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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 08:43

     Initiateur avec Laurent THÉVENOT d'un courant "pragmatique", appelé aussi "économies de la grandeur" ou "sociologie des régimes d'action, ou encore conventionnalisme, il mène une carrière de sociologue, tout en se déclarant proches des "communistes libertaires". En 2009, il participe à la société Louise Michel, proche du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).

      Son engagement politique s'inscrit dans une tradition familiale (originaire de Russie), d'un père médecin juif (se cachant pendant l'occupation) et d'une mère chrétienne, qui devient écrivain après la guerre et adopte les idées du Parti Communiste. Pendant la guerre d'Algérie, Luc BOLTANSKI est militant anti-colonialiste. Il soutient ensuite pendant un an ou deux l'Union de la gauche socialiste, un groupe de militants de gauche qui tente une première expérience d'unité entre chrétiens et marxistes.

 

Une carrière universitaire et des objets éclectiques d'études....

     Ses première recherches sociologiques sont menées dans le cadre du Centre de sociologie européenne, dirigé par Raymond ARON, puis Pierre BOURDIEU. Ses premiers travaux sont orientés par l'influence du cadre théorique bourdieusien, étant dans le premier cercle du "maître".

Au début des années 1970, BOLTANSKI devient maitre-assistant à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Il participe à la création de la revues Actes de la recherche en sciences sociales. Au milieu des années 1980, il se désengage des Actes et se désinvestit de l'équipe de Pierre BOURDIEU. Parallèlement à son travail en sciences sociales, il écrit et publie des ouvrages de poésie et, plus récemment de pièces de théâtre. Nuits, ouvrage édité à ENS Éditions, regroupe les deux pièces La nuit de Mantagnac et La nuit de Bellelande.

    Il publie en 2004 La condition foetale, ouvrage qui ouvre un débat autour de l'usage de la notion de contradiction dans les sciences sociale et de la possibilité d'articuler structuralisme et phénoménologie dans une approche historique, rejoignant ce que de nombreux collègues développement depuis plusieurs années dans des champs aussi différents que la sociologie des sciences, la sociologie des crises ou celle de la construction des problèmes publics.

Ses recherches s'orientent ensuite sur le lien entre le roman policier et l'émergence de l'État, qui fait l'objet d'un livre paru en 2012 : Énigmes et complots : Une enquête à propos d'enquêtes. En 2017, il publie avec Arnaud ESQUERRE Enrichissement. Une critique de la marchandise, représentant le troisième volet de l'enquête menées pour tenter de décrire les nouvelles formes du capitalisme contemporain après Les cadres : La formation d'un groupe social (1982) et Le nouvel esprit du capitalisme (avec Ève CHIAPELLO, 1999).

 

Le déplacement de la critique, face à BOURDIEU, position centrale dans ses études...

    Il se détache de la sociologie du "dévoilement", issue de la tradition marxiste, qui enquête sur les "vraies" contraintes pesant sur les agents, pour se pencher davantage sur les éléments communicationnels, relationnels et pratiques qui rendent possible un accord perçu et voulu consciemment comme tel. Bref, il passe d'une sociologie des conflits à une sociologie des coopérations.

Voir quels sont les éléments qui rapprochent (surtout) ou divisent les personnes autour d'un même objet, et l'analyse des processus par lesquels celles-ci arrivent in fine à un accord perçu, reconnu et voulu consciemment comme tel, voilà une des caractéristiques de l'approche de BOLTANSKI (voir l'article sur le conventionnalisme). Contrairement à la méthode bourdieusienne, qui accorde une place importante à la trajectoire, la méthode de l'auteur ne s'intéresse pas au passé des acteurs, encore moins à leurs habitudes ou à leurs caractéristiques socioculturelles. Au contraire, chaque acteur possède un libre arbitre qui lui permet, lors des épreuves, de faire valoir ses arguments et ses "justifications". Pour BOLTANSKI, à l'inverse de BOURDIEU, les personnes sont parfaitement à même de comprendre leurs motivations.

Ces enjeux intellectuels sont prolongés par des enjeux institutionnels lorsque BOLTANSKI fonde avec Laurent THÉVENOT le Groupe de sociologie politique et morale (GSPM) en 1984. Il devient alors l'un des principaux représentants de la sociologie pragmatique française; considérant que l'homme fait la "société" et que les acteurs sont compétents pour prendre position, juger, dénoncer, critiquer, en rendre compte. Il écrit avec Laurent THÉVENET De la justification (1991) ouvrage qui prolonge le grand article paru dans Actes de la recherche en sciences sociales de mars 1984 (volume 51), avec Y. DARRÉ et M-A. SCHILTZ, puisqu'il y montre qu'il n'existe non pas une seul façon d'être "grand" dans le monde social, mais bien différents moyens de devenir grand (Des économies de la grandeur).

     La rencontre de BOLTANSKI avec Ève CHIAPELLO et leur collaboration pour Le nouvel esprit du capitalisme (1999) permet d'élargir le cercle autour de la sociologie de "l'économie de la grandeur". En effet cet ouvrage apparait comme une configuration illustrative, à portée générale et pratique, de la typologie des "cités" déjà établie dans La justification : les économies de la grandeur (1991). Luc BOLTANSKI et Ève CHIAPELLO y ajoutent la "cité des projets". Ce terme est historiquement la récupération par les consultants en management et les dirigeants d'entreprise des thèmes de la critique de l'artiste du capitalisme dénonçant l'inauthenticité de la société marchande et l'étouffement des capacités créatrices de l'individu. Le cadre traditionnel devient un manager ou un coach chargé, dans des structures légères et innovantes, de tirer le meilleur parti des capacités créatrices de chaque employé. Mobilisé par des projets successifs, le salarié se doit d'être mobile, enthousiaste, flexible et convivial. L'écho qu'a eu ce livre dans les médias, notamment dans le champ des gestionnaires eux-mêmes, tend à prouver l'importance de sa portée. C'est aussi un premier passage de la sociologie pragmatique les années 1980 et 1990, au sein des sciences sociales en France, c'est la publication du Nouvel esprit du capitalisme qui a constitué le point de départ d'une nouvelle vigueur critique vis-à-vis de cette configuration socio-historique, avec toute son ambiguïté. Est-ce une nouvelle critique du capitalisme et un constat de sa capacité de se renouveler?  Est-ce réellement une critique ou une valorisation d'un éternel esprit du capitalisme, sans toucher à ses fondements?

