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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 08:51
          Les fondateurs de cette jeune revue semestrielle de sociologie et d'anthropologie née en 1996 ont choisi le nom de Mana en référence à ce mot découvert par Robert-Henry CODRINGTON (1830-1922) un peu avant 1890 en Mélanésie. Selon leur propre présentation, "le mot mana désignait la puissance et la chance de toute action réussie, humaine ou cosmique, magique ou religieuse. Il fut bientôt emprunté par l'ethnologie européenne et les sciences de religion qui pensèrent lui trouver des équivalents ailleurs", à Madagascar par exemple. L'école sociologique française utilisa beaucoup ce terme flou, au contours mal définis. Précisément, "le mana se dérobe donc en même temps qu'il insiste dans sa polysémie, à l'interface du sens et de l'affect, des formes et des forces, du conscient et de l'inconscient, du mécanique et du magique, de même qu'il se joue à percer les frontières des savoirs, défiant également l'anthropologie, l'ethnologie, la linguistique, la psychanalyse et la sociologie, là où la revue mana entend se tenir pour poursuivre l'enquête."
       Membres du Centre d'étude et de recherche sur les risques et les vulnérabilités (CERReV), à l'Université de Caen, Stéphane CORBIN et Claude RAVELET (Maîtres de Conférence en sociologie) emmènent un Comité de rédaction d'une vingtaine de personnes, qui assurent, en relation avec de nombreux collaborateurs extérieurs présents en France ou  à l'extérieur, tour à tour la direction de chaque numéro de la revue centré entièrement sur un thème. Le premier numéro portait sur Religion et Politique, s'interrogeant surtout sur l'évolution de l'Islam. Des thèmes tels que l'Approche sociologique de l'intime, Prisons : entre l'oubli et réforme, Drogues : nouveaux regards, nouveaux défis, la Communauté (thème du numéro 16 paru en 2009, dirigé par Sylvain PASQUIER) témoignent de la diversité des préoccupations des acteurs de la revue.
    Ses analyses, sur près de 250 pages par numéro sont souvent très pointues et se trouvent en phase avec l'actualité du petit monde des sociologues. Aujourd'hui, la communauté, souvent décriée, la société ayant plus la faveur des analyses de façon générale, connaît un regain de curiosité, qui n'est pas sans relation avec la crise sociétale que nous vivons bien entendu, mais aussi avec une sorte de nouvelle faveur pour un certain modèle anglo-saxon très présent au Etats-Unis. Mais loin de cette référence, les auteurs du numéro préfèrent s'interroger sur le sens de la communauté, sur le concept et sur son usage, sur son mythe également, sur les "frontières de la sociabilité", en braquant, comme ils le font d'habitude les projecteurs sur des aspects souvent méconnus (Essor et déclin des Shakers, Communautés d'Emmaus), avec des incursions et des rapprochements inattendus (Le terreiro et le tempe, Religions "sacrificielles" et religions "éthiques" dans le brésil contemporain).

      Mana fait partie des nombreuses revues sociologiques qui témoignent aujourd'hui de la vivacité de la réflexion sociologique. Elle exige une attention soutenue à la lecture et s'avère, pour une recherche avancée, très utile. Bien évidemment, de nombreux conflits sociétaux y sont traités de manière souvent critique, mais sans parti-pris. Le CRReV traite beaucoup du risque, ses axes de recherche se partageant entre Analyse du politique (crise des institutions et du lien social), Risques technoscientifiques pour l'environnement et la santé, Santé et intervention sociale (sociétés, territoires et politiques publiques), Socio-anthropologie du symbolique, et publie par ailleurs la revue Bastidiana (sur les travaux de Roger BASTIDE. Elle est publiée depuis le numéro 14-15 par les Editions l'Harmattan.
   
    A noter le dernier numéro 17/18 (2010), de 302 pages,  qui porte sur l'Extension du domaine du Management, sous la direction de Fabrice LIEGARD, et de Guillaume MARGUERIE. "Par sa connexion avec le néolibéralisme, le management se convertit en une forme, insuffisamment identifiée, de gouvernementalité globale. Quels éclairages peuvent nous apporter les sciences humaines sur les conséquences de cette extension du discours managérial pour chacun d'entre nous, que nous soyons étudiant, salarié, militant associatif ou patient? Pourquoi le discours du néomanagement s'est-il imposé aussi facilement? Quelles conséquences pour la démocratie?"

