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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 14:12

    Au premier numéro sorti en 1999, cette très jeune revue, en papier et en ligne, résolument à gauche, se caractÉrise par une combativité certaine et une volonté de rompre avec l'actualité immédiate.

    Comme le journal s'affiche d'emblée : "C'est qu'on aime bien la castagne : on passe même notre temps au tribunal (contre un patron du CAC 40, un journaliste aux ordres, un politicien imbus). Tous gag,és, pour l'instant, les procès. On les remporte, parce qu'on n'aime pas trop les éditos, ni les chroniques. Nos dossiers s'appuient sur des reportages, des recherches dans les archives. Ce prend du temps, de l'énergie, mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour vos beaux yeux? (Et vos euros...). On n'aime pas trop "l'actualité", non plus. C'est le "bruit des vagues en surface" répète notre rédac'chef. "Nous, ce qui noue intéresse, il poursuit (un peu grandiloquent), c'est la réalité : le mouvement des plaques tectoniques en profondeur". On a donc consacré des dossiers à l'intérim, à la psychiatrie, aux contrats emploi solidarité, à un accident du travail, à une salle de muscu dans un quartier popu. Ou même à "la métaphysique du tuning". C'est qu'on aime bien, enfin, cette variété, cette surprise. Que le lecteur ne sache pas trop sur quoi il va tomber au prochain numéro, ou même à la page d'après. Comme un cadeau surprise. Qu'on évite le côté "militant chiant", avec la litanie des violences policières, des sans-papiers maltraités, avec toujours les mêmes photos de défilé, de gens alignés à la tribune. Et tant pis si les purs et durs se plaignent de nos impostures, ou de nos papiers culs. Bon, tous ces "On aime/On n'aime pas", ça fait pas une ligne bien droite. Plutôt tordue. Tant mieux ou tant pis."

    Comptant sur les bonnes volontés, des laïcards anars et des chrétiens sociaux lancent ce journal et le maintiennent depuis, au rythme de 5 numéros par an, avec peu de finances (subventions annulées au dernier moment) et beaucoup de temps consacré à la distribution, ne cessent de fustiger à longueur de pages "ce monde ultra-libéral fabriqué par des soixante-huitards"....

    Avec à sa tête comme directeur de publication Fabian LEMAIRE, l'équipe dynamique (on trouve souvent la signature de François RUFFIN) porte le journal, avec des thèmes déclinés non sans humour : le numéro 91 de décembre 2019-janvier 2020 en témoigne : Changeons d'imaginaire ! où s'égrène les rubriques de dossiers et d'enquêtes. Ce numéro est consacré à une réflexion sur l'invasion publicitaire, d'autant plus d'actualité que l'installation sur des bâtiments parisiens de panneaux glorifiant des produits de luxe devient une habitude place de la Concorde... et se remarque particulièrement depuis l'Assemblée nationale.

Des dossiers séparés sont également diffusés (Vive la banqueroute, Pauvres actionnaires!, Contre les gourous de la croissance, présentés dans une "boutique" Fakir Shop). Le combat écolologique, la sortie de la macronmonarchie, la question des retraites, la guerre des pauvres entre eux... sont quelques-uns des thèmes abordés souvent par la revue.

 

Association Fakir, 4 rue blanquetaque, 8000 AMIENS. Site internet : fakirpresse.info.

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10 janvier 2020 5 10 /01 /janvier /2020 15:43

   Mouvements, revue politique et culturelle française fondée en 1998 par Gilbert WASSERMAN, se réclame de gauche, et même à gauche de la gauche (dans la mesure où cette dernière existe encore...), composée de chercheurs, de journalistes et de militants, et se veut un espace de discussion entre "les idées et les luttes".

   Elle prend le relais de la revue M, fondée elle en 1986, par Henri LEFEBVRE et Gilbert WASSERMAN. Cette dernière, sous-titrée "mensuel, marxisme, mouvement", rassemble alors principalement des communistes rénovateurs. Rapidement, la revue s'ouvre aux autres gauches radicales ainsi qu'aux courants féministes et écologistes. Des intellectuel(le)s comme Yves SINTOMER, Georges LABICA, André TOSEL, Marc SAINT-UPÉRY rejoignent à ce moment le comité de rédaction.

    En 1998, la maison d'éditions La Découverte en devient propriétaire et veut y jouer son rôle de passeur entre plusieurs courants de gauche. Le comité de rédaction s'étoffe alors beaucoup, jusqu'à compter plus de 45 personnes. On y relève un temps (car cela change...) les noms de Renaud EPSTEIN, Seloua Luste BOULBINA, Philippe MARLIÈRE, Gustave MASSIAH et de Patrick SIMON... Tous travaillent de manière indépendante et sont rattachés à des rédactions spécifiques de natures diverses. La rédaction en chef est assurée par Catherine ACHIN, Jean-Paul GAUDILLIÈRE et Olivier ROUEFF.

 

   Dans la revue sont publiés des articles sur l'altermondialisme, les arts, les déchats, la domination, l'écologie, le féminisme, les gauches, les inégalités, l'international, le langage, l'intersectionnalité, la justice, le langage... Ainsi les numéros sont axés sur un thème, la Classe (n°100, décembre 2019), les Révoltes sexuelles (n°99, octobre 2019), Réinventer la lutte contre la finance (n°97, mars 2019), la Prison (n°89, novembre 2016), le Travail contre nature? Syndicats et environnement (n°80, novembre 2014).