   Les partisans de Luc BOLTANSKI estiment qu'il a, dans le sillage du Nouvel esprit du capitalisme, radicalisé son positionnement critique, en s'efforçant de dessiner en sciences sociales associant sociologie pragmatique et sociologie critique (passant par une lecture de l'École de Francfort...), dans la perspective d'une nouvelle théorie critique radicale originale associée à la notion d'émancipation. C'est la publication en 2009 de l'ouvrage De la critique. Précis de sociologie de l'émancipation... D'autres chercheurs issus de la sociologie pragmatique ont emprunté une réorientation critique convergente vers une "critique pragmatiste" tels que Philippe CORCUFF dans Où est passée la critique sociale? en 2012.

Son ouvrage Vers l'extrême, extension des domaines de la droite, écrit avec Arnaud ESQUERRE; s'inquiète de la reprise des idées de l'extrême droite dans l'espace politique, y compris à gauche, dans les médias voire dans les milieux dits "intellectuels", comme si elles allaient de soi.

A partir de 2014, Luc BOLTANSKI entreprend, toujours avec Arnaud ESQUERRE, une réflexion sur les changements du capitalisme liés au développement de ce que les deux auteurs nommes une "économie de l'enrichissement" et qui regroupe des activités en apparence disjointes telles que le tourisme, la patrimonialisation, le luxe et la culture, mais dont ils montrent la cohérence. Ils placent notamment au coeur de ce changement une forme de mise en valeur des marchandises nommé la "forme collection", proposant de considérer la valeur comme une justification de prix.

 

    Même si les différents ouvrages, écrits seul ou en collaboration - de Luc BOLTANSKI ont un retentissement médiatique, à l'aune sans doute d'une certaine mise en valeur - paradoxalement - du système capitaliste, précisément parce que son évolution va dans le sens de la valorisation de l'individu comme acteur, il n'est pas certain qu'il soit suivi par ses contemporains sociologues. Non seulement parce qu'il est un des rares à proposer encore une vision globale du social - ce qui fait d'ailleurs tout l'intérêt de son oeuvre, en face par exemple d'un Edgar MORIN, et que la plupart des autres auteurs se cantonnent dans un domaine particulier, se spécialisant sur une sociologie de secteurs, éducation, industrie, rural, urbain... sans chercher de généralisation, seul moyen pourtant de dépasser le niveau descriptif, et seul moyen aussi de pallier à l'impact limité des prescriptions proposées.

 

Luc BOLTANSKI, avec Pierre BOURDIEU, Robert CASTEL et Jean-Claude CHAMBOREDON, Un art moyen : Essai sur les usages sociaux de la photographie, Minuit, 1965 ; Prime éducation et morale de classe, EHESS, 1969 ; Les cadres - La formation d'un groupe social, éditions de Minuit, 1982 ; L'Amour et la justice comme compétences. Trois essais de sociologie de l'action, Métaillé, 1990 ; De la justification. Les économies de la grandeur, avec Laurent THÉVENOT, Cahiers du Centre d'études de l'emploi, PUF, 1989 ; Le Nouvel esprit du capitalisme, avec Ève CHIAPELLO, Gallimard, 1999 ; La Condition foetale. Une sociologie de l'avortement et de l'engendrement, Gallimard, 2004 ; La production de l'idéologie dominante, avec Pierre BOURDIEU, Demopolis, 2008 (réédition d'un article publié en 1976 dans Actes de la recherche en sciences sociales) ; Rendre la réalité inacceptable, Demopolis, 2008 ; De la critique. Précis de sociologie de l'émancipation, Gallimard, 2009 ; Un individualisme sans liberté?" Vers une approche pragmatique de la domination, avec Philippe CORCUFF, dans L'individu aujourd'hui, Sous la direction de P. CORCUFF, C. LE BART et F. de SINGLY, Presses Universitaires de Rennes ; Énigmes et complots. Une enquête à propos d'enquêtes, Gallimard, 2012 ; Domination et émancipation. Pour un renouveau de la critique sociale, dialogue avec Nancy FRASER, présenté par Philippe CORCUFF, Presses Universitaires de Lyon, 2014.

A noter qu'il existe des films de présentation de ses réflexions : Ulysse clandestin (Thomas LACOSTE, 2010), Penser critique, kit de survie éthique et politique pour situations de crise(s) (Thomas LACOSTE, 2012), Notre monde (Thomas LACOSTE, 2013)

 

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6 août 2020 4 06 /08 /août /2020 13:08

     Si le thème des prisonniers de guerre, notamment en France, constitue un enjeu politique de premier plan pendant toute l'occupation, s'ils constituent - à partir du moment où les soldats le deviennent jusqu'à leur libération, provoquant d'importants mouvements de population - une masse de gens très importante et très concentrée, parqués dans des camps aux statuts les plus divers et aux conditions (toujours très mauvaises) très différentes, que ce soit à l'Ouest, sous administration allemande ou à l'Est sous administration japonaise, avant d'être parqués, de manière plus temporaire, dans des camps sous administration américaine, si enfin - excusez la longue phrase à l'aune de la souffrance de ces millions de personnes au sort incertain - pendant toute la guerre, ils constituent, ils sont le pivot de nombreuses stratégies de tous les... camps!, la filmographie ne leur rend pas forcément justice... Ainsi, peu de documentaires - du fait de la politique de "discrétion" des belligérants - existent, notamment côté allemand et du côté japonais... Quant aux films de fiction, ils sont souvent centrés - si l'on excepte l'admirable film de Steven SPIELBERG, Empire du Soleil - sur ce qui est précisément le devoir de tout prisonnier, et encore plus de tout prisonnier de guerre, s'évader!

 

Côté documentaire :

- L'Asie en flammes, pour la partie consacrée à Kwaï. Après la conquête japonaise de la Thaïlande et de la Birmanie en 1942, les nippons décident de construire une ligne de chemin de fer de plus de 2 000 km de long dans la jungle birmane. Cette construction devait ouvrir la voie vers l'Inde. Serge VIALLET dévoile la véritable histoire du pont de la rivière Kwaï à travers de nombreux témoignages et images d'archives. Il démontre ainsi que les faits sont plus complexes que ce qui a été montré par David LEAN dans son célèbre film. C'est l'occasion de porter un regard sans a priori ni complaisance sur cette entreprise titanesque dans un environnement hostile, alors que la ligne était construite en simultané par des deux bouts. Le réalisateur perce aussi l'état d'esprit des soldats japonais de l'époque et de leurs supérieurs qui en demandaient toujours plus à leurs ouvriers esclaves, sans aucune considération pour leurs vies, ce qui a entrainé plus de 26 000 morts occidentaux sans compter des mes dizaines de milliers de coolies asiatiques...