    Mana, revue de sociologie et d'anthropologie, Rédaction CERReV : MRSH - Bureau SH 110, Esplanade de la Paix, Université de Caen, 14032 CAEN CEDEX,
    Abonnement : Editions L'Harmattan, 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 PARIS.
    Internet : www.unicaen.fr
Actualisé le 8 Avril 2012
 

     
       
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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 16:00
    Difficile parfois de trouver une revue sur les religions à la fois de portée générale, exempte d'un parti-pris...religieux, et suffisamment spécialisée sur des perspectives de recherche et ne s'adressant pas seulement à des spécialistes... Pourtant le nombre de périodiques consacrés aux religions, à la religion ou à une religion en particulier est assez élevé...
   C'est pourquoi nous proposons ici cette Revue de l'histoire des religions, surtout pour ses aspects généraux de recherche, à défaut de s'adresser à un large public, même très au fait du fait religieux.
     Fondée en 1880, cette publication trimestrielle, établie au Collège de France, se veut "ouverte à la plus large collaboration, française et étrangère. Son champ couvre toutes les formes du donné religieux, discours et vécu, des origines à nos jours, sous toutes les latitudes." Revue de recherche donc surtout, elle "ne publie que des textes originaux, scientifiquement fondés."
    Dirigée actuellement par Charles AMIEL, spécialiste du monde ibérique (Inquisition, marranisme), son Comité de rédaction se compose de quelques universitaires comme Hélène BERNIER, Frédéric GABRIEL, Jean-Michel ROESSLI ou François TREMOLIERES. Elle a des correspondants un peu partout dans le monde, tant en Angleterre qu'au Canada ou au Japon. Son comité de patronage et son Conseil scientifique comprennent également. Elle est publiée depuis 2005 par les Editions Armand Colin.
   Dans chaque numéro, en partie bilingue, parfois centré sur un thème, La culture gallicane pour le troisième numéro de 2009, par exemple, on trouve des contributions sur des thèmes spécifiques tels que sur le Gallicanisme et la Réforme, La papauté, l'histoire et la mémoire gallicane au XVIème siècle, La Gallia christiana (1656) des frères de Sainte-Marthe : une entreprise gallicane?... Dans chaque numéro également, on peut glaner de nombreux comptes-rendus d'études, de colloques ou de livres sur les religions. Pour s'y retrouver et faire une recherche précise, les internautes ont heureusement un outil précieux à leur disposition : les sommaires des fascicules parus depuis 1980, avec les résumés des articles correspondants se trouvent sur le site revues.org.
    Le numéro 1 de 2012 porte sur Judaïsme/Christianisme : syncrétismes, antinomies, dissonances. Nous pouvons y lire des contributions de Jörg RÛPKE, Moisés ORFALI, François DELPECH et Joël SEBBAN. D'abondants comptes-rendus d'ouvrages donnent une bonne vue d'ensemble du moment sur les ouvrages importants sur les religions, très près de la recherche.

     Revue de l'histoire des religions, Correspondance au Collège de France, 11 Place Marcelin Berthelot, 75231 PARIS CEDEX 05,
     Site http://rhr.revues.org. Abonnements à Armand Colin,
     Services Abonnements, 5, rue Laromiguière, 75240 PARIS CEDEX 05.
Actualisé le 8 Avril 2012

       
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 10:35
          Illusio, jeune revue au numéro 1 datant de juin 2004, à la périodicité encore incertaine, intervient dans le domaine de la critique du sport, sous toutes ses formes. Dans sa présentation, les rédacteurs écrivent : "L'illusio n'est pas seulement une duperie, c'est dialectiquement, l'irréalité dans la réalité, le méconnu, le délaissé, le non vu, mais dans sa négativité déterminée elle est l'irréel advenu. C'est cette conscience de la forme dialectique des événements, des phénomènes et faits sociaux, de la réalité travaillée par l'idéologie que la revue Illusio veut faire partager." "Convaincue que le travail scientifique sur la corporéité, dans le domaine des sciences sociales, est avant tout une praxis qui suppose l'intervention d'une subjectivité critique, d'une analyse transversale et pluridisciplinaire, Illusio se donne comme axe praxéologique l'analyse systématique et systémique des déterminismes institutionnels qui régissent les rapports des individus à leur propre corps et au corps des autres, à leur être-là au monde. Analyse nécessairement multidimensionnelle, multiréférentielle, transdisciplinaire, complexe, tant les idéologies, les systèmes de référence philosophiques, anthropologiques, sociologiques, historiques, économiques, politiques, s'enchevêtrent dans la sociogenèse des institutions, dans les multiples facettes du concept, entre polysémie, équivoque et problématique."
     On l'aura compris, il ne s'agit pas d'une revue apologétique sur les événements sportifs ou les people sportifs. Destinée surtout à un public de sociologues ou d'étudiants en sociologie, et surtout pas sans doute aux multiples fans des différents sports, même si cela n'exclue pas qu'on puisse avoir une pratique sportive tout en ayant un esprit critique acéré sur les idéologies et les pratiques qui gravitent autour du sport. Les quatre numéros déjà sortis traitent des Jeux Olympiques, de la Compétition sportive, des idéologies contemporaines, de la Libido, Sexes, genres et dominations dans le sport. Un appel à contribution existe sur Internet pour chaque numéro. 

     Dirigée par Patrick VASSORT, maître de conférences en sociologie, son comité de rédaction d'une petite dizaine de personnes, se compose surtout d'étudiants ou de diplômes en sociologie, dont on sent bien qu'ils s'essaient à travers la revue à renouveler la critique sociale du sport. Epaulée par un Comité scientifique dans lequel on trouve les noms de Pierre ANSART, Edgar MORIN, Patrick TORT, Ignacio RAMONET..., la revue suit posément son chemin, ses collaborateurs rédigeant par ailleurs de nombreuses études autour du sport et du capitalisme, publiées aux éditions L'Harmattan ou La dispute. Elle a lancé un appel en 2008 pour le boycott des Jeux Olympiques de Pékin.

