Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 13:09

   Politique africaine est une revue française trimestrielle, sur papier et en ligne, axée sur affaires politiques africaines. Fondée en 1981, elle est publiée par l'Association des chercheurs de Politique africaine, des Éditions Karthala. Elle se veut pluridisciplinaire et offrir des travaux innovants inédits sur les sociétés africaines et leurs diasporas, et sur les rapports du continent avec le reste du monde.

    Chaque numéro de la revue est structuré autour d'un dossier thématique constitué d'une demi-douzaine d'articles. Chaque dossier équivaut ainsi à un mini-ouvrage collectif, réalisés par les meilleurs spécialistes du sujet. Ainsi, sont abordés les deux Congos dans la guerre (n°72), Besoin d'État (n°61) ; Intellectuels africains (n°51), ou La politique africaine des États-Unis (n°12). Chaque numéro comprend également des articles "hors dossier" qui traitent d'autres sujets. Il s'agit d'associer étroitement la recherche fondamentale à l'analyse de l'actualité, afin de fournir à un lectorat large des clefs de compréhension des dynamiques du continent.

     Dans le numéro 153, 2019/I, Politique africaine abordait la situation du secteur audio-visuel africain en pleine expansion, avec l'émergence de petits entrepreneurs qui défient les grands groupes continentaux et internationaux. Une production locale de qualité parvient à faire bon ménage avec les industriels.

  Dirigée par Vincent BONNECASE et julien BRACHET, à la tête d'un comité de rédaction d'universitaires ou d'écoles supérieures, venant de paris, d'Italie, d'Allemagne, du Canada, de Belgique et de pays d'Afrique. Bilingue, la revue se veut également en rupture avec les approches classiques et s'est imposée en France et à l'étranger, comme une publication de référence pour l'ensemble de la communauté internationale spécialiste du continent.

 

 

Politique Africaine, Les éditions Karthala, 22-24 boulevard Arago, 75013 Paris. Sites Internet : polaf.hypotheses.org ; politique-africaine. com ; cairn.info ; karthala.com

Partager cet article
Repost0
17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 10:24

    Stratégie indirecte, guerre indirecte, style indirect et approche indirect, comme l'écrivent Arnaud BLIN et Gérard CHALIAND dans leur Dictionnaire de stratégie, pour citer des éléments d'une terminologie "multiple (qui) reflète l'étendue d'un domaine fondamental de la stratégie qui fut souvent négligé au cours des siècles, surtout en Occident". On pourrait même écrire que la stratégie dite directe n'est qu'un élément - minoritaire, même s'il est évidemment important et... survalorisé - de la stratégie en général. "Dans une perspective historique, ajoutent-ils, ce qui indique bien leur véritable place, "il serait tout aussi approprié de parler de stratégies indirectes tant les circonstance ont pu modifier la forme selon laquelle fut pratiqué un mode de combat qui refait surface aujourd'hui, après un siècle et demi de guerre totale et de stratégie "directe"."

    Ces stratégies indirectes apparaissent dans les textes les plus anciens, dont L'Art de la guerre de SUN TZU, qui, de manière paradoxale, n'est pas représentatif d'un état raisonné de la guerre en Chine de son époque (Ve-IIIe siècles av. J.C.). Il indique bien, mais il y a des textes bien plus anciens encore (pour ceux qui aiment la Bible, recherchez dans l'Ancien Testament...) la pérennité de la guerre indirecte, dont les fondements demeurent inchangés au cours des âges : intelligence des rapports de force, économie des efforts, harcèlement physique et moral, manipulation et épuisement de l'adversaire, surprise... La stratégie indirecte peut être militaire mais aussi, comme c'est le cas souvent en ce début du XXIe siècle, politique. Que les moyens soient militaires ou pas, les principes de la stratégie indirecte sont identique. L'objectif est toujours de déséquilibrer et de disloquer l'ennemi afin d'exploiter ses faiblesses pour accomplir le but à atteindre, soit la victoire militaire ou politique, en tout cas de lui imposer ses propres vues. Traditionnellement, l'emploi de stratégies indirectes fut déterminé principalement par des considérations géographiques et culturelles. De nos jours, le contexte politique international est favorable à l'usage de telles stratégies qui ont généralement pour objectif des victoires essentiellement politiques, avec des moyens qui ne sont plus exclusivement militaires. C'est pourquoi les analyses contemporaines tendent à souligner la divergence entre stratégie politique et stratégie militaire alors que les analyses historiques ont tendance, plus simplement, à interpréter le phénomène de la stratégie indirecte sous son aspect strictement militaire. Il y a là certainement plus un effet d'optique déformant qu'autre chose. Il est vrai qu'aujourd'hui, mais cela n'est pas un phénomène qui se vérifie partout (encore moins sur le plan théorique), les armées de masse, les troupes au nombre important de matériels et de soldats, moyens de stratégies directes violentes, ne sont plus maintenues par les États, soit dit en passant, en perte de vitesse sur bien des plans (ce qui n'est pas irréversible...).

Pour André BEAUFRE, dont les écrits coïncident avec les guerres d'indépendance des années 1950 et 1960, les stratégies directes et indirectes se définissent selon la nature de leurs objectifs, militaires pour l'une, politiques pour l'autre. BEAUFRE fait la distinction entre l'approche indirecte et la stratégie indirecte, la première se situant au niveau de la conduite des opérations militaires et ayant pour but la victoire militaire (stratégie directe), alors que la stratégie indirecte "est celle qui attend l'essentiel de la décision par des moyens autres que la victoire militaire". La stratégie indirecte se joue au sein d'une marge plus ou moins grande de "liberté d'action" définie selon les rapports de force du moment et les conséquences qu'une telle stratégie pourrait avoir sur l'échiquier international.

Alors que BEAUFRE situe son discours au niveau de la stratégie globale, LIDDELL HART définit sa doctrine de l'"approche indirecte" sur le plan plus restreint de la stratégie militaire générale où la dimansion stratégique ne dépasse pas le cadre de la guerre. Le but du stratège est de créer une situation stratégique si avantageuse que, si la situation en elle-même  ne suffit pas à provoquer la décision, celle-ci est accomplie par le seul fait que les combats continuent. Le but de la stratégie ainsi défini, l'objectif, selon LIDDELL HART, est de déséquilibrer et de disloquer l'adversaire. Les moyens de cette dislocation sont multiples et constituent l'approche dite indirecte, clé du succès militaire à toutes les époques. La supériorité de l'approche indirecte réside dans la concentration sur deux éléments essentiels de la guerre : le rapport des forces et l'économie des efforts. Si le rapport de forces est défavorable à l'un des deux adversaires, il sera obligé d'avoir recours à l'approche indirecte. S'il est favorable, alors il voudra remporter la victoire de manière moins coûteuse et adoptera également l'approche indirecte. De toutes les façons, LIDDELL HART souligne le fait que l'on n'est jamais complètement sûr de sa supériorité.