 

Côté films  :

- La grande évasion,

 

- Stalag 17 ;

- Furyo ;

- L'express du colonel von Ryan ;

 

- Le pont de la rivière Kwaï ;

 

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 08:37

  Le nouveau bimestriel (mais cela peut changer à cause de l'épidémie coronavirus) Afrique Midi Magazine dont le numéro 1 sur papier (doublé sur Internet) est paru en janvier 2020 se veut une "voix et une vitrine qui sortent des sentiers battus". Après Jeune Afrique, Africa International, Le Continental, Les Afriques et nouvellement Confidentiel Afrique, Afrique Midi Magazine, magazine panafricain indépendant enrichi la presse venant du et consacrée au continent africain, dans ses multiples aspects, du politique au culturel.

    Sobrement coloré, le nouveau magazine, avec un dynamique comité de rédaction emmené par Arnaud LONGATTE, à l'expérience chevronnée dans la presse magazine,  et Mamadou LY, journaliste sénégalais (respectivement directeur de publication et chef de la rédaction), parait dans plusieurs pays d'Afrique. Édité par Afrique Midi International, il dispose de bureaux à Dakar et dans la banlieue parisienne. Ses promoteurs veulent poser un nouveau regard sur les enjeux du monde de l'information d'aujourd'hui et de demain.

Malgré une conjoncture générale très mauvaise pour la presse (pour une fois pas due aux multiples répressions d'États ou de sociétés privées...), ils entendent relever le défi de la longévité. Avec ses 66 pages, le magazine offre une plongée au coeur de thématiques riches et diversifiées, zoomant fréquemment sur l'histoire des peuples africains. Avec un premier numéro accordant une large place à l'ancien président ivoirien Laurent GHABGO, acquitté par la Cour pénale internationale, le magazine donne le ton, posant d'emblée la question sur le sens des événement, ici à savoir si ce dernier était victime d'un procès politique (un nouveau Mandela?). Le magazine se signale également par une véritable nécrologie du Franc CFA.

Dans l'édition électronique, Afrique midi Magazine cible le trafic des médicaments contrefaits, en pleine épidémie (mai 2020), élément parmi plusieurs articles consacrés à la situation de l'Afrique face à la pandémie.

   A la lecture facile, Afrique Midi Magazine veut jouer des deux cartes papier et Internet en même temps.

 

Afrique Midi Magazine, 22 Avenue du Général de Gaulle, 92250 La Garenne-Colombe. Site Internet : afriquemidi.com

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 15:22

   Quand on relit l'ouvrage qui date de 1992 du maître de conférences au département des Sciences de l'information et de la communication de l'Université de Rennes 2, on ne peut s'empêcher de penser que depuis, on n'a pas fait de progrès patent sur la compréhension du rôle de la publicité dans nos sociétés, tant du côté de son influence idéologique que du côté de sa place réelle dans la dynamique économique.

    Sous-titré Idéologie et savoir-faire des professionnels de la publicité dans l'audiovisuel, ce qui délimite son approche, l'ouvrage, produit dans une période où les téléspectateurs français découvrent à leurs corps défendant les vertus du libéralisme (années 1980-1990), avec un certain "retard" par rapports à leurs voisins anglo-saxons et allemands, veut décrire des modes de représentation exclusifs définis par la publicité "qui ne correspondent que fort peu au réel". C'est en grande partie à ce réel très médiatisé qui fait en quelque sorte écran par rapport à la réalité que l'auteur s'attaque, très au fait de certains aspects occultés par les grands médias. Il s'agit pour Jacques GUYOT de "s'interroger de façon critique sur la manière dont l'acteur publicitaire a réussi à asseoir sa légitimité sociale et culturelle sur le thème de la modernité : modernité médiatique, mais aussi économique et technologique."

    L'auteur aborde successivement en quatre parties serrées l'analyse des changements d'attitude du public vis-à-vis de la publicité, l'évolution rendue possible grâce à une problématique de la création publicitaire, l'articulation de la publicité autour du concept de modernité et l'importance du facteur publicitaire sur le plan économique.

   L'évolution du rejet à l'adhésion (relative) à la publicité, laquelle subit des changements bien évidemment en dehors du champ du livre dans les années 2000, du fait de l'intrusion d'Internet dans le paysage audio-visuel quotidien, est étudiée de manière minutieuse sur les quatre continents. La problématique de la création publicitaire, que ses promoteurs situent parfois carrément entre l'art et la technologie, s'aidant en cela du langage des sciences sociales et de la sémiologie, situe la publicité dans une légitimité sociale qui la place dans les représentations du réel et dans le symbolique des relations sociales. Cela est d'autant plus fort qu'elle se situe dans le développement de la publi-information dans l'édition et la presse comme dans une sorte de symbiose dans l'apprentissage de l'art cinématographique par toute une génération de cinéastes, boulevard d'ailleurs dans l'éclosion d'un cinéma fantastique et des effets spéciaux. Que ce soit dans les messages eux-mêmes, qui promeuvent un idéal de vie individualiste (ou familial de manière très précise) basé sur la consommation des objets les plus récents, sorte de modernité. La place de la publicité dans la vie économique - et l'auteur rend bien compte des coûts occultés de la publicité dans la programmation des chaines de télévision - est le quatrième sujet - et presque un des moins traité par lui, ne fait l'objet que de peu d'études. Notamment, la relation entre les compagnes publicitaires et le succès des produits et services promus est une question peu abordée et par les publicitaires et par leurs clients. Outre le fait que souvent les enquêtes sur la progression de ces produits et services sur le marché sont le fait même de ceux qui les promeuvent, il semble qu'il y ait comme un mimétisme et une spirale où l'obsession de la concurrence remplace l'évaluation scientifique coûts publicitaires/valeurs des ventes... Dans sa conclusion, l'auteur met l'accent sur l'accroissement de l'importance des nouvelles technologies où s'opèrent de grands investissements du monde publicitaire, lequel propose une vision du monde très aseptisée et très consensuelle, à mille lieux des multiples conflits sociaux qui agitent le monde réel. Et plus les nouvelles technologies de l'image et du son sont mises à contribution, plus le monde proposé apparait envahissant, tendant même à remplacer - mais cette course de l'apparence souffre tout de même de grosses exceptions (heureusement) - la vie réelle.

Les paradigmes décrits par l'auteur gouvernent encore en très grande partie le fonctionnement et l'impact de la publicité dans les médias, peut-être plus encore avec Internet, mais de manière très différentes selon les contrées, les classes sociales et les habitudes nationales (entre Français et Allemands par exemple) et l'auteur pointe bien ces différences d'appréciation des différents publics et nationalités, chose que l'évolution d'Internet accentue d'ailleurs.