     Dans le petit univers des publications non apologétique autour du sport, Illusio prend en quelque sorte le relais d'une revue aujourd'hui disparue, Quel corps? Créée en 1975 et auto-dissoute en 1997, cette revue rassembla pendant vingt ans les contributions de nombreux sociologues, dans une approche combinée de l'Ecole de Francfort et du freudo-marxisme. Avec notamment son rédacteur en chef, Jean-Marie BROHM, s'élaborait une Théorie critique du sport, qui suscitait déjà l'opprobre de tous les milieux sportifs "convenables".
    Le dernier numéro de la revue remonte à 2010, sur Mafia et comportements mafieux. Portant le numéro 6/7, cet ouvrage analyse les relations entre le marché libéral et les trafics, comportements illicites, paradis fiscaux, sociétés off-shore, corruptions qui semblent s'institutionnaliser. "Plutôt que de restreindre cette réflexion à une description des réseaux ou des groupes mafieux, nous avons choisi de questionner les fondements du système mafieux, ses liens avec la tradition et sa faculté d'adaptation aux évolutions sociétales, son enracinement capitaliste, sa porosité en tant qu'il constitue finalement un véritable caméléon." Divisé en trois parties, Sociétés criminelles, Arrangements mafieux et L'honorable famille sportive, ce livre copieux rassemble presque une vingtaine de contributions.

      Illusio, Rédaction et abonnements : Patrick VASSORT, UFR STAPS de Caen,  2, boulevard du Maréchal Juin, 14032 CAEN CEDEX.
      Site internet http://revueillusio.free.fr.
  On consultera avec profit le livre Quel corps? Critique de la modernité sportive, (textes rassemblés par Frédéric BAILLETTE et Jean-Marie BROHM), Les éditions de la passion, 1995.
Actualisé le 7 avril 2012

    
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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 16:58
     Parmi les nombreuses revues qui traitent de psychanalyse, la Revue française de psychanalyse est une des plus anciennes, fondée à Paris en 1927, sous le patronage direct de Sigmund FREUD. Dans sa propre présentation, on peut lire : "Parce que les psychanalystes ont étendu le champ d'application de la psychanalyse à de déconcertantes désorganisations de la personnalité qu'il leur faut comprendre et traiter, des ensembles conceptuels originaux se sont développés, des perspectives inédites de la recherche se font jour : La Revue française de Psychanalyse les publie et les confronte aux données freudiennes classiques et aux apports des auteurs post freudiens ainsi qu'aux avancées contemporaines des autres sciences humaines, de la psychiatrie et des neurosciences."
   
     Autant le dire tout de suite, cette revue n'est pas une revue de vulgarisation et il faut posséder la plupart du temps un sérieux bagage intellectuel du côté de la psychanalyse pour aborder les articles qu'elle présente. A contrario, pour tout étudiant qui s'accroche et qui veut appréhender de nombreuses facettes des conflits psychiques, elle est une des meilleure en circulation dans le monde francophone.
Mais bien entendu, si ce mot a un sens ici, elle n'est pas neutre. Émanation de la Société Psychanalytique de Paris, elle a participé et participe encore aux tensions qui existent dans le milieu de la psychanalyse, théoriciens et praticiens confondus. Toutefois, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis les querelles très dures entre lacaniens, freudiens, kleiniens...et le climat s'est plutôt apaisé aujourd'hui.

    La Revue française de psychanalyse se veut lieu de débats entre divers mouvements, avec un comité de rédaction fourni, secondé par un comité scientifique international, sous la direction de Denys RIBAS, de Chantal LECHARTIER-ATLAN et de Jacques MIEDZYRZECKI.
Elle propose depuis 1992, de façon trimestrielle, un numéro de 320 pages environ, auquel s'ajoute un cinquième numéro spécial consacré aux travaux du Congrès annuel des psychanalystes de langue française. Ces numéros, thématique, proposent par exemple des analyses sur "Frères et soeurs" (2008), la "Neutralité bienveillante" (sous-entendu dans la cure) (2007), "Le contre-transfert" (2006) ou "Les pulsions au milieu de la vie" (2005). A noter également le numéro 73 de 2009 portant sur "L'identification à l'agresseur" et le numéro (2009/2) sur l'Inhibition. Dans ce dernier, on peut trouver les signatures entre autres de Martin JOUBERT, d'Isabelle KAMIENIAK et de Danielle KASWIN-BONNEFOND, ces dernières faisant l'introduction habituelle (toujours claire) du thème du numéro. Souvent les articles sont regroupés en Perspectives théoriques et en Approches cliniques. Dans chaque numéro, des rubriques hors thèmes abordent d'autres aspects de la psychanalyse et les critiques de livres sont nombreuses, sans compter une revue des revues. Les auteurs n'hésitent pas, comme celui de Roger PERRON dans ce  numéro de 2009, à mettre en cause l'utilité même de la psychanalyse (Considérations sur une méta-analyse).
      Plus récemment, est traité (2011/4) la question des "Pratiques psychanalytiques et société", dans un numéro de 288 pages au total. N'oublions pas pour notre thème de prédilection (le conflit!), celui de 2009/4 sur le thème Détruire/Se détruire, avec des contributions sur les Pulsions de mort et destructivité : développements théoriques (Thierry BOKANOWSKI, Denys RIBAS, René ROUSSILLON) sur d'Autres perspectives (Michel WIEVIORKA, Graziella NICOLAÏDIS), sur La destruction à l'oeuvre (Philippe VALON, Evelyne TYSEBAERT), sur Cliniques de la destructivité et sur les Enjeux de vie et de mort de l'amour, impact traumatique du narcissisme destructeur.

