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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 10:37

                  La revue Extrême Orient, Extrême-Occident, fondée en 1982 par des membres de l'Université Paris 8 (Vincennes-Saint-Denis, se spécialisent dans la culture de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, dans une démarche comparative. C'est donc le monde sinisé que les rédacteurs examinent sous des angles divers, dont philosophiques. Voulant s'adresser à un public large, elle aborde les questions de théorie, de méthode et d'objets que se posent aujourd'hui les sciences humaines.

        Fondée par François JULLIEN avec le concours du Collège international de Philosophie, son comité de pilotage regroupe surtout des professeurs d'Université avec à sa tête Florence BRETELLE-ESTABLET et Romain GRAZIANI.

En plus de 150 pages par numéro, suivant une parution tout de même irrégulière - normalement annuelle, mais il y a des années avec plusieurs numéros -  la revue entend couvrir le monde sinisé dans un esprit de dialogue Orient-Occident. Chaque numéro est centré sur un thème précis dans des articles en français et en anglais (traduction des résumés en français) . Ainsi le numéro 3 traitait en 1983 du rapport à la nature et celui du numéro 19 de 1997 de la Valeur de l'exemple. Un des derniers numéros, de 2009, traite des Regards sur la politique en Chine aujourd'hui.

L'un des derniers numéros (n°33/2011), porte sur Religion, éducation et politique en Chine moderne, qui examine "les rapports du religieux et de l'éducatif en Chine de la fin du XIXème siècle jusqu'à aujourd'hui, dans la complexité et la pluralité religieuse chinoise (données historiques et anthropologiques). La recherche se focalise sur l'imbrication et la différenciation entre la religion et l'éducation, la laïcité et la sécularisation en chine aujourd'hui. Il est question de la recomposition de la religion, de l'éducation et du politique sous l'impact des bouleversements touchant à la tradition, l'histoire, la moralité et l'Etat". 

 

        On pouvait lire dans l'éditorial du numéro 1 de 1982 : "C'est un fait de notre modernité : l'Occident est de plus en plus conscient de ce qu'il ne peut limiter légitimement le champ de ses investigations théoriques à l'horizon de sa propre tradition culturelle. Plus les sciences humaines affirmeront leur validité, plus elles devront prendre en considération l'expérience des civilisations qui se sont développées en dehors de son emprise, sous peine de prétendre à une généralité théorique qui ne sera que le masque de son propre égocentrisme : une confrontation est donc nécessaire qui permette de faire advenir dans le champ des problématiques occidentales des fonds culturels hétérogènes dont rien ne dit à priori qu'ils se laisseront commodément régenter par elles."

Les auteurs de l'éditorial plaident pour un véritable dialogue des cultures, dans leur fonction de sinologues désireux de vulgariser les apports du monde sinisé, en les reformulant si nécessaire. Mais "sans perdre tout ce que peut lui conserver d'intrinsèque son appartenance originelle et en tenant compte de toutes les incidences qu'implique une telle opération." Dans cette perspective, il est important d'effectuer une intégration de nombreuses disciplines qui s'intéressent à la culture chinoise au sens large. Il importe de bien mettre en évidence les similitudes et les différences entre les cultures d'extrême-orient et les nôtres qui s'apparentent à des cultures d'extrême-occident, sans tomber dans l'affirmation d'une altérité (un peu commode pour tenir à distance ces mondes lointains) ou à l'inverse d'une ressemblance (qui gomme les spécificités). Interroger la culture sinisée, c'est aussi s'interroger en tant qu'Occidentaux.

 

       La revue est disponible sur le portail Revues.org et de nombreux articles sont disponibles sur le site Persée, tout en gardant la formule papier.

 

      Extrême-Orient, Extrême Occident, Editions Presses Universitaires de Vincennes (PUV), Université de Paris 8, 2, rue de la liberté, 93526 PARIS CEDEX 02.

 

Actualisé le 22 Avril 2012

 

 

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 13:23

         Revue à parution plutôt irrégulière, bien qu'annoncée comme semestrielle, Recherches en psychanalyse, créée en 2004, se veut une revue pluridisciplinaire et ouverte à tous les courants de la psychanalyse non seulement française mais aussi internationale (ce qui est sans doute difficile quand on connaît les nombreux conflits qui traversent la psychanalyse française...). Et surtout universitaire. Car c'est l'ancrage dans l'Université que ses fondateurs projettent, la revue étant l'expression de l'Ecole doctorale de recherches en psychanalyse de l'Université Paris 7-Denis Diderot.

   Elle se présente dans la continuité d'une autre revue, La revue psychanalyse à l'université, existante entre 1975 et 1994, fondée par Jean LAPLANCHE, son directeur pendant les 20 ans de sa parution aux Presses Universitaires de France.

 

        Sous la direction de Sophie de MIJOLLA-MELLOR et de Christian HOFFMANN, la revue n'édite plus que sous forme électronique (sous la responsabilité de Rémy POTIER) (www.revues.org) depuis 2009, en accès libre intégral. (auparavant aux Editions L'esprit du temps, 200 pages par numéro). Animée par d'anciens doctorants et des professeurs (un comité de rédaction de douze personnes), elle assure la publication régulière de travaux de recherches originaux dans le camp de la psychanalyse, "en interaction avec les sciences exactes, les sciences humaines et la médecine".

Dotée d'un comité scientifique international où l'on retrouve entre autres les noms d'Alain ABEHAUSER, de Serge LESOURD, de Roger PERRON ou de Claude de TYCHEY, de France et de Belgique principalement, la revue a déjà abordé de manière fournie des thèmes comme Le crime (2004), L'informe et l'archaïque (2005), Langues et traduction (2005) ou Nouvelles technologies médicales et subjectivité (2006). Un numéro, de mars 2010, porte sur Les expériences exceptionnelles : entre neurosciences et psychanalyse.

 L'un des derniers numéros (12/2011) porte sur psychanalyse, corps et Société, avec des articles sur Incidences du libéralisme sur l'évolution des métiers de la clinique ; La fixation sectaire ; Imagerie médicale et art contemporain, rencontres autour d'un corps virtuel et Exclusion sociale et non-lieux : des espaces urbains à la pulsion. En fin de ce numéro de Recherches... figurent deux articles sur la psychose.