Fernand GAMBIEZ, qui préfère parler de style de guerre, est également convaincu que le style "indirect" à toute époque, n'a qu'une fin, son économie, qu'il s'agisse du style indirect "naturel" des peuples d'Asie centrale, du style indirect "artificiel" des armées européenne massives ou de la composition moderne entre les deux styles. Que l'on parle d'approche ou de style indirects, le but est le même : la dislocation de l'adversaire.

Le théoricien et historien militaire Éric MURAISE définit la guerre de deux manières, directe et indirecte, et introduit le facteur culturel comme déterminant essentiel de cette typologie de la guerre, la guerre directe ayant été l'apanage des Occidentaux alors que la guerre indirecte dut surtout pratiquée en Orient. Là encore, le but de la guerre indirecte réside dans la dislocation de l'ennemi, provoquée la plupart du temps par un harcèlement physique et psychologique de l'adversaire. Pour des raisons géographiques et psychologiques, la guerre indirecte est mieux adaptée au monde oriental. Les Occidentaux, pour des raisons d'ordre moral et religieux, ont du mal à pratiquer un art qu'ils jugent déloyal. Les grands espaces des steppes d'Asie centrale appellent naturellement les peuples nomades, montés à cheval, à pratiquer une guerre fondée sur la mobilité et la liberté d'action. Selon MURAISE, "la stratégie indirecte n'est pas exclusive des combats. Elle y mêle un arsenal de feintes, d'effacements, d'entreprises contre la logistique adverse. Il s'agit de disloquer l'ennemi avant de l'achever (...) il faut, sans se mettre en prise, miner sa sûreté, ses ressources, son moral et ne frapper qu'à coup sûr".

Au niveau de la tactique, le harcèlement continu permet de faire craindre le combat sans avoir à le livrer. Depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, la tactique indirecte est toujours la même : harcèlement, ruse, mouvements d'aller-retour, raids (razzias). C'est cette tactique qui permet aux nomades d'Asie centrale de surprendre les Occidentaux dans de nombreuses occasions. On se souvient du récit de PLUTARQUE relatant l'expédition désastreuse de CRASSUS (54 av. J.C.) face aux Parthes, mettant aux prises sur un terrain défavorable une cavalerie d'archers pratiquant le harcèlement face à une infanterie lourde recherchant le choc. Jusqu'aux Mongols et au-delà - Cosaques contre la Grande Armée napoléonienne par exemple - ce type de rencontre s'est maintes fois reproduit, même si, du côté des sédentaires, on est passé de l'usage de l'infanterie à celui de la cavalerie lourde. Toutefois, la stratégie indirecte est également pratiquée par les Occidentaux, souvent par nécessité et au contact de leurs adversaires. Les Byzantins, en particulier, surent s'adapter à un nouveau style de guerre que pratiquaient leurs rivaux. Les stratèges français des guerres coloniales, comme BUGEAUD, appliquèrent eux aussi une méthode de combat pratiquée par leurs adversaires. Sur le plan individuel, de nombreux stratèges, tel DU GUESCLIN, au Moyen-Âge, ou MAURICE DE SAXE au XVIIIe siècle, adoptèrent un style de guerre indirect. Une des conditions essentielles favorisant la pratique de la stratégie indirecte est la présence de refuges et de sanctuaires. Ceux-ci peuvent être géographiques, politiques ou populaires. Pour les nomades d'Asie centrale - décidément beaucoup cités par les stratégistes - ce refuge est constitué par l'immensité de l'espace, semblable à l'espace maritime pour le combat naval. Les régions montagneuses, la forêt tropicale, les marécages sont des refuges classiques pour les pratiquants de la petite guerre. La guérilla urbaine utilise l'immensité des grandes villes métropolitaines (des hauteurs des immeubles aux bas-fonds), alors que le terroriste se réfugie habituellement dans un sanctuaire politique (Libye, Iran).

   Après l'ère des guerres totales qui se terminent en 1945, et en dehors de quelques guerres classiques régionales (Inde-Pakistan, Israël-pays arabes, Corée, Iran-Irak, Malouines, guerres du Golfe), nombre des conflits dans le monde contemporain sont réglées par des stratégies indirectes. La guerre froide et la création d'arsenaux nucléaires ont donné  aux peuples colonisés ou semi-colonisés une liberté d'action croissante, leur permettant d'exploiter au mieux  les avantages de la stratégie indirecte. La perspective, intolérable,  d'une guerre atomique oblige les deux superpuissances à se replier vers une stratégie indirecte, complément logique de la stratégie nucléaire. Dans la phase de décolonisation, la guerre révolutionnaire a joué un rôle considérable auquel les Occidentaux, en particulier les Français et Américains, n'ont pas toujours su s'adapter. Si la guérilla est une technique d'irréguliers, fondée sur la suprise et le harcèlement, destinée à affaiblir une armée régulière, la guerre révolutionnaire chercher pour sa part, par les mêmes moyens politiques et militaires, à encadrer une population afin de s'emparer du pouvoir. La formule de Raymond ARON, "survivre, c'est vaincre", s'applique parfaitement à une situation où les mouvements de libération l'emportent souvent, à la longue, sur le plan politique, par lassitude des opinions politiques métropolitaines et parce que l'enjeu ne remet en cause , pour les dominateurs, rien de vital. A l'ère de la communication de masse, la guerre psychologique devient d eplus en plus souvent le substitut du militaire dans les esprits. Depuis 1945, la stratégie indirecte est conforme à la définition que lui donne André BEAUFRE, c'est-à-dire qu'elle attend ses résultats autour de moyens autres que militaires. Plus que jamais, la stratégie indirecte dépend des esprits et des volontés : guerre psychologique, propagande, désinformation. Le terrorisme,qui représente la forme la plus violente de la guerre psychologique, est un instrument à la fois efficace et peu onéreux, exploitant au maximum les nouvelles données médiatiques et leur impact sur l'opinion publique. Les guerres d'Indochine, d'Algérie, du Viet-Nam démontrent la supériorité de la victoire politique par rapport à la victoire militaire (même si celle-ci est tangible sur le terrain pour les puissances coloniales...), des forces morales par rapport à la puissance physique, et soulignent la difficulté à vouloir contrer une stratégie indirecte par une stratégie directe. (BLIN et CHALIAND)

  

      Vincent DESPORTES définit les styles de guerre - donc de stratégie, selon lui - par leur position sur un continuum.