 

Jacques GUYOT, qui travaille particulièrement dans le Centre d'Études et de Recherches sur la Communication et l'Internationalisation (CERCI), sur la création télévisuelle et sur les stratégies publicitaires, est également l'auteur d'autres ouvrages : Les Techniques audiovisuelles, dans la collection Que sais-je? des Presses Universitaires de France (1999) ; Production télévisée et identité culturelle en Bretagne, Galice et Pays de Galle, Presses Universitaires de Rennes (2000) ; avec Thierry ROLLAND, Les archives audiovisuelles (Armand Colin, 2011) ; avec Fabien GRANJON et Christophe MAGIS, Matérialismes, culture et communication (Presses des Mines, 2019, en 3 tomes) ; Cultures de résistance, aux Presses des Mines, 2020.

Jacques GUYOT, L'Écran publicitaire, Idéologie et savoir-faire des professionnels de la publicité dans l'audiovisuel, L'Harmattan, collection Logiques sociales, 1992, 350 pages.

  

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3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 11:46

      Alors que la filmographie insiste sur les aspects militaires de l'encerclement de l'Allemagne et la prise de Berlin par les Soviétiques, peu de documents montrent la chute du régime nazi en tant que tel, c'est-à-dire un véritable effondrement subit, que couronne le suicide de son chef, camouflé jusque-là par la férocité de la répression contre tout signe de reddition à l'ennemi.

 

Côté documentaires :

- 39-45, Le monde en guerre, A chacun son destin, Allemagne mai 1945, dans le DVD 2 du volume 3 et Les deux morts d'Hitler sur le DVD 1 du volume 5

 

- Dans la série Les grandes batailles, Allemagne 1945, Partie 2

 

- Apocalypse La seconde guerre mondiale : Épisode 6 L'enfer

- De Nuremberg à Nuremberg

- La chute d'Hitler (KOM-BRYORZA)

Côté films :

- Le pont de Remagen (GUILLERMIN)

- La chute (HIRSHBIEGER)

 

- Le pont (WICKI)

Côté séries :

- La Libération, Le dernier assaut, sur le DVD 3

- Les orages de la guerre, Partie 12

- Frères d'armes

 

     Entre défausses de hauts responsables militaires et récriminations de tous bords, le mythe - l'un des plus tenaces même aujourd'hui - d'HITLER comme seul responsable de la défaite de l'Allemagne est pourtant l'un des plus indéfendables qui soit. Affirmer que le führer est le seul responsable de la défaite allemande suppose d'accepter comme vraies ces quatre propositions : il est possible d'envisager une autre condition de la guerre par l'Allemagne que celle choisie par lui ; il n'existe aucun facteur interne à la défaite allemande qui ne soit pas imputable à HITLER ; la défaite allemande doit tout aux actions du camp allemand, et rien à celle des Alliés ; l'Allemagne aurait pu gagner la Seconde guerre mondiale. Or, aucune de ces propositions ne résiste à l'analyse.

1 - Le projet idéologique des nazis qui tient lieu de but de guerre est le seul possible, de 1938 au moment où Hitler concentre tous les pouvoirs et 1945. Plus, les hommes qui servent le régime nazi, militaires ou civils, acceptent implicitement de mettre en oeuvre ce projet. C'est particulièrement vrai pour les officiers supérieurs à partir de 1934 (généraux Werner von BLOMBERG et Walter von REICHENAU, au premiers chefs). Affirmer qu'HITLER serait venu perturber un effort de guerre rationnel, dont l'objet aurait été simplement la défaite des différents adversaires de l'Allemagne n'a aucun sens, dans la mesure où jusqu'en 1943 (Stalingrad) l'état-major allemand a suivi Hitler dans ses initiatives. L'action d'HITLER garde sa cohérence interne jusqu'à l'extermination de populations entières (notamment juives), les opérations militaires étant parfois subordonnées tactiquement à cet objectif. Agir autrement, notamment par le biais d'initiatives diplomatiques aurait été renoncer aux buts de guerre...

2 - La mobilisation économique et industrielle de l'Allemagne a été rendu inefficace il est vrai par la manière dont le pouvoir nazi s'est constitué - véritables écheveaux de féodalités (et ce depuis les années 1930), de rivalités non seulement entre branche de l'Armée allemande mais également entre industries, compliquant d'ailleurs l'émergence de nouveaux matériels et de nouvelles tactiques.

3 - il est encore plus absurde, s'agissant d'une guerre entre puissances de l'Axe et puissances alliées de décréter que la défaite allemande ne doit rien aux efforts des Alliés...

4 - Compte tenu des potentiels énergétiques et minéraux de l'Allemagne, compte tenu d'une certaine absence de véritable stratégie de logistique (les armées allemandes foncent souvent pour gagner des batailles sans parvenir à consolider les acquis), car entre autres l'état-major estime qu'il doit mener une guerre courte, l'Allemagne avait de faibles chances de gagner cette guerre. Et la folie de l'appareil nazi, de plus en plus réduit jusqu'à la chute finale, a été de poursuivre l'effort de guerre jusqu'au bout, Hitler n'ayant d'ailleurs plus la mesure de ses propres forces. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs, que nombre de vétérans ont préféré blâmer HITLER plutôt que d'accepter la responsabilité collective de la défaite (Benoist BIHAN, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale)... On peut faire le parallèle entre la situation du Japon et celle de l'Allemagne, dans la conduite de la guerre contre les États-Unis, qui pour le cas japonais, s'apparente à une succession de coups de dés, tellement ses propres ressources apparaissent, à l'analyse de l'ensemble de la guerre du Pacifique, bien sous-dimensionnés. Dans l'un et l'autre cas, on constate chez les dirigeants militaire la même sous-estimation (méprisante d'ailleurs) envers leurs adversaires.

 

Complété le 15 février 2021

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 07:08

    Nul doute que l'étude de la politique d'extermination des Juifs par les nazis avant et pendant la Seconde Guerre mondiale a aboutit à la production d'un nombre considérable de documents filmiques. Pour de multiples raisons, mais la raison de l'inhumanité de cette politique eut suffit, de nombreuses institutions, à des fins d'information documentaire, policières (recherche des criminels nazis) et politiques (valorisation du sionisme)n c'est à une profusion de documents que nous avons affaire, présentés aux différents publics sous différentes formes, alimentant nombre de réflexions (parfois polémiques) sur le sens de la Shoah. De nombreuses oeuvres de fictions, souvent très documentées et ancrées dans la réalité, témoignent également de cette abondance. Côté fiction, d'innombrables films évoquent l'holocauste dont a été victime le peuple Juif, sans en faire le thème central.