    Tous les numéros de la Revue française de psychanalyse sont disponibles sur le portail CAIRN et les lecteurs peuvent avoir accès aux recherches de la Bibliothèque Sigmund Freud.

     Revue française de psychanalyse, 187, rue Saint Jacques, 75005 PARIS.
    Abonnements sur le site des Presses Universitaires de France : www.puf.com.
(Actualisé le 4 Avril 2012)


    
  

    

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 12:41
         Actuel Marx, revue internationale consacrée au marxisme, constitue une véritable ouverture sur toutes les études actuelles concernant les aspects d'abord philosophiques, mais aussi économiques, de droit, historiques, et tout domaine des sciences sociales. Avec l'ambition de renouveler les études sur les oeuvres marxistes et partant de renouveler, refonder le marxisme lui-même, le directeur Emmanuel RENAULT, un comité de rédaction d'une vingtaine de personnes, presque tous universitaires, proposent deux (gros) numéros par an.

         Fondée en 1987, donc relativement jeune, dans la foulée de la disparition des régimes se réclamant du marxisme à l'Est, la revue résiste bien à l'ambiance intellectuelle dominante libérale. Tout ce que la France connaît de chercheurs sur le marxisme, eux-mêmes marxistes, gravite autour d'Actuel Marx, qui n'est pas seulement une revue internationale, mais un réseau comprenant également une tribune de discussion, l'organisation de Congrès Marx International (une dizaine à ce jour), et l'animation d'un site Internet extrêmement fourni.
Dans sa propre présentation, on peut lire : "Son activité s'appuie sur le fait qu'après la disparition des formes de société et d'organisation se réclamant du marxisme, il se développe, hors de toute orthodoxie, notamment dans les grands pays développés, une importance production intellectuelle qui renouvelle les traditions marxistes et les confronte et les associe, de façons diverses, aux autres composantes majeures de la culture contemporaine." La revue existe donc en diverses langues, française, anglaise, espagnole, et ses articles sont disponibles en ligne sur Internet. De 224 pages par numéro, Actuel Marx depuis son numéro 1 (L'état du marxisme) a déjà abordé de nombreux sujets (la perestroïka, une révolution? ; L'écologie, ce matérialisme historique ;  Nouveaux modèles de socialisme ;  Marx, Wittgenstein, Arendt, Habermas ; La violence de la marchandisation, Altermondialisme et anticapitalisme). Dans le numéro 40 sur "Fin de néolibéralisme", de 2006, on peut trouver les signatures de Samir AMIN, David HARVEY, Tony ANDREANI, Etienne BALIBAR....
       Octobre 2011, la revue fête son 25ème anniversaire, avec un numéro (n°50, 2011/2) centré sur la question : Pourquoi Marx et un numéro spécial Avec Marx, introduit par Jacques BIDET. Dans le numéro 50, nous pouvons lire au début une présentation qui fait le point sur la place du marxisme dans le paysage intellectuel français. "Les temps sont au retour de Marx. Un retour de Marx à double ressort semble-t-il. Le premier relève du retour de balancier. Dans les années 1980 et 1990, différents facteurs politiques conduisent à la disqualification politique et théorique de toute référence à Marx. Il en allait également de toutes les positions, de tous les thèmes et concepts pouvant être associés à son nom. Le développement de l'altermondialisme à partir du milieu des années 1990 et la nécessité de relancer la critique sociale face aux conséquences du néolibéralisme, suscitèrent un mouvement inverse. Les dynamiques néolibérales de polarisation sociale et les processus de délocalisation dans les zones préalablement soumises aux politiques d'ajustement structurel conduisirent de nouveau à thématiser les inégalités sociales en termes d'exploitation et de rapport de classe, et les relations internationales en termes d'échange inégal et d'impérialisme. Plus spécifiquement, l'altermondialisme suscita une discussion sur la nature  du néolibéralisme comme phase du capitalisme, et sur le rapport entre lutte contre le néolibéralisme et lutte contre le capitalisme. Un second ressort relève plutôt du choc : la crise aiguë du néolibéralisme à partir de 2008 et sa simultanéité frappante avec une succession de crises alimentaires et environnementales provoquèrent le sentiment que les choses ne pourraient pas durer ainsi très longtemps. En même temps que la gravité de ces crises portait un coup significatif à l'idéologie néolibérale, elle relançaot la thématique de l'anarchie du mode de production capitaliste et les débats sur ses alternatives. (...)". 