 

 

      Dans un éditorial paru dans le premier numéro, Sophie de MIJOLLA-MELLOR et Paul-Laurent ASSOUN affirment qu'une telle revue témoigne de "l'effectivité de la psychanalyse à l'Université", se voulant véritablement être l'écho du work in progress dans cette discipline. Ils exposent les thèmes qu'ils entendent privilégier :

- Place donnée au matériel clinique dans l'élaboration théorique ;

- Etude spécifique du texte freudien ou des textes post-freudiens majeurs ;

- Ouverture vers des auteurs étrangers ;

- Travaux d'histoire de la psychanalyse ;

- Interrogations de type épistémologique : critères de "scientificité" notamment ;

- Réflexions sur la cure et ses mécanismes propres ;

- Réflexions sur l'institution (psychanalytique, universitaire, etc.) ;

- Travaux relevant des "interactions de la psychanalyse" avec des champs connexes.

 

    Chaque numéro de revue se fait l'écho - outre le thème central - de la recherche doctorale et expose les thèses de doctorat soutenues dans l'année. C'est dire que le public de la revue se veut surtout universitaire, en direction des étudiants et des doctorants ouverts aux problématiques de la psychanalyse.

Dans le paysage assez fourni des revues en psychanalyse, la revue n'affiche aucune obédience particulière, et se situe dans l'esprit scientifique et critique que l'on peut retrouver dans Vocabulaire de la psychanalyse (PUF) ou le Dictionnaire international de psychanalyse (Hachette Littératures).

 

       Recherches en psychanalyse, UFR Sciences Humaines Cliniques, Université Paris VII-Denis Diderot, 26, rue de Paradis, 75010 PARIS.

       www.revues.org.

 

Actualisé le 21 Avril 2012

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 10:59
          Revue récente fondée en 2000, Raisons politiques veut inscrire l'interrogation philosophique dans la Cité. Trimestrielle, à dossiers thématiques, aux approches pluridisciplinaires et voulant ignorer les frontières politiques, la revue, publiée avec le soutien de la Fondation nationale des sciences politiques, veut aborder en plus de 150 pages des questions de fond tout en restant proches des réalités concrètes.
            La rédaction, orientée plutôt à gauche, expose dans le numéro 1 de la revue son ambition : "C'est une histoire de conjonction. L'Université - et tout ce qui la prolonge - connaît la philosophie et les sciences sociales, le cercle de la pensée, des idées et des concepts, et celui du terrain, de l'empirique et du concret. Mais, question de méfiance, d'habitude ou de principe, elle dresse entre ces scènes plus des portes que des ponts. Elle oppose ou elle distingue quand il faudrait relier et conjoindre.
Parce qu'il faut bien nommer, nous dirons que raisons politiques se situe du côté de la pensée ou encore de la théorie politique. Associés à des traditions nationales, ces mots ne sont pas tout à fait équivalents, mais ils disent le sens de l'entreprise, comme le fait le titre de la revue. Parce qu'il n'y a pas de science politique sans considération des différences, raisons politiques s'intéresse à la manière dont la politique met en forme la coexistence sociale, les rapports entre les individus et les groupes. Et parce que toute théorie ne fournit qu'une partie de la vérité sur le réel, raisons politiques réfléchit aux différents modes d'organisation politique plutôt qu'aux caractéristiques communes à tous les régimes politiques. la pensée politique ne se développe que dans un monde où les fins entrent en conflit (les auteurs insistent à longueur de numéros sur ces aspects conflictuels) ; elle n'est pas arbitraire, mais elle permet de guider une délibération authentique. Elle connaît les discours "stabilisés", "forts", mais ne retient pas des textes la seule logique interne ou cachée, elle recherche aussi ce qu'ils signifiaient pour les contemporains de l'oeuvre et ce qu'ils signifient pour nous. La compréhension de la politique perd une large part de son intérêt si elle ne renoue pas avec l'ambition première des philosophes inscrits dans la Cité. En d'autres termes, la pensée est à la fois objet de connaissance - la pensée texte - et connaissance appréhendant une réalité - la pensée productrice de textes.
Concevoir la pensée politique comme un processus de construction continue et conflictuelle de sens, en interaction avec son contexte ; s'attacher aux choses dites par les acteurs, par tous les acteurs de la vie politique ; tenter de voir comment ils pensent, explicitement ou non, les phénomènes politiques ; mettre au jour les actions et les discours logiques et ceux qui, en apprence, le sont moins : c'est cela que signifie l'expression même de raisons politiques, écrit au pluriel.(...).
Enfin, et ce n'est pas le moins important pour nous, raisons politiques favorise la rencontre des générations. Associant à sa direction et dans son comité de rédaction de jeunes chercheurs et d'autres qui le sont moins, la revue assure, loin de toutes les contraintes institutionnelles, la confrontation des points de vue et le renouvellement des approches. (...)"

       Menée par le directeur de publication Jean-Marie DONEGANI, la revue est doté d'un comité de rédaction fourni (une quinzaine de personnes) et d'un conseil scientifique où l'on retrouve entre autres les noms de Bertand BADIE, Philippe BRAUD, Monique CANTO-SPERBER, Jean-Luc DOMENACH, Alfred GORSSER, Jurgen HABERMAS et Jacques RANCIERE. Débutant par son premier numéro avec Le moment tocquevillien (ce qui donne vite le ton de débats proches de ceux des Etats-Unis), la revue a déjà abordé Les Pères fondateurs refoulés, le Néolibéralisme et la Responsabilité, les victimes qui écrivent leur histoire, la pensée juive (sur deux numéros), la pensée de RAWLS, et l'Actualité de l'humanisme civique (n°4 de 2009). Elle le fait souvent avec des textes qui, tout en restant facile à lire, restent exigeants, ce qui fait de Raisons politiques une revue vraiment universitaire.
Dans le numéro 9 de Février 2003 par exemple, Jean-Marie DONEGANI, Marc SADOUN, Thierry MENISSIER, Philippe BRAUD, Alexis DALEM, Muriel ROUYER, gilles KEPEL, Nicolas FISCHER, David SMADJA et Jocelyne CESARI traitaient de Questions de violence, abordant successivement la philosophie politique et l'anthropologie de la férocité, la violence symbolique et le mal-être identitaire, la guerre et l'économie, la politique par le droit, les stratégies islamiques de légitimation de la violence, l'état d'exception et les silences de la loi et le devenir de la ville.
  Chaque numéro est suivi d'une rubrique Varia (abordant plutôt des sujets d'actualité avec la même tentative de rigueur) et de compte-rendus de lectures.
    L'un des derniers numéros de la revue (n°44, 2011/4) porte sur le Paternalisme libéral. Plusieurs questions sont posées par divers rédacteurs, à la suite d'un article éditorial de Jean-Marie DONEGANI sur Le paternalisme, maladie sénile du libéralisme? : Comment un Etat libéral peut-il être à la fois neutre et paternaliste?, Le paternalisme peut-il être "doux"? (Paternalisme et Justice pénale), Vendre ses organes : un cas de préjudice consenti?, Protection légale des animaux ou paternalisme?, Liberté d'expression : De quoi parle-t-on? Former le "bon citoyen" libéral, comme l'écrit Janie PÉLABAY constitue un grand enjeu.  A noter dans la rubrique Parcours de recherche, des contributions sur l'oeuvre de Pierre ROSANVALLON.