 

Côté documentaires :

- La série 39-15, Le monde en guerre : Génocide 41-45 (DVD 2 Volume 3) ; La solution finale, en deux parties (DVD 2 Volume 5).

 

- Auschwitz, Les nazis et la solution finale (REES)

 

Côté séries :

- Frères d'armes, Pourquoi nous combattons, dans le DVD 5

- Les orages de la guerre, dans les parties 2, 5, 7, 8, 10 et 11

 

- Holocauste

 

Côté films :

- Amen (COSTA-GAVRAS)

 

- Au nom de tous les miens (ENRICO)

 

 

- Sobibor, qui relate la seule révolte-évasion réussie d'un camp de concentration (KHABENSKI)

 

- La rafle (BOSCH)

 

- Le procès du siècle (JACKSON)

 

- Hannah ARENDT (VON TROTTA)

 

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 09:26

    Le conventionnalisme, qui fait peu l'objet de descriptions ou de commentaires est une sociologie apparue en France, dans le milieu des années 1980 et qui s'est développée par des travaux divers jusqu'à la fin des années 1990. Elle date officiellement de la publication, en 1987, d'un premier livre, Les économies de la grandeur, de Luc BOLTANSKI (né en 1940) et Laurent THÉVENOT (né en 1949). Des articles regroupés dans une revue économique élargissent ensuite son assise. Le conventionnalisme revendique son appartenance au courant de l'individualisme méthodologique, tout en proposant les moyens de prendre en compte l'existence du collectif dans la détermination des individus et dans celle de leur cadre d'action. Il s'inscrit dans la critique de la sociologie classique, fondée sur des antinomies telles que objectif/subjectif, collectif/individuel, économie/sociologie, matériel/idéel, en se proposant de les surmonter. Son cadre d'analyse "reprend le problème, central dans les sciences sociales, de la possibilité de l'accord entre les membres d'un société" ou d'une autre façon, pour lui, "la question de l'accord constitue l'une des questions fondamentales dont les sciences sociales ont hérité de la philosophie politique" (BOLTANSKI et THÉVENOT, 199, De la justification). Le conventionnalisme qui se veut explication du monde stipule que les sciences sociales ont "pour projet l'intelligence du commerce entre les hommes" (1987). De là découle l'objet de leur théorie : l'étude des lois qui régissent le commerce des hommes et l'examen de leurs échanges et des formes qu'ils prennent.

Le projet du conventionnalisme emprunte à l'individualisme méthodologique en plaçant l'individu au coeur de la théorie (héritage de l'économie néo-classique), il propose d'en dépasser les limites en montrant que l'individu inscrit son action dans un cadre social, celui des accords, des compromis et des conventions. Jean-Pierre DURAND et Robert WEIL doutent que cette sociologie qui entend privilégié le volet coopération dans les relations humaines, en mettant souvent de côté la force des conflits, atteigne ses objectifs. Cette sociologie se rattache à un contexte bien précis, celui où certaines classes sociales parmi les plus privilégiées économiquement recherchent le consensus pour leur projet de société néo-libérale. Il n'est pas certain que ses analyses emportent la conviction ou soient suffisamment solides au moment où précisément se dessinent des formes radicales et parfois violentes des conflits de toute sorte, comme c'est le cas sur tous les continents dans les premières décennies du millénaire suivant... La production de ces analyses est suffisamment importante toutefois pour que l'on parle d'une sociologie qui entend aborder l'ensemble des relations humaines...

    Cette sociologie est aussi une théorie économique hétérodoxe, caractère qu'elle partage avec celle, concurrente, de la théorie de la régulation, née également en France. Elle est connue plus d'ailleurs sous le nom d'économie des conventions (renforçant là, cette sociologie, son lien avec l'économie) que sous le nom de conventionnalisme.

Inutile (quoique...) de signaler que ce conventionnalisme n'a rien à voir avec la doctrine du même nom, stipulant une séparation fondamentale entre les données de l'intuition et des sens, et les constructions intellectuelles permettant de fonder les théories scientifiques ou mathématiques, doctrine développé notamment pas Édouard LE ROY, Pierre DUHEM et Henri POINCARÉ, sous des formes assez différentes, entre le XIXe et le XXe siècle, qui trouve son origine profonde dans la séparation kantienne entre intuition et concept.

 

Une théorie de l'action raisonnable...

   Les échanges entre individus constituent le contexte de l'action et dessinent la nature des contraintes. Pour qu'ils puissent avoir lieu, il faut que les actes de chacun soient compréhensibles et acceptables par d'autres, et que chacun soit à même de justifier son comportement à l'égard d'autrui. Le postulat qui fonde cette affirmation est que l'homme est un être raisonnable, il sait raisonner et il entend raison. En effet, le lien qui unit l'être particulier qu'est l'homme à la communauté de ses semblables, c'est "l'impératif de justification... Cet impératif de justification est même un attribut caractérisant ce en quoi les personnes sont humaines. Le principe de justification établit le lieu essentiel de la communication entre les hommes. Entrer en relation suppose donc de rechercher un langage commun, de définit un objet transcendant l'intérêt particulier de chacun, de s'entendre sur ce que chacun reconnaît comme un "principe supérieur commun". Ce principe permet que des accords soient passés entre les hommes. Ces accords ne sont pas des contrats car "le contrat est un resserrement par lequel il s'agit de borner, de mettre à leur place, de relier davantage les uns aux autres, les éléments d'en ensemble" (THÉVENOT, 1989). Si ces accords sont susceptibles d'être conclus, c'est parce que les hommes vivent ensemble et disposent d'un système de valeurs communes rendant possible l'établissement de conventions. Ces accords sont donc des conventions  qui, au contraire des contrats, sont des formes permettant de "coordonner des intérêts contradictoires qui relèvent de logiques différentes, mais qui ont besoin d'être ensemble pour pouvoir être satisfaits (...) Une convention est un système d'attentes réciproques sur les comportements et les compétences, conçus comme allant de soi et pour aller de soi" (Idem). Le conventionnalisme est donc une théorie du consensus social, reposant, selon ses fondateurs, sur l'essence même de la nature humaine.