   La revue se définit elle-même comme composée de "chercheur.e.es, journalistes et militant.e.s (qui s'essayent) ensemble, à décrire le monde social et (veulent) contribuer au débat d'idées. C'est le pari lancé par la revue Mouvements : se constituer en espace d'information critique, d'enquêtes sociales, de travaux théoriques et d'interpellation politique afin d'intensifier les échanges entre travaux de recherche, espaces de résistance et de proposition politique. Ni journal en ligne, ni liste de diffusion partisane, ni blog collectif, mouvements info est un espace réactif de réflexion politique et théorique. Dans le contexte d'une crise sans précédent de la presse généraliste et des revues de sciences humaines, Mouvements entend conjuguer le sérieux et la rigueur à un souci de réactivité aux grands débats et faits du moment, et montrer que les sciences humaines peuvent contester ou utilement éclairer les prises de position politique. (...)

La vocation première de mouvements.info est d'agir en passeur de savoirs et de connaissances, mais aussi en facilitateur de débats et d'élaboration d'idées, en offrant un accompagnement attentif de ses lecteur.rice.s (nous avons un peu horreur de cette écriture dite discursive dans ce blog, car cela complique la frappe des textes, pour un gain "idéologique" mineur! mais bon...) : pour chaque texte mis en ligne, des notes complémentaires expliquent pourquoi nous le publions; l'inscrivent dans le contexte de sa parution, reviennent sur le parcours de son auteur et proposent des liens vers des sites référents. (...) Parallèlement à l'activité du site, Mouvements continue de publier chaque trimestre une version "papier" de la revue, organisée autour d'un dossier thématique qui prend le temps et la place d'analyser en détails et dans la durée quelques unes des questions majeures du débat contemporain. (...) Mouvements.info reste fidèle à la mission d'origine (...) : devenir un espace contre hégémonique pour une gauche exigeante et critique."

 

 

Revue Mouvements, Éditions La Découverte, 9 bis, rue Abel-Hovelacque, 75013 PARIS. Site Internet : mouvements.info

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 15:09

   Rappelons tout d'abord que la politique comparée est un domaine d'étude de la science politique et plus largement des sciences sociales. Elle tente de répondre à des questions politiques en appliquant une méthodologie rigoureuse. La politique comparée emprunte une démarche typologique qui cherche à classifier et théoriser les différents phénomènes politiques. Selon le politologue Giovanni SARTORI, "Classifier, c'est ordonner un univers donné en classes qui sont mutuellement exclusives et collectivement exhaustives. Les classifications permettent donc d'établir ce qui est le même et ce qui ne l'est pas." (Revue internationale de politique comparée, volume 1, n°1, 1994). Rappelons également que les pères fondateurs tels TOCQUEVILLE, MARX, WEBER ou DURKHEIM sont les premiers comparatistes à utiliser l'approche historique, qui n'est pas seulement narration mais surtout analyse critique.

    La Revue internationale de politique comparée répond à un double besoin à la fois théorique et pratique, selon ses fondateurs. "Développer l'analyse comparée, c'est faire progresser la scientificité de la science politique. Comparer permet d'expliquer les effets spécifiques des structures et des processus politiques indépendamment de leurs conditions d'environnement. La vie politique ne cesse par ailleurs de s'internationaliser. La politique comparée aide à mieux discerner ce qui relève des comportements généraux et des singularités. Elle offre de ce fait aux décideurs des bases plus sûres pour développer leurs politiques."

Première revue de politique comparée dans le monde francophone, elle permet à ses spécialistes d'atteindre une audience dans la communauté scientifique internationale tout en publiant dans leur langue. Elle souhaite visualiser l'effort qui se fait dans ce domaine - notamment dans les pays francophones -, et contribuer par là la marche cumulative de la science.

     La Revue bénéficie du soutien de l'Institut de Sciences Politique Louvain-Europe (UCL), des Instituts d'Études d'Aix en Provence, de Bordeaux et de Lille, du Programme de recherche sur la Gouvernance européenne (Université du Luxembourg) et de l'Université catholique de Lille. Elle est publiée avec le concours du CNRS français et du Fonds national de la recherche scientifique de la Communauté française de Belgique.

    Éditée par De Boeck Spérieur, la Revue est dotée d'un comité de rédaction dirigé par Virginie VAN INGELGOM et Karine VERSTRAETEN.

     Sa parution ne suit pas une périodicité régulière, bien que se voulant trimestrielle, et la revue alterne les numéros à thème et les Varia.

   Ainsi le numéro 2018/1-2 (volume 25), porte sur Liban, Syrie, Circulations et réactivations des réseaux militants en guerre, où plusieurs articles portent sur les conséquences de la guerre syrienne sur le Liban.

   Le numéro 2015/4 (volume 22) portait sur Après-guerre : mémoire versus réconciliation, avec un Avant-propos de Valérie ROSOUX, et des contributions de Philippe PERCHOC, Sarah GENSBURGER et d'Yves SCHEMEIL. On pouvait lire dans l'Avant-propos : "Après la guerre, les urgences se bousculent. reconstruire, gouverner, juger, se projeter à nouveau. Entre ces priorités difficiles à départager, une question s'immisce : comment passer de l'événement au récit quand il s'agit de dire l'horreur, l'abject, l'inavouable? Comment favoriser l'émergence d'un récit commun qui fasse une place à toutes les parties en dépit des conflits qui les ont déchirés? Telles sont les questions qui balisent un pan des recherches consacrées à l'après-guerre. Le terrain est en grande partie défriché. Il est traversé par une question fondamentale : peut-on "réparer l'histoire"? L'interrogation est à la fois politique et morale. Elle se décline sur tous les tons : comment "rectifier", "compenser", "restituer" après le crime? Comment prendre au sérieux l'injustice passée? Ce questionnement prend l'allure d'un défi qui s'apparente plus à un horizon d'attentes qu'à un plan stratégique - le premier demeurant dans le paysage, tandis que le second est en principe susceptible d'être atteint.