       De nombreux articles et résumés d'articles sont disponibles sur le site du CAIRN (www.cairn.info).

   Raisons politiques, Etudes de pensée politique, Rédaction : 199, boulevard Saint-Germain, 75007 PARIS.
    Administration, Presses de Sciences Po, 27, rue Saint-Guillaume, 75337 PARIS Cedex 07.
Actualisé le 20 Avril 2012
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 10:04
              Au milieu d'un océan de revues en langue anglo-saxonne (Nature, par exemple, la revue de référence en manière de sciences naturelles, que seul le Nouvel Observateur fait l'effort de mettre à disposition des lecteurs français), peu de revues francophones sont à la disposition du public pour s'informer régulièrement d'une manière scientifique des problèmes de l'environnement et plus largement de l'adaptation sociale et politique aux modifications environnementales, autre manière de parler de l'évolution.
Car il s'agit bien d'évolution dans les domaines de recherches de cette revue canadienne en ligne sur Internet : ses domaines de recherches incluent : "la qualité, la quantité et la viabilité des ressources, les différents aspects de la gestion et de l'utilisation de l'environnement (ressources et territoires), le développement durable, autant sur la durabilité de ressources que sur la viabilité des collectivités, l'état des écosystèmes dans des perspectives évolutives ou comparatives, l'adaptation des sociétés aux modifications environnementales (du point de vue de l'éducation, de la santé, du politique, de l'économie, etc), la prévention et la gestion des déversements et les processus techniques, sociaux ou politiques de prévention de la pollution, la place des protocole régionaux et internationaux, l'adaptation sociale et politique aux modifications environnementales (comme on l'a dit plus haut), les outils socio-économiques de développement viable, les réflexions épistémologiques sur les sciences de l'environnement ou sur la place de l'environnement dans les disciplines connexes.

            Fondée véritablement en 2000 dans le sillage de la révolution que constitue Internet, VertigO se veut une revue scientifique interdisciplinaire de sciences naturelles et de sciences humaines. Elle a réussit à s'imposer, entourée d'un solide partenariat, au plan international, avec en moyenne une consultation en ligne de plus de 1 400 personnes par jour (dont près de la moitié de France) comme la première revue électronique francophone. Portée par un comité de rédaction de 9 membres (Eric DUCHEMIN, Louise VANDELAC, Steve DERY, Christian BOUCHARD, Nathalie LEWIS, Sébastien WEISSENBERG, Frédéric LEMARCHAND, Virginie LARIVIÈRE et Pierre CAYER, qui enseignent surtout à l'Université du Québec), et un comité scientifique d'une vingtaine de membres et de partenaires au Québec, en France, en Belgique et en Afrique, la revue offre deux ou trois numéros par an, si on exclue les numéros spéciaux, sur des sujets tels que les changements climatiques (Septembre 2000), la lutte biologique (octobre 2001), les grands fleuves (décembre 2003), l'Afrique face au développement durable (septembre 2006) ou la désertification (avril 2008).
Des articles, tous en consultation gratuite, abordables par tous les publics dotés de connaissances scientifiques minimum, adaptés à l'outil Internet permettent de se faire un idée de l'actualité des débats scientifiques, souvent en dehors et au-delà d'un tapage médiatique simpliste. 
         Un des derniers numéros (Volume 10, Numéro 3/décembre 2010) porte sur Les petits Etats et territoires insulaires face aux changements climatiques : vulnérabilité, adaptation et développement. "Au moment où le réchauffement climatique apparaît sans équivoque et que l'on observe et mesure désormais ses effets directs et indirects sur les écosystèmes et les sociétés, et ce depuis l'échelle locale jusqu'à l'échelle globale, le cas des petits espaces insulaires apparaît des plus pertinents afin de mettre en lumière des évolutions en cours et des enjeux qu'elles soulèvent. Ces enjeux se déclinent autant sur les plans environnemental, socioculturel et économique que sur le plan politique, notamment sur ce dernier point à l'échelle internationale ainsi que dans le cadre de la vie politique locale et de la coopération régionale." Ce qu'illustrent des articles souvent collectifs par exemple sur la situation au Comores, à Mayotte, aux Maldives et aux Kiribati, au Ré et à la Réunion, à l'Ile-du-prince-Edouard, à Tahiti...
         Les Éditions en environnement éditent également FrancVert (www.francvert.org).

          VertigO, la revue électronique de l'environnement, Les éditions en environnement, VertigO, 2669 Knox, Montréal, H3K 1R3, Québec, Canada.
          Site : http://vertigO.revues.org
          Courriel : vertigO@sympatico.ca
Actualisé le 18 Avril 2012
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 13:48
                  Fondée en 1973, la revue trimestrielle Alternatives non-violentes se veut depuis l'origine une revue de débats et de recherches, indépendante de tout mouvement, Eglise, syndicat et parti.
"Face à la violence, incapable d'apporter une solution humaine aux inévitables conflits qui constituent la trame de l'histoire de l'humanité, la non-violence propose une alternative. La philosophie de la non-violence veut déconstruire l'idéologie de la soit-disant violence nécessaire et légitime qui domine nos cultures et sociétés, tout en développant une culture de non-violence, avec des méthodes d'action permettant la gestion positive des conflits. La cohérence entre la fin et les moyens s'avère être un impératif autant éthique que stratégique. L'action non-violente a été historiquement mise en oeuvre dans les luttes de résistance pour les droits de l'homme, avec au premier rang la lutte pour l'indépendance de l'Inde menée par Gandhi. L'action non-violente est résistance, non-coopération, désobéissance aux lois injustes ; elle vise alors à créer un rapport de forces pour combattre les situations d'injustice et d'oppression. Mais la non-violence est aussi une force de proposition ; elle veut réaliser un programme constructif qui vise, ici et maintenant, dès la phase de résistance, à anticiper la société solidaire de demain, en mettant en place les structures alternatives garantes de la justice et de la liberté." Voilà comment ses fondateurs, Christian DELORME, Georges DIDIER, Christian BRUNIER et Christian MELLON, et sa petite équipe actuelle menée depuis 1989 par François VAILLANT conçoivent l'orientation de la revue.