       Même pour qui n'est pas marxiste et n'aspire pas à le devenir, pour l'étudiant curieux de connaître les dernières réflexions des marxistes dans le monde, Actuel Marx se révèle une véritable porte sur de nombreuses réflexions. On trouve dans une rubrique Ressources/Activités/Archives sur internet une multitude de pistes de réflexions ouvrant sur des informations pas faciles de retrouver ailleurs.
        Depuis 2002, les responsables de revues espagnoles, italiennes, anglaises, françaises se sont réunis pour se constituer en réseau européen de publications marxistes critiques. Dans un projet K (comme klasse, kapital, kampf, kommunismus...), ils font circuler documents, recherches et controverses. ils participent de concert au Forum Social Européen en 2004.

    Actuel Marx, Revue internationale, Presses universitaires de France (avec le concours de l'Université Paris X et du CNRS), Rédaction : 200, rue des Pyrénées, 75020 PARIS, Abonnement possible en ligne depuis le site du Cairn (www.cairn.info/revue-actuel-marx.htm).
   Site : http://actuelmarx.u-paris10.fr
(Actualisé le 3 Avril 2012)
  
  

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 16:03
            Editée depuis 1990, la revue Agone propose au rythme de quatre numéros en 2 ans en moyenne, des  dossiers d'analyses politiques, sociologiques, d'histoire sociale, de philosophie et de littérature engagée, à un public tout aussi engagé à gauche.
          Chaque numéro de 250 pages environ s'articule  autour d'un dossier de fond, avec notamment, se présente-t-elle, des traductions et une volonté de s'adresser à un large public. Ainsi le numéro du 1 septembre 1999, 22ème de la revue, propose une quinzaine de contributions autour du thème "Etat, démocratie et marché" avec des signatures de François-Xavier VERSCHAVE, Daniel BENSAID ou de Loic WACQUANT. Volontiers éclectique, les numéros d'AGONE révèlent des textes originaux (beaucoup de traduction) d'horizons qui dépassent régulièrement les frontières de la France et de l'Europe. Il en est ainsi autant lorsqu'elle aborde la question de l'Art, de la raison et de la subversion (n°20),  de la Domestication des masses (n°34, 2005) ou de La lutte des sexes et de la lutte des classes (n°28, 2003)... où des signatures connues comme celle de Noam CHOMSKY voisinent avec d'autres qui mériteraient de l'être...
 L'espacement entre les numéros, de la part d'une équipe qui se veut régie par des principes de fonctionnemment autogestionnaire, est tout-à-fait volontaire dans un désir d'offrir des contributions qui aillent au fond des choses, qui ne soient pas simplement liées à l'actualité médiatique et qui proposent de véritables pistes de réflexions dans la réforme ou la révolution sociale. Les articles de la revue sont disponibles en ligne (www.revues.org).
    Un des derniers numéros d'Agone (n°47, janvier 2012) porte sur le complet, les théories de conspiration, sujet bien paranoïaque. Après un éditorial de Miguel CHUECA, des articles sur "Une superstition moderne : la fausseté en soi des théories de conspiration" (Charles PIGDEN), "A l'époque de l'irrationalité. Les conspirationnistes du 11 septembre et le déclin de la gauche américaine" (Alexander COCKBURN), "L'assassinat de JFK : la phobie de la conspiration à gauche" (Michael PARENTI), "Les attentats du 11 mars 2004 à Madrid et les "théories de la conspiration" (Miguel CHUECA), "Le Tea Party : un mouvement protestataire financé par des milliardaires (Pierre GUERLAIN), "Usages médiatiques d'une critique "savante" de la "théorie du complot (Henri MALER et Patrick CHAMPAGNE), nous indiquent qu'il vaut mieux raison garder dans tous les cas. Ces théories du complot semblent bien faire partie d'un imaginaire collectif, comme en témoigne leur succès éditorial (voir par exemple le délirant livre Théories conspirationnistes, de Jamie KING, Original Books, 2011).

         C'est le même principe qui prévaut pour les Editions Agone, fondée en 1998 dans la foulée de la revue, où l'équipe "refuse un emballement productiviste qui pousse les éditeurs, pour imposer leurs marques, à publier davantage d'ouvrages de moins en moins maitrisés et dont la durée de vue est toujours plus courte...".
      