    A l'une des extrémités, pour lui, le style indirect va rechercher la meilleure efficience opérationnelle possible en évitant la bataille ou en la réduisant au minimum. Privilégiant la manoeuvre dans les différents espaces de la guerre, "attendant l'essentiel de la décision de moyens autres que la victoire militaire" (BEAUFRE), le style indirect va rechercher une situation avantageuse permettant au mieux d'imposer sa volonté en évitant la bataille, au pire, si la bataille ne peut être évitée, d'obtenir le meilleur rendement opérationnel des forces engagées, le plus souvent en frappant l'ennemi en un point faible - existant ou suscité - et en recherchant son effondrement.

La stratégie indirecte ne vise pas la destruction organisée de l'adversaire, mais cherche, dans les champs d'action non militaires et militaires, à le priver de sa liberté d'action aux différents niveaux de la guerre puis, si nécessaire, à disloquer la structure adverse et donc sa capacité à agir en tant qu'organisation capable de produire de la violence et d'imposer sa volonté. Au niveau militaire, la stratégie indirecte va chercher la dislocation par la destruction de l'élément-clé - la clé de voûte - ou en s'attaquant à la source de la puissance plutôt qu'à la puissance elle-même. le but est toujours d'obtenir un effet de levier par l'application d'une supériorité relative ponctuelle sur une vulnérabilité décelée et d'obtenir, par effet d'entraînement, l'annihilation du système adverse. Les succès sont proportionnels aux risques pris plus qu'aux effets, auxquels ils visent d'ailleurs à être largement supérieurs.

      A l'autre extrémité, le style direct va rechercher l'affrontement visant la destruction cumulative des moyens adverses. Il voit la guerre comme une confrontation de puissances plus que d'intelligences et privilégie la réflexion quantitative. L'usure de l'autre, plus que son effondrement, est recherchée ; le succès est perçu comme le résultat de l'effet cumulatif de la force et de la puissance de destruction matérielle. Au coeur de la démarche directe, la recherche de l'efficacité peut se traduire par des "approches indirectes" dont l'idée centrale, selon BEAUFRE, est de "reverser le rapport de forces opposées avant l'épreuve de la bataille par une manoeuvre et non par le combat (pour) compenser , par un jeu subtil, l'infériorité où l'on se trouve". L'archétype de la stratégie directe est l'offensive ouverte qui n'exclut pas la "manoeuvre sur les derrières" parfaitement réalisée par l'empereur NAPOLÉON à Ulm (1805) et Iéna (1806), par MACARTHUR à Incheon (1950) ou le "débordement", comme dans le plan Schlieffen mis en oeuvre en août 1944 par les armées allemandes.

    Les deux types de stratégie relèvent de deux visions différentes de l'ennemi et de soi même. La perception de sa propre puissance pousse à la stratégie directe, qui tend souvent à n'être qu'une addition de tactiques visant l'efficacité technique. A l'inverse, la faiblesse, la vulnérabilité pousse à la réflexion, à la stratégie permettant la valorisation de ses éléments de force, leur rendement optimal, bref à l'efficience et l'organisation du rendement opérationnel.

La stratégie directe adopte une vision quantitative de l'ennemi, perçu comme une addition de forces dont la domination suppose une supériorité relative, initiale d'abord, puis progressivement accrue par l'usure infligée. L'action est menée d'abord dans le champ matériel ; l'adversaire est compris comme un ensemble de capacités dont on recherchera l'anéantissement, avec une prédilection pour l'offensive et l'attaque frontale. La bataille, souvent centralisée et conduite de manière scientifique, en constitueta l'argument majeur. A l'inverse, la stratégie indirecte relève d'une vision systémique. L'ennemi étant moins perçu comme une accumulation de puissance que comme un système innervé, irrigué, géré, avec ses points faibles, ses vulnérabilités. La cible de l'action n'est pas constituée des composants du système, mais de sa cohérence ; c'est la stratégie de l'adversaire, ses plans, qui seront de préférence attaqués, avant sa force. Il s'agit davantage de paralyser que de détruire, ce type de stratégie favorise l'économie des moyens, permet la victoire du faible ; il laisse une large part à la décentralisation et à l'initiative, indispensables à l'exploitation rapide des vulnérabilités décelées. L'action vise d'abord les champs psychologiques et la désintégration morale : "l'acte décisif" est recherché plutôt qe "l'acte destructeur" (CLAUSEWITZ). Le blitzkrieg allemand en constitue l'exemple type. (Vincent DESPORTES)

 

     Les visions exposées ci-avant restent dans la sphère des guerres, assimilant souvent stratégie et guerre et pensant surtout la stratégie indirecte dans le cadre d'une stratégie politico-militaire globale. Il existe une autre manière de concevoir la stratégie indirecte, notamment en élargissant la vision à l'après conflit direct souvent violent. Surtout la référence reste le conflit armé entre entités pré-étatiques et étatiques, même si la théorie s'élargit de nos jours aux phénomènes où les civils deviennent des acteurs à part entière dans les confrontations armées, dans une perspective qui prend en compte non seulement les éléments mêmes de la confrontation mais également les conséquences de cette confrontation. Gagner une guerre, même de manière indirecte, n'a jamais garantit une perspective de paix. Les conditions de son déroulement influent souvent plus que la victoire ou la défaite. Le continuum ne se réduit pas à la situation de guerre avec stratégie directe ou indirecte, il concerne également toutes les variantes des conflits au sens large.

 

André BEAUFRE, introduction à la stratégie, Hachette, 1998. Carl von CLAUSEWITZ, De la guerre, Minuit, 2006. Vincent DESPORTES, Comprendre la guerre, Économica, 2011. LIDDELL HART, Stratégie, Perrin, 1998. Eric MURAISE, Introduction à l'histoire militaire, Paris, 1964. SUN TZU, L'art de la guerre, Paris, 1972. MAO ZEDONG, La stratégie de la guerre révolutionnaire en Chine, Paris, 1951.

Vincent DESPORTES, Stratégie, dans Dictionnaire de la guerre et de la paix, Sous la direction de Benoît DURIEUX, Jean-Baptiste JEANGÈNE VILMER et Frédéric RAMEL, PUF, 2017. Arnaud BLIN et Gérard CHALIAND, Dictionnaire de stratégie, Perrin, tempus, 2016.

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 08:19

    Crée en 1991, la revue Confluences Méditerranée traite de questions politiques et culturelles liées aux pays du bassin méditerranéen. Publiée trimestriellement par les Éditions L'Harmattan sous forme de numéros de 150 à 200 pages présentant des dossiers d'actualité rédigés par des spécialistes du domaine, les rédacteurs venant des mondes universitaire, journalistique et diplomatique.