              Alternatives non-violentes, avec un dossier à chaque fois, en moyenne de 68 à 72 pages, un lectorat de base d'un millier d'abonnés (1 500 dans les années 1970), constitue une revue de référence en ce qui concerne la pensée et l'action non-violentes. Elle fait largement appel dans ses numéros à des collaborations extérieures.  Jusque dans les années 1980, elle était un lieu de débat presque incontournable sur les questions d'objection de conscience, de militarisation de la société, des alternatives à la défense armée...notamment dans un dialogue de haut niveau entre composantes de ce qui s'appelait la gauche de la gauche, tout ce que le pays comptait de personnes et de groupes réfléchissant à l'élaboration d'une autre société, en rupture avec le capitalisme. Aujourd'hui encore, elle offre à travers des dossiers très élaborés sur des questions aussi diverses que le "problème des banlieues", la publicité, l'éducation, les religions... des éléments d'informations et de réflexions non négligeables, même si les temps ne sont plus à la pensée d'une alternative globale à la société actuelle. Des numéros comme ceux sur Jaurès, la désobéissance civile ou les luttes non-violents au XXème siècle fournissent de solides bases de réflexion, accessibles à un large public, même si l'on ne partage pas les idées de la non-violence.
       Un des derniers numéros de la revue (n°160) porte sur Désobéir par éthique professionnelle. L'éditorial de François VAILLANT présente ce numéro : "Le phénomène est récent. Des fonctionnaires, maintenant rejoints par des salariés du privé, osent désobéir à des consignes et règles de leur hiérarchie qui voudrait les contraindre à des pratiques professionnelles déshumanisantes." Après avoir fait référence à l'ouvrage d'Elisabeth WEISSMAN, qui intervient d'ailleurs dans ce numéro, (La désobéissance éthique, Stock, 2010), il situe cette forme de désobéissance :  "La désobéissance éthique englobe en quelque sorte les postures de la désobéissance civile et de l'objection de conscience, qui, elles, sont spécifiques (voir ANV numéros 142 et 143). La désobéissance éthique est souvent isolée, individuelle, et s'organise peu à peu pour critiquer des règles imposées par l'employeur, alors que la désobéissance civile, elle, se situe dans l'opposition collective à une loi générale valable pour tous les citoyens. Il y a la désobéissance éthique dans tout acte de désobéissance civile, mais l'inverse ne vaut pas au sens strict. La désobéissance éthique a un bel avenir devant elle, tant elle apparaît adaptée au monde du travail tel qu'il va aujourd'hui. Et force est de constater que "éthique" renvoie, dans "désobéissance éthique" à la notion de non-violence pour qui l'humanité de tout homme vaut plus que n'importe quel profit ou rendement. Les médias font actuellement connaître cette forme de résistance/désobéissance. (L'auteur évoque la désobéissance alors en croissance dans le monde enseignant). Mais il est lamentable que les centrales syndicales ne s'y intéressent pas encore vraiment, tant elles demeurent encore rivées à des modes de lutte traditionnels ; ce qui peut être une raison de plus pour se syndiquer et se faire entendre. (...)"


         Depuis 1989, la revue est associée à l'Institut de Recherche sur la résolution Non-violente des Conflits (IRNC), lui-même fondé en 1984, qui axe ses activités, avec son équipe d'une quinzaine de membres, sur des recherches scientifiques pluridisciplinaires sur l'apport de la non-violence dans la résolution des conflits que ce soit en France ou dans le monde entier. L'IRNC co-organise des formations ainsi que des colloques, et entretient des relations avec de nombreux instituts similaires dans le monde. Il participe à certaines initiatives de l'UNESCO.

   Alternatives non-violentes, Centre 308, 82, rue Jeanne-d'Arc, 76000 ROUEN
   Site : http://alternatives-non-violentes.org
   Site IRNC : www.irnc.org.
Actualisé le 16 Avril 2012
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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 14:51
     Revue semestrielle internationale interdisciplinaire né en 1981, Droit et cultures, se présente comme ouverte à toutes les approches de sciences humaines et sociales des phénomènes juridiques à travers différentes cultures. Émanation du centre de recherche du même nom de l'Ecole doctorale de sciences juridiques et politiques à l'Université de Nanterre, elle aborde des sujets directement liés aux sciences juridiques, comme le droit de la guerre, le droit étatique en négociations, les limites et exclusions, l'anthropologie juridique aux Etats-Unis, les autochtones de l'outre-mer français, la socialisation juridique et la conscience du droit, pour reprendre le titre de ses derniers numéros.
     "Anthropologie et histoire nous confrontent à des cultures juridiques autres, nous invitent à réviser nos propres catégories et classifications, nous suggèrent des méthodes d'investigation et d'analyse permettant de comparer des systèmes de droit différents dans le temps et l'espace. L'approfondissement et l'élargissement du comparatisme juridique exigent une pluridisciplinarité ouverte à laquelle philosophes et sociologues du droit sont tout particulièrement conviés. le droit n'a plus le même sens ici et ailleurs ; il est solidaire du système de valeurs et de l'organisation sociales et, dans maintes sociétés, il ne constitue pas un domaine autonome et spécifiques. Il convient donc de la confronter à son absence et à sa négation, et de l'appréhender au plan statique et dynamique." C'est ainsi que définissent les objectifs de la revue son responsable, Chantal KOURILSKY-AUGEVEN et son comité scientifique dans lequel nous pouvons trouver les noms entre autres de Louis ASSIER-ANDRIEU, Jean FEZAS, Bernadette MENU, Jacques POUMAREDE et Raymond VERDIER. La revue a pour rédacteurs en chef Hervé GUILLOREL et Jacqueline LHAMANI.
     Chaque numéro de plus de 250 pages est accessible à tout étudiant en droit ou même à tout citoyen doté d'un minimum de culture juridique.
     Le numéro de février 2012 (n°62), de 248 pages, porte sur L'homogène et le pluriel : L'exemple de la multiculturalité au Pérou. Les articles proposés s'interrogent sur la possibilité d'un projet commun pour le Pérou. Ils portent sur les enjeux des relations entre cultures à l'intérieur du pays, la possibilité de la démocratie, les problèmes de l'administration de la justice, le traitement de la mémoire collective et les conflits en matière de territoire. 
     Notons que le Centre de recherche Droit et Cultures centre ses travaux sur plusieurs domaines : la vengeance (Raymond VERDIER), les phénomènes de socialisation juridique et de conscience du droit (Chantal KOURILSKI-AUGEVEN), les droits de l'homme et les droits des peuples (Sara LIWERANT et Charles de LESPINAY) et les droits et l'anthropologie (Raymond VERDIER et Charles de LESPINAY), sous la responsabilité du Directeur Jean-Pierre POLY.

