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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 09:47

 

   Trouver une ou plusieurs revues centrées sur la sociologie de la famille semble difficile, à l'envers de la floraison de revues plus ou moins orientées idéologiquement à destination du grand public, la plupart du temps des hebdomadaires ou des mensuels, donnant des conseils plus ou moins bien avisés aux parents... ou pire doué d'un sens de la "connivence" tout à fait commercial... Aussi, nous avons choisi deux revues à diffusion faible et assez méconnue, même du public étudiant, qui présentent toutes deux la volonté de sortir d'un certain cloisonnement des disciplines en ce qui concerne l'étude de la famille et de la parenté. N'oublions pas non plus bien entendu, quelques revues de sociologie qui traitent aussi de cette question et que nous avons/nous allons présenté.

 

 

         Créée en 1970 par Pierre de BIE, Clio PRESVELOU et Claire LEPLACE, professeurs à l'Université catholique de Louvain, en Belgique, Recherches sociologiques devient en 2005, en rapprochement avec l'anthropologie, Recherche sociologiques et anthropologiques (RS&A). Son objectif est de publier les résultats de travaux portant sur des thématiques variées (éducation, urbain et rural, religion, politiques sociales, famille...), des cadres théoriques et des approches méthodologiques. Elle est ouverte aux disciplines connexes : science politique, histoire, philosophie, socio-économie, psychosociologie. Publication internationale de référence dans l'espace francophone, elle accepte des articles en anglais. Dotée notamment d'un comité de rédaction (F DASSETTO, J De MUNCK, B FUSULIER, J-C LAURENT, J MARQUET...) et d'un comité scientifique international, la revue parait deux fois par an, à chaque sur un thème précis (Islam : entre local et global, en 2006 ; penser la pluriparentalité et la pluriparenté, en 2010...), avec de nombreuses recensions de livres. 

 

       Se situant entre "renouveau et continuité", RS&A a fêté en 2006 ses 35 ans et l'équipe éditoriale fait à cette occasion le point sur le champ qu'elle couvre. Bernard FUSULIER écrit à propos d'un lieu nécessaire de rencontre entre la sociologie et l'anthropologie (nous pensons là surtout à la famille et à la parenté) : "Nombre de sociologues et d'anthropologues ne lisent pas clairement les différences entre les deux disciplines, si ce n'est en termes de catégorisation institutionnelle. Certes, la sociologie et l'anthropologie se sont historiquement et tendanciellement partagé deux territoires distincts : celui de l'Occident moderne et industrialisé pour la première ; celui des peuples "pré-modernes" pour la seconde. Ce faisant, elles ont chacune développé leur propre champ disciplinaire. Cependant, force est aujourd'hui de constater que cette séparation perd de sa pertinence à divers égards. Ainsi, au plan des terrains de recherche, la spatialisation de la modernité et de la pré-modernité devient particulièrement délicate, voire impossible à établir face aux forces structurelles et culturelles de la globalisation. Il demeure sans doute des traditions de recherche qui amèneraient la sociologie à davantage s'intéresser aux transformations sociales dans les pays économiquement avancés tandis que l'anthropologie se consacrerait plus volontiers aux résistances et marginalité principalement étudiées dans les régions éloignées des centres de pouvoir. Au niveau des approches et méthodes, les différences ne sont pas des plus limpides. Si l'usage des chiffres est probablement plus présent en sociologie qu'en anthropologie, le positivisme quantitatif appliqué à la première ne fait plus guère d'émules. D'autre, si l'anthropologie pratique l'observation particulière et l'imprégnation longue d'un terrain, la sociologie ne la refuse certainement pas. Il est manifeste que l'anthropologie rencontre aisément la sociologie compréhensive et les grounded theories. Une distance se manifeste-t-elle lorsque le sociologue exprime une volonté de prendre en compte des paradigmes et des théories générales ou de produire des théories générales intégrant les transformations structurelles? Comment alors considérer le dernier ouvrage de Maurice Godelier sur la parenté ou celui de Philippe Descola : Par delà nature et culture? Les frontières entre ces deux disciplines sont pour le moins poreuses, pour ne pas dire vaporeuses. La distinction s'appuie essentiellement sur une attribution institutionnelle d'identités, ce qui n'est toutefois pas négligeable (...)" (RS&A n°37-1, 2006).

 

    Les articles des revues sont disponibles pour les numéros à partir de 2006 sur le portail Revues.org et pour les numéros antérieurs (payant) sur le site www.i6doc.com. La revue entend mener de front les éditions sur papier et électronique. 

 

    Recherches sociologiques et anthropologiques, Place Montesquieu 1/10, B 1348, LOUVAIN-LA-NEUVE, BELGIQUE.

 

 

 

 

 

     Enfance Familles Générations est une revue scientifique internationale diffusée uniquement par voie électronique en accès libre sur les portails d'Erudit et de Synergies. Deux fois par an, la revue présente des articles et des manuscrits destinés au transfert des connaissances issues de la recherche. Elle se donne pour mission d'éclairer les dynamiques sociales complexes que suscitent les transformations profondes de la famille et les rapports de générations partout dans le monde. Elle vise à documenter autant les dynamiques interindividuelles au sein de la famille, que les liens qu'elle entretien avec son environnement économique, social, politique, juridique et culturel. Chaque numéro contient, en moyenne, un article d'introduction substantiel, 6 à 9 articles portant sur le thème du numéro et 2 ou 3 articles hors thème. Un résumé est disponible pour chaque article, en français, en anglais et en espagnol.

   Fondée en 2004 et dirigée par Gilles PRONOVOST, professeur à l'université du Québec à Trois-rivières et directeur du Centre de développement de la recherche sur la famille au Québec (CDRFQ), la revue a été dirigée par Alain ROY et Hélène BELLEAU de 2007 à 2009. En 2009, EFG a été formellement affiliée au Centre Urbanisation Culture Société de l'Institut national de la recherche scientifique. Depuis 2010, elle est dirigée par Hélène BELLEAU et Eric GAGNON.

   Dans sa présentation de politique éditoriale, nous pouvons lire "Bien qu'il existe de nombreuses revues spécialisées autour des questions familiales, à notre connaissance, aucune d'entre elles n'est à la fois de portée internationale, publié en français et diffusée gratuitement par voie électronique. Dans le contexte où la recherche sur la famille et l'enfance s'est développée considérablement au cours des dernières décennies tant au plan national qu'au plan international, la revue Enfance, Familles, Générations, rejoint désormais un vaste réseau de chercheurs et d'intervenants travaillant dans ces domaines."

 

  Enfances Familles Générations, Centre-Urbanisation Culture Société de l'INRS, 385, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec), H2X 1E3, CANADA.

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 16:22

   Depuis 1981, chaque année, les éditions La Découverte, proposait un état du monde, annuaire économique géopolitique mondial : trier, orienter, ouvrir des pistes par une méthode originale combinant les approches économiques, géographiques, démographiques, politiques et stratégiques était l'objectif d'une équipe et d'auteurs, à chaque fois renouvelés, pour aider à la compréhension de l'histoire en marche. Même si depuis 2007, la formule n'est plus celle d'un annuaire statistique - comme si l'équipe de rédaction a pris acte d'une fiabilité de moins en moins grande des stastiques, préférant les analyses plus qualitatives - L'état du monde garde l'ambition de proposer des analyses de fond, moins événementielles qu'autrefois qui en fait un outil précieux. L'édition annuelle se centre désormais sur un seul thème.