Pour faire face à ce défi, praticiens et chercheurs se positionnent souvent de manière normative. L'ambition de ce numéro spécial est différente. Plutôt que de suggérer un modèle qui relèverait d'une forme de prêt-à-penser post-conflit, il s'agit d'aborder la question de manière pragmatique. Les contributions rassemblées se concentrent sur le poids et les usages politiques du passé. C'est à partir d'une démarche comparative que chacune d'elle s'interroge sur les conditions de transformation des relations au lendemain de violences de masse. Il ne s'agit pas de dénoncer et de prescrire les bons/mauvais usages du passé, mais d'observer les positions de chaque partie en présence, pour mieux comprendre leurs interactions. C'est dans cette perspective que les contributions tentent d'éclairer l'une des tensions qui caractérisent tout contexte post-conflit, à savoir la tension mémoire et/ou réconciliation. Chacune d'entre elles proposent un format et un ancrage disciplinaires spécifiques, qu'il s'agisse de la sociologie politique de l'action publique, des relations internationales ou encore de la philosophie politique.

Les études de cas choisis renvoient à la fois à des situations de guerres civiles (Rwanda, Afrique du Sud, Liban) et de conflits internationaux (Seconde Guerre mondiale). certaines réflexions montrent d'ailleurs les limites d'une telle distinction. Chaque contribution décortique les dispositifs mis en place pour façonner les mises en récit publiques du passé. Loin de se concentrer sur l'aspect strictement historique des cas évoqués, le dossier s'interroge sur ce qui est publiquement "dicible" et donc négociable au lendemain de crimes de masse. ce faisant, il s'inscrit à maints égards dans le prolongement du dossier que la Revue internationale de politique comparée consacra à l'utilisation politique des massacres.(...)".

 

Revue internationale de politique comparée, Place Montesquieu, 1/7, Bte L2.08.07, B- 1348 Louvain-la-Neuve. www.uclouvain.be

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 11:24

      Fondée il y a dix ans, la revue Émulations, maintenant trimestrielle, veut "encourager l'émulation au sein de la recherche, identité annoncée dès l'introduction du premier numéro.". Le comité de rédaction, tout en faisant évaluer la formule de la revue, réaffirme en février 2018 cette ligne éditoriale :

""Combat", tel était le terme utilisé dans l'éditorial du premier numéro. Le choix de ce terme permettait de souligner le caractère engagé de la politique éditorial et scientifique. Si la revue a évolué après plusieurs années de pratique, la notion demeure au coeur de son identité. Ce combat, nous voudrions le qualifier d'"engagement scientifique" et y accoler l'idée d'ouverture, afin de préciser la teneur des objectifs et l'implication souhaitée par la revue. L'horizon international est l'un des signes forts de cette ouverture : il s'observe aussi bien au niveau de la constitution des comités de rédaction et de lecture, des objets et des terrains de recherche, des faits sociaux dont rendent compte les articles publiés, que de la provenance des contributeurs et des coordinateurs (...). Émulations se veut une revue francophone ouverte sur les autres langues et active dans différents espaces géographiques et académiques. Sa politique éditoriale se décline par ailleurs auteur de deux principales caractéristiques : l'accessibilité (flux continu et libre accès) et le supportive peer review (rédaction assistée par conseils et critiques). (...) Il y a dix ans, Émulations débutait comme revue étudiante avant de se muer rapidement en revue de "jeunes chercheurs" (...) Promouvoir un regard original sur des phénomènes sociaux, oeuvrer pour un dialogue entre diverses générations de recherches et de chercheurs (cheuses), penser la pluridisciplinarité dans l'unité des sciences sociales et défendre une implication des (ceux et celles-ci) dans la société, tels sont les quatre éléments qui caractérisent désormais la politique scientifique d'Émulations. (...) (La revue) a pour vocation première de publier des recherches qui offrent un regard novateur et ambitieux sur les mondes et phénomènes sociaux passés et contemporains. Cette démarche s'illustre par la place accordée à la publication de recherches sur des thématiques sous-représentées dans le champ scientifique, ainsi qu'aux articles et numéros qui ont pour ambition d'aborder autrement des thèmes déjà investis par les sciences sociales. (...)".

   Parmi les thèmes abordés, on peut relever, en revenant en arrière, Les acteurs religieux africains à l'ère du numérique (2017, n°24), Sexualité et religion (2017, n°23), Enjeux environnementaux transversaux (2016, n°20), L'amour en sciences sociales (2016, n°16), Résistance(s) et Vieillissement(s) (2014, n°13), Anthropologie historique des violences de masse (2013, n°12), Belgique : Sortir de crise(s) (2012, n°10), Art, participation et démocratie (2011, n°9). 

   Diffusée par les Presses Universitaires du Louvain et financée en partie par l'aide financière du Fonds de la Recherche Scientifique-FNRS (Belgique), Émulations organise également un Séminaire "Les Aspects Concrets de la Thèse" à l'EHESS-Paris. 

