord avec "le mercantilisme de ses associés" de la revue Samsara. Ce mercantilisme envahit de nombreuses publications consacré au bouddhisme (quoique il semble qu'il se soit atténué depuis..., sans compter un commerce de bimbeloterie, de disques et de liquides qualifiés de bouddhiques. Ce bouddha-business flirte avec le show-busIness et jusqu'au Delaî-lama tibétain, les divers aspects du bouddhisme sont obscurcis par un vedettariat envahissant. Non exempte de publicité, la revue exige de ses annonceurs un véritable certificat de bouddhéité.

 

       La revue est diffusée également dans d'autres pays francophones (Belgique, Quebec...).

 

Boudhisme Actualités, 270 avenue Pessicart, Bâtiment C, 06100 NICE

Site Internet : www.bouddhisme-actu-net

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 14:20

                 Revue scientifique, bilingue, semestrielle, créée en 1997, issue de l'International Association for the History of Crime and Criminal Justice, elle-même fondée en 1978, Crime, histoire et sociétés veut accueillir les contributions des sciences humaines et sociales à l'approche socio-historique de la criminalité et de la justice pénale, et plus largement de la déviance et du contrôle social. Publiée en français et en anglais sous forme électronique (www.revues.org), elle s'inscrit dans l'actuel renouveau des études dans ces domaines. 

         Avec à sa tête, Anja JOHANSON (Department of History, University of Dundee, Nethergate, United Kingdom - Dundee DD1 4HN), un comité de rédaction international (Allemagne, France, Grande Bretagne, Belgique...), soutenu par un comité scientifique très étoffé, et avec comme directeur de publication René LEVY, la revue contribue fortement à la sociologie criminelle actuelle, par de nouvelles approches historiques.

 

           Dans l'éditorial du n¨1 de 1997, nous pouvons lire sous la plume collective du comité de rédaction : "La question du crime révèle un ensemble de problèmes communs aux sociétés contemporaines, tels que la définition socialement acceptée de l'ordre et du désordre, la légitimité des structures et des moyens du maintien de l'ordre, la capacité à intégrer de nouveaux groupes sociaux ou les attentes des populations face à la justice... Dans cette perspective, l'enquête sur des sociétés ayant un rapport au crime fort différent des sociétés contemporaines, comme les sociétés anciennes, médiévales ou modernes, ou les sociétés non européennes permet de repenser les rapports actuels entre crime, régulation et société. Dans les années soixante, les historiens ont rencontré "par accident" les archives judiciaires, voie d'accès aux muets de l'histoire. Ils ont donc privilégié l'étude des constantes et des variations dans les comportements criminels. Très vite, cependant, la notion même de "criminalité" est apparue anachronique et floue aux yeux des chercheurs et le positivisme "criminologique" par trop limité. Inspirés par des travaux plus critiques des sociologues de la déviance, d'autres chercheurs ont déplacé l'attention vers les instances de contrôle du crime, et ont mis en valeur les fonctions complexes des institutions juridiques et leur place dans les sociétés aux prises avec la violence. Dans un troisième temps, les historiens ont intégré le problème du crime dans l'histoire sociale du phénomène juridique et des processus de domination politique. De sorte que faire l'histoire du crime désormais c'est faire l'histoire des désordres et de l'ordre, un des lieux essentiels où, à propos du contrôle monopolistique de la violence, se joue l'évolution de la société moderne. Le développement de travaux portant sur les institutions pénales, la justice, les peines, la police, la criminalité, est ainsi liée aux intérêts conjoints des historiens et historiens du droit pour les méthodes des sciences sociales et des sociologues, anthropologues, politologues et juristes pour une approche diachronique. Ces intérêts réciproques témoignent de l'importance de la fertilisation croisée entre disciplines pour le développement des connaissances. (...) Ce champ de recherche arrive aujourd'hui à maturité, comme en témoignent les multiples bilans, ouvrages de synthèse, thèses et mémoires, le foisonnement de séminaires et de colloques ; la création de centres et d'équipes de recherche spécialisés. Néanmoins, on observe un décalage certaine dans le domaine des publications scientifiques. Domaine connexe à plusieurs disciplines, l'histoire pénale s'écrit tant dans les revues d'histoire que celles de sciences sociales (...) ou de droit. La quasi absence de revues spécialisées aboutit ainsi à une extrême dispersion des publications et nuit à la visibilité de nombreux travaux."

C'est pourquoi un certain nombre de spécialistes ont pris l'initiative, avec le soutien de la Fondation des Maisons des Sciences de l'Homme, de créer cette nouvelle revue, qui succède au IAHCCJ Bulletin, dont 21 numéros ont été publiés depuis 1978. Avec un triple objectif :

- Diffuser des articles originaux de qualité ;

- Etre un lieu de débat critique et de dialogue ;

- Présenter des instruments de recherche.