   Toujours en version imprimée, l'état du monde, constitue chaque année un moment éditorial salué par la presse. Il était disponible de 2003 à 2006 sous la forme d'un CD-Rom, mais il n'est plus produit sous cette forme aujourd'hui.

Le site des éditions La découverte propose une Encyclopédie de l'état du monde, qui regroupe tous les articles parus à ce jour (plus de 8 000 article, 40 000 données statistiques, avec leur appareil critique en plus, 11 chronologies thématiques 1987-2011...).

 

    L'état du monde se présentait, sur plus de 600 pages, en trois parties : d'abord des articles présentant de manière globale les mutations en cours, puis une présentation analytique des événements, avec beaucoup de cartes, de tous les pays de la planète, puis une annexe particulièrement dense. Désormais, l'édition, toujours annuelle, se réduit à 250 pages, reflet sans doute d'une crise de l'édition sur papier. 

 

   L'édition 2012, intitulée Nouveaux acteurs, Nouvelle donne, dirigée par Bertrand BADIE, spécialiste de géopolitique à Science Po et Dominique VIDAL, spécialiste du Moyen Orient  ambitionne d'examiner les modalités d'action des "nouveaux acteurs" qui émergent dans un contexte de "nouvelle donne" où l'hyper puissance américaine se trouve en perte de vitesse alors que les printemps arabes induisent de profonds changements dans l'ordre social établi. Le projet des contributeurs de l'ouvrage est de prendre la mesure de la déstabilisation du monde et des rééquilibrages qu'elle implique, en procédant à un questionnement des révolutions, conflits, guerres économiques, et autres phénomènes de reconstruction identitaire qui offrent au champ des internationalistes des éléments d'analyse très pertinents. Organisé en trois parties, l'ouvrage mobilise, comme d'habitude, plusieurs mains, cette fois pour vingt-huit sessions au coeur desquelles l'Afrique apparaît être toutefois la grande absente, abstraction faite des "printemps arabes", dont Jean-Marie CLÉRY dresse explicitement l'anatomie. Sur la centralité de l'ouvrage, l'on constate que les auteurs s'efforcent de dresser un bilan des grandes mutations politiques, économiques, sociales, diplomatiques, technologiques et environnementales de la planète en 2011. Bien entendu, l'intérêt d'un ouvrage comme celui-ci, et comme les précédents, est son ambition de vouloir donner un instantané de la marche du monde, ce qui soulève bien des difficultés : sélection des priorités, profondeurs des approches, problèmes de distanciation par rapport à la médiatisation d'un événement... (Les mêmes problèmes qu'une autre collection, nettement moins orientée à gauche..., plus centrée sur la France, d'une autre maison d'édition Larouse/France Inter (Le Journal de l'année).

 

    L'édition 2016, toujours sous la direction de Bertrand BADIE et Dominique VIDAL, se centre sur "Un monde d'inégalité", en trois parties : décryptages, pour appréhender les inégalités, les relier avec une société internationale fortement hierarchisée, dans le cadre d'une mondialisation libérale ; états des lieux où diverses inégalités sont examinées (le déveppement, la santé, la faim, les migrations, l'urbanisation, les dégradations environnementales) ; d'un continent à l'autre, où sont analysées les situations de plusieurs régions du monde sur les cinq continents. Des cartes, graphiques et statitiques complètent les différentes analyses. 

   

   L'étudiant, le militant, le citoyen trouve toujours matière à informations et réflexions, surtout s'il parcourt, sur un même thème ou une même zone géographique, voire un même pays, les éditions précédentes. On se rend alors compte que depuis 1981, les auteurs ne s'en tirent pas si mal, malgré les actualités brûlantes successives qui peuvent masquer d'autres évolutions décisives. 

 

    Plusieurs "état" entrent dans la même catégorie d'ouvrages-dictionnaires sur lesquels on peut toujours revenir :

- l'état des régions françaises, maintenant intégré à l'état de la France, publié depuis 1992, qui dresse un portrait social, culturel, économique et politique du pays ;

- la collection Atlas des peuples, qui depuis le début des années 1990 propose des exposés clairs sur des réalités complexes (Atlas des peuples d'Europe occidentale, Atlas des peuples d'Asie méridionale et orientale, par exemple) ;

- les guides de l'état du monde, collection lancée en 2007, destinés aux voyageurs soucieux de comprendre le pays qu'ils vont découvrir ou qu'ils souhaitent mieux connaitre, autrement qu'à travers des guides touristiques aseptisés...

   A signaler aussi un Etat des Etats-Unis, sous la direction de Annie LENNKH et Marie-France TOINET, en 1990, et que nous aimerions bien voir être suivi par un autre une vingtaine d'années plus tard... 

    Régulièrement parait désormais également l'état du monde junior.

 

L'état du monde, La Découverte. www.editionsladecouverte.fr

 

Complété le 14 février 2016.

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 14:15

         La Revue, maitenant bisannuelle, publie depuis 1966 des études en sciences humaines et sociales concernant l'ensemble du monde musulman. Avec ses deux séries de numéros "Histoire" et "Monde contemporain", la REMMM entend assumer de façon équilibrée sa double vocation de revue historique et d'observatoire du temps présent. Publié en version papier par les Presses Universitaires de Provence (depuis janvier 2008, après l'avoir été depuis sa création par Edisud), elle est disponible également sous forme électronique sur les portails Revues.org et Persée. Une quarantaine d'années de recherche sur les mondes arabes et musulmans sont ainsi en libre accès. Dans le dernier numéro en ligne (n°129, juillet 2011), la revue traite de l'Ecriture de l'histoire et du Processus de canonisation dans les premiers siècles de l'Islam, dont "l'étude se heurte à des défis méthodologiques formidables, en particulier en raison de la nature même des sources disponibles pour appréhender la période".

 

         S'attaquant à des sujets encore difficiles, même en écartant la masse des préjugés qui entoure encore l'Islam et le poids d'une certaine orthodoxie musulmane, la revue, dirigée par Sylvie DENOIX et François SIINO, avec en tête de la rédaction Abderrahmane MOUSSAOUI et François SIINO (pour la série Monde contemporain) et Rachida CHIH et Christophe PICARD (pour la série Histoire), possède déjà une longue histoire éditoriale.