    Droit et cultures, Editions l'Harmattan, 7, rue de l'Ecole Polytechnique, 75005 Paris.
    Rédaction à l'Université Paris X Nanterre La Défense, 200 avenue de la République, 92001 NANTERRE.
    Site : www.revues.org.
Actualisé le 15 Avril 2012
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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 16:00
              La revue trimestrielle Géopolitique, appelée récemment La nouvelle revue Géopolitique, fondée en 1982 par Marie-France GARAUD est la seule revue de géopolitique que l'on pouvait retrouver régulièrement dans les kiosques. Destinée au grand public, chaque numéro est centré sur un thème ou l'étude d'un pays, avec des perspectives historiques. Ainsi le n°68, du dernier trimestre 1999, portait sur le droit d'ingérence et celui du dernier trimestre 2006 sur l'Amérique Latine. Le  numéro d'octobre 2009 porte sur les "Histoires d'eau, abondance et pénurie, conflits ou solidarités", sur une centaine de pages. L'un des derniers, celui de janvier 2012 (n°3, Nouvelle revue...), porte sur Les pays émergents.
             Longtemps, les articles toujours issus aujourd'hui de la plume de nombreux intervenants internationaux, ont fait référence aux activités de l'Union Soviétique, mettant en relief les tensions internes à l'ancien Grand Empire Russe. Anti-communiste, franchement orientée à droite, nationaliste à la manière gaulliste, anti-américaine, en correspondance avec la personnalité de la fondatrice, ancienne figure du pompidolisme entre 1967 et 1974, la revue est souvent bien informée des conflits dans le monde et en informe avec des articles particulièrement clair.
      Même si nous ne partageons pas l'orientation générale de la revue, qui fait peu de place aux mouvements sociaux par exemple et n'a pas de sympathie particulière pour les luttes populaires, la lecture de cette revue reste très instructive.  Elle reste toujours dans une perspective nous dirions de nationalisme méthodologique, regrettant une mondialisation qui laisse peu de place à l'expression des nations. Elle est aujourd'hui concurrencée sur le plan de la qualité des informations par de nombreuses revues de géopolitique (Hérodote, Etudes géopolitiques, Carto...) ou de stratégie internationale, mais constitue peut-être encore la première revue lue par un grand public intéressé par ce qui se passe dans le monde.
  
    Expression des travaux et des études de l'Institut International de Géopolitique, elle était diffusée auparavant par les Presses Universitaires de France. Ce sont maintenant les Editions Technip qui la diffusent. Rappelons pour situer davantage la revue, que ces Editions ont été créées en 1956 par l'Institut Français du Pétrole pour faire connaître la recherche pétrolière française et qu'elles publient également la Revue de l'IFP. Le site Internet des PUF fournit toujours des indications sur les numéros publiés depuis 2000.
      L'Institut international de Géopolitique  comporte un nombre de membres fondateurs issus de tous les continents. On y retrouve entre autres les noms de Paul BALTA, du général Robert CLOSE, de Jean-Baptiste DUROSELLE, du général GALLOIS, de Samuel HUNTINGTON, de Georges MINK, de François de ROSE, de Simon SERFATY et d'Edward LUTTWARK.

     
         Géopolitique, Institut International de Géopolitique, 27, quai Anatole France, 75007 PARIS (rédaction). 
         Site Internet : www.editionstechnip.com
Actualisé le 15 Avril 2012

         
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 14:47
             Défense et Sécurité Internationale (DSI) est une revue très récente, lancée en février 2005, qui se présente comme le principal mensuel français spécialisé dans les questions de défense, de géostratégie et d'armements. Ce qui n'est pas usurpé, si l'on considère le contenu de ses numéros, la qualité de ses articles comme de sa présentation, son accessibilité à presque tout le public et à la précision de ses informations et de ses analyses. En effet, à qui veut avoir une information critique et indépendante en matière d'armements et de stratégies, sur les courses aux armements et les complexes militaro-industriels, nous conseillons de se le procurer. Même si elle est orientée beaucoup vers un public militaire, la revue convient tout-à fait pour le public qui veut s'informer régulièrement et en profondeur des évolutions des armements et des stratégies.
De plus, c'est une des rares revues francophones, du niveau de la presse spécialisée anglo-saxonne à vouloir aborder à la fois l'histoire, la théorie et l'actualité de la stratégie. Son lectorat évalué à 120 000 personnes pour un tirage de 50 000 exemplaires (chiffres non controlés) semble indiquer que la revue correspond à une forte attente.

           D'une centaine de pages par mois, et destiné à s'étoffer très prochainement, DSI se compose  de plusieurs parties, Veille, Sécurité ou Sur le vif, Stratégie, Forces Armées, Unités,Technologie et Armement qui fournissent l'actualité sous forme d'articles souvent courts, ce qui n'exclue pas de grands dossiers. Au début, En Veille figurent les nominations, l'agenda, les contrats d'armements conclu le mois passé, une chronique de fond et à la fin, sont signalés des ouvrages de fond sur les matières traitées. Dans le numéro de Novembre 2009 par exemple, figurent en pages Sur le vif un dossier sur les systèmes d'armements anti-missiles (la défense ABM), en pages Stratégie des articles sur le "Rattrapage technologique", en pages Forces Armées un dossier sur la Finlande, en pages Unités un dossier sur les Transmissions, en pages Technologie et Armement, un autre sur les Missiles Tactiques.
       Les articles proviennent souvent de contributions extérieures, amenés par une équipe de rédaction d'une dizaine de personnes au plus, autour d'Alexis BAUTSMANN, le fondateur de la revue, de Joseph HENROTIN et de Véronique SARTINI, et nous trouvons les signatures de spécialistes confirmés connus ou moins connus tels que Jacques SAPIR, Bruno TERTRAIS, Bruno COLSON, Hervé COUTEAU-BEGARIE, Guillaume LEROY, Hervé MORIN... sans oublier l'appel à des contributions de personnalités politiques. Autonome et libre d'esprit, la revue ne craint pas de faire appel, malgré une sensibilité des responsables plutôt à gauche (Alexis BAUTSMANN est chercheur associé au laboratoire "Espace et Culture" de l'Université de Paris-Sorbonne et au Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Paix et d'Etudes Stratégiques-CIRPES) à des contributions en provenance de la droite (Nicolas SARKOZY par exemple...)
    Plusieurs numéros spéciaux ont déjà été publié, dont le dernier d'octobre-novembre 2009, qui porte sur la Sécurité Intérieure.
    Enfin, il faut signaler que, contrairement à certaines revues spécialisées sur l'armement, passées ou actuelles, il n'y a pas de publicité émanant des sociétés d'armements dans les pages de la revue (il y a même très peu de publicité tout court).