   L'équipe, animée par les rédacteurs en chef Lionel FRANCOU et Quentin VERREYCKEN, compte une petite dizaine de membres d'un Comité de rédaction et est supportée par un Comité scientifique aux membres français, belge, anglais, et américains. De plus, un comité de lecture spécifique est formé par des équipes entre autres en Allemagne, en Belgique, au Canada, en Espagne, en France et au Maroc. 

Émulations, c/o Grégoire LITS, Université catholique de Louvain, CriDIS, Place des Doyens, 1 bte L2.01.06, 1348 Louvain-la-Neuve, Belgique. www.revue-emulations.net. 

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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 11:43

   Alors que les concepts simmeliens sont devenus monnaie courante dans la sociologie contemporaine (distance sociale, rôle, groupes de référence, interaction...) et malgré la renaissance des études de l'oeuvre de Georg SIMMEL, le sociologue et philosophe allemand reste relativement méconnu.

On se concentre généralement sur la micro-sociologie et on oublie la philosophie qui anime sa pensée. En insistant sur l'unité de sa pensée, on rejoint les grands interprètes contemporains (ADLER, ARON, FRIECHEISEN-KÖHLER, KRACAEUR, MAMELET) comme les nôtres (BEVERS, BECHER, DAL LAGO, FREUND, HABERMAS, LEVINE, OAKES, WEINGARTNER) qui refusent le découpage de son oeuvre selon les périodes ou les disciplines et s'efforcent de présenter une interprétation globale de SIMMEL, même si parfois, on a l'impression à la lecture de ses oeuvres d'une certaine dispersion, due dans une certaine mesure à son style mais souvent volontaire, comme pour couvrir tout le champ de la recherche en sociologie. Dans les différentes revues et même au sein du Centre Simmel de l'EHESS, on retrouve ces deux tendances de micro-sociologie et de globalité philosophico-sociologique. En France plus qu'en Allemagne, domine encore, mais sans doute pour peu de temps, un découpage artificiel de son oeuvre, propice à des interprétations partielles et/oupartiales, notamment chez les "individualistes méthodologiques" et autres anti-marxistes (alors que souvent SIMMEL part de lectures de MARX...) qui insistent de façon unilatérales sur des aspects méthodologiques de la pensée de SIMMEL tout en retranchant sa critique du temps présent, ou, pire encore, dans la récupération irrationaliste de SIMMEL par des soit-disant "sociologues de la vie quotidienne".... Pour restituer toute la richesse de sa pensée, un certain nombre d'auteurs, isolément ou au sein du Centre Simmel en France, même s'ils l'abordent par le biais  d'un thème (l'étranger, par exemple), permettent la de comprendre mieux et de l'utiliser en cohérence.

   S'il n'existe en France pas de revue "simienne" à proprement parler, le Centre Georg Simmel, au sein de l'Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales, sous la direction de Rainer Maria KIESOW, de Florence DELTEIL et de Julie LALLEMENT, publie un certain nombre de travaux qui constituent des pépites de réflexions sociologiques. 

Issu du Centre de recherches interdisciplinaires sur l'Allemagne (CRIA) fondée en 2001, le Centre Georg Simmel est une unité de recherche EHESS-CNRS. Ses chercheurs explorent à partir de différentes disciplines - histoire, sociologie, anthropologie, droit, philosophie, études littéraires et germaniques, musicologie - un ensemble de questions et de problématiques qui, en référence à Simmel, prennent à bras le corps le défi de penser un monde en transformation, à travers ses manifestations les plus caractéristiques. Cette exigence amène à positionner les recherches franco-allemandes dans une approche européenne et transnationales plus large, mais aussi à les nourrir des débats méthodologiques et théoriques propres aux différentes disciplines en présence. 

Ainsi les axes de recherches sont de quatre sortes, organisés de façon interdisciplinaire : Actes de la création, Travail, capacités et parcours biographiques, Espaces de normativité, Théories et pratiques de la connaissance historique. Parmi les publications en 2017, on peut citer celle  sous la direction de Laure SCHNAPPER - Du salon au front, Fernand Halpen (1872-1917), compositeur, mécène et chef de musique militaire (Hermann), celle sous la direction de Jean-Louis GEORGET, Gaëlle HALLAIR et Bernhard TSCHOFEN, Saisir le terrain ou l'invention des sciences empiriques en France et en Allemagne (Presses Universitaires du Septentrion) ou encore celle sous la direction de Denis THOUARD et Benedicte ZIMMERMANN, Simmel, le parti-pris du tiers (CNRS-Éditions). 

   Si l'on veut avoir une vue d'ensemble de cette renaissance des études autour de son oeuvre, on peut lire également des auteurs comme FRISBY et FEATHERSTONE au Royaume-Uni, comme LEVINE, JAWORSKI, WEINSTEIN aux Etats-Unis, BOUDON (même si son approche peut apparaitre partiale, notamment dans son Traité critique de sociologie...), DEROCHE-GURCEL, MAFFESOLI, WATIER et LÉGER en France, ACCARINO, CAVALLI, DAL LAGO en Italie et RAMMSTEDT, DAHME, LICHTBLAU et KÖHNKE en Allemagne. On peut en outre trouver une bonne sélection d'articles sur Simmel dans la Simmel Newsletter, publiée par l'Université de Bielefeld. La Georg Simmel Homepage met une multitude de textes primaires et secondaires de ou sur Simmel sur le site www.socio.ch/sim/index_sim.htm. 

 

 

Centre Georg Simmel - EHESS - 54 boulevard Raspail, 75006 PARIS.

Frédéric VENDENBERGHE, la sociologie de Georg Simmel, La Découverte, Repères, 2001.