Dans le liminaire du premier numéro de la revue, en 1966, nous pouvons lire qu'elle succède en élargissant ses objectifs, à la Revue de la Méditerranée créée à Alger pendant la dernière guerre (dirigée par Jean ALAZARD). L'équipe fondatrice, autour de Lionel BALOUT et de spécialistes du Maghreb réunis à Aix-en Provence (Centre de recherches sur l'Afrique Méditerranéenne), pense alors  que, "il y avait place en France, dans un pays dont les fils ont tant contribué à l'étude scientifique de l'Afrique du Nord, pour une revue consacrée aux sciences humaines dans les limites géographiques de l'Occident musulman". Lorsque la revue change d'éditeur en juillet 2008, nous pouvons lire dans son numéro 123 que "depuis son origine, la politique d'ouverture de la REMMM a progressivement fait passer la revue d'un domaine dit "orientaliste", où les traditions épistémologiques avaient quelque peu coupé les savants de l'évolution des disciplines en sciences humaines et sociales, à des objets et des méthodes relevant de ces disciplines. Poursuivant cette ligne éditoriale, l'équipe de la REMMM a proposé ces dernières années des numéros traitant les objets sur la longue durée, dans des espaces très larges, et dans lesquels toutes les disciplines des sciences humaines et sociales étaient représentées de l'histoire à l'anthropologie, en passant par la sociologie, la géographie, la politologie. (...) L'inscription dans une aire culturelle offre (...) la possibilité d'une pluridisciplinarité exigeante associée à une perspective comparatiste modulée en fonction des thèmes de réflexion, entre espaces, peuples et pays. Mais au dialogue des disciplines doit répondre un dialogue entre les époques étudiées. Les sociétés contemporaines, celles qui se réclament de l'islam comme toutes les autres, sont d'abord partie intégrante du monde d'aujourd'hui et ont en partage des contraintes et des dynamiques communes, favorisées par l'intensification des échanges et des circulations. Il n'en reste pas moins que le passé de chacune d'entre elles est constitutif de patrimoines, de mémoires, de cultures, d'identités, que les spécialistes des sociétés contemporaines se doivent d'avoir à l'esprit, pour une compréhension plus fine des phénomènes qu'ils observent. A l'inverse, les historiens, qu'ils traitent de périodes anciennes, ou a fortiori proches, ne doivent-ils pas, pour comprendre les enjeux de leur discipline, s'intéresser aux problèmes d'aujourd'hui?". 

 

        Chaque numéro, assez copieux (un peu plus de 300 pages), traite d'une question précise (Irak en perspective, Migrations Sud-Sud, Identités et territoires au Yémen...), avec des articles précédé d'une introduction synthétique, suivis de varia, comme c'est devenu courant de nos jours. Le contenu de chaque dossier est assez fouillé et très référencé peut permettre des recherches complémentaires par tout étudiant, ou même (car ils sont très lisibles) par tout citoyen désireux de comprendre les évolutions - très rapides en ce moment - du monde musulman. 

 

La Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, MMSH-IREMAN, 5, rue du Château de l'Horloge, BP 647, 13094 AIX-EN-PROVENCE CEDEX 2 (surtout pour les numéros avant le n°111) ; Presses universitaires de Provence, 29, avenue Robert SCHUMAN, 13621 AIX-EN-PROVENCE CEDEX 1.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 16:59

        Pour qui veut se tenir au courant de la réflexion sur les pratiques médicales et les relations médecin-malade au sens sociologique ou anthropologique, il n'est pas question de parcourir l'ensemble des principales revues généralistes ou spécialistes médicales, même si l'on peut y trouver parfois des articles de fond intéressants. Nous pouvons conseiller deux revues, l'une plutôt sociologique, l'autre plutôt anthropologique, toutes deux de création relativement récente. 

 

       Revue sociologie santé, Recherche Pratiques professionnelles, est une revue semestrielle qui rend compte du travail de réflexion et de recherche réalisé dans un cadre interdisciplinaire et interprofessionnel. Elle veut permettre une confrontation d'idées entre professionnels de la santé et universitaires, qu'ils soient juristes, économistes ou sociologues, médecins ou gestionnaires d'établissements de santé. L'analyse des enjeux collectifs qui déterminent les stratégies des acteurs de santé dans notre type de civilisation constitue l'objet de la revue. Chaque numéro est conçu autour d'une thématique déterminée. Ainsi le numéro 20 de janvier 1995 portait sur Mutualité et Santé. Ont déjà été traités au fil des numéros La vieillesse dans tous ses états, Epidémies et sociétés, Cancer et société. Créée dans le cadre du Laboratoire de Sociologie de la Santé à l'Université Victor Segalem Bordeaux2, la revue est dirigée par Laurence KOTOBI, Maître de Conférence en Anthropologie. Son Comité de Rédaction se compose d'une quinzaine de membres, parmi lesquels Michel BENEZECH, Marie-Laure POUCHADON et Jean-François VIAUD. Elle est éditée par Les Etudes Hospitalières. 

 

          Anthropologie et santé, Revue internationale francophone d'anthropologie de santé, consultable sur le portail Revues.org, est une revue scientifique semestrielle, créée à l'initiative de l'association AMADES (Anthropologie Médicale Appliquée au Développement et à la santé), association fondée en 1988 par des médecins et des anthropologues soucieux d'une meilleure prise en compte des faits de société et de culture dans les actions de santé. La revue se donne pour premier objectif  "de témoigner des recherches élaborées par les différentes tendances dans le champ de l'anthropologie de la santé et des institutions ; anthropologie clinique ; anthropologie politique de la santé ; anthropologie médicale appliquée, etc." C'est la première revue francophone, très récente, le numéro 3 datant de 2011,  consacrée aux travaux récents dans ce champ. Elle publie autant des articles originaux issus de recherches empiriques, de réflexions méthodologiques et épistémologiques, d'élaborations théoriques que des essais critiques de l'oeuvre d'un auteur. Elle s'adresse aux chercheurs en sciences sociales ou en sciences de la vie et de la santé, ainsi qu'aux professionnels soucieux de prendre en compte les dimensions sociales et culturelles de la maladie et des soins. Aux numéros axés sur un dossier thématique (Le numéro 3 porte sur Médecines, mobilités et globalisation) qui comportent également des articles hors thèmes. Des notes critiques, recensions d'ouvrages, comptes-rendus de colloques, résumés de thèses sont publiés dans le Bulletin d'AMADES qui est son complément. Elle se veut ouverte sur les autres disciplines dans ses dossiers thématiques. Exclusivement électronique et en libre accès, Anthropologie et santé est  dirigée au plan de la rédaction par Sylvie FAINZANG (INSERM) avec un comité de rédaction d'une bonne dizaine de membres où l'on relève entre autres les noms de Claire BEAUDEVIN (IFRIS), Raymond MASSÉ (université Laval, Québec) et de Laurent PORDIÉ (Université de Heidelberg, Allemagne). 

 

Revue sociologie santé, 8 rue du Général Bordas, 33400 TALENCE ; Anthropologie et santé, AMADES, programme Anthropologie de la santé, MMSH, 5, rue du Chateau de l'Horloge, 13904 AIX-EN-PROVENCE CEDEX 2.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 07:09

                Revue d'économie politique et pas simplement d'économie, elle provient de l'Association d'économie politique née en 1980, dans un période où la mode est au libéralisme, rencontre d'abord informelle entre économistes d'Europe (de France) et d'Amérique du Nord (Quebec) désireux de mettre en commun "les analyses et leurs réflexions sur les problèmes contemporains, dans une perspective qui déborde le cadre tant de la science économique orthodoxe que des autres disciplines des sciences sociales refermées sur elles-mêmes.Il s'agissait d'ouvrir un dialogue susceptible, entre autres, de réponde aux besoins des organisations syndicales et populaires, dans un monde de plus en plus dominé par le discours néo-libéral." Pour les responsables de l'association, puis de la revue Interventions économiques créée dès 1982, "les années soixante-dix marquent en effet le passage généralisé de l'interventionnisme keynésien qui a marqué les trois décennies de l'après-guerre, à un libéralisme de plus en plus radical qui remet en question tous les acquis sociaux des dernières décennies. Ce libéralisme est étayé par un discours monolithique, posant l'économie comme un organisme naturel mû par les lois du marché, au même titre que le système solaire par les lois de la gravitation."(Gilles DOSTALER). Cette revue s'intéresse aux débats théoriques en économie politique et en socio-économie, à l'évolution et aux transformations socio-économiques des sociétés actuelles et aux résultats de recherches menés dans ces divers domaines.