         DSI est diffusé par le groupe Areion, premier éditeur de presse française dans le domaine des affaires internationales et stratégiques. La revue fait partie d'un ensemble de revues : Diplomatie depuis 2003, la plus connue sans doute du grand public, Enjeux Méditerranée depuis Avril 2006, Moyen-orient depuis Août 2009 et DSI-Technologies (DSI-T) depuis Mai 2006 (elle s'appelait auparavant Technologie et Armement), Carto, le monde des cartes (depuis Juillet-Août 2010), Histoire et Stratégie, bimestriel (depuis Juillet-Août 2010), Technology and Armament (depuis Juin-Juillet 2010) et Europa, Revue de géopolitique européenne (depuis Juin 2010)  qui donnent des informations et proposent des analyses de qualité. Elles constituent pour l'étudiant et le chercheur de véritables banques de données, tant le nombre d'informations peut paraître parfois pléthoriques (ce qui n'est absolument pas un mal au contraire, vu le contenu rachitique de certaines revues pour ne pas parler de certains journaux...).
  A noter que l'ensemble de ces revues est l'émanation d'un Centre d'Analyse et de Prévision des risques internationaux, (CAPRI) toujours sous la direction d'Alexis BAUTZMANN, qui mène parallèlement à son activité d'éditions des études pour le compte du Ministère de la Défense. Le parti pris de l'institut de recherche indépendant est de jouer la carte de l'institutionalisation, avec des collaborations avec des institutions comme la Banque Mondiale, la Chambre de Commerce ou des groupes industriels et bancaires avec des programmes inscrits d'emblée dans le cadre de la Délégation aux Affaires Stratégiques (DAS) ou de la Délégations Générale pour l'Armement (DGA), même avec les risques d'instrumentalisation ou de "contrôles d'information" que cela peut comporter.

       A noter qu'au numéro 54 de Décembre 2009, DSI change de formule, passe à 113 pages et s'étoffe de rubriques supplémentaires, surtout dans le domaine du développement des armements (la fin annoncée de la Révolution des Affaires Milliaires, entre autres). On lira aussi avec intérêt l'analyse faite sur la guerre en Afghanistan.
         Dans le n°80, avril 2012, DSI présente les propositions sur la défense de défense de 6 candidats à la présidence de la République française, avant ses rubriques habituelles (Armées, Technologies, Fiches techniques, Critiques de lectures). 
        

      Défense et Sécurité Internationale, édition du groupe Areion, Domaine de Valmousse, 13410 LAMBESC
      Sites : www.geostrategie.com ; www.dsi-presse.com
 
Actualisé le 12 Avril 2012


      
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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 15:53
        Une fois n'est pas coutume, nous plaçons dans cette rubrique "Revues", quatre sources d'informations, parmi les plus utilisées, en matière d'armements et de désarmements, qui ne diffusent pas que des revues, et qui couvrent dans leurs domaines d'interventions des aspects techniques, économiques, militaires et politiques.
        Ainsi successivement, nous présentons ici, l'Institut International d'Etudes Stratégiques, le Stockolm International Peace Research Institute, le Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et les Conflits et le Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits.
Nous avons déjà présentés par ailleurs l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques. D'autres ressources existent, comme l'Institut Français des Relations Internationales qui diffuse Ramsès, ou, toujours en se limitant aux aspects multiples de l'armement, le Verification Technology information Centre et le World Military Expenditures and Arms Transfers, diffusé par l'United State Arms Control and Disarmament Agency des Etats-Unis ou encore le Conventional Arms Transfers to Developing Nations (Congrès des Etats-Unis), sans compter différentes agences spécialisées de l'Organisation des Nations Unies.

        L'International Institute for Strategic Studies (IISS), institut de recherche (think tank) anglophone, fondé en 1958 à Londres, se décrit lui-même comme "l'autorité majeure en matière de conflits politico-militaires". En le suivant toujours, c'est "une source primaire d'information précise, objective sur des problèmes stratégiques internationaux pour les politiciens et diplomates, les analystes des affaires étrangères, les milieux d'affaires internationaux, les économistes, les militaires, les commentateurs de la défense, les journalistes, les universitaires et le public informé. L'Institut ne fait allégeance à aucun gouvernement, ni à des organisations politiques ou autres." De fait, depuis les années 1960, l'Institut organise des rencontres entre ses 2 500 membres individuels et 450 membres de personnes morales ou institutionnelles de plus de 100 pays, qui sont autant de rendez-vous obligés entre responsables de la défense et acteurs internationaux comme nationaux.
A la fois Société A Responsabilité Limitée et Organisme de charité selon le  droit anglais, l'Institut peut se targuer à la fois de diffuser des informations de première main et d'être indépendant des Etats et de leurs initiatives, si on n'omet pas de préciser que, à ce haut niveau d'expertise et de grand impact sur les décisions militaires, que l'organisation est bien entendu l'objet de l'attention de tous les services secrets des grandes puissances comme des moyennes....
              Ses publications, Survival, Military Balance, Adelphi Papers, Strategic Survey et Strategic Comments, aux mutliples collaborations, parfois d'hommes d'Etat en exercice, conseillers militaires et stratégiques en fonction, sont animées par une équipe internationale d'une vingtaine de chercheurs s'appuyant sur un large réseau de correspondants à travers le monde. Ils alimentent également une base de données, la Armed Conflict Database.
     The Military Balance est un document annuel qui répertorie de manière détaillée les capacités militaires et les budgets de la défense de 170 pays. Pour qui maîtrise bien l'anglais, c'est la première source d'information à étudier, même si elle ne couvre pas tous les aspects des armements.
     Survival : Global Politics and Strategy est un journal bimensuel "pour les analyses et les débats des affaires internationales et stratégiques."
     Strategic Dossier Series est une série de dossiers d'expertise technique qui présente des informations très détaillées, fort prisées par les différents experts mais qui peuvent rebuter même l'étudiant de plus assidu, surtout qu'il faut obligatoirement "suivre" ces dossiers, sous peine de "décrocher" rapidement.
    Strategic Comments est une source par Internet, publiée 10 fois par an, sur les aspects politico-militaires de la sécurité internationale.
    Strategic Survey, The annual review of world affairs constitue une source pointue pour l'interprétation des développements stratégiques.
     The Armed Conflict Database est une base de données régulièrement mise à jour, en ligne, sur les informations détaillées concernant 70 conflits dans le monde.
     The Adelphi series est une série de livres sur la sécurité internationale, avec un thème précis par numéro, la remilitarisation du Japon par exemple.
      The quartely newsletter est à destination des membres de l'IISS pour suivre l'ensemble des activités de l'Institut. A noter que sur son site, on y retrouve beaucoup de ces informations.
      Enfin les différentes conférences internationales organisées par l'IISS font l'objet de compte-rendus, particulièrement suivis par les responsables des revues qui traitent des questions de défense et de sécurité.
              L'institut possède également trois autres sièges, qui gèrent des instituts de manière autonome,  à Singapour (Asie), à Bharein (Moyen-orient) et à Washington (Etats-Unis).