 

     

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 08:28

     Si la revue apparait comme relativement technocrate et un brin élitiste, elle se permet, parce qu'elle n'est pas une revue s'émanation gouvernementale des saillies (assez nombreuses d'ailleurs,et de plus en plus...) de bon aloi et surtout elle insiste sur le fait que les activités humaines, parce qu'elles ont un impact sur la planète toute entière, nécessitent une prospective et une certaine planification. Notamment parce que les impacts sur l'environnement sont de plus en plus irréversibles. A une période de libéralisme très peu tempéré, cette revue est bien entendu bienvenue. Elle forme un think tank relativement écouté. 

Elle a la particularité aussi d'accueillir dans ses colonnes des contributions de personnalités très différentes de tous les continents.

 

Futuristes est un néologisme créé par Bertrand de JOUVENEL, mot-valise formé de la rencontre de futurs et de possibles. Ce terme aurait déjà été utilisé par un jésuite du XVIe siècle, Luis MOLINA. 

 

   Créée en 1960 par Bertrand de JOUVENEL sous la forme d'un "comité international" elle rassemble une vingtaine d'intellectuels de différents pays (Etats-unis, France, Royaume-Uni, Japon, Inde...) de diverses disciplines (sciences politiques, économie, sociologie, sciences et techniques...).  Son financement était assuré par la Fondation Ford. De 1960 à 1965, le "Comité international Futuristes" publie une cinquantaine d'essais de prospective (dans les "Bulletins de la SEDEIS") et organise cinq grandes conférences internationales (Genève, Paris, Genève, New Hapenet, Paris).

En 1967, est créée l'Association Internationale Futuristes (association sans but lucratif) sous la présidence initiale de Bertrand de JOUVENEL, puis très rapidement de Pierre MASSÉ (ancien Commissaire au Plan, France). Cette association, bénéficiant alors d'importantes subventions des pouvoirs publics français, s'installe dans un hôtel particulier où se trouvent la plupart des centres se réclamant de la prospective ; en particulier le Centre d'études prospectives créé par Gaston BERGER (qui rapidement fusionne avec Futuribles), le Collège des techniques avancées, la Société d'études et de documentation économiques, industrielles et sociales (SEDEIS, alors éditrice de la revue Analyse et Prévision), puis la Revue 2000 alors éditée par la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR, France).

L'Association internationale Futribles joue alors deux fonctions principales : d'une part, elle gère un important centre de documentation et une bibliothèque des travaux sur le futur ; d'autre part, elle joue un rôle de centre international de rencontres pour tous ceux, intellectuels et décideurs, qui s'intéressent à l'avenir à long terme.

Pierre PIGANIOL, ancien directeur de la Délégation à la recherche scientifique et technique (DGRST) prend la présidence de l'association en 1970 et, peu de temps après, est créé au sein de l'association le "Laboratoire de prospective appliquée" dirigée par André-Clément DECOUFLÉ, délégué général de l'association, qui entreprend la réalisation d'études prospectives sur contrat. L'association organise à Paris une conférence international au cours de laquelle est créée la World Future Studies Federation (1973).

Mais les subventions s'étant entretemps taries, signe que le vent tourne par rapport à la planification d'une manière général (le libéral Giscard d'ESTAING est élu président l'année suivante), l'association rencontre d'importantes difficultés financières la contraignant à une restructuration drastique de ses activités. Le "Laboratoire de prospective appliquée" disparait alors. Hugues de JOUVENEL est élus délégué général avec pour mission d'assainir la situation. L'association quitte l'hôtel particulier et est abritéeà la "Maison des sciences de l'homme" dirigé alors par Fernand BRAUDEL. L'association s'efforce de poursuivre ses objets en recherchant des contrats publics ou privés.

L'association renommée "Futuristes international" se réinstalle en 1975 de manière indépendante. Est élu à la présidence Philippe de SEYNES, ancien secrétaire général adjoint de l'UNESCO. Hugues de JOUVENEL, toujours délégué général, crée alors la revue Futuristes en lieu et place de deux revues défuntes, Analyse et Prévisions et Prospectives qu'éditaient les Presses Universitaires de France. Certains confondent encore aujourd'hui cette revue avec le centre qui l'a créé bien plus tard... 

Les années 1980-1990 sont marquées par un développement important des activités de l'association, bien plus connue du public universitaire : création d'une base de données sur les centres de prospectives et d'une base de données bibliographiques, organisation de plusieurs colonies européens de prospective, production d'un grand nombre d'études prospectives sur contrat, création en 1987 d'une société de presse (SARL Futuristes) qui prend en charge l'édition de la revue. Qui s'installe alors au 55 rue de Varenne à Paris, où se trouvent regroupés plusieurs organismes s'intéressant à la prospective, notamment la Revue 2000, initialement lancés par la DATAR et dirigée par Serge ANTOINE. Le siège français de l'Institut pour une politique européenne de l'environnement est alors présidé par Brice LALONDE.

Au début des années 1990 est créé en appui à l'association un club composé de plusieurs grandes entreprises publiques (EDF, France Télécom, SNCF, La Poste, GDF...). A la tête de l'association est élu le professeur au Conservatoire des Arts et Métiers (CNAM), Jacques LESOURNE, ancien directeur du programme interfuturs de l'OCDE et ancien directeur du journal Le Monde.

Depuis, Futuristes développe fortement ses activités de veille et d'analyse prospective (Vigie et Bibliographie prospective), ses activités de formation et de conseil au profit de démarches de prospective appliquée aussi bien dans les territoires que dans les organisations, ses activités de presse, à la fois papier et numérique. Il est installé depuis 2006, au 47, rue de Babylone à Paris.