    La revue se veut "sans aucun parti pris idéologique, elle privilégie avant tout le débat entre les acteurs, les témoins et les décideurs, ausii différents soient-ils. Les membres du comité de rédaction ont choisi cette orientation parce qu'ils sont convaincus que le dialogue est une philosophie de l'action politique. Ni l'ampleur des divergences ni la gravité des oppositions ne doivent empêcher que soient patiemment recherchées les possibilités de confluences. Cet attachement au dialogue et à la confrontation des idées vient de la conviction que seul le dialogue peut permettre de construire durablement de nouvelles formes de configurations politiques, à la fois équilibrées et fécondes."

    L'équipe de rédaction regroupe près de 40 personnes, sous la direction de Jean-Paul CHAGNOLLAUD et la rédaction en chef de Pierre BLANC. On trouve des personnalités comme Élie BARNAVI, Alain GRESH, Théo KLEIN ou Gilbert MEYNIER dans son comité scientifique.

    Chaque numéro porte sur un thème central : Mondes du travail : mutations et résistances (2019/4) ; Jordanie : une stabilité de façade (2019/3) ; La Chine : nouvel acteur méditerranéen (2019/2) ; L'Islam de France : nouveaux acteurs, nouveaux enjeux (2015/4) ; La question énergétique en Méditerranée (2014/4)....

 

Confluences Méditerranée, c/o Jean Paul Chagnollaud, 50 rue Descartes, 75000 Paris. Site Internet : iremmo.org et confluences-mediterranee.com

Partager cet article
Repost0
14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 13:23

      Tout d'abord une petite note : il est irritant de voir s'intituler nombre de commentaires sur l'opération Babarossa, nom allemand de cette ruée vers l'Est, invasion de la Russie, alors que ni les frontières ni les conditions d'existence de ce territoire ne correspondent à l'URSS de ce moment-là, de juin 1941  à décembre 1941.

L'invasion de l'Union Soviétique, est surtout évoquée dans des documentaires et fait l'objet de peu de métrages de fiction.

 

- Dans la série française Les grandes batailles, dans la partie La bataille de Moscou,

- comme dans 39-48, Le monde en guerre; Volume 1, Barbarossa

 

sont bien expliquées la préparation, les circonstances et le déroulement de toute succession de batailles qui mènent aux portes de Léningrad, de Moscou et de Stalingrad, sans oublier le déploiement en trois grandes branches des corps d'armée ni l'occupation sanglante des territoires. Les exactions des armées allemandes sont bien évoquées comme les résistances fortes, une fois la surprise passé (les approvisionnements en nourriture et en carburants venant de l'Union Soviétique, de par le traité germano-soviétique, se dérouleront jusqu'au dernier jour!), de troupes soviétiques, même si pour l'essentiel ces dernières se sont trouvées dans un état d'impréparation stratégique et militaire rarement atteint dans l'Histoire, résultat direct des purges staliniennes.

- Dans Pourquoi nous combattons sont autant rendues les conditions de la résistance russe en 1943 que l'invasion russe elle-même. Ce n'est que par un certain effort des autorités militaires de surmonter l'anti-soviétisme de l'ensemble de l'administration fédérale américaine, que Frank CAPRA (sympathisant des idées socialistes) pu montrer pourquoi les soldats américains devaient défendre la Russie.

    Là encore, on remarquera l'explication didactique de La bataille de Moscou, d'1 heure 29 minutes, succession de documents et d'interview, succession même qui peut briser, même si certains peuvent trouver cela ennuyeux, qui brise un aspect dramaturgique, par contre recherché dans Apocalypse, qui pourrait faire oublier les logiques des opérations et faire mémoriser le pathos. Le documentaire britannique de Peter Batty recherche lui aussi le même angle didactique, composé de nombreuses interview comme le documentaire français.

 

   Côté série, on note la partie 7, de Le souffle de la guerre, où les pérégrinations de l'attaché naval l'amène à constater à la fois l'intention nazie et l'impréparation soviétique. Le climat des relations entre les USA et l'URSS est très bien rendu à cette occasion. Son montrés également des éléments qui montrent que l'état-major allemand croyait en une victoire rapide : vêtements d'été pour les soldats, absence de disposition pour rouler sur des terrains inondés des matériels blindés... Déjà, la haute administration américaine est traversée par un débat sur la nécessité de défendre l'URSS des visées allemandes, pour des raisons multiples, notamment stratégiques (ressources pétrolières et intention de faire la jonction avec le front en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, avec l'assistance de la Turquie) et économiques (concurrence des entreprises allemandes contre les entreprises américaines pour le marché du pétrole...).

   Côté films, très peu tournent autour de l'invasion de la Russie et

- La bataille de Brest-Litvosk, du réalisateur russe Alexandre KOTT, de 2010 est une très notable exception. Le métrage russe et béliorusse de 138 minutes, sorti simultanément à Brest, et à Moscou au Festival international du film de Moscou, évoque la bataille de cette forteresse de Brest-Litovk en 1941 entre les troupes soviétiques et allemandes. Les aspects relationnels, affectifs, familiaux, militaires sont bien rendus dans cette résistance - imprévue - de la garnison, qui ne laisse que quelques survivants, au bout de laquelle les Allemands décident d'en finir en larguant une bombe de deux tonnes. Située à un endroit stratégique, la garnison, qui sert aussi d'école militaire, devait être franchie pour que les troupes aient accès - en reprenant le site cédé en 1939 (lors de l'invasion de la Pologne) selon le pacte germano-soviétique) - à la rivière Bug ainsi qu'au chemin de fer Varsovie-Moscou et à l'autoroute. Bien entendu, n'est pas absente une certaine volonté d'héroïser ces vaillants combattants soviétiques (d'ailleurs, il faudrait écrire sur le regain du nationalisme russe, supporté par tout un pan de l'industrie cinématographique...), mais il est relativement rare de voir raconter cette partie de l'histoire de la seconde guerre mondiale. A voir donc, avec les documentaires, pour comprendre cette invasion... Pour le DVD, il est nécessaire d'outrepasser la présentation non explicite et publicitaire;.. Comme souvent, il y a peu de rapport entre la jaquette DVD et le film pour les films peu connus...

     Bien entendu, il est toujours indispensable d'avoir en tête les écrits qui permettent de fixer les idées à la fois sur les motivations des adversaires (c'est central dans l'esprit des dirigeants nazis - même si l'ensemble des militaires de haut rang considère dès le début qu'il s'agit d'une erreur stratégique)) et les enjeux de cette succession de batailles qui aboutit aux portes des capitales symboliques et politique de l'URSS. On ne saurait trop conseiller, à cet égard, la lecture de l'ouvrage de Hans SEIDLER, Opération Barbarossa : Hitler envahit l'URSS, Pierre de Taillac, 2011 ou encore de Jean LOPEZ et Lasha OTKHMEZURI (un pavé de 956 pages), Barbarossa, 1941 : la guerre absolue, Passés composés, 2019.