 

       Chaque numéro, pas toujours avec un thème central, propose des articles diversifiés sur des points précis d'histoire, parfois en écho à une actualité médiatisée. Avec d'abondants comptes-rendus de travaux. Tous les numéros sont en consultation libre trois ans après leur parution.

 

Crime, histoire & sociétés, Librairie Droz, 11 rue Firmin-Massot, CH - 1211 GENEVE 12, SUISSE.

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 10:53

             Peu de revues francophones traitent spécifiquement du droit international public sous l'angle strictement juridique, et suivent l'actualité des différents intervenants juridiques sur la scène internationale. Bien entendu, beaucoup d'articles sont publiés sur ce droit là, notamment sous l'angle européen, mais ceux qui servent de référence se retrouvent pour la plupart et d'abord dans cette revue trimestrielle fondée en 1894 par Paul FAUCHILLE, Auguste PEDONE et Antoine PILLET. Sous-titrée jusqu'en 1977 droit des gens, histoire diplomatique, droit pénal, droit fiscal, droit administratif, elle couvre à la fois le droit international européen, le droit comparé et les grands systèmes de droit, le droit international public et les généralités du droit. Toujours éditée par la maison indépendance A Pedone, la revue tend à aider à préparer les progrès du droit international public à travers le monde en favorisant la discussion doctrinale et le rapprochement des points de vue, avec une forte tendance à valoriser l'approche française du droit. Avec leurs résumés en anglais, en français et en espagnol, les articles sont écrits par les plus grands spécialistes du droit, articles de doctrine, chroniques de jurisprudence et de faits internationaux, bibliographie critique, présentation des nouveaux ouvrages... 

 

      Bien que se rapportant toujours à une actualité censée être suivie par ses lecteurs - surtout des professionnels du droit et des étudiants en droit - les articles sont, nous semble t-il plus abordables que ce que l'on peut trouver dans les différentes revues ou différents livres de droit. Bien qu'émaillés de notes parfois très techniques, les articles ont tendance à revêtir un style journalistique bienvenu. Quant au fond, on n'y trouvera pas bien sûr une critique continuelle de la théorie ou de la pratique du droit international, chaque auteur faisant généralement partie d'une ou de plusieurs institutions juridiques, à un haut niveau. Dirigée par Carlo SANTULLI, professeur à l'Université Paris II (Panthéon-Assas), et dotée d'un Comité de rédaction d'une dizaine de personnes (On y trouve surtout des professeurs d'universités, comme Louis BALMOND ou Philippe WECKEL), La RGDPI présente des dossiers comme, pour prendre l'un des derniers (Tome 116, 2012, N°1) L'influence des droits de l'homme sur la structure du droit international (partie 1).

Un conseil scientifique, composé entre autre de Mario BETTATI, Luigi CONDORELLI, Pierre-Marie DUPUY, Boutros BOUTROS-GHALI, Jean-pierre QUENEUDEC chapeaute l'ensemble de la revue.

 

     Depuis sa fondation, elle garde les mêmes positions juridiques, encore bien caractérisées, par un article d'Antoine PILLET, paru dans le n°1 en 1894.