La revue mensuelle francophone Futuribles tire en 2009, 5 000 exemplaires.

Le numéro de janvier-février 2018 (n°422) accueille les contributions de Hugues de JOUVENEL (Des paroles aux actes), Gilbert CETTE et Ombeline JULLIEN DE POMMEROL (Dromadaire ou chameau? A propos de la troisième révolution industrielle), de Martin RICHER (Comment travaillerons-nous demain? Cinq tendance lourdes d'évolution du travail), de Charles du GRANRUT (L'essor des inégalités aux Etats-Unis), de Patrick VIVERET (Trois clefs pour réinventer la politique), de Thierry GAUDIN (Vers une prospective des monnaies), de Pierre)Frédéric TÉNIERE-BUCHOT (Quel monde en 2050?), de Victor NDIAYE, Ruben B. DJOGBENOU (L'émergence des économies africaines), de Jean-François DREVET (Catalogne, Kurdistan, Écosse, quel droit à l'indépendance?, dans la tribune européenne). Suivies des deux rubriques Actualités prospectives n°422 et Bibliographie n°422. 

Le site de Futuristes aborde également d'autres thèmes.

Hugues de JOUVENEL, Historique de Futuristes, mars 2012. www.futuribles.com

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 13:10

     Publiés par l'Institut d'études lévinassiennes fondé lui-même en 2000 à Jérusalem, les Cahiers, revue annuelle dirigée par Gilles HANUS et Carole BRENNER, se consacre aux commentaires (très étendus) de l'oeuvre d'Emmanuel LEVINAS. Elle constitue un des organes de diffusion d'idées autour de cette oeuvre, à côté de séminaires, de grands débats et de grands entretiens. L'ensemble des contributions peut difficilement être situé de manière partisane sur l'échiquier politique français, même si on remarque le poids d'Alain FINKIELKRAUT, plutôt à droite et défenseur inconditionnel de l'Etat d'Israël et de Bernard-Henri LÉVY, plutôt à gauche (mais cela est souvent contesté...) et militant interventionniste sur des conflits en Europe ou ailleurs au nom de valeurs qui devraient être portées bien plus fortement par l'Occident. D'ailleurs, ils assument tous deux la direction de l'Institut, (auparavant sous Benny LÉVY jusqu'à sa mort en 2003), présidé par Shmuel WYGODA. De par leur parcours comme de leur formation intellectuelle, les membres de l'Institut, avec son antenne sur Paris (laquelle est prédominante) présidée par le professeur José-Alain SAHEL, participent beaucoup aux différents débats qui agitent la communauté juive, tout faisant une place de manière plus générale dans les débats de société qui agitent le monde. C'est tout-à-fait d'ailleurs à l'image de l'oeuvre d'Emmanuel LEVINAS, partagée en contributions propres à la communauté juive et en contributions au débat philosophique général. 

   Mais la revue ne se contente pas de poursuivre l'oeuvre d'Emmanuel LEVINAS : Alain FINKIELKRAUT écrit dans la Conférence inaugurale des Cahiers (n°1, 2002) que "la ligne de fracture passe aujourd'hui entre ceux, de plus en plus rares, qui continuent à faire le pari formulé en ces termes par Levinas : "Ce qu'on écrit dans les âmes est d'abord écrit dans les livres", et ceux, toujours plus nombreux, qui ferment les livres pour philosopher à neuf, ou qui pensent que la science a réponse à tout, ou qui enfin, confortablement installés dans le relativisme, comme d'autres jadis dans le dogme, sacrifient la recherche de la vérité à la reconnaissance des identités et la grande énigme humaine au règne de l'équivalence. Contre l'extase technique ou multiculturelle, il s'agit dans l'Institut Emmanuel Levinas, de contribuer par un dialogue exigeant et sans concession à la vie de l'esprit".

Bernard HENRY-LÉVY, dans la même Conférence inaugurale, écrit : "De l'un, Alain Finkielkraut, me séparent Péguy, les petites nations, l'idéologie française ou non, son romantisme, mon goût de l'esprit moderne et de la technique. De l'autre, Benny LÉVY, me distinguent, encore que de façon infiniment moins décisive, le passé militant, le présent et le futur sionistes, le rapport à Israël et à l'exil, la question Spinoza, la foi (...). Qu'entre l'un, l'autre et le troisième s'instaure, à dater d'aujourd'hui, non pas un "dialogue", ou un "débat", mais un espace de pensée menée en commun, voilà qui ressemble à un petit miracle philosophique. Que ce miracle soit, non seulement possible, mais à l'oeuvre, d'ores et déjà à l'oeuvre à dater, donc, de cet instant, nous le devons à la présence, en chacun de nous, du nom, du visage, des textes de Levinas."

   Edités aux Editions Verdier, dirigés par Gilles HANUS et Carine BRENNER, les Cahiers sont surtout disponibles en ligne et dans les librairies du Quartier Latin à Paris. Ils portent sur un thème central : le numéro 2 aborde le monothéisme, le n°4 le messianisme, le n°5 les rapports Devinas-Sartre, le n°7 le mal, le n°9 s'interroge sur ce qu'est philosopher aujourd'hui et le n°13 porte sur L'Etat de César.

