Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 11:48

  On peut considérer la filmographie - documentaires, séries télévisées et films de fiction confondus - de la seconde guerre mondiale comme étant réparties en plusieurs blocs de thèmes, et non seulement sur le plan des opérations militaires. Les résistances et les collaborations dans les territoires occupés avec l'occupant constituent à elles seules un de ces blocs : riche, fourni, global ou local, ce bloc a inspiré nombre de réalisateurs, et au fur et à mesure que l'on s'éloigne dans le temps de cette guerre, de manière de moins en moins caricaturale, de plus en plus nuancée, prenant en compte de plus en plus les conflits sociaux exacerbés par elle, s'attardant de plus en plus sur les motivations (politiques, psychologiques...) des adversaires face à face.

 

Côté documentaires

- Dans la série 39-45, Le monde en guerre, dans le DVD1, volume 3 sont développés l'Occupation de la Hollande (1940-1944).

 

- Vichy ou la mémoire emprisonnée est un de plusieurs documentaires consacrés au régime de l'État Français.

 

- Résistants-Collabos, Une lutte à mort (WEBER/MAZUET) éclaire le combat féroce entre deux facettes extrêmes de la résistance et de la collaboration.

 

- Collaborations (LE BONIN) parcoure les différents types de collaborations en Europe.

- Les combattants de l'ombre (GEORGE) dresse en 3 DVD le panorama des résistances. C'est un ensemble de commentaires, de témoignages d'anciens résistants (certains se considèrent d'ailleurs encore comme des résistants), d'images d'archives (remarquable travail sur la photographie), qui permet de se faire une première idée (car il faut toujours prolonger par l'écrit...) de l'état des différentes résistances en Europe durant la seconde guerre mondiale. Le documentaire reste toujours au niveau des acteurs de ce drame tout en prenant très souvent de la hauteur dans la narration des événements. Si l'on doit conseiller un seul documentaire ou un documentaire d'ouverture à la réflexion, c'est bien celui-là.

 

- Elles étaient en guerre 1939-1945 (BEZIAT-NANCY) se consacre à une grande partie du vécu des femmes pendant la seconde guerre mondiale.

 

Côté séries

- Une française des plus récentes, Un village français suit les différentes "aventures" d'un médecin contraint d'exercer des responsabilités politiques pendant l'Occupation.

 

- La ligne de démarcation, une des plus anciennes séries françaises consacrées à l'Occupation décrit plusieurs "faits héroïques" de résistants autour de la zone de démarcation entre le territoire sous administration directe allemande et celui sous le gouvernement de Vichy.

 

- Le 16 à Kerbriant tourne autour des relations entre résistants et un commandant allemand aux positions ambigües.

- La bicyclette bleue

 

Côté films, voici une sélection parmi la surabondante production autour de l'occupation, de la collaboration et de la résistance en Europe

 

- Uranus, sur la collaboration française (BERRI)

- Rome, Ville ouverte (ROSSELLINI)

 

 

- L'Élu (DISOAR)

- Fortunat (JOFFE)

 

- L'armée du crime (GUEDIGUIAN)

 

- Black Book (VERHOEVEN)

- Sous la ville

- Le train (FRANCKEIMER) montre les réseaux français de résistance dans les chemins de fer, à l'appui de la chasse à un train bourré de trésors volés, en route pour l'Allemagne. 

A rapprocher ce film, sur le thème des vols d'oeuvres d'art par les nazis, le film Monuments Men, de George CLOONEY, qui relate l'aventure d'une équipe chargée de récupérer ces multiples oeuvres volées dans toute l'Europe.

- HHhH, L'assassinat d'Heydrich (JIMENEZ)

 

- Opération Lidice

- La nuit des généraux

 

- Walkyrie (SINGER)

- La traversée de Paris (AUTANT-LARA)

- Normandie Niemen (DREVILLE)

 

- Suite française (SALL DAVB)

- Achtung! Bandits! (LIZZANI)

- La bataille du rail

 

Côté téléfilm, sélection autour d'une production elle aussi abondante

- 1943, L'ultime révolte (AYMET)

- Le temps de la désobéissance (VOLSON). Il s'agit-là des résistances au sein de la police française, à la politique d'extermination des Juifs en France.

- War of resistance (SPENCER)

 

   A propos de la résistance en France, une question à la fois stratégico-politique (concernant la place de la France aux côtés des Alliés) et historique (qui est aussi une question de mémoire nationale) se pose toujours : la France a-t-elle réellement contribué à la victoire des Alliés. Si dans l'ensemble, films, documentaires, séries, répondent, à l'instar d'autres résistances en Europe, par l'affirmative, les historiens eux, sont beaucoup plus nuancés. Ils veulent distinguer plusieurs niveaux, à commencer par celui de la perception des différents camps en présence pendant la seconde guerre mondiale. Le poids militaire de l'engagement de la France, en ce qui concerne son engagement (tardif et très progressif) des Alliés peut se mesurer à l'aune de 15 divisions (selon EISENHOWER dans ses Mémoires de 1949) - on peut discuter du format des divisions et de leur armement... - à l'aune des mythes fondateurs des batailles de Koufra et Bir Hakeim (aux poids stratégiques discutables), à l'aune de la résistance intérieure et des maquis (malheureusement sur le plan strictement militaires, des échecs), à l'aune encore de l'aide aux débarquements de Normandie et de Provence (plus probante en ce qui concerne le deuxième), mais outre que par l'exemple l'armée de libération est surtout une armée en trompe l'oeil (sur les plans des effectifs et des capacités de manoeuvres...), Il faut sûrement mesurer l'effet des résistances militaires et civiles plus globalement et faire la comparaison (même si elle est un peu uchronique...) avec la possible disponibilité pour le Reich de la marine et des forces terrestres françaises, en tant que troupes encadrées face aux Alliées. Que la marine se saborde et que l'armée parte en ordre dispersé plus ou moins dans la résistance a changé bien des choses. Si l'apport à la victoire finale est modeste (Tunisie, Cassino, Provence surtout) et si les Allemands ne s'attendaient pas à trouver à la table de la reddition les Français, on n'oubliera jamais que la représentation de ce que fut réellement l'attitude des Français, comme souvent dans l'Histoire, compte plus en définitive pour la suite des événements, que la réelle participation à la guerre... (voir Jean-François MURACCIOLE, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale)

 

FILMUS

 

Complété le 23 mars 2021

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : LE CONFLIT
  • : Approches du conflit : philosophie, religion, psychologie, sociologie, arts, défense, anthropologie, économie, politique, sciences politiques, sciences naturelles, géopolitique, droit, biologie
  • Contact

Recherche

Liens