Parmi les mythes qui circulent sur la seconde guerre mondiale, l'un d'eux se distingue par sa radicalité : en déclenchant l'opération Barbarossa EN JUIN 1941, Hitler n'aurait fait que devancer de quelques jours une offensive soviétique. Cette thèse de révisionniste veut renverser le jugement commun, celui par exemple émit par le tribunal de Nuremberg. Répandue par les services de propagande du Reich (pour convaincre une opinion publique pas si demandeuse d'opérations militaires, malgré l'absence - pour cause d'assassinats et de déportations - de toute opposition), resurgie dans les années 1980 sous la plume de Viktor SOUVOROV (Le Brise-glace, 1988), ancien officier du renseignement soviétique passé à l'Ouest, cette thèse ne tient pas la route, les historiens n'ayant aucune peine à démontrer son invraisemblance. Si elle est mentionnée ici, c'est parce qu'elle s'est répandue notamment en Allemagne et en Autriche, les groupes d'extrême droite ayant tôt fait de la répandre, à la suite de son succès éditorial dans ces pays. Alors que dès Mein Kampf, le projet hitlérien d'envahir l'Est est bien exposé, alors que le Kremlin de STALINE vient de décapiter tout le haut commandement militaire soviétique dans le cadre des luttes idéologique internes du PCUS, alors que même STALINE est convaincu de l'idiotie utile du Reich dans le monde capitaliste et de l'impossibilité pour ce dernier de combattre à la fois sur deux fronts (ce qui est tout-à fait vrai, du reste!).... L'impréparation stratégique, logistique et psychologique de l'Union Soviétique, et de plus l'aide économique au Reich (pétrole, nourriture et produits stratégiques...) dans le cadre du Pacte germano-soviétique de 1939 rendent nulle cette thèse. (Les mythes de la seconde guerre mondiale, Jean LOPEZ et Lasha OTKHMEZURI)

   L'historiographie s'intéresse récemment plus au Pacte germano-soviétique et à ses conséquences sur la guerre, avec par exemple le livre de Roger MOORHOUSE, Le Pacte des diables, de 2014. L'historien britannique, spécialiste de l'histoire récente de l'Allemagne et de l'Europe de l'Est, décrit l'histoire de cette entente, scandée par le Pacte de 1939, mais s'inscrivant dans une relation économique antérieure compliquée, avec ses dispositions prometteuses pour les deux parties, avec ses difficultés très importantes d'application, et également avec ses répercussions diplomatiques, politiques et pas seulement sur la marche de la guerre.

 

    Un des mythes les plus persistants de la seconde guerre mondiale est que l'économie soviétique ne pouvait rivaliser avec le potentiel industriel du Reich. Émis dans la foulée des justifications de la défaite soviétique en 1941, pour en quelque sorte camoufler la responsabilité de l'élite politique stalinienne dans la quasi auto-destruction de l'armée rouge, il est contredit par les récentes recherches sur les deux systèmes productifs. En fait, l'effort de réarmement de l'Allemagne depuis 1933 cache des faiblesses structurelles importantes, induites par de problématiques fournitures de matières premières et d'énergie. Les apports en matériels à l'armée allemande à l'assaut des territoires à l'Est s'avérèrent insuffisants par rapport aux besoins, mal évalués et surtout incapables de pallier à une certaine myopie stratégique hitlérienne (lignes de communications, intendances, effets de l'hiver). De son côté, la planification soviétique orientée également vers le réarmement dans les années 1930 est obérée d'une productivité faible, de gaspillages et... de faux rapports de production. On en arrive d'ailleurs d'un côté comme de l'autre à des divisions d'armée, impressionnantes sur les cartes d'état-major,  non complétement pourvues en hommes et en matériels (et parfois de très loin!)... De part et d'autre, les effets de la propagande masquent les réalités matérielles... (Olivier WIEVIORKA, Les mythes de la seconde guerre mondiale)

FILMUS

 

Complété le 13 novembre 2020. Complété le 3 décembre 2020. Complété le 27 décembre 2020.

Partager cet article
Repost0
13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 15:49

  The diplomat, revue récente (fondée en 2001) en ligne sur Internet, couvre politique, société et culture dans la région Asie-Pacifique. Basée à Washington et à Tokyo, elle se situe dans le grand courant d'un certain déplacement de l'axe principal des relations internationales, suivant de nouvelles orientations de la diplomatie américaine, de l'Atlantique vers le Pacifique.

   Fondé en Australie comme magazine bi-mensuel imprimé par Minh Bui JONES, David LLEWELLYN-SMITH et SUNG LEE, la première édition date d'avril 2002, avec Bui JONES comme responsable de la rédaction et LLEWELLING-SMITH comme directeur de publication. Les responsables de la revue vise principalement, avec 11 500 exemplaires, un lectorat situé dans les couches intellectuelles supérieures : hommes d'affaire, fonctionnaire du gouvernement, universitaires

  Le magazine est racheté par James PACH à travers sa compagnie Trans-Asia en décembre 2007 et au bout d'un certain temps, face aux pertes importantes, réparti ses directions entre Tokyo et Washington et se diffuse depuis 2009 uniquement sur Internet. The diplomat s'assure le partenariat avec de nombreux organismes influents du domaine de la politique étrangère, de la diplomatie à celui des arts, en passant par l'environnement. Un des plus important est le Center for Strategic and International Studies (CSIS). Il est considéré comme un véritable think tank, mais entend surtout faire oeuvre d'informations de première main.

   Il se situe comme le premier magazine d'analyses et de commentaires sur l'Asie dans de nombreux domaines : géopolitique, défense et intelligence, environnement, sécurité et développement, arts, société et culture populaire.

   Actuellement le rédacteur en chef est Shannon TIEZZI, entourée de collaborateurs permanents dans de nombreux pays. The diplomat a la réputation d'accueillir des rédacteurs de qualité comme Minxin PEI, Richard WEITZ ou Meir JAVEDANFAR. Selon Jason MIKS, un moment rédacteur en chef : "Nous avons la chance d'avoir une grande équipe de correspondants réguliers disséminés dans l'ensemble de la région, ainsi que des contributeurs invités qui appartiennent aux dirigeants actuels et anciens, les principaux analystes de l'Asie et des écrivains de classe mondiale".

    Dans son numéro 61, de décembre 2019, le magazine s'interrogeait sur la possibilité que la Chine prenne la tête de la lutte contre la pollution et sur les canaux qu'utilise Pékin pour peser sur les élections à Taïwan - en vain jusqu'à présent.

  Le magazine propose plusieurs formules d'abonnement, incluant ou non le website et The Diplomat's digital magazine, conçu comme un journal classique, mais diffusé seulement sur Internet. Un blog est également animé par l'équipe de rédaction.