Les responsables de la revue introduisaient de la manière suivante le numéro consacré à la nation (n°11) : "Entre métaphysique, histoire et politique, le terme de "nation" évoque un principe de cohésion, de vie commune et, simultanément, de séparation. Par-delà les individus et leurs différences, les nations renvoient en effet à l'existence commune et supposent une unité des hommes. Mais la pluralité des nations semble indiquer l'existence de divers modes d'être ensemble et, peut-être, l'irréductibilité de ces modes d'être. Selon Lésinas, les nations, outre leur réalité historique, peuvent être considérées comme des métaphores, "des concepts, peut-être même des catégories", c'est-à-dire des modes d'existence collective qui structurent l'histoire davantage qu'ils n'en découlent. C'est pourquoi la nation, par-delà son lieu de naissance - Hegel aimait à répéter que nation vient de nasse, naître -, se définirait par une langue et/ou par une sagesse. Peut-être n'est-il pas inopportun d'interroger le rapport entre la nation comme catégorie et les nations historiques.

Qu'est-ce; donc, que le mode d'existence collective propre aux nations? Comment celles-ci sont-elles nées? La question vise certes l'histoire, mais aussi la façon dont une nation prend conscience d'elle-même et se transforme, le cas échéant, en vision du monde. Qu'en-est-il alors des multiples visions du monde qu'incarnent ou illustrent les nations?. Existe-t-il au coeur de cette multiplicité une principe d'unité, ou les nations, dans leur pluralité, sont-elles un obstacle à l'universalité? Faut-il dépasser l'existence nationale vers un inter-nationalisme ou bien tenir que celle-là est irréductible? Telles sont les questions que nous avons cherchées à développer dans cette livraison."

 

Cahiers d'études lévinassiennes, Institut d'études lévinassiennes, www.levinas.fr

 

 

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 06:02

  La revue trimestrielle (plus ou moins) Tribune des athées, organe de l'Union des Athées, peu connue et peu lue, sur papier ou électronique selon les numéros, affirme calmement que les "croyants ne croient pas en dieu, mais à ceux qui leur en parlent", s'appuyant en cela sur "les derniers développements de la théologie moderne. Ceci indique bien que l'Union des athées veut réunir ceux qui refusent toute croyance et considèrent les "Dieux" comme des "mythes".

Notre volonté de couvrir tout le champ des revues qui discutent de la religion, qui justifie cet article, passe avant la constatation que l'athéisme en tant telle ne rencontre guère d'écho en France, sauf sous forme d'arrière-fond à un agnoticisme bien plus répandu, et ceci de manière générale comme dans les milieux universitaires.

  L'Union des athée, fondée en 1970 par Albert BEAUGHON et Auguste CLOSSE, "regroupe tous ceux qui considèrent qu'une croyance, une "Vérité", est un frein, un obstacle, une porte fermée au progrès de l'esprit humain, et qu'une réflexion cohérente ne peut se fonder que sur des hypothèses qui ne sont jamais des "Vérités", et doivent toujours pouvoir être remises en question. L'athéisme est une attitude intellectuelle unissant un rationalisme large et ouvert à une liberté de pensée sans limites imposées". 

Dirigée par Johannès ROBYN, cette revue entend réaliser une véritable réflexion sur les diverses religions, suivant leur actualité. Chaque numéro comporte une vingtaine de pages.

  Dans la Tribune des athées, au n°144, de 2014/1, consacré à l'Islam, Michel THYS propose, dans un article touffu et très référencié, des éléments de débats sur "une manière différente de promouvoir l'athéisme?". Il se pose la question de savoir pourquoi "au niveau mondial la majorité des humains persiste à croire en un dieu qui n'a pourtant jamais donné le moindre signe concret et indéniable de son existence réelle (...)". Il tente de comprendre alors que, comme l'Observatoire des religions et de la laïcité de l'université Libre de Brurxelles le confirme dans son rapport de 2012, dans la  plupart des pays intellectualisés, la religiosité est en chute libre, elle persiste et même se développe en terre d'Islam. Plusieurs contributions alimentent ce débat avant d'aborder plusieurs sujets de manière plus courte (par exemple un hommage à Jean MESLIER (1664-1729).

 

Tribune des athées, Maison des associations, 15 passage Ramey BP 64, 75018 Paris.

  

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 16:19

   Organe de l'Union Rationaliste fondée en 1930, mise sur pied sous l'impulsion notamment de Paul LANGEVIN (1872-1946), philosophe des sciences et pédagogue, "pour faire connaitre dans le grand public l'esprit et les méthodes de la science", la revue, conjointement avec Raison présente, se donne pour but "de promouvoir le rôle de la raison dans le débat intellectuel comme dans le débat public, face à toutes les dérives irrationnelles. Elle lutte pour que l'Etat reste laïque, assume sa fonction de protection des jeunes contre toute forme d'endoctrinement, et garantisse à l'école publique son prestique et son entière indépendance à l'égard des idéologies." 

    Editée par les Nouvelles éditions rationalistes, la revue bimestrielle a pour rédacteur en chef depuis 2012 Alain BILLECOQ, spécialiste de l'oeuvre de SPINOZA (voir Les combats de Spinoza, Ellipses, 1997). Dans son comité de rédacteur, on note les noms de Philippe DAIGREMONT, Jean-Pierre KAHANE et Gerhardt STENGER. Il est soutenu comme dans beaucoup de revues aujourd'hui par un comité de lecture.

   Dans son numéro 640 de janvier-février 2016, les Cahiers Rationalistes abordent "le nécessaire débat d'idées, la France en quête de raison et d'humanisme : propositions pour une éthique des Lumières renouvelée, Débats "lumière/matière" à travers la peinture du 17e et 19e siècle en Europe occidentale, ainsi que la Journée du droit des femmes dans sa rubrique régulière Radio. Des émissions ont lieu régulièrement à France culture (et sur Radio libertaire), animée par l'Union Rationaliste. 