         IISS, London Office, Arundel House, 13-15 Arundel Street, Temple Place, London WC2R 3DX. UNITED KINGDOM
         Site : www.IISS.org.


      Le Stockolm International Peace Research Institute (SIPRI), fondé en 1966 sur proposition du gouvernement suédois,  par le Parlement suédois, mêle également neutralité et volonté de faire se rencontrer responsables de défense, avec une volonté forte de contribuer à la résolution des conflits armés. Le think tank suédois n'a pas l'ambition d'influer comme l'IISS sur l'orientation des politiques publiques de son pays ou d'autres pays, mais de fournir une information et des analyses basées sur de solides connaissances à l'ensemble de la communauté internationale, pas seulement les cercles de responsables, mais aussi à l'ensemble des opinions publiques.
     Son personnel international de 50 à 60 personnes élabore de multiples dossiers, et notamment le SIPRI Yearbook annuel, sur les industries de défense, la production et le commerce des armements et depuis 1989 actualise le SIPRI arms industry database, en ligne sur Internet.
    Le SIPRI yearbook fourni de multiples informations sous forme de courtes analyses et de tableaux exhaustifs sur les événements durant l'année passée sur les armements et les différents processus de désarmements, les conflits armés et leur résolution. Il existe toujours un résumé en français de ce gros livre, téléchargeable sur Internet. C'est une base de référence indispensable pour beaucoup d'analystes.
Par exemple, dans le SIPRI Yearbook 2009, publié en collaboration avec l'IRIS, on peut trouver des chapitres sur des sujets tels que la sécurité et les conflits (Déplacements massifs de population causés par les conflits et violence ulinatérale, Tendance des conflits armés, violence unilatérale contre les civils, La légitimité des opérations de maintien de la paix, Sécurité et politique en Afghanistan : progrès, problèmes et perspectives), les dépenses militaires et l'armement  (Dépenses militaires, production d'armements, Transferts d'armes internationaux, Forces nucléaires mondiales) ainsi que sur la non-prolifération, le contrôle des armements et le désarmement (Contrôle des armements nucléaires et non-prolifération, Réduire les menaces à la sécurité des matériaux chimiques et biologiques, Contrôle des armements classiques, Contrôles des transferts internationaux liés à la sécurité).
     Le SIPRI policy papers est une série de rapports sur un sujet précis ou sur un autre, en lien avec les politiques de maîtrise des armements. Il complète d'autres publications plus régulières, tels que SIPRI insights on peace and security, des monographies sur des sujets examinés sur le long terme, les numéros de SIPRI Research Reports se centrant sur le contrôle des armements. C'est en tout quelques 300 publications qui sont aujourd'hui disponibles par ailleurs qui depuis 1969, traitent de beaucoup d'aspects sur les accords de désarmement.

       SIPRI, Signalistgatan 9, SE-169 70 SOLNA, SWEDEN.
       Site Internet : www.sipri.org.

     
     Le Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la sécurité (GRIP), fondé en 1979 à Bruxelles, se fait connaître surtout par ses analyses et dossiers d'information concernant la course aux armements, ses mécanismes, les intérêt en jeu. Dans ses options fondamentales figurent son caractère "pluraliste" et sa contribution au "respect des principes définis dans la Charte des Nations Unies. L'action du GRIP se situe donc en référence aux valeurs et concepts suivants : la recherche d'une sécurité globale et commune, la prévention des conflits, le règlement pacifique des conflits, la coopération entre Etats, une approche multilatérale de la sécurité internationale, la solidarité entre pays industrialisés et pays en voie de développement, le dialogue Nord-Sud, une concertation permanente avec la société civile, le respect des minorités, le respect des droits de l'homme et la démocratie, l'amélioration de la sécurité humaine.".
    Indépendant de toute organisation, fondant son activité sur une information rigoureuse et une diffusion adéquate de cette même information au service des acteurs en faveur des valeurs qu'il défend, le GRIP faisait partie des sources d'information très prisées par les organisations et les militants de paix en Europe dans les années 1980. Son équipe d'une vingtaine de personnes se centre actuellement sur l'économie de l'armement et les questions nucléaires. Elle participe à l'élaboration de plusieurs publications : des livres, co-édités avec les Editions Complexe qui abordent les questions internationales dans les domaines de la géostratégie et de la sécurité internationale (en moyenne 5 livres par an) ; les Rapports du GRIP, collection sans périodicité qui valorise les différents travaux de recherche ; les Nouvelles du GRIP, lettre d'informations trimestrielle de huit pages, qui sont des regards sur les grands dossiers du moment.
   Dans un de ses Rapports en 2009, Dépenses, production et transferts d'armes, Compendium 2009, signé Luc MANPAEY, on trouve détaillées Les sources et les méthodes dans l'établissement des données sur Les dépenses militaires, La production d'armement, Les transferts d'armements, Les Conventions monétaires, avant une analyse des dépenses militaires mondiales, par régions et par Etats les plus dépensiers en 2007, sur la production d'armes dans le monde (un Top 100, et des informations sur les fusions et acquisitions d'entreprises qui travaillent dans le secteur de l'armement), sur les transferts internationaux d'armements conventionnels (Tendances générales, Principaux pays exportateurs, Transferts vers les pays les plus pauvres), et sur la valeur financière du commerce mondial des armements. Sans oublier des annexes très utiles sous forme de tableaux.
   Un Centre de documentation existe parallèlement au GRIP, accessible au public sur rendez-vous.