"L'une des difficultés les plus graves que rencontrent dès le début de leurs travaux les jurisconsultes adonnés à l'étude du droit des gens réside certainement dans la connaissance imparfaite de la nature et de la valeur respective des éléments dont cette science se compose. Par la position suprême qu'il occupe, par son indépendance de toute loi écrite, par le rapport étroit qui l'unit aux conditions générales de la vie des nations, le droit des gens touche à la fois à la philosophie par le droit naturel et au droit positifs par les traités, à la morale internationale et à la politique, en un mot à plusieurs disciplines distinctes au milieu desquelles il est souvent difficile de lui assigner sa place. Et cependant il importe de déterminer exactement  sa place, car ce n'est qu'autant qu'elle est bien délimité et bien connue, que l'on peut posséder des idées nettes et certaines sur le domaine dans lequel son autorité est appelée à s'exercer, sur les rapports que ses prescriptions auront pour objet de gouverner (...). L'homme, dont on retrouve la personnalité au fond de toute conception du droit, nous apparaît, si l'on envisage sa situation, comme naturellement engagé dans les liens de trois sociétés différentes, une société nationale, une société internationale, enfin la grande association que forment tous les membres du genre humain. A la vérité on peut le supposer engagé dans bien d'autres rapports sociaux, naturels comme la famille ou artificiels et volontaires comme les sont ces innombrables associations que l'on a coutume de constituer chaque fois qu'un but supérieur aux forces d'un individu isolé tente l'ambition de plusieurs. Mais ces groupes particuliers n'apparaissent point au premier plan, étant incorporé dans la société du premier ordre, l'Etat, qui les réunit, les domine, les dirige et en un certain sens les représente. Comme groupes élémentaires, doués d'une existence distincte, respectivement indépendants et souverains dans leur sphère, on ne rencontre que les trois types que nous venons de citer : les sociétés nationale, internationale et humaine (...). Au-dessus de la société nationale, on retrouve un autre groupe plus étendu, la société internationale, dont les sujets sont les peuples qui jouent dans celle-ci un rôle assez semblable à celui dévolu aux individus dans celle-là. A la différence de la précédente, cette société ne se trahit du dehors par aucun signe visible et, à en juger par les apparences, on pourrait croire qu'il n'existe pas dans le monde d'autres sociétés que les divers Etats qui se sont partagés la planète. Elle n'en existe pas moins cependant. Si l'on entend par société un ensemble d'individus en rapports normaux et constants, on conviendra fatalement que cette notion s'applique aussi exactement aux nations qu'aux hommes eux-mêmes (...). On parle souvent de communauté internationale, si souvent que cette expression est devenue un terme consacré, et en même temps il semble que l'on ne s'explique pas encore très exactement en quoi consiste la communauté, quel est cet élément commun qui permet de considérer les peuples comme autant de membres égaux d'un même corps au regard des relations internationales ; cependant l'existence de cette communauté est considérée par les jurisconsultes comme le postulat fondamental du droit des gens. Doit-on entendre par là une communauté d'intérêts immédiats? Cela ne répondrait pas à la réalité des choses. S'il est vrai que tout Etat a le souci et en quelque sorte l'entreprise de la conservation et du développement des forces confiées à sa garde, il est vrai aussi que les moyens propres à produire ce résultat peuvent entraîner entre les peuples des divergences considérables. Une nation peut avoir, et cela pendant des siècles entiers, l'intérêt le plus direct à l'affaiblissement d'une puissance qu'une autre nation juge essentiel à maintenir dans la force première. Un peuple peut à bon escient favoriser l'émigration de ses membres alors qu'un peuple voisin fera tout pour l'en empêcher ; un pays déploiera souvent au service du libre échange la même conviction et la même ardeur qu'un autre pays dépensera en faveur de la protection. Bref, si le but dernier est unique, les voies qui y conduisent, variant au gré des circonstances, sont en général fort éloignées les unes des autres, et ce n'est pas sur ce terrain que l'on peut trouver cet élément commun qui permet de considérer des nations indépendantes comme appartenant à titre égal à une même société. Dire, avec Bluntschli, que la base de la société internationale est dans la nature humaine, dans sa similitude, dans son égalité, c'est, à ce qu'il semble, commettre une confusion, car il ne s'agit point ici des droits respectifs des individus, mais des droits des nations et, quoique l'on puisse comparer l'un à l'autre, il est certain qu'il n'existe pas entre l'un et l'autre de véritable identité. La seule véritable communauté qui existe entre Etat est, à notre avis, une communauté de fonctions. Tout gouvernement, quel que soit son nom ou sa forme, a les mêmes devoirs à remplir envers ses sujets. En tant que ceux-ci se trouvent engagés dans le commerce international, leurs souverains se trouvent par la force des choses amenés à exercer ensemble ces devoirs analogues ; c'est ce qui constitue les diverses nations en communauté internationale (...). Mais cette société n'est pas la dernière de toutes. Derrière elle se présente à nous un groupe plus vaste, la communauté humaine, l'ensemble de tous les hommes qu'ils soient ou qu'ils ne soient pas engagés dans les liens d'une société particulière, d'un Etat. Les mêmes raisons qui ont déterminé la formation de la société internationale, la variété des ressources et des besoins et aussi cet instinct de sociabilité, déjà noté par Aristote et qui était pour nos anciens jurisconsultes la base du droit naturel, devaient naturellement pousser les hommes à se rapprocher et à s'unir. La seule qualité d'homme est une raison suffisante de relations, et la société purement humaine, la plus ancienne de toute, ne laisse pas, en dépit de la restriction progressive de son importance, de mériter une mention dans l'analyse de la condition de l'homme social actuel." (www.fondamentaux.org, tiré du texte complet sur le site Gallica).

 

    La Revue Générale de droit international public se présente sur un site Internet www.rgdip.com où sont disponibles les numéros au moins jusqu'à 2006. Les Editions A Pedone publient également d'autres revues universitaires, comme la Revue d'histoire diplomatique (depuis 1887), la Revue française de droit aérien et spatial (depuis 1945.