 

             Elle présente des analyses et des résultats de recherche, menées surtout à l'Université québéquoise de l'UQAM et aux Université de Paris et de Grenoble, mais débordant bien entendu le cadre de ces deux pôles, pouvant provenir de l'ensemble des sciences sociale, mais qui privilégie les thèmes reliés à l'économie politique, à la sociologie économique, au travail et à l'emploi, à l'organisation du travail, au développement (local, régional, international), à la mondialisation et à l'économie politique internationale, ainsi qu'à l'analyse des écrits d'auteurs importants dans ces différents champs. Elle publie des numéros thématiques sur des auteurs comme Karl POLANYI (1886-1964), Thorstein VEBLEN (1857-1929), John Rogers COMMONS (1862-1945) et Joseph SCHUMPETER (1883-1950) et est très intéressée à recevoir des projets de numéros sur des auteurs hétérodoxes en économie politique et en sociologie notamment. Animée par un comité de rédaction d'une quinzaine d'universitaires (où l'on retrouve entre autres Mehdi ABBAS, de l'Université Pierre-Mendes-France de Grenoble, Yves BÉLANGER, Eduardo DAVEL Benoït LÉVESQUE (UQAM) ou Bruno THÉRÊT, de l'Université Paris-Dauphine) sous la direction conjointe de Diane-Gabrielle TREMBLAY (Quebec, Montréal) et de Christian DEBLOCK (UQAM) et par un comité scientifique international, la revue aborde autant l'impérialisme, la question régionale, la filière canadienne, les politiques industrielles, l'Etat que le développement local ou les régions à l'heure de la métropolisation. Son dernier numéro, disponible sur Internet, comme elle l'est maintenant de manière générale depuis 2002 (portail revues.org), porte sur Pratiques, analyses et enjeux de la recherche partenariale.

 

       Semestrielle, au support imprimé de 1982 à 2001, présente surtout alors dans les universités au Quebec, puis depuis 2002 en accès libre sous forme numérique, la Revue interventions Economiques convient très bien à un lectorat étudiant en économie et en sociologie comme au grand public, avec des articles, parfois longs, très accessibles. Elle constitue une excellente voie d'accès à des études d'économistes se situant en dehors de la sphère libérale comme de la sphère marxiste. Aujourd'hui, comme d'autres revues, elle se situe dans un courant critique qui tend à dominer la perception des réalités économiques. 

 

Revue Interventions Economiques, www.teluq.uquebec.ca ; www.revues.org.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 12:57

    L'éventail relativement vaste des revues traitant de l'écologie, que ce soit en France ou ailleurs, contraste avec leur diffusion parfois proche de la confidentialité, comme si chaque revue avait son propre volant de lectorat, suivant sa sensibilité politique ou ses préoccupations professionnelles. Aux côtés de multiples titres, parfois très spécialisé, parfois généraliste possédant déjà une longévité importante, qui se centrent sur des aspects scientifiques - titres dont l'audience s'accroît à mesure de l'expansion des activités liées à la sauvegarde de l'environnement, figurent une quantité non moins importante de titres qui abordent à la fois les problèmes économiques, sociaux, politiques liés à une vision englobante de l'écologie. 

 

     Pour n'en rester qu'à l'espace francophone, des maisons d'éditions comme les Editions Masson, avec leur collection d'écologie des années 1970 aux années 1990, diffusent des données sur l'environnement qui font référence. Parfois réédités en anglais, ces volumes abordent tous les aspects qui ont révolutionnés l'approche de l'environnement. On note par exemple dans le Volume de 1979, réédité et renouvelé en 1996, l'Introduction à la théorie écologique de Veira da Silva ou dans le volume 21 de 1990, 1993, les écrits de S Frontier et Pichod-Viale (Ecosystèmes : structure, fonctionnement, évolution).

Deux revues diffusées par l'intermédiaire entre autres du site Internet revues.org, Géocarrefour et Développement durable et territoires mettent à disposition des articles de qualité sur les nouvelles approches de l'environnement. La première, fondée en 1926 (anciennement Etudes rhodaniennes, puis Revue de Géographie de Lyon), publiée par l'Association des amis de la Revue de Géographie de Lyon, représentative de la géographie régionale française s'ouvre aux travaux des disciplines proches, aménagement et urbanisme, sciences sociales et sciences de l'environnement. La seconde, revue qui développe une approche interdisciplinaire (économie, science politique, géographie, droit, sociologie, ethnologie) du développement durable à l'échelle du territoire, est une émanation du Réseau développement durable et territoires fragiles, qui réunit une vingtaine de chercheurs des Universités et laboratoires de recherche de la région Nord-Pas-de Calais. Ses dossiers abordent abondamment par exemple Identités, patrimoines collectifs et développement soutenables (dossier 12) ou Les territoires de l'eau (dossier 6) ou encore Gouvernance locale et Développement Durable (dossier 2).

 

     Depuis quelques années, la réflexion écologique refleuri et, si elle ne connaît ni gros tirage ni forte visibilité - les milieux dits intellectuels n'ayant pas encore pris la mesure des enjeux, surtout en France - elle manifeste une vitalité certaine. Aucune revue n'émerge réellement comme le donneur de ton du débat écologique (Hervé KEMPF, article paru dans Le monde du 11 Août 2010). On peut citer parmi les revues qui composent le paysage de la presse écologique, Silence, la Revue critique de l'écologie politique, L'écologiste, La revue Durable, Entropia et Ecologie et Politique.

    Silence, lancée en 1982, a toujours assuré une parution mensuelle marquée par un dossier thématique complété d'une multitude de petites informations, témoins d'une mobilisation écologique multiforme. Cette revue a bien souvent été la première à repérer des thèmes émergents dans la communauté écologiste radicale avant de connaître une assez large fortune politique. C'est elle qui a lancé la thématique de la décroissance, en février 2002, reprise avec succès ensuite par le journal La décroissance, lancé en 2004. Silence diffuse près de 5 000 exemplaires, surtout par abonnement. Silence se veut toujours un lien entre "toutes celles et ceux qui pensent qu'aujourd'hui il est possible de vivre autrement sans accepter ce que les médias et le pouvoir nous présentent comme une fatalité." Avec à son actif plus de 370 numéros parus, elle ne cesse de faire des propositions alternatives. refusant l'hypocrisie d'une prétention à l'objectivité, elle se positionne pour une écologie radicale et sociale, les questions sociale et écologique étant pour elle intimement liées. Proche des milieux non-violents, son contenu reste toujours aussi appréciés par les acteurs d'un changement écologique.

    Issue de militants des Verts, Ecorev publie son premier numéro en janvier 2000, sous le parrainage d'André GORZ, après un numéro zéro consacré à "Survivre au capitalisme". Elle est née, selon Jérôme GLEIZES, un de ses animateurs, d'un "refus de l'écologie d'accompagnement" incarnée par Dominique Voynet, lors de son passage dans le gouvernement de Lionel Jospin. "Nous allons des écologistes de gauche à des décroissants qui ne veulent pas se positionner à gauche". La Revue trimestrielle, Revue critique d'écologie politique, animée par des normaliens et des universitaires, recherche une bonne lisibilité, par des articles concis, sans appareil lourd de notes et souvent illustrés. Cette volonté pédagogique fait d'Ecorev l'explorateur de thématiques transversales (le corps, la démocratie, la science, l'histoire de l'écologie, la mondialisation, la décroissance...). Son choix rédactionnel lui fait délaisser les interrogations de l'actualité politique et économique pour des réflexions plus axées sur le moyen et le long terme. Avec une diffusion modeste (500 exemplaires), elle se veut en prise avec précisément cette réflexion longue d'acteurs sur le terrain. 