Diplomat Media Inc, 1701 Pennsylvania Avenue, Suite 200, Washington DC 20006. Site thediplomat.com

Partager cet article
Repost0
12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 12:52

     Le sociologue américain Aaron Victor CICOUREL, élève de Alfred SCHÜTZ et de Harold GARFINKEL, professeur émérite à l'université de Californie à San Diego, contribue au développement de l'ethnométhodologie avant de se tourner vers la sociologie cognitive.

Après une licence de psychologie expérimentale puis un maitrise de sociologie (1951) et d'anthropologie à l'université de Californie à Los Angeles, il part en 1955 à l'université Cornell pour un doctorat en sociologie, et revient de nouveau à l'UCLA en 1957 pour un post-doctorat. Il y rencontre Harold GARFINKEL et entreprend d'écrire un livre avec lui un livre qui ne sera jamais terminé (ce qui est relativement banal dans un monde universitaire où existe bien plus de projets inachevés que de publications réalisées). En 1970, il s'installe définitivement à l'université de Californie à San Diego, où il noue de nombreux liens avec les milieux hospitaliers universitaires (au sein desquels il travaille par observation participante) et avec divers pionniers de la science cognitive (Donald NORMAN, Davis RUMELHART...).

Son principal terrain d'enquête est formé par les interactions entre médecins et patients, et en particulier l'usage en contexte des catégories professionnelles et ordinaires servant à nommer les troubles et les symptômes.

   Particulièrement connu en France pour ses travaux de sociologie cognitive appliquée à l'étude des interactions en milieu scolaire et en milieu médical, il ne se limite pas pour autant à ces deux domaines. Auteur également d'ouvrages de critique méthodologique (1964), de sociologie de la déviance (1968) ou encore de démographie (1974), Aaron CICOUREL se caractérise par un ancrage empirique ferme, couplé à une volonté de faire dialoguer la sociologie avec d'autres disciplines : la linguistique, la science cognitive, la médecine clinique. C'est aussi un des sociologues américains qui a le plus systématiquement cherché à comprendre et à prolonger le travail de Pierre BOURDIEU, ce dernier le lui ayant bien rendu. Comme Pierre BOURDIEU, Aaron CICOUREL s'est formé "à la dure", et a capitalisé une connaissance du monde social héritée de son milieu, de sa propre expérience...

   Dans chacun des domaines explorés, que ce soit sur le plan empirique ou sur le plan conceptuel, Aaron CICOUREL n'est jamais un suiveur ; il reste toujours un contestataire de l'intérieur. Ainsi, sa pleine maîtrise de l'ethnométhodologie lui permet de critiquer l'approche de GARFINKEL, et de lui opposer sa sociologie cognitive. Aux champions inconditionnels de l'analyse des conversations (Harvey SACKS, Emmanuel SHEGLOFF), il reproche de tomber dans le formalisme et il propose une approche plus ethnographique, permettant de prendre en considération nombre de particularités des acteurs en présence dans un lieu et à un moment donnés. Aux sociologues classiques de la médecine, il peut dire qu'ils ont trop insisté sur les relations sociales au sein de l'hôpital, et il développe ses études sur le raisonnement médical. Dans chaque univers où il intervient, CICOUREL déplace en quelque sorte le centre de gravité des travaux. A sa manière différente mais proche à bien des égards de celle de BOURDIEU, il fait de la sociologie un sport de combat. (pour reprendre le titre d'un entretien entre Maria Andrea LOYOLA et Pierre BOURDIEU d'Octobre 1999) (Yves WINKIN).

 

Aaron CICOUREL, le raisonnement médical. Une approche socio-cognitive, Seuil, 2002 ; La justice des mineurs au quotidien de ses services, Editions ies, Genève, 2018 (traduction de deux livre The Social Organization of Juvenile Justice, de 1968 et 1978) ; Sociologie cognitive, PUF, 1979 (traduction de Cognitive Sociology, de 1974).

Yves WINKIN, Aaron Cicourel, dans Encyclopedia Universalis, 2014. Philippe CORCUFF, Aaron Cicourel : de l'ethnométhodologie au problème micro/macro en sciences sociale, dans SociologieS, Découvertes/Redécouvertes, 29 octobre 2012 (sociologies.revues.org)

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 13:22

     Le philosophe américain des sciences sociales, en même temps que sociologue, d'origine autrichienne Alfred SCHÜTZ est porteur d'une approche phénoménologique, fructifiée ensuite par nombre de ses élèves. Considéré comme le fondateur de l'idée d'une sociologie phénoménologique, il est influencé par la sociologie compréhensive de Max WEBER, par les thèses sur le choix et la temporalité d'Henri BERGSON, et surtout par la phénoménologie d'Edmund HUSSERL. Après son émigration aux États-Unis en 1939 (après un passage par la France), il subit l'influence du pragmatisme américain et du positivisme logique, qui renforcent son souci d'empirisme, attention chez lui au monde concret, au monde vécu.

 

Une carrière sociologique coupée par la seconde guerre mondiale

   Parallèlement à un travail d'avocat d'affaires (secrétaire exécutif à la Reitler and Company de Vienne), il réalise des recherches indépendantes à Vienne où il fréquente le Cercle de Mises, cercle interdisciplinaire fondé par Ludwig von MISES où il boue des amitiés notamment avec Felix KAUFMANN, Fritz MACHLUP et Eric VOEGELIN. Aidé (considérablement) par son épouse pour la réalisation de La construction signifiante du monde social. Introduction à la sociologie compréhensive, publié en 1932, il se joint cette année-là à un groupe de phénoménologues à Fribourg-en-Brisgau, à l'invitation de HUSSERL. En 1938, il est forcé d'émigrer à cause de l'invasion des troupes allemandes, et il mène des activités d'aide à d'autres émigrants, en France, puis aux États-Unis. En 1940, il contribue avec Martin FABER à la fondation de l'Inernational Phenomenological Society et de la revue Philosophy and Phenomenological Research. Il enseigne à partir de 1943 à la Graduate Faculty of Political and Social Science de la New School for Social Research à New York. Il a aussi un intérêts marqué pour la musique, ainsi que pour la peinture et la littérature.

   Outre la publication d'un livre important en 1932, les réflexions d'Alfred SCHÜTZ sont principalement développées, en anglais, dans une série d'articles scientifiques. Certains des plus importants sont rassemblés en 1962 dans Collected Papers. Certaines de ses contributions sont traduites dans Le chercheur et le quotidien, Phénoménologie des sciences sociales (1987).