  La revue est la seule revue de réflexions en France sur les questions religieuses qui adoptent une posture rationaliste, et plus largement un agnostisme combattant. Ses deux axes sont La science, la société et la culture ; et la laïcité, la liberté d'expression et la morale. Pour la revue, "la défense de la laïcité est étroitement liée à celle de la liberté d'expression, au respect des conditions qui permettent aux hommes et aux femmes de maitriser leur destin. Nous ne pouvons accepter que le rôle de l'enseignement public laïque soit subverti par de multiples agressions. Nous refusons la supérématie d'une morale révélée sur une morale laïque, produit de l'histoire dans nos sociétés. Nous dénonçons les tentatives d'instrumentalisation de la laïcité à des fins partisanes et xénophobes."

   La revue a une revue soeur, Raison présente. trimestrielle, fondée par Victor LEDUC et dirigée actuellement par Guy BRUIT, Gabriel GOHAU et Christian RUBY.

 

 

 

 

Cahiers rationalistes, Union rationaliste, 14, rue de l'Ecole Polytechnique, 75005 Paris. www.union-rationaliste.org.

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 12:52

     Les publications qui traitent du religieux ne sont pas toutes l'émanation plus ou moins lointaine de préoccupations religieuses. Très tôt, les intellectuels agnostiques, athées et/ou matérialistes ont exprimé leur opinion sur tous les aspects des religions, et l'ont fait notamment dans des feuilles paraissant régulièrement, dans des bulletins ou dans des revues depuis notamment en Occident au XVIIIe siècle, d'abord de façon anonyme, ésotérique et/ou clandestine, puis de façon de plus en plus ouverte, même si elles ont été (et parfois le sont encore) censurées, poursuivies, détruites par toutes sortes d'autorités civiles, religieuses et même... militaires (on songe là à certains pays d'Amérique Latine...).

     Le cas de la France est particulier en ce que l'établissement officiel de la laïcité peut faire penser que le combat des rationalistes, agnostiques, athées... est victorieux et que par conséquent il n'est plus utile d'avoir des revues de réflexion sur les religions qui adoptent ces points de vue. D'autant que nombre de revues scientifiques se chargent d'étudier les multiples aspects de toutes les religions. Mais subsiste, de manière très minoritaire, un certain nombre de revues qui continuent de combattre les croyances religieuses et surtout leurs incursions dans les débats politiques, moraux et scientifiques. Aucune des revues universitaires actuelles n'adopte le point de vue anti-religieux. 

Faisant de la spiritualité religieuse le centre de leurs articles, en dehors d'options idéologiques précises, les revues des mouvances antireligieuses n'attirent que peu de signatures même si leur parution régulière témoigne d'une vitalité persistante. Des publications qui se déclarent ouvertement a-religieuses ou contre-religieuses, par ailleurs, notamment dans la mouvance communiste ou dans la mouvance anarchiste, ne se penchent pas seulement sur les phénomènes religieux, mais abordent toutes sortes d'autres sujets, comme La Pensée libre, à ne pas confondre avec l'émanation des libre-penseurs, La Raison par exemple.

 

  Prenons précisément cette revue, La Raison, revue de La Libre pensée, qui milite pour la laïcité. Apparue en 1890, alors hebdomadaire, avec pour directeur Victor CHARBONNEL, La Raison est directement à l'origine en 1902 de l'Association nationale des libre-penseurs de France, qui agit parallèlement à la fédération française de la Libre Pensée dont la revue est issue. La Libre pensée repose sur quatre principes : anticléricalisme, antidogmatisme, antimilitarisme et refus de toute oppression économique. La commission exécutive, au plus fort de l'activité de l'Association comme de La Raison, comprend des dreyfusards, comme Alphonse AULARD, des radicaux, comme Ferdinand BUISSON, des socialistes, comme Jean ALLEMANE, Aristide BRIAND, Marcel SEMBLAT et des anarchistes comme Sébastien FAURE. 

   La postérité de La Raison est plutôt intermittente, au gré des scissions et divisions au sein de la "famille" des Libre-penseurs : de 1933 à 1936, elle est l'organe de la Fédération anarchiste de Normandie ; en 1943 à Toulouse un réseau anarchiste dans le Midi de la France parait le journal La Raison, "organe de la Fédération Internationale Syndicaliste Révolutionnaire" ; de 1946 à 1955, la Fédération nationale des libres penseurs de France et l'Union français de la Libre pensée publient La Raison militante, toujours éditée aujourd'hui par l'Association des Libres penseurs de France (ADLPF) ; et en 1956, André LORULOT et Jean COTEREAU fondent La Raison, "organe d'action laïque et de propagande rationaliste", toujours édité par la Fédération nationale de la libre pensée.

    Cette dernière revue est disponible par infographie sur internet (issuu.com). Les militants de la FNLP sont toujours actifs sur des actions ponctuelles, par exemple contre l'utilisation d'argent public pour les crèches de Noël. Conformément à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905, la Fédération a engagé des actions dans ce sens contre les crèches de Noël dans les établissements publics. En 2014, des actions en justice ont entrainé le retrait de crèches de Noël au nom du principe de laïcité, mais n'ont pas abouti partout.

 

La Raison, La Libre pensée, 10-12, rue des Fossés Saint-Jacques, 75005 PARIS.

     

 

 

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