   Né également en 2000, L'Ecologiste est la version française du mensuel The Ecologist, fondé par Teddy GOLDSMITH en 1970. Ce trimestriel prend la forme d'un dossier (d'une trentaine de pages) écrit par des auteurs souvent scientifiques, et intégrant nombre d'articles traduits de l'anglais. Animé par Thierry JACCAUD, L'Ecologiste a pris son autonomie par rapport à son parrain britannique, tout en restant sur la ligne d'une écologie naturaliste, portant une grande attention aux questions de biodiversité, de forêts, d'agriculture, de santé ou de pesticides. Diffusant à plusieurs milliers d'exemplaires, la revue se présente sous une couverture agréable et aborde aussi bien le récent scandale des gaz de schiste que la tradition d'agriculture biologique (jardin, cuisine...).

   Fondée en 202 à Genève, par Susana JOURDAN et Jacques MIRENOWICZ, La revue Durable, avec cinq numéros par an, sous une forme magazine assez comparable à L'Ecologiste, a progressivement gagné en visibilité en adoptant un angle axé sur la question de l'intégration des pratiques écologiques dans les sociétés modernes. S'intéressant davantage à l'économie qu'à la nature, La Revue Durable cherche un équilibre entre le pragmatisme du "développement durable", honni par nombre d'écologistes comme un faux nez du capitalisme, et la radicalité des choix qu'impose la crise écologique. On peut regretter que la dimension conflictuelle des choix sociaux soit souvent évacuée dans le traitement des questions traitées, sous forme de dossiers d'une quarantaine de pages, pourtant vastes, comme la maîtrise de l'énergie, les économies d'énergie, les énergies renouvelables, le réchauffement du climat, les changements climatiques, la préservation des sols, la biodiversité des forêts, l'architecture et l'urbanisme durables, l'aménagement de l'espace public en faveur d'une mobilité douce et des transports publics, la maîtrise des déchets, l'empreinte écologique, la décroissance des flux de matières...

    Entropia, née en novembre 2006, avec un premier numéro consacré à "Décroissance et politique", lancée par Jean-Claude BESSON-GIRARD, Serge LATOUCHE, Alain GRAS, Agnès SINAÏ et d'autres, veut être une Revue d'étude théorique et politique de la décroissance. Editée par les Editions Parangon, bi-annuel, Entropia s'interroge par exemple sur "Crise éthique, éthique de crise?", "L'effondrement : et après?" ou "Territoires de la décroissance, avec des signatures qui se situent hors du champ de l'écologie, comme Zygmunt BAUMAN ou Hervé Le BRAS. Son numéro 10 de mai 2011 porte sur "Aux source de la décroissance", sur un ton critique sur la science aux origine de l'écologie.

     A l'inverse de L'écologiste, la revue Ecologie et Politique dirigée par Jean-Paul DELÉAGE, aborde les questions écologique sans éviter leurs aspects conflictuels. A périodicité bi-annuelle, elle parait depuis 1992, dans une perspective proche du marxisme, avec des dossiers particulièrement étoffé (150 pages par numéro). Pour reprendre la présentation de la revue, "l'évolution des sociétés humaines met aujourd'hui en jeu les dynamiques fondamentales de la biosphère et la survie de la planète et de ses habitants. Aucun des rapports humains - oppositions sociales et de classes, domination de la femme, modes de production et de consommation, formes de domination politiques, représentations du travail - n'échappe désormais à ce dilemme fondamental de notre temps : l'immense progrès mis en route par la civilisation industrielle est aussi à l'origine de destructions inséparables pour notre Terre et pour la majorité de ses habitants. La revue Ecologie et Politique se veut un forum pour défendre et promouvoir les projets d'alternatives socio-politiques fondées sur l'appartenance des humains à la nature et non sur leur opposition. Elle se propose de débattre librement des valeurs de l'écologie et du socialisme, du pacifisme, de l'antiracisme, de la citoyenneté intégrale pour toutes et tous ; valeurs qu'ont inventées et qu'inventent les mouvements sociaux et politiques, qui n'ont jamais été aussi riches qu'à l'aube du XXIème siècle." Publiée par les Editions Syllepse, Ecologie et Politique structure chacun de ses numéros autour d'un dossier thématique, des articles libres et des documents historiques comme des comptes rendus d'actualité. Son comité de rédaction veille au traitement international des questions abordées. 

 

ENTROPIA, 52 Grand rue, 84340 MALAUCÈNE ; LA REVUE DURABLE, Cérin SARL, Rue de Lausanne 23, 1700 FRIBOURG, SUISSE ; L'ECOLOGISTE, disponible en kiosque ; ECOREV', http://ecorev.org. ; SILENCE, 9 rue Dumenge, 69317 LYON ; DÉVELOPPEMENT DURABLE ET TERRITOIRES, Centre Lillois d'Etudes et de Recherches Sociologiques et Economiques, Université de Lille, 59655 VILLENEUVE D'ASCQ ; GÉOCARREFOUR, 18, rue Chevreul, 69007 LYON. WWW.REVUES.ORG ; ECOLOGIE ET POLITIQUE, 17 Boulevard du Maréchal Foch, 45240 LA FERTÉ SAINT-AUBIN.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 14:51

            Ces cahiers de théologie, très récents dans le monde de l'édition catholique francophone, sont représentatifs de la difficulté dans un moment marqué par la baisse sociologique de l'influence de l'Eglise catholique, de renouveler la réflexion théologique. Difficulté qui s'ajoute aux problèmes propres à l'édition papier.

Initié dès 2002, sans vouloir remplacer les Chemins de la pensée, dont il se veut le prolongement, le projet d'aborder des questions morales, "sans dogmatisme, mais en référence constante d'un souci d'émancipation humaine", produit un premier numéro, sur Le péché originel, seulement en 2008. Pour l'instant , la revue n'a que trois numéros en papier à son actif, le site Internet faisant plus que prolonger l'édition papier.

C'est la qualité et la clarté du contenu de ces trois numéros, de plus de 400 pages chacun (Le péche originel, La guerre et la paix (2010), L'embryon est-il une personne?(2011)) qui retiennent notre attention : les articles restituent aussi bien des débats anciens qui possèdent encore un grand rôle dans le catholicisme - et dans la société - que des débats très actuels, souvent au coeur de grandes polémiques. Nous retrouvons ces deux qualités dans le site dédié à la revue.

       

           Bien entendu, c'est aussi pour les éléments conflictuels de ces débats - sur La guerre et la paix, cela va de soi - sur Le péché originel, sujet fondamental dont dépend, dixit la propre présentation de la revue, toute la doctrine chrétienne, que nous présentons cette revue présidée par Michel MAZOYER, de l'Université Paris 1 et René LEBRUN, de l'Institut catholique de Paris et de l'Université catholique de Louvains. Rappelons ici simplement que l'Institut catholique de Paris, fondé en 1875, forme un ensemble complexe qui entend alimenter une société laïque pluraliste "par une vision chrétienne de la personne humaine". La direction éditoriale en échoit à Paul MIRAULT, professeur de philosophie et à Patrick GUELPA, de l'Université Charles de Gaulle de Lille 3, qui se chargent surtout de la conception des thèmes abordés. Un Comité scientifique chapeaute la revue, avec entre autres Michel BOUVIER, l'Abbé J M GLAISE et Yves ROUCAUTE.