 

La sociologie phénoménologique

   A la base de l'idée de sociologie phénoménologique, se trouve d'abord les travaux sociologique de Max WEBER, avant d'être rattachés dans l'esprit de SCHÜTZ aux idées de HUSSERL. Les travaux du sociologue allemand sont désignés comme celles d'une sociologie compréhensive parce que la "signification objective" que revêt l'action doit faire l'objet pour son auteur d'un acte interprétatif. Se disant contre une sociologie uniquement causale, le sociologue autrichien indique une sociologie où les acteurs s'expliquent et expliquent leur action. L'acte interprétatif pour les sciences sociales revêtent la première importance, et c'est d'ailleurs ce qui rend si difficile l'analyse de l'action sociale. Les travaux d'HUSSERL, à ce stade, fournissent des analyses étayées des structures temporelles de la conscience, et permettent de comprendre comme fonctionne l'intersubjectivité, En ayant à l'esprit qu'il s'agit-là des premiers travaux du philosophe HUSSERL, et non pas des développements de sa pensée, qui ne seront pas connus du vivant de SCHÜTZ. Ce dernier considère le potentiel des travaux de HUSSERL et remarque que la méthode de réduction eidétique n'est cependant pas applicable directement aux sciences sociales, car elle permet peu l'articulation des horizons propres à l'expérience, à la praxis, puisque ces horizons sont constitués d'une "sédimentation de sens" (Logique formelle et logique transcendantale). C'est ce type d'appropriation et d'application, jugée trop directe, de la phénoménologie eidétique aux problématiques de sciences sociales que SCHÜTZ reproche aux premières positions de Max SCHELER, ainsi qu'aux travaux d'Edith STEIN et ceux de Gerda WALTHER - des travaux qu'il juge, de ce point de vue, d'un usage naïf de la phénoménologie, comme il l'explique dans Husserl's Importance for the Social Science (L'importance de Husserl pour les sciences sociales).

C'est donc par un éclairage latéral, qui n'entre pas dans un certain détail de la pensée philosophique d'HUSSERL - qui suit un autre chemin... philosophique! - des réflexions husserliennes qu'Alfred SCHÜTZ développe sa sociologie phénoménologique ; cela se concrétise par des analyses en philosophie des sciences sociales, traitant principalement des fondements de l'appareillage conceptuel ayant pour pivot la temporalité, la conscience et l'action sociale. Il y a toute une dynamique entre la pensée de l'acteur et son action, dynamique que l'acteur ne maitrise pas totalement, pris dans un mouvement d'intention-action-justification dans le cadre de relations avec les autres acteurs, et influencé également par des conceptions-type évolutives. L'aspect temporel de son action est important car les temporalités des différents acteurs peuvent modifier le sens qu'il donne à son action. C'est sur cette dynamique que réfléchissent ensuite les continuateurs d'Albert SCHÜTZ : Lester EMBREE (développements sur la topologie des sciences), Harold GARFINKEL (ethnométhodologie, avec Harvey SACKS), Thomas LUCKMANN et Peter BERGER (coauteurs de La construction sociale de la réalité ; développement en sociologie de la connaissance), Maurice NATANSON (jonction entre dimension individuelle et dimension collective au sein de l'expérience vécue), et bien d'autres...

 

 

Alfred SCHÜTZ, Collected Papers, en 5 tomes, 1962-en cours d'édition) ; Essais sur le monde ordinaire, Éditions du Félin, 2010 ; Éléments de sociologie phénoménologique, L'Harmattan, 2000 ; L'étranger : un essai de psychologie sociale, suivi de L'homme qui rentre au pays, Éditions Allia, 2003 ; Écrits sur la musique 1924-1956, Éditions MF, 2007 ; Contribution à une sociologie de l'action, Éditions Hermann, 2009 ; Don Quichotte et le problème de la réalité, Éditions Allia, 2014. Maintes traductions des oeuvres d'Albert SCHUTZ sont de Thierry BLIN (par ailleurs auteur d'études sur l'oeuvre de SCHÜTZ).

Thierry BLIN, Phénoménologie de l'action sociale. A partir d'Albert Schütz, L'Harmattan, 2000.

 

Partager cet article
Repost0
11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 09:07

   Revue trimestrielle consacrée à l'étude du Moyen-Orient, publiée depuis 1947 par le Middle East Institute, The Middle East Journal constitue une référence concernant les affaires de cette région du monde. Affaires au sens large, puisqu'y sont analysés les problèmes géopolitiques, géographiques, historiques, économiques et diplomatiques. Le Moyen-Orient y est considéré au sens larges puisqu'on y trouve des articles sur l'Afrique du Nord, le Caucase, l'Asie Centrale....

   Il s'agissait au sortir de la deuxième guerre mondiale, pour les spécialistes de ces domaines, la plupart du temps appartenant aux milieux universitaires, mais pas seulement loin de là, d'éclairer les évolutions politiques et économiques de la région, notamment en ce qui concerne les conflits israélo-palestiniens-arabes. Créée donc par the Middle-East Institute, fondé lui-même un an auparavant, la revue répercute les analyses du think tank aux États-Unis et dans le monde. L'Institut répartit ses activités en un Centre Politique, un Centre sur l'Éducation, et un Centre sur les arts et la culture. Dirigé actuellement par Paul SALEM, Gerald M. FEIERSTEIN, Kate SEELYE, Kevin COWL et Tamara KALANDIYA, l'Institut, qui se veut non-partisan (ni démocrate, ni républicain...) fait appel à un large éventail d'experts internationaux. Il produit chaque année un Rapport Annuel qui fait le point sur les situations dans cette région du monde. Entre les réflexions de fond sans doute influencés par différents lobbys - dont il est le partenaire officiel dans de nombreux domaines - et la vie internationale mondaine, l'Institut possède une réelle capacité d'influence pour la compréhension des problèmes de notre temps. Basé à Washington D.C., le journal opère son influence au coeur de l'establishment américain.

  Le n°3, volume 73, d'automne 2019 examinait le mythe israélien selon lequel il n'y aurait pas de "partenariat pour la paix" du côté palestinien. Il y a décidément encore beaucoup de chemin à faire dans certains secteurs de la vie politique d'Israël pour considérer les Palestiniens comme de véritables acteurs de la politique internationale... Il s'agit d'une antienne bien faite pour écarter toute résolution du conflit au Moyen-Orient. Dans son blog, le journal examine le 3 février 2020, la situation au Liban, l'escalade de la violence entre Israël et ses voisins immédiats, les relations entre la Turquie et la Russie, la position des pays arabes face au plan Trump...

 

Site Internet : mei.edu

Partager cet article
Repost0
10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 08:52

   Le sociologue américain Harold GARFINKEL est l'un des fondateurs de l'ethnométhodologie, école de sociologie américaine.