   Le conventionnalisme est ainsi une théorie de l'action. A ce titre, il étudie les motivations des individus, les modalités de l'objectivation de l'action et le cadre dans lequel se déroule l'action. C'est qu'il appelle les formes de coordination. Mais il récuse les concepts fondateurs de l'action individuelle contenus dans l'économie néo-classique, théorie par excellence de l'échange marchand. Il s'attaque par conséquent à ce qu'il considère comme les concepts de base du dogme de l'économie néo-classique pour les transformer en éléments fondateurs de ses propres principes : les concepts de rationalité, de complexité et d'équilibre. A la place de ces concepts, il utilise les notions d'épreuve de réalité impliquant la justification (l'action raisonnable), la pluralité des modes (formes) de coordination ou cadres de l'action des individus, et enfin la dynamique de transformation du monde ou plutôt des mondes. Car le conventionnalisme se veut aussi une théorie du changement social. Dans l'esprit de ses fondateurs, il ne s'agit pas simplement d'un changement vocabulaire. Ils entendent aller vers la compréhension du changement social, chose que ne semble plus pouvoir faire l'individualisme méthodologique.

   La théorie peut apparaître complexe au sociologue tant les catégories de pensée appartiennent à l'économie ou aux sciences morales et politiques, et tant les efforts déployés par cette sociologie ne semble pas prôner l'économie des moyens pour comprendre la société... Certains pourront penser, et nous ne sommes pas loin de le faire, que ces efforts veulent à tout prix éviter de partir des conflits qui sont pourtant la substance de maintes relations sociales, surtout si ces conflits ne semblant être maitrisés par les individus, pris par eux plus qu'ils ne les alimentent volontairement.

Afin de donner un aperçu général de la théorie conventionnaliste sans être trop réducteurs, Jean-Pierre DURAND et Robert WEIL présentent successivement, du plus simple au plus complexe :

- les objets environnant l'homme et utilisés dans l'action ;

- la logique de l'action, à savoir la justification de celle-ci vis-à-vis d'autrui ;

- les six axiomes qui définissent la nature de l'homme, c'est-à-dire ce que sont les hommes ;

- les trois axiomes qui fondent le cadre de l'action, soit la coordination de l'action entre individu ;

- le modèle commun à l'action et la relation d'équivalence ;

- les six mondes ou cités dans lesquels l'homme agit ;

- la transformation du monde avec le passage d'un monde à un autre.

  L'ensemble de ces sept propositions dont système, et effectivement dans les travaux des fondateurs, on passe très vite d'un élément à un autre. C'est le propre d'une théorie générale : en définissant l'essence de homme, l'environnement d'objets qu'il s'est construit, la logique de son action, puis en conceptualisant le cadre de cette action, le conventionnalisme proposer de segmenter la réalité sociale en six mondes ou univers ou cités caractérisés chacun par une nature des objets et des hommes. Ce n'est que lorsque les accords et conventions qui y règnent ne sont plus acceptés ou acceptables que de nouveaux accords ou compromis sont reconstruits, donnant naissance à un nouveau monde ou cité.

 

Un programme général d'études...

     Cette économie des conventions dont les auteurs, presque tous des économistes, veulent qu'elle soit plus qu'une théorie économique, une véritable sociologie (quoi là-dessus des divergences existent)n s'alimentent à partir du milieu des années 1980 des travaux de Jean-Pierre DUPUY, François EYMARD-DUVERNAY, Olivier FAVEREAU, André ORLÉAN, Robert SALAIS et Laurent THÉVENOT. Leur programme général consiste en une reprise du projet radical de John Meynard KEYNES, qui vise à tirer toutes les conséquences pour l'analyse économique d'une prise en compte réaliste de l'incertitude, découlant d'une hypothèse de rationalité limitée. Au premier rang de ces conséquences, figure la nécessité d'un traitement endogène des modalités de gestion de cette incertitude, soit des représentations pratiques supposées partagées (en quoi consistent les conventions). Ces représentations renvoient aux attentes que forment les agents quant au déroulement de leurs coordinations, soit à l'idée qu'ils se font du fonctionnement des groupes au sein desquels ils agissent.

Tous ces auteurs partent des préceptes de l'individualisme méthodologique et ne l'abandonnent pas, même si le poids des institutions est souvent examiné, du point de vue de la contrainte qu'ils exercent sur les acteurs qui seuls sont à même de faire émerger des règles de comportements. Cela n'empêchent pas certains, sans renoncer aux "bienfaits" du libéralisme, d'adopter souvent une attitude extrêmement critique par rapport au système économique et social existant. Et de faire, par enchaînement d'idées, des propositions perçues comme radicales par les tenants de l'économie néo-libérale.

Leur objectif est de "concilier une certaine autonomie du social, allant jusqu'à reconnaître ses lois propres, avec l'idée que ce sont toujours les individus, et non des entités supra-individuelles, qui agissent et qui portent des intentions collectives (individuelles et/ou collectives)" (Christian BESSY et Olivier FAVEREAU, Institutions et économie des conventions, dans Cahiers d'économie politique, 2003/1, n°44)

 

Jean-Pierre DURAND et Robert WEIL, Sociologie contemporaine, Vigot, 2002.

 

SOCIUS

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 08:44

  Maints documentaires évoquent l'avancée des Alliés et le repli stratégique de l'Armée allemande, surtout côté Ouest, mais pas seulement. Côté films, la série soviétique La libération, déjà évoquée, détaille l'avancée sur le front Est des Soviétique, tandis que de nombreux films en Occident se concentrent sur la bataille des Ardennes, contre-offensive allemande, dont l'échec précipite la fin de l'Allemagne nazie, pratiquement toutes ses forces les plus entrainées, les plus aguerries et les plus dotées de chars de dernière génération ayant été consacré à cette tentative d'atteindre Anvers et de priver les Alliés de cette précieuse tête de pont, dans l'espoir (fou et vain) d'obtenir des États-Unis un répit afin de pouvoir contrer les forces soviétiques.

 

Côté documentaires

- 39-45, le monde en guerre, L'étau, Août 44-mars 45, DVD 1, volume 3

- Les grandes batailles, Allemagne 1944, partie 1

 

- Apocalypse La deuxième guerre monde, épisode 6 L'enfer

 

- Champs de bataille, La bataille des Ardennes (TIGNERES)

 

 

Côté films :

La bataille des Ardennes (ANAKIN)

 

- Attack! (ALDRICH)

 

- Un pont trop loin Hollande 1944 (ATENBOROUGH)

 

- Section 44 (GORDON)

 

- L'enfer est pour les héros (PIROSH)

 

- Bastogne (WELLLMAN) qui relate en 114 minutes l'histoire de la 101e aéroportée résistant à la contre-offensive allemande finale.