Suivant la revue elle-même, elle "regroupe des articles concernant les grandes questions de philosophie et de théologie. Elle est conçue comme une aire de discussion où toutes les sensibilités de l'Eglise catholique peuvent s'exprimer, discuter sur des point essentiels concernant sa doctrine, ou encore sa Pensée. Elle se donne ainsi pour mission de transmettre la tradition, mais une place importante est réservée également à la pensée contemporaine. C'est essentiellement à une oeuvre de reconstitution de la pensée chrétienne à travers les âges que nous convions nos lecteurs, comme à une interrogation sur le monde contemporain."


     Dans chacun des trois numéros sur papier, ce sont des articles qui peuvent servir de référence que nous pouvons trouver, souvent à la pointe de la recherche intellectuelle du monde catholique français. Ainsi dans le numéro sur La guerre et la paix, nous pouvons prendre connaissance de textes clé (Encyclique Summi Pontificatus de Pie XII et Concile oecuménique Vatican II, session IX), du débat théologique (points de vue traditionnels et points de vue contemporains), d'éléments historiques, du débat théologique, catholicisme et Islam, et d'analyse sur la guerre et la paix dans la littérature chrétienne. D'autres thèmes sont abordés en fin de numéro, comme la question de la Sainte Trinité vers 1450... Cela n'exclut pas bien entendu des différences de tonalités entre les articles, toujours très référencés.

Le site (auquel nous avons quelques difficulté à accéder lors de cette actualisation) propose surtout, vu le temps important entre chaque numéro, l'opportunité de réagir ou de proposer un débat, toujours dans le but de "donner un nouvel élan à la pensée chrétienne". On y retrouve l'actualité éditoriale religieuse, les différentes controverses au sein de l'Eglise catholique et des points de vue qui ne sont pas forcément partagés par la hiérarchie catholique, notamment au Vatican.

L'éditeur François-Xavier de Guibert s'efforce, à travers cette revue et nombre d'ouvrages de haut niveau, de contribuer à ce nouvel élan. Le site, la revue et ces ouvrages s'adressent d'abord à un public religieux et universitaire, mais tout étudiant à quelque degré que ce soit y trouve maints éléments enrichissants, même s'il ne partage pas, comme nous d'ailleurs, leur orientation idéologique globale.

 

Cahiers de Théologie Disputatio, François-Xavier de Guibert, 10, rue Mercoeur, 75011 PARIS.

 Site Internet : www.catholicae-disputationes.org (Une recherche sur le nom Disputatio peut être nécessaire pour retrouver le site...)

 

Actualisé le 13 mai 2012

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 14:03

                       L'activité d'études et de recherches historiques continue de se situer à un bon niveau, ce que témoigne la longue liste des publications consacrées chaque mois à cette période du XVIIIème siècle. Fruit de l'interrogation contemporaine sur les valeurs issues des Lumières et de la Révolution, cette recherche historique met au jour un grand nombre d'écrits publiés durant ce siècle, si prolifique en matière littéraire. Cette mise au jour renouvelle le regard porté sur cette période et on peut écrire sans se tromper que c'est une nouvelle Histoire qui se dessine sous nos yeux. La Société française d'étude du 18ème siècle, présidée par Jacques BERTHOLD, professeur de littérature française à l'Université Paris-Sorbonne et spécialiste de l'oeuvre de Jean-Jacques ROUSSEAU, secondé par Nicole JACQUES-LEFEBVRE et Michel PORRET (pour 2011-2013), elle-même reliée à l'International Society for Eighteenth-Century Studies, fondée à l'initiative de Theodore BESTERMAN, publie depuis 1969 la Revue (annuelle) Dix-huitième siècle ainsi que d'autres documents, un Bulletin trimestriel et un Supplément bibliographique lui aussi annuel.

Elle entend mettre à la disposition du "public cultivé", entendre surtout le milieu universitaire et étudiant, et des spécialistes, des ouvrages du XVIIIème siècle inédits ou actuellement non disponibles. Elle se place à mi-chemin entre les classiques connus, toujours republiés, et les travaux d'érudition conçus exclusivement pour les spécialistes. 

 

                    La revue annuelle propose 700 pages d'études sur un thème spécifique, des articles divers, des textes inédits d'auteurs du XVIIIème siècle, des notes de lecture sur des ouvrages récemment parus (plusieurs centaines par livraison). Elle bénéficie du soutien du CNRS et est devenue une référence indispensable. Un Répertoire International des chercheurs dix-huitièmistes est mis à jour en outre tous les 4 ans, qui recense 7 000 chercheurs du monde entier. Le Bulletin trimestriel annonce la quasi-totalité des colloques et publications importantes et les travaux des centres de recherche.

Cette Revue, après avoir entre 1969 et 1972, présenté des Mélanges, aborde un thème spécifique par an, et cela de manière pratiquement exhaustive. Ainsi les relations entre Lumières et Révolution, le positionnement des Jésuites, la Représentation de la vie sexuelle, l'année 1789, Montesquieu et la Révolution, la physiologie et médecine des Lumières, l'Antiquité ou l'Orient vus par les Lumières, l'Epicurisme... ont-ils fait l'objet d'une publication très fournie. Le numéro de 2009 portait sur individus et communautés et celui de 2010 sur L'Animal des Lumières. A chaque, ce sont des textes traduits en français moderne qui sont présentés et souvent commentés.

Elle est disponible sur le portail Internet Cairn.info.

 

Dans le numéro 38, de 2006, elle abordait la question des Dictionnaires en Europe en se posant la question de leur importance, de leur diffusion à l'époque et de leur contenu, et surtout de leurs influences réciproques. Ces Dictionnaires, qui sont encore des objets neufs au XVIIIème siècle jouent, notamment avec la disparition du latin, un rôle prépondérant dans la normalisation, la fixation et la légitimation des langues nationales. Le Dictionnaire a aussi une fonction de diffusion des savoirs - au risque parfois de la censure - mais aussi de conservation grâce à la collecte des différents parlers populaires. Il n'est pas seulement un objet technique, mais constitue aussi un analyseur politique, économique et linguistique de premier ordre.