         AGONE, BP 70072 - 13192 MARSEILLE CEDEX 20 (rédaction et abonnements).
        Site internet : www.atheles.org (portail d'éditeurs et producteurs indépendants)
(Actualisé le 1 Avril 2012)
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 15:08
       Revue bien connue des constitutionnalistes - qui y écrivent souvent - moins bien connue du grand public, Pouvoirs, revue trimestrielle qui existe depuis 1977, décline chacun de ses numéros sur un thème unique vu sous l'angle politique et institutionnel. Elle traite aussi bien du Droit et de l'environnement, de l'armée française, de la Démocratie médique que du rugby, par une série d'articles extrêmement référencé et demandant une attention soutenue à la lecture. Non qu'ils soient difficiles à lire, mais qu'ils donnent, sur une dizaine de pages le plus souvent, une série d'informations et d'argumentations serrées. A ce titre, Pouvoirs constitue une revue de référence et à vrai dire indispensable pour tout étudiant voulant se spécialiser dans un domaine ou un autre.
      Faisant appel pour chaque thème à des spécialistes et parfois même à des acteurs institutionnels (pour le numéro 109 d'avril 2004 sur l'Organisation des Nations Unies par exemple, on trouve les signatures d'Hubert VEDRINE et de Boutros BOUTROS-GHALI), un comité de rédaction d'une dizaine de personnes, avec entre autres Olivier DUHAMEL, Marc GUILLAUME et Claire ZALC, parcours systématiquement tous les thèmes pouvant se trouver en relation avec les réalités politiques. Dans chaque numéro, en outre, Pouvoirs offre des rubriques permanentes, notamment des Repères étrangers et une Chronique constitutionnelle française auxquels peuvent se référer dans leurs recherches tout étudiant ou même tout honnête citoyen. Même si bien entendu, les opinions exprimées sont souvent consensuelles et diplomatiquement écrites, et très proches des establishments, cela n'exclut pas de la part de certains auteurs des approches critiques. En tout cas, les problèmes très conflictuels sont honnêtements exposés. 
  Notons récemment le numéro 140, de Janvier 2012 sur Les avocats : "Les avocats sont une profession en profond changement. D'une part, sous l'influence du marché, de l'internationalisation de leur métier, de la modification de leur rapport aux magistrats, de la revendication d'une professin unique du droit englobant les notaires. Mais d'autre part aussi, de fait d'une fragmentation de la profession, des oppositions entre les barreaux de Paris et de province, d'un écart croissant entre le barreau d'affaires et les avocats travaillant à l'aide juridictionnelle." Ce numéro, sur 155 pages, fait le point sur toutes ces évolutions en association, comme à l'habitude, des auteurs venant de la profession, de l'université, des mondes économique et judiciaire. 
      Depuis 1994, après avoir été publiée par les Presses Universitaires de France, Pouvoirs l'est par les Editions du Seuil, et depuis 2008, presque tous ses articles sont consultables en ligne, gratuitement en ce qui concerne les numéros plus anciens de 3 ans (entre 1994 et 2005). Le site Internet contient également un index des auteurs et un moteur de recherche assez fluide.

     Pouvoirs, Revue française d'études constitutionnelles et politiques, Anne SASTOURNE, Editions du Seuil, 27 boulevard Romain Rolland, 75014 PARIS;
     Abonnements à Alternatives économiques, 12, rue du Cap-Vert, 21800 QUETIGNY.
     Site : www.revue-pouvoirs.fr.
(Actualisé le 29 janvier 2012)
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 18:16
         Chroniques de la gouvernance fait partie de ces revues, souvent très jeunes - celle-ci date seulement de 2007 - que l'on trouve surtout sur Internet, et dont les articles sont très souvent disponibles gratuitement, qui témoignent sans doute que sur le web, on ne trouve pas seulement le pire...Au contraire, ce genre de revue est là pour prouver qu'Internet peut être un grand outil au service de l'humanité (pas moins pour s'élever au niveau des intentions de la revue)...
          Issue des projets de l'Institut de recherche et débat sur la gouvernance, cette revue annuelle, de 250 pages environ, complètement téléchargeable, se situe selon ses propres dire "contre les approches normatives de la bonne gouvernance". Par les sujets traités (la participation entre idéal et réalités, l'avenir du mouvement alter-mondialiste, la justice internationale face aux situations locales, quel type de fiscalité pour quel type de démocratie, pour l'édition de 2008), les rédacteurs se situent clairement contre une certaine approche de la mondialisation, dont beaucoup reviennent aujourd'hui à la faveur de la crise financière mondiale, et réfléchissent à la manière dont cette mondialisation justement pourrait être facteur de paix et de développement.
Dans la présentation de la revue, l'Institut, créé à l'initiative de la fondation Charles Léopold Mayer en 2006, se donne pour vocation "d'animer le débat sur la gouvernance en mettant en relation le monde de l'université et de la recherche celui de la fonction publique ou des organisations internationales, les entreprises, et les organisations de la société civile".
       Il est bien sûr trop tôt pour savoir si la revue va tenir ses promesses, ni si elle va trouver son public, mais toujours est-il que l'on trouve désormais sur son site de quoi alimenter de nombreuses réflexions.
    Notons en tout cas les 5 hypothèses retenues par les rédacteurs responsables de la revue, dont Pascal DELISLE, Hélène NIEUL, Vincent GUIMARD, Michel SAUQUET et Martin VIELAJUS, Wojtek KALINOWSKI étant le coordinateur pour 2008 :
        - celle de la coexistence de différentes échelles de pouvoirs, supra et infra-étatiques, et non seulement étatiques ;
        - celle d'une érosion de la légitimité de l'Etat, redistribuée entre une foultitude d'acteurs, publics et privés ;
        - celle d'une perte de capacité des gouvernements à contrôler l'ordre social ;
        - celle de nouvelles formes, horizontales, de participation au pouvoir, en dehors des canaux traditionnels ;
       - celle de l'existence de nouveaux mécanismes collectifs de gestion des problèmes, remplaçant les modes autoritaires et que la revue veut évidemment favoriser.
      Vu l'évolution accélérée du monde, certains estimant que déjà la mondialisation marque le pas et que la tendance commencerait même à s'inverser,  Chroniques de la Gouvernance 2009/2010, publié en novembre 2009 présente, dans ses 287 pages, un grand intérêt. Rédigés par Pierre ROSANVALLON, Michel WIEVIORKA, Zhu XUEQIN, Alberto ACOSTA... voici une cinquantaine d'articles sur les deux années qui venaient de s'écouler, "qui restent celles d'une débâcle financière, économique et sociale unique". "Un tel échec est, dans une large mesure, celui des systèmes de gouvernance nationaux et internationaux, privés comme publics. Il révèle notamment la faiblesse des modes de régulation politiques et économiques, dans un contexte d'interdépendance croissante des acteurs et des échelles géographiques. Cette nouvelle livraison des Chroniques de la gouvernance donne à voir sur ces problèmes une série d'analyses et de propositions" répartis sur "quatre enjeux ou vecteurs de changement de la gouvernance : la légitimité des pouvoirs, la coproduction du bien public, l'évaluation de la gouvernance et la formation aux affaires publiques.
        Nous attendons bien entendu la livraison de l'édition 2010/2011, en sachant que, dans ce domaine, le recul en terme de temps est nécessaire pour pouvoir départagé ce qui est le plus important et ce qui est accessoire...