     GRIP, 467, Chaussée du Louvain, B-1030 BRUXELLES, BELGIQUE.
     Site : www.grip.org

    Le Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les conflits (CDRPC), fondé en 1984 à Lyon, se présente comme "un des principaux centres d'expertise français indépendant qui effectue des recherches et diffuse de l'information sur les questions de défense et de sécurité". Son activité s'articule principalement sur trois thèmes : les forces nucléaires françaises, les transferts d'armement et l'industrie d'armement.
Très utilisées par les médias français - souvent sans le citer! - les ressources du CDRPC  sont notamment disponibles  par l'intermédiaire de ses publications et à travers l'activité de deux Observatoires : l'Observatoire des transferts d'armement, qui publie lui-même une Lettre d'information et propose chaque année un rapport sur les exportations d'armes françaises, et l'Observatoire des armes nucléaires françaises qui effectue un suivi d'informations sous forme de cahiers et sur Internet. Son équipe d'une dizaine de personnes anime la revue Damoclès, Revue d'échanges sur la paix et les conflits et publie des ouvrages sur des thèmes précis (Nucléaire militaire, prolifération des armes légères, coopération militaire). Elle participe à des campagnes contre les ventes d'armes et anime par ailleurs un centre de documentation dont les ouvrages et les dossiers sont consultables sur place (cdrcp@obsarm.org) et sur rendez-vous.

       CDRPC, 187, Montée de Choulans, 69005 LYON, FRANCE.
       Site : www.obsarm.org
(Actualisé le 11 Avril 2012)
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:23
     Les Cahiers d'études stratégiques font partie de ces revues à diffusion presque confidentielle, quoique publique, connue seulement, malheureusement d'ailleurs, eu égard à leurs qualités, des cercles universitaires. Fondés en 1981 par Alain JOXE, directeur d'études à l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) dans la foulée du Colloque de l'ARESPA (Association de REcherche sur la Stratégie et la PAix), le CIRPES (Centre Interdisciplinaire de Recherches sur la Paix et d'Etudes Stratégiques - le mot Centre est remplacé récemment par celui de Collectif) a également comme publication "Le débat stratégique".
    Depuis 1982,  ils diffusent des analyses sur les questions stratégiques et de défense. Animé par une équipe plutôt restreinte, le CIRPES diffuse des analyses sur les questions stratégiques et de défense, même si des collaborations extérieures sont souvent sollicitées pour la réalisation de numéros systématiquement centrés sur un thème précis.
L'équipe est actuellement de quatre personnes, après le décès de Jean-Paul HEBERT (industrie d'armement, fonctions de sécurité et relations transatlantiques, ainsi que construction politique de l'Europe): Alain JOXE, son fondateur spécialiste en sociologie de la stratégie, Thierry ALLEMAND,  Ben CRAMER et Elie KHEIR, la plupart animant ou ayant animé des séminaires à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Cette équipe est sujette à de fréquents changements.

      Le chercheur comme l'étudiant trouve dans ses numéros des informations, souvent de premières mains, sur les stratégies de défense (américaine, russe, européenne, française...), l'économie de la défense ou les processus de guerres et de paix., à la cadence de deux-trois numéros par an en moyenne (très variable suivant les années). Ainsi dans le numéro 40-41 (2006) de 300 pages environ, sur la Globalisation stratégique, se trouve regroupées des contributions théoriques constituant un tableau de fond des métamorphoses des derniers quinze années, Successivement par exemple ont fait l'objet d'un numéro la militarisation de l'humanitaire, privatisation du militaire (juin 2005), l'Armement et pays émergents : Brésil, Israel, Corée du Sud (2002), les Processus de paix et Etats de guerre : Colombie, Balkans, Moyen-orient (2000)... En parcourant les thèmes des Cahiers d'études stratégiques, nous y retrouvons les débats d'actualité qui traversent le monde et qui concernent de près et de loin la défense. A noter que les analyses ne se limitent presque jamais au niveau institutionnel ou inter-étatique mais introduisent une dimension socio-politique voire sociale fortes.
Chaque numéro forme pratiquement un ouvrage à part entière. Pour qui veut avoir des références solides, non limité à l'espace français ou européen, c'est là qu'il faut chercher... Il semble que le dernier numéro date de 2006.
   
          Le débat stratégique, est publié de manière beaucoup plus régulière (mensuelle en principe), que l'on peut retrouver intégralement sur son site Internet. Très près de l'actualité immédiate, elle fait souvent le lien entre les événements tels que le lecteur attentif les trouve relatés dans la presse et les évolutions à moyen ou long terme. Sur le site également, on peut trouver des articles suivant l'actualité également, sans qu'ils soient intégrés à une revue. Le dernier numéro (111) montre que l'équipe est toujours alerte et vivace. Elle a décidé de renoncer très récemment à la formule papier.
Le numéro de juillet 2008 porte entre autres sur  le Livre Blanc sur la Sécurité Nationale français que le gouvernement présente alors. un dernier numéro paru en 2012 (n°114- automne 2011) se présente comme le premier d'une nouvelle formule. "Il s'agit plutôt d'un blog. Tous les trois mois l'équipe du CIRPES ouvre une boîte dans laquelle viennent s'incruster une série de contributions qui peuvent avoir trois caractéristiques : soit il s'agit d'un article de fond sur un sujet de l'actualité stratégique. Soit il s'agit d'une brève mentionnant une affaire, un événement, une déclaration ou une action actuelle, illustrant concrètement un thème permanent ou une problématique permanente de la Crise stratégique contemporaine. Soit il s'agit d'un document passé pouvant entrer dans le débat historique théorique ou doctrinaire." Ce numéro du blog est clos début janvier 2012.

       Cahier d'études stratégiques, CIRPES, 54, boulevard Raspail, Courriel cirpes@ehess.fr.
     On peut consulter également avec profit le livre, compte-rendu du Colloque de l'ARESPA, ARESPA/Alain Joxe, Demain la guerre?, Les Editions Ouvrières, 1981. 
     Site : www.cirpes.net
Actualisé le 10 Avril 2012.
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