 

         Le numéro 10, numéro spécial, de 1978, portait sur la question : "Qu'est-ce que les Lumières?" et proposait un échantillon important de l'analyse différentielles ce qu'il est convenu d'appeler le "siècle des Lumières" : "si l'on n'oublie pas que le "siècle" n'a pas en histoire la durée uniforme de cent ans, mais désigne toute époque remarquable par quelques caractère que ce soit, et pour le même caractère pris en général, de longueur et de datation variables selon le lieu et le temps". L'échantillon proposé prouve déjà :

- "que les mots Enlightenment, Verlichting, Lumières, Aufklärung, Illuminismo, Prosvechtchenie, Illustraction, etc, ne sont pas traduisiblent exactement l'un par l'autre;

- que les mouvements d'idées qu'ils évoquent, de manière plus ou moins vague, varient de dates selon les points de vue : par exemple pour les Province-Unies, on partira d'Erasme (...), ou de 1680 (...) ; en revanche on semble s'accorder sur la deuxième moitié du siècle en ce qui concerne l'Italie (1740), la pologne (1740-1820), le Portugal (1750-1777);

- que l'abstraction est dangereuse : quand elle ne crée pas des entités d'une seule pièce - Orthodoxie, Piétisme, Aufklärung, Europe, etc, - elle reste insensible aux évolutions sémantiques, elle efface les différences ; or, tantôt les "Lumières" s'opposent au "tyran", tantôt elles le servent, le totalitarisme de Pombal impose son Illuminismo, comme à Berlin, Frédéric II sa tolérance; tantôt, c'est la faiblesse des villes et de la bourgeoisie qui les favorise (au Portugal), et tantôt c'est leur force (en Angleterre) ;

- que la religion a une importance majeure et diverse, partout présente : en Flandres il arrive au clergé catholique d'être en avant-garde, et dans les Provinces unies, la tolérance naît de la diversité; au Canada, ce sont les protestants qui attaquent les catholiques, en France ce serait l'inverse.

 Ces premiers résultats devraient orienter la recherche. Ils rendent trop souvent vouée aux grands noms et aux grandes généralités. Il ne s'agit aucunement de leur substituer quelque magasin pittoresque. Il appartient à l'analyse différentielle de préciser l'information et, par delà les traductions, de faire apparaître la diversité de notions aussi communes au premier abord que raison, sensibilité, bonheur, nature, lumière, etc". 

 Nul doute que depuis ce numéro de 1978, l'historiographie a parcouru du chemin. Il reste sans doute à faire entrer dans les manuels d'histoire, toujours simplistes, des nuances et des révisions qui peuvent être surprenantes aux générations passées. A ceux qui veulent avoir au moins une fois des documents de première main, c'est cette Revue qui est particulièrement conseillée.

 

  Le dernier numéro de la revue (N°43, 2011/1, de 884 pages) porte sur Le monde sonore, avec une introduction de Thomas VERNET.

 

       Marcel DORIGNY, Maître de conférence à l'Université Paris VIII et spécialiste des colonies sous l'Ancien Régime, de l'esclavage et de l'abolitionnisme, est le directeur actuel de la Revue. Le Comité de rédaction se compose de jean-Christophe ABRAMOVICI, d'Yves CITTON, de Martine GROULT et de Gérard LAUDIN dont le rôle est surtout de coordonner les très nombreuses contributions et de les collecter chez les chercheurs... La Revue participe à la préparation des différentes manifestations ; par exemple du XIIIème Congrès international d'études du dix-huitième siècle des 25-26 juillet 2011.

 

 

Revue du Dix-huitième siècle, Diffusion Editions La Découverte (auparavant aux PUF, et auparavant encore aux Editions Garnier Frères), 9bis, rue Abel-Hvelacque, 75013 PARIS, Pour toute question : Marcel DORIGNY, Université Paris VIII, département d'histoire moderne, 22 rue de la Liberté, 93526 SAINT-DENIS CEDES 02.

 

Actualisé le 12 mai 2012

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 15:29

                   Revue annuelle publiée depuis 1982, cette revue est réellement la seule revue de sinologie généraliste en langue française. Publiée par l'Association Française d'Etudes Chinoises (AFEC),  reconnue internationalement, elle a pour vocation selon ses fondateurs, de promouvoir des travaux originaux et inédits de chercheurs français, même si l'on peut y trouver des articles rédigés en anglais. Soucieux de diffuser parmi le grand public souvent peu au fait de la civilisation chinoise, les éléments de compréhension de cet immense pays, (notamment les ressorts, souvent anciens, de son actuelle expansion), son comité de rédaction, autour de Samia FERMAT, sa directrice de publication, et de Damien CHAUSSENDE, son rédacteur en chef, entend donner consistance à une sinologie encore faible en France.

Exclusivement financée par les cotisations des adhérents à l'AFEC), elle bénéficie de l'aide matérielle du Centre d'Etudes sur la Chine Moderne et Contemporaine de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). 

 

             Le numéro, XXVIII, de 2009, avant le numéro Hors Série de 2010 consacré lui au thème Etudier et enseigner la Chine, porte sur le Droit chinois et fait le lien entre les pratiques judiciaires anciennes et modernes, indiquant bien les enjeux et des débats des réformes juridiques chinoises. Généralement, les numéros portent sur divers sujets, en fonction des thèmes abordés lors de colloques ou de séminaires. Les articles sont très lisibles et portent la marque d'une volonté de ne pas encombrer l'esprit avec les calligraphies, jolies certes, mais n'apportant pas souvent d'éléments probants de compréhension. Très au fait des débats actuels sur une possible démocratisation, la revue offre de nouveaux coups de projecteurs sur le passé. Ainsi dans le numéro XXVII (2008), nous pouvons lire une contribution de Céline WANG sur la controverse autour d'un poème de Mao Zedong, de Christine VIDAL sur la questions des intellectuels ralliés au pouvoir communiste entre 1948 et 1952, de Marie LAUREILLARD sur Feng Zikaï (1898-1975), caricaturiste lyrique, de Marie-Paule HILLE sur le processus de légitimation d'une nouveau courant religieux dans le Nord-Ouest de la Chine, le Xidatong, de Françoise AUBIN autour des relations entre sinologie et politique à propos des écrits d'Etienne BALAZS (1905-1963)...

Le dernier numéro (XXX, 2011), porte surtout sur les Manuscrits et documents de Qin.

 

               Chaque numéro comporte des articles à orientation bibliographique, des notes de recherche et des comptes rendus d'ouvrages en langues occidentales.

Ses articles sont disponibles en ligne gratuitement, à l'exception des trois dernières années et de l'année en cours. 

 

                   Le souci de développer la sinologie en France se vérifie dernièrement par l'organisation des Assises des études chinoises en 2009. Les thèmes abordés, Enseignement de la langue chinoise, Formations, littératures, Dialogues-coopérations, Publications, Ressources documentaires, Arts, Terrains chinois sont repris dans le numéro Hors Série de 2010. Il veut répondre à l'appel de Jean-François BILLETER, en 1998, pour l'émergence de "sinologues qui aient pour vocation principale de s'adresser non pas aux sinologues, mais au public (...), (qui) devraient avoir une formation très complète, comprenant la culture européenne autant que chinoise, ayant l'esprit d'invention autant que de synthèse" (Mémoire sur les études chinoises à Genève et ailleurs, Genève).

Même si ce problème dépasse largement les études chinoises - on le rencontre aussi à propos d'autres cultures - il se trouve pour le résoudre, dans les conditions actuelles de travail en Chine des conditions plus faciles qu'auparavant. Mais, notamment en ce qui concerne la sphère politique, de gros progrès sont encore à faire. Selon l'Argument qui ouvre les Assises, "la multiplication et la diversification des contacts rendent caduques l'opposition Chine/Occident sous le prétexte de l'originalité de l'héritage chinois. "La Chine" comme généralité correspond tout autant à des effets de miroir - la Chine comme idéal ou au contraire comme repoussoir - qu'à un parti pris culturaliste. Ce discours correspond à un imaginaire qui résiste de moins en moins à ce que nous apportent faits, documents, découvertes archéologiques et diversification des outils conceptuels. En outre, l'appropriation toujours plus affirmée du débat sinologique par les chercheurs chinois eux-mêmes, qu'ils soient en Chine ou dans les universités occidentales, ouvre davantage le champ de réflexion sur la Chine ancienne et classique."