 

 Revue Générale de Droit International Public, Editions A Pedone, 13, rue Soufflot, 75005 PARIS.

www. pedone.info

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 14:20

        Nouvelles Questions Féministes, revue francophone fondé en 1981 par Simone de BEAUVOIR, Christine DELPHY, Claude HENNEQUIN et Emmanuèle de LESSEPS, fait suite à Questions Féministes, fondée en 1977. Issue du courant féministe matérialiste, elle constitue une ressource importante pour la réflexion des militantes, des chercheuses et des enseignantes féministes. Consacrée au développement et à la diffusion de réflexions théoriques et politiques ancrées dans les mouvements et les actions féministes, elle se donne également pour objectif de renforcer la légitimité scientifique des Etudes Genre dans le monde académique et de contribuer à leur reconnaissance.

 

           Semestrielle, entre 144 et 168 pages, elle est maintenant éditée à Lausanne, aux Editions Antipodes, et son secrétariat de rédaction, comme la gestion, de la revue sont rattachés au Centre Etudes Genre LIEGE. Avec un comité de 40 membres, elle se veut "carrefour d'expériences multiples : par les ancrages disciplinaires de ses membres (anthropologie, droit, géographie, histoire, linguistique, littérature, philosophie, science politique, sociologie), par sa composante intergénérationnelle, par la diversité des formes d'engagement de ses membres". Un comité de rédaction franco-suisse, sous la responsabilité de Christine DELPHY (CNRS France) et Patricia ROUX (Université de Lausanne, Suisse) coordonne les activités de la revue. 

 

        Les analyses de NQF d'hier et d'aujourd'hui, selon leur propre présentation, "se fondent sur le refus d'expliquer la subordination des femmes aux hommes et leur discrimination par la nature et la biologie. Les "femmes" et les "hommes" sont des catégories sociales produites par et dans des rapports de pouvoir organisés en système, le système de genre. Malgré tous les discours actuels sur l'égalité entre les sexes, les positions sociales des femmes et des hommes continuent à être hiérarchisées et contraignent les premières à entretenir une relation de dépendance matérielle et symbolique avec les seconds. NQF continue de déconstruire la division arbitraire et essentialiste qui structure l'ensemble de l'organisation sociale et légitime l'ordre patriarcal, partout dans le monde et sous des formes diverses. A ce titre, la revue diffuse des articles et des témoignages provenant des sociétés occidentales, mais accorde un large espace aux article qui décrivent et analysent la construction du genre et sa production d'inégalités dans d'autres régions et sociétés. Les oppressions vécues par les femmes étant multiples, elle s'intéresse aussi à toute étude où le genre s'articule avec d'autres systèmes de catégorisation, de hiérarchisation et de pouvoir qui organisent les rapports sociaux - la classe, la race ou la nationalité et la sexualité." Sont traités donc autant la question de Sexisme et racisme : le cas français (n°1, 2006), la question des Perspectives féministes en sciences économiques (n°2, 2007), Le droit à l'épreuve du genre (n°2, 2009) que les Nouvelles perspectives de la recherche féministe en éducation (n°2, 2010). 

 

    Le Réseau Liège (Laboratoire Interuniversitaire en Etudes Genre), créé en 2000, est un espace collectif qui a étendu son activité en 2006, jusqu'alors centrée sur les universités, à la Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO). Ses objectifs sont poursuivis, depuis 2007, par le Centre en Etudes Genre LIEGE de l'Unil et par l'antenne romande de la plate-forme d'informations Gender Campus/LIEGE (www.gendercampus.ch).

 

     Les Editions Syllepse rééditent cette année, Questions Féministes (1977-1980). Les 8 numéros de cette revue présentent un intérêt historique, vu leur impact sur le mouvement féministe et bien au-delà. Les articles de QF sont devenus, "soit dès leur publication, soit au fil du temps, des classiques sur lesquels s'appuie en grande partie la formation théorique des étudiant(e)s d'aujourd'hui dans ce domaine, en France, mais aussi en Suisse, en Belgique et au Québec. Or si certains de ces articles ont été republiés dans des recueils réunis par leurs auteures, d'autres restent difficilement trouvables, bien qu'ils jouissent d'une grande réputation". Ce sont plus de 1000 pages de textes qui sont ici rassemblés. Préface de Sabine LAMBERT.

 

Nouvelles Questions Féministes, Editions Antipodes, Anthropole - CH-1015 LAUSSANNE - SUISSE

Editions Syllepse : www.syllepse.net

 

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