     Chroniques de la gouvernance, Éditions Charles Léopold Mayer
     Site : www.institut-gouvernance.org
(Actualisé le 28 mars 2012)

  
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 13:04
         Dans les milieux pacifistes, l'un des plus anciennes publications est celle, fondée en 1961, par l'Union Pacifiste de France, qui se situe dans la lignée d'une longue tradition qui remonte au XIXème siècle. Sous forme de journal d'une dizaine de pages, ce mensuel est bien entendu un organe de combat, pour le désarmement unilatéral et complet.

    Chaque couverture du journal porte la fameuse citation de Louis LECOIN : "S'il m'était prouvé qu'en faisant la guerre, mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirais quand même non à la guerre. Car on n'élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres". Indépendante de tout groupe politique ou religieux, le journal comme l'organisation accueille tous ceux qui se reconnaissent dans le pacifisme intégral, le refus de toute armée et de toute guerre. L'Union Pacifiste entend lutter contre tout militarisme, les ventes d'armes, les accords armée-école, les ordonnances de 1959, les essais nucléaires et mène des campagnes régulières contre des salons d'armement ou des "sommets" de l'OTAN comme celui qui a lieu à Strasbourg et à Baden Baden les 3 et 4 avril 2009.
      L'Union Pacifiste de France ne regroupe que quelques centaines de militants et la diffusion de son journal ne dépasse guère en audience les cercles pacifistes et antimilitaristes. Et même là, surtout avant la suspension du service militaire le 28 octobre 1997, l'Union Paicifste participe à une lutte interne sur la question du service civil, le journal optant pour la suppression pure et simple de tout service du à un État, militariste par définition. Toutefois, grâce à l'opiniâtreté de certains de ses membres, elle parvient à convaincre au-delà de ces cercles à entreprendre des actions contre la guerre ou la militarisation. Ainsi, l'UPF a convaincu un sénateur socialiste, Franck SERUSCLAT (1921-2006) et quelques autres à déposer une proposition de loi, sous le numéro 271 (23 avril 1993), proposition déclarée caduque car non examinée durant la législature par l'Assemblée des sénateurs. L'organisation travaille en liaison avec d'autres organisations dans le monde, à travers l'Internationale des Résistant(e)s à la Guerre, fondée en 1921.
    La plupart de la rédaction de l'Union Pacifiste est collective et militante. Elle se partage entre réguliers et occasionnels, tous militants. Les rubriques régulières Le tour du monde en 80 guerres (les fabrications, ventes et trafics d'armes), Front (les problèmes des objecteurs à travers le monde) voisinent des pages culturelles, historiques et artistiques (Jean-François AMARY, René BURGET, Yves Le CAR...). Elle se targue de faire un travail de dénonciation, et s'efforce souvent de faire partager, via des relations personnelles, ses préoccupations par la grande presse. Des dossiers plus importants paraissent de temps à autre sur des sujets précis (Les profiteurs de guerre, 52 pages).
Pour ses 50 ans, l'Union Pacifiste édite en 2011 un CD de 16 chansons pacifistes.