Dans une problématique qui lie la recherche et l'enseignement, l'AFEC entend dépasser des pratiques et des images de la sinologie qui en font trop souvent encore sans doute - quoique l'offre littéraire s'amplifie d'année en année (émergence - bien avancée d'ailleurs - de la Chine oblige) - un champ clos entre spécialistes. 

        Un des obstacles que nous avons rencontrés - noms (propres et communs) occidentalisés de diverses façons et du coup certaines idées derrière - tiennent sans doute à une part irréductible d'étanchéité entre civilisations, mais commence à être bien prise en compte par maints vulgarisateurs de haut niveau.

 

          Complètement par ailleurs, la Revue bibliographique de sinologie, annuelle elle aussi, dont le dernier numéro date de 2006, présentait un choix (entre 1989 et 2002) des dernières parutions en langues occidentales, en chinois, en japonais et en coréen dans les domaines de l'histoire et des sciences sociales, de l'archéologie, des arts, du langage, de la littérature, de la philosophie, des religions, des sciences et des techniques et constitue encore un instrument important à l'usage de spécialistes de sciences humaines désirant suivre l'actualité des études chinoises. 

 

Etudes chinoises, AFEC, www.afec-etudeschinoises.com. 

 

Actualisé le 9 Mai 2012

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:29

              Pour l'étudiant ou le citoyen français désireux de comprendre mieux le contexte et les oeuvres de la philosophie allemande, cette jeune revue, fondée en 1994 et rénovée en 2005, est toute indiquée. Dédiée à l'histoire et la culture des pays de langue allemande, la Revue germanique internationale se veut pluridisciplinaire, ouverte aux approches des différents spécialistes internationaux intéressés par la perspective des transferts culturels. Fondée par Michel ESPAGNE, linguiste français, directeur de recherche au CNRS et professeur à l'Ecole Normale Supérieure et par Jacques LE RIDER, germaniste et historien français, directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris, elle rassemble dans son Comité de rédaction des universitaires tels que Wolfgang ADAM (Magdebourg), Norbert BACHLEITNER (Vienne), Frédéric BARBIER (Paris), Giulia CANTARUTTI (Bologne) ou Elisabeth DECULTOT (Berlin). Le directeur de publication en est Michel ESPAGNE et sa responsable de l'édition électronique, Pascale RABAULT-FEUERHAHN.

     Ce comité de rédaction supervise, avec l'appui d'un Comité scientifique, deux numéros par an, numéros thématiques qui se centrent "auteur d'un aspect original de la littérature, de la philosophie, de la sociologie, de l'histoire culturelle ou de l'histoire de l'art de l'espace germanophone. Dans une perspective de transferts culturels, celui-ci est abordé à travers les points d'articulation avec les aires qui l'environnent et qui l'aident à se définir, de l'Angleterre à la Russie, des Pays-Baltes à la Grèce. Les questions traitées sont souvent transversales (émergence de l'esthétique au XVIIIème siècle, genèse de l'orientalisme). Les moments de crise, de recomposition et les phénomènes participant à la constitution identitaire - l'osmose judéo-allemande, le philhellénisme - constituent un axe fort de la revue."

C'est une revue de langue française dont les articles sont accessibles en texte intégral sur le site Internet www.Revues.org, avec un délai de trois ans. Auparavant, avant 2005, où elle a rejoint CNRS éditions, elle paraissait aux Presses Universitaires de France (22 numéros). 

    Le numéro 12/2010 porte sur "La fabrique internationale de la science", autour des congrès scientifiques de 1865 à 1945. Ces congrès scientifiques se font entendre bien au-delà des cercles savants et possèdent une certaine influence culturelle. Parmi les précédents numéros, nous pouvons relever celui qui porte sur "Néokantisme et sciences morales" (6/2007) ou encore sur "L'anthropologie allemande entre philosophie et sciences", surtout dans les années 1930 (10/2009).

L'un des derniers numéros (14/2011) traite de La philosophie allemande, figures de pensées, sous la direction de Michel ESPAGNE qui écrit : "L'histoire intellectuelle allemande est marquée, de la fin du XVIIIè au début du XXème siècle, par l'essor d'une discipline, la philologie, qui, ancienne dans ses origines, acquiert une dimension nouvelle à l'intérieur du champ scientifique. Pilier de la Bildung, elle contribue à fonder une identité collective allemande dans laquelle les modèles grecs antiques jouent un rôle constitutif. Ayant pour mission d'assurer la fiabilité des sources par l'édition critique des textes, elle se consacre aussi d'emblée à leur interprétation et entretient des liens particuliers avec l'histoire et la philosophie. La philologie se démarque progressivement de la théologie et des sciences orientales et inspire de nouveaux domaines de recherche comme la germanistique, les études romanes, l'histoire de l'art, l'anthropologie des religions ou la sociologie. Cette histoire intellectuelle s'incarne dans des héros de la discipline, des personnalités fondatrices comme Christian Gottlob Heyne, Friedrich Gottlieb Welcker, August Böchk, Gottfried Hermann, Georg Freidrich Creuzer, Karl Otfried Müller, Karl Lachmann, Jacob Bernays, Hermann Karl Usener, Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff, Hermann Diels, Werner Jaeger. Ce sont eux que le présent volume prend pour point de départ afin d'étudier l'expansion continue d'une discipline et la fécondation qu'elle opère de domaines intellectuels connexes à travers des échanges scientifiques qui s'étendent au-delà de l'espace germanique."

 

      Aux Presses Universitaires de France, était publié courant 2001, un numéro (15) sur Hegel : droit, histoire, société, avec notamment les contributions de Duncan FORBES, Christophe BOUTON, Jean-François KERGÉVAN et Howard WILLIAMS. Ce volume mettait l'accent sur Hegel, philosophe du droit, de la société et de l'histoire et non, sur Hegel, philosophe de l'Etat (qui fut le thème d'un livre d'Eric WEIL). "Car ce sont des principes de la philosophie du droit, non pas une Philosophie de l'Etat, que Hegel rédigea. Il fut l'un des premiers à reconnaître la nécessité d'une séparation de l'Etat et de la société : la "société civile-bourgeoise", dont il perçut et analysa la dynamique propre. Il sut déjà mettre en relation, dans l'histoire, le développement social et l'évolution du droit. Rapportée à cette évolution et au développement de la société, sa philosophie politique s'avère fort éloignée de l'"étatisme auquel on l'assimile parfois."  

 

    C'est précisément pour lever un certain nombre d'équivoques et d'incompréhensions sur les philosophes et les philosophies allemands en général, présentes notamment en dehors du monde germanique (notamment en France et dans les pays francophones, mais pas seulement...), que cette Revue est intéressante. 

   Encore aujourd'hui, les philosophies allemandes de l'époque des "Lumières" ont quelque chose à nous apprendre sur la société et la vie. A l'heure où précisément, les philosophies matérialistes des Lumières sont combattues ouvertement, la Revue germanique internationale favorise une compréhension nécessaire.

 

Revue germanique internationale, CNRS UMR 8547, Pays germaniques : transferts culturels, Ecole Normale Supérieure, 45, rue d'Ulm, 75005 PARIS.

www.revues.org.

 

Actualisé le 8 Mai 2012

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