 

- Dans la série soviétique évoquée auparavant, La libération : DVD 2, l'opération Bagratin ; DVD 3, La bataille pour Berlin

 

 

Côté série

Frères d'armes : A la croisée des chemins, Bastogne (DVD3) et Point de rupture, La dernière patrouille (DVD 4)

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 09:48

    Walter CLARKE est un homme politique, qui devient gouverneur (Trois fois, 6e, 13e et 17e gouverneur, respectivement en 1676-1677, 1686-1686 et 1696-1698) de la colonie de Rhode Island et Providence Plantations et le premier gouverneur "natif", amérindien de cette colonie anglaise.

   Fils du président colonial Jeremy CLARKE, il est quaker comme son père. Sa mère Frances (LATHAM) CLARKE, est souvent appelée la "mère des gouverneurs". A la fin de la vingtième année, il est élu député de Newport et, en 1673, est élu à son premier des trois mandats consécutifs d'adjoint. Pendant la guerre du "roi Philip", il est élu à son premier mandat de gouverneur de la colonie. Il sert pendant un an dans ce rôle, s'occupant de la  réparation des dévastations de la guerre et des exigences prédatrices des colonies voisines sur le territoire de Rhode au lendemain de la guerre.

   En 1676, lors de la dévastation de la guerre du roi Philip, il fait lors de son premier mandat de gouverneur face à une situation particulièrement difficile. La plupart des colons sur le continent (Providence et Warwick) fuient vers Aquidneck Island où se trouvent Newport et Portsmouth. Un flottille de sloops ou de canonnières, chacune avec 5 ou 6 hommes, naviguent constamment autour de l'île pour se replier d'éventuels attaquants. L'ile est en grande partie détruite, y compris la plupart des maisons et des champs. Comme la colonie est à moitié quaker, pendant cette période, une loi de 1673 est promulguée pour exempter les hommes de leur devoir militaire si porter des armes est contraire à leurs convictions religieuses. Pendant la guerre, l'acte est abrogé en mai 1676, mais ré-adopté 6 mois plus tard à la réunion d'octobre de l'Assemblée Générale. Toujours au cours de cette cession d'octobre, une lettre est envoyée à la colonie voisine du Connecticut pour les revendications dans le pays de Narragansett. En mai 1677, le "Parti de la guerre" gagne la plupart des sièges à l'Assemblée Générale, et Benedict ARNOLD est élu gouverneur. CLARKE quitte le pouvoir pendant deux ans, mais en 1679, il est élu vice-gouverneur. Il occupe continuellement ce poste jusqu'en 1686, date à laquelle il est de nouveau élu gouverneur.

   La mort du roi d'Angleterre Charles II en 1685 amène James II sur le trône, avec une nouvelle politique à l'égard des colonies américaines. Edward RANDOLPH est envoyé en Amérique pour établir un gouvernement temporaire sur les colonies jusqu'à ce qu'un gouverneur permanent puisse être établi.

   En juin 1686, Joseph DUDLEY et son conseil tiennent un tribunal à Narragansett, rendant le territoire, nommé Providence, nommé province du Toi, indépendant de toute colonie. Edmund ANDROS est nommé gouverneur royal de toutes les colonies de la Nouvelle-Angleterre sous le Dominion de la Nouvelle-Angleterre, et lorsque l'Assemblée Générale de mai 1686 est ajournée en juin, elle ne se réunirait plus. Pour ne pas perdre tout pouvoir législatif, les habitants des iles Rhodes placent ce pouvoir dans les villes individuelles, maintenant ainsi une grande partie des libertés de la colonie sous la régne d'ANDROS.

Cela fait rappeler que, constamment, les colons des différents villes de la nouvelle-Angleterre sont confrontés à des entreprises de reprise en main par le pouvoir royal, lequel entend par là faciliter à la fois le maintien de l'ordre, la fiscalité et la "protection" par rapport aux  puissances rivales (France), induisant une certaine uniformisation de l'ordre établi à laquelle résistent précisément les colons. Les germes de la guerre d'Indépendance américaine sont établis depuis très longtemps en Amérique.

   Quand ANDROS prend le pouvoir dans la colonie de l'île de Rhodes, il s'entoure de 7 conseillers dont CLARKE. Lorsque le gouverneur royal vient à Newport pour prendre possession de la Charte royale de la colonie, CLARKE cache le document chez son frère. L'un des résultats positifs du régime d'ANDROS est le retour éventuel à Rhode Island du pays narragansett, autrefois disputé et revendiqué par Humphrey ATHERTON et sa compagnie. Lorsque le roi James s'enfuit en France et William III et Mary II montent sur le trône d'Angleterre, ANDROS est chassé de la Nouvelle-Angleterre et la Charte royale de 1663 devient de nouveau le document directeur de la colonie de l'île de Rhodes. Mais CLARKE refuse de reprendre ses fonctions de gouverneur de la colonie et HENRY est élu à sa place. Sa position change plusieurs années plus tard, lorsque les colonies se préparent à une invasion par la France. Le gouverneur FLETCHER de NewYork demande un contingent d'hommes à Rhode Island, qui réplique alors qu'elle-même est trop exposée du fait d'un littoral sous-défendu pour s'en démunir. Lorsque, le traité de RyBrunswick rétablissant la paix avec la France est signé, CLARKE, en tant que quaker, refuse de prêter serment pour poursuivre les corsaires qui ne suspendaient pas leurs opérations en mer.

   Quand BRENTON fait venir une commission à Peleg Sanford pour contrôlé l'application des directives de la Couronne d'Angleterre, il s'en irrite. Il s'irrite de plus lorsque BRENTON demande d'imprimer les lois de Rhode Island, ce qui n'avait jamais été fait, et de destituer CLARKE. Tout ceci pousse CLARKE à démissionner de son poste de gouverneur et il est probable que son neveu, Samuel CRANSTON, ait présidé la réunion de mai 1698 de l'Assemblée, lorsqu'il est élu pour la première de ses nombreuses fonctions. CLARKE ne cesse toutefois pas sa fonction publique et il est élu en 1700 vice-gouverneur sous CRANSTON, sans cesse reconduit jusqu'à sa mort dans cette fonction.

   Les difficultés de CLARKE sont emblématiques des vicissitudes rencontrées par les leaders quaker dans certaines des colonies où ils sont hégémoniques dans posséder tous les leviers du pouvoir comme en Pennsylvanie. Les conflits entre leurs convictions quakers et les réalités s'accroissent en intensité au fur et à mesure que la population s'accroit d'éléments extérieurs, souvent amenés là à cause de nombreux troubles, mais aussi au fur et à mesure que les contentieux entre la Couronne et les colons se multiplient.

 

Pour les écrits et la biographie de Walter CLARKE, voir surtout le site internet quahog.org

Arnold, Samuel GREEN, Hisotry of the State of Rhode Island and Providence Plantations, New York, D. A. Appleton & Compaby, 1859. Val S. RUST, Radical Origins, Early Mormon Converts and Their Colonial Ancestors, University of Illinois Board of Trustees.