    On peut bien entendu se poser des questions sur l'efficacité de l'activité de l'Union Pacifiste de France, qui met avant avant l'inefficacité des conférences internationales de paix pour justifier son intransigeance et sa constance. Dans un certain désert français en formations sur l'armement, côtoyant d'autres sensibilités (non-violents, communistes et chrétiens), le journal a le grand mérite de proposer des informations et de faire partager des opinions que l'on ne rencontre pas ni dans la presse quotidienne ni dans les revues.

  L'Union Pacifiste, BP 196, 75624 Paris Cedex 13, pour la rédaction et les abonnements.
  Emission radio à Radio Libertaire, 89,4 MHz, tous les jeudis de 18 heures à 19h30.
  Site internet : www.unionpacifiste.org
(Actualisé le 27 mars 2012)
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 10:05
       Revue très récente, puisque fondée en janvier 2000, Cités propose trimestriellement d'"interroger d'un point de vue philosophique les grandes transformations des sociétés actuelles."

    A travers entretiens, débats et grands articles textes inédits de philosophes (tels que FOUCAULT, DERRIDA ou RICOEUR), la revue veut examiner la réalité sociale et s'adresse à un large public, malgré le caractère parfois difficile  (mais comment être précis sans effort intellectuel?) des contributions. Ancrés dans l'actualité, les textes proposés abordent des approches d'auteurs "qui ont modifié notre approche de la réalité".
     Le numéro 30 de 2007 est consacré par exemple à "Derrida politique". Notons que le numéro n°37, en 2009, porte sur l'idéologie de l'évaluation, thème brûlant à l'heure actuelle de la crise tous azimut qui traverse la société, sur ces spécialistes qui dissimulent parfois sous leurs diplômes d'experts des options politiques bien précises.
     Celui de 2011 (numéro double, 4-3), sur plus de 350 pages porte, entre autres (Sur les mouvements des indignés, autres textes politiques...) sur Sionisme/Antisionisme. Ce numéro copieux aborde, après une présentation de Yves Charles ZARKA, la chronologie, la définition, les engagements, les positions, les réceptions du sionisme, avec un grand texte inédit, sur la Constitution d'Israël, avec également un éclairage sur l'actualité de ce pays (Elections, Economie...)
    Avec un peu plus de 180 pages par numéro, Cités tente, avec comme directeur de la rédaction Yves Charles ZARKA, et d'un comité de rédaction doublé d'un comité de lecture, "de répondre, par ses analyses du monde contemporain, au croisement de l'actualité socio-politique et de la réflexion philosophique, à une attente réelle du public". Exercice délicat tant l'actualité est synonyme souvent d'immédiat et de court terme, lorsque la philosophie se veut réflexion sur le moyen et long terme, sans négliger l'immédiat. Cités est une terme bien choisi car il semble faire référence à la Cité antique, grecque notamment, où les philosophes étaient des citoyens pleinement engagés dans la vie politique, littéraire et artistique de leur cité.
    On trouve au sommaire récent de la revue des thèmes réellement cruciaux comme La marchandisation de l'humain (n°65, 2016), Politiques du capital (n°64, 2015), Y-at-il du vrai dans les religions? (n°62, 2015) ou Que pensent et que veulent les neurosciences cognitives? (n°60,2014)... Si on ne se trouve pas tout le temps en accord avec elle, notamment sur le ton des éditoriaux introductifs (voir par exemple Les nouveaux barbares : terrorismes religieux, politique et culturel), la revue a le mérite d'éclairer certains aspects non présents dans l'actualité des grands médiais, de se distancier de l'actualité immédiate, et de porter l'attention sur des aspects occultés. 
   
     Droit de Cités, revue maintenant autonome, qui accompagnait Cités depuis son numéro 28, prolonge logiquement cette perspective. Elle vise plusieurs objectifs :" terroti la culture et l'art contemporain, en particulier les questions des valeurs, des critères, des oeuvres, ouvrir un espace éditorial original à ce qui est novateur tout en étant peu connu du public, analyser les processus actuels marquants dans le domaine de l'art, en liaison directe (avec les acteurs de l'art), ouvrir des débats, comme celui entre théâtre public et théâtre privé".
Se présentant sous la forme d'un journal, Droit de Cités, comme Cités, est épaulé par un comité scientifique international.

     Dans un paysage intellectuel où la philosophie est surtout représentée (en terme de publications) par des revues d'études spécialisées, surtout commentatrices d'oeuvres (cartésiennes, kantiennes, hégéliennes...), Cités veut s'ouvrir à plusieurs horizons. En tout cas, au vu des problématiques abordées, elle veut résolument, au moment où de nouvelles écoles philosophiques transnationales émergent, sortir de préoccupations hexagonales.
   Auparavant et de nouveau maintenant diffusée par les Presses Universitaires de France, Cités était disponible à L'Appel du Livre, au 99, rue de Charonne, 75011 PARIS.
   Cités est également disponible en ligne sur le site de CAIRN (www.cairn.info), et offre de nombreux articles d'anciens numéros à la lecture.
 
(Actualisé le 26 mars 2012)
(Actualité le 17 mai 2016)
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