 

 

   

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 11:48

  On peut considérer la filmographie - documentaires, séries télévisées et films de fiction confondus - de la seconde guerre mondiale comme étant réparties en plusieurs blocs de thèmes, et non seulement sur le plan des opérations militaires. Les résistances et les collaborations dans les territoires occupés avec l'occupant constituent à elles seules un de ces blocs : riche, fourni, global ou local, ce bloc a inspiré nombre de réalisateurs, et au fur et à mesure que l'on s'éloigne dans le temps de cette guerre, de manière de moins en moins caricaturale, de plus en plus nuancée, prenant en compte de plus en plus les conflits sociaux exacerbés par elle, s'attardant de plus en plus sur les motivations (politiques, psychologiques...) des adversaires face à face.

 

Côté documentaires

- Dans la série 39-45, Le monde en guerre, dans le DVD1, volume 3 sont développés l'Occupation de la Hollande (1940-1944).

 

- Vichy ou la mémoire emprisonnée est un de plusieurs documentaires consacrés au régime de l'État Français.

 

- Résistants-Collabos, Une lutte à mort (WEBER/MAZUET) éclaire le combat féroce entre deux facettes extrêmes de la résistance et de la collaboration.

 

- Collaborations (LE BONIN) parcoure les différents types de collaborations en Europe.

- Les combattants de l'ombre (GEORGE) dresse en 3 DVD le panorama des résistances. C'est un ensemble de commentaires, de témoignages d'anciens résistants (certains se considèrent d'ailleurs encore comme des résistants), d'images d'archives (remarquable travail sur la photographie), qui permet de se faire une première idée (car il faut toujours prolonger par l'écrit...) de l'état des différentes résistances en Europe durant la seconde guerre mondiale. Le documentaire reste toujours au niveau des acteurs de ce drame tout en prenant très souvent de la hauteur dans la narration des événements. Si l'on doit conseiller un seul documentaire ou un documentaire d'ouverture à la réflexion, c'est bien celui-là.

 

- Elles étaient en guerre 1939-1945 (BEZIAT-NANCY) se consacre à une grande partie du vécu des femmes pendant la seconde guerre mondiale.

 

Côté séries

- Une française des plus récentes, Un village français suit les différentes "aventures" d'un médecin contraint d'exercer des responsabilités politiques pendant l'Occupation.

 

- La ligne de démarcation, une des plus anciennes séries françaises consacrées à l'Occupation décrit plusieurs "faits héroïques" de résistants autour de la zone de démarcation entre le territoire sous administration directe allemande et celui sous le gouvernement de Vichy.

 

- Le 16 à Kerbriant tourne autour des relations entre résistants et un commandant allemand aux positions ambigües.

- La bicyclette bleue

 

Côté films, voici une sélection parmi la surabondante production autour de l'occupation, de la collaboration et de la résistance en Europe

 

- Uranus, sur la collaboration française (BERRI)

- Rome, Ville ouverte (ROSSELLINI)

 

 

- L'Élu (DISOAR)

- Fortunat (JOFFE)

- Monsieur Batignole

- L'armée du crime (GUEDIGUIAN)

 

- Black Book (VERHOEVEN)

- Sous la ville

- Le train (FRANCKEIMER) montre les réseaux français de résistance dans les chemins de fer, à l'appui de la chasse à un train bourré de trésors volés, en route pour l'Allemagne. 

A rapprocher ce film, sur le thème des vols d'oeuvres d'art par les nazis, le film Monuments Men, de George CLOONEY, qui relate l'aventure d'une équipe chargée de récupérer ces multiples oeuvres volées dans toute l'Europe.

- HHhH, L'assassinat d'Heydrich (JIMENEZ)

 

- Opération Lidice

- La nuit des généraux

 

- Walkyrie (SINGER)

- La traversée de Paris (AUTANT-LARA)

- Normandie Niemen (DREVILLE)

 

- Suite française (SALL DAVB)

- Achtung! Bandits! (LIZZANI)

- La bataille du rail

 

Côté téléfilm, sélection autour d'une production elle aussi abondante

- 1943, L'ultime révolte (AYMET)

- Le temps de la désobéissance (VOLSON). Il s'agit-là des résistances au sein de la police française, à la politique d'extermination des Juifs en France.

- War of resistance (SPENCER)

 

   A propos de la résistance en France, une question à la fois stratégico-politique (concernant la place de la France aux côtés des Alliés) et historique (qui est aussi une question de mémoire nationale) se pose toujours : la France a-t-elle réellement contribué à la victoire des Alliés. Si dans l'ensemble, films, documentaires, séries, répondent, à l'instar d'autres résistances en Europe, par l'affirmative, les historiens eux, sont beaucoup plus nuancés. Ils veulent distinguer plusieurs niveaux, à commencer par celui de la perception des différents camps en présence pendant la seconde guerre mondiale. Le poids militaire de l'engagement de la France, en ce qui concerne son engagement (tardif et très progressif) des Alliés peut se mesurer à l'aune de 15 divisions (selon EISENHOWER dans ses Mémoires de 1949) - on peut discuter du format des divisions et de leur armement... - à l'aune des mythes fondateurs des batailles de Koufra et Bir Hakeim (aux poids stratégiques discutables), à l'aune de la résistance intérieure et des maquis (malheureusement sur le plan strictement militaires, des échecs), à l'aune encore de l'aide aux débarquements de Normandie et de Provence (plus probante en ce qui concerne le deuxième), mais outre que par l'exemple l'armée de libération est surtout une armée en trompe l'oeil (sur les plans des effectifs et des capacités de manoeuvres...), Il faut sûrement mesurer l'effet des résistances militaires et civiles plus globalement et faire la comparaison (même si elle est un peu uchronique...) avec la possible disponibilité pour le Reich de la marine et des forces terrestres françaises, en tant que troupes encadrées face aux Alliées. Que la marine se saborde et que l'armée parte en ordre dispersé plus ou moins dans la résistance a changé bien des choses. Si l'apport à la victoire finale est modeste (Tunisie, Cassino, Provence surtout) et si les Allemands ne s'attendaient pas à trouver à la table de la reddition les Français, on n'oubliera jamais que la représentation de ce que fut réellement l'attitude des Français, comme souvent dans l'Histoire, compte plus en définitive pour la suite des événements, que la réelle participation à la guerre... (voir Jean-François MURACCIOLE, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale)

 

FILMUS

 

Complété le 23 mars 2021

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