 

Une carrière universitaire de premier plan

    Après l'obtention d'un master en sociologie §et des études de commerce et de comptabilité) à l'Université de Caroline du Nord, il sert dans l'armée (dans une unité non combattante) pendant la seconde guerre mondiale. Il entreprend, en 1946, une thèse de Doctorat d'État en sociologie, sous la direction de Talcott PARSONS, au sein du Department of Social Relations for Interdisciplinary School tout juste créé à l'Université Harvard. Ami personnel de Talcott PARSONS, il en est pourtant le dissident sur le plan professionnel et méthodologique, reprochant à la sociologie traditionnelle la toute puissance des statistiques en même temps que le manque de rigueur dans la récolte d'informations permettant de les élaborer.

    Professeur Invité à l'Université d'Harvard, il devient professeur Titulaire de Chaire à l'Université de Californie, à Los Angelès (UCLA) en 1954 et y enseigne pendant toute sa carrière, y compris comme professeur émérite longtemps après sa retraite.

   Au sein de l'UCLA, il développe la démarche et les enseignements qui débouchent sur une nouvelle discipline de la sociologie : l'ethnométhodologie qui dote la sociologie de méthodes d'enquêtes en sciences sociales par analyses de discours. GARFINKEL obtient rapidement une notoriété internationale, particulièrement à l'occasion de ses travaux sur le fonctionnement des Cours d'assises. Son ouvrage "Studies in Ethnomethodology" devient l'un des plus cités au monde. Ses méthodes se diffusent dans maintes universités, chacun des professeurs et chercheurs construisant le champ social ayant recours à des ethnométhodes : méthode, sens local, éthique, intention et rationalité d'intention des acteurs, en même temps que déroulement de péripéties d'actions.

 

Des travaux diffusés largement en Europe

    Ses travaux ont influencé en France, entre autres, Bruno LATOUR, Albert OGIEN et Louis QUÉRÉ. Les représentants européens du Professeur Harold GARFINKEL sont, notamment, successivement Yves LECERF (X-ENPG, 1995), professeur de sociologie et de logique aux Universités de Paris VII et Paris VIII, directeur du Laboratoire d'ethnométhodologie de l'université PARIS VII, ami personnel de Pierre BOURDIEU et Vincent FRÉZAL, professeur de management, de droit et de géopolitique, initiateur de l'Éthique des addaires en Europe (EBEN), cofondateur et ancien administrateur du Cercle d'éthique des affaires. Les travaux dans ce domaine sociologique sont publiés surtout dans Arguments ethnométhodologiques.

 

Un contributeur essentiel dans la sociologie américaine

   Principal instigateur de l'ethnométhodologie, courant qui se développe aux États-Unis dans les années 1960-1970, il rassemble nombre d'éléments de la sociologie de William I. THOMAS et de Florian ZNANIECKI, de la phénoménologie et de la psychologie de la forme. Influencé également par les oeuvres de Charles Wirght MILLS et de Kenneth BURKE, pour sa problématique des accounts, il s'intéresse surtout aux méthodes mises en oeuvre par les agents sociaux pour produire leurs descriptions, explications ou justifications de leurs actions, ainsi qu'au fait qu'ils attendent normativement des uns et des autres qu'ils se considèrent comme comptables de ce qu'ils font et de la manière dont ils le font (accountability). La lecture du grand livre de PARSONS, The Structure of Social Action en 1938 l'inspire dans sa propre voie.

   Se référant beaucoup à SCHUTZ dans ses premiers écrits, il faut de plus en plus sienne la problématique du "champ phénoménal" de Maurice MERLEAU-PONTY, tout en la transformant en un thème proprement sociologique. Cette posture le conduit à insister sur le caractère sensible et concret de l'ordre et de l'intelligibilité du monde social (ce ne sont pas les discours et la réflexion qui en sont la source). Ce faisant, il rapporte leur production, leur reconnaissance et leur maintien à des opérations, réglées normativement, que les agents sociaux (les membres) font méthodiquement entre eux, ou les uns par rapport aux autres, dans la gestion de leurs affaires de la vie courante. cette production, cette reconnaissance et ce maintien sont étayés sur une connaissance de sens commun des structures sociales, sur des évidences constitutives de l'"attitude de la vie quotidienne", ainsi que sur une maîtrise pratique des méthodes et procédés selon lesquels les diverses activités s'organisent. Le fait que ces activités soient ordonnées en situation, dans un traitement de contingences et de circonstances concrètes, et avec juste ce qui est disponible, ou juste ce qui est requis pour ce qui est en cours, n'empêche pas qu'elles soient aussi objectives, qu'elles apparaissent indépendantes de ces contingences et circonstances, indépendantes aussi de ceux qui les réalisent et de leurs actes singuliers.

Au début des années 1970, GARFINKEL s'engage avec ses doctorants dans l'étude du travail, avec le souci d'y combler une lacune notable - à savoir l'absence complète d'attention à l'accomplissement même des activités coopératives en situation. C'est ainsi que sont lancées les premières enquêtes sur le travail des scientifiques dans les laboratoires.

    Les publications de GARKINKEL sont finalement peu nombreuses et son influence passe surtout par ses cours, ses conférences et l'exercice de ses mandats professionnels. L'ouvrage qui le fait connaître, Studies in Ethnomethodology en 1967 et traduit en Franaçsi 3 ans plus tard, y reprend des articles publiés à la fin des années 1950 et au début des années 1960, auxquels sont adjoints les résultats de nouvelles recherches (sur le cas du transexuel Agnes en particulier), ainsi qu'une tentative de systématisation du programme de l'ethnométhodologie. Parmi les articles antérieurs à cet ouvrage, les plus connus sont un texte très sufggestif sur "les conditions de succès des cérémonies de dégradation" et un long article sur la confiance comme "condition de la stabilité des actions concertées".

A la fin des années 1960, GARFINKEL écrit avec Harvey SACKS, un ancien étudiant d'Erving GOFFMAN, un article important sur l'indexicalité des actions pratiques. La première publication issue de la recherche sur le travail scientifique est un article publié en 1981, sur la découverte d'un pulsar optique par des astrophysiciens de l'université de l'Arizona. En 1986, GARFINKEL coordonne un ouvrage collectif destiné à faire connaitre les recherches de ses élèves sur le travail. A la fin des années 1980 et au début des années 1990 paraissent de nouveaux articles plus théoriques, où sont explicitées les relations de l'ethnométhodologie à la sociologie classique, et où est clarifié le programme de l'ethnométhodologie. Dans ces derniers textes, repris et développés dans un ouvrage paru en 2002, GAFINKEL se présente comme un héritier direct de DURKHEIM. Il propose surtout de comprendre l'aphorisme de Durkheim, selon lequel "la réalité objective des faits est le phénomène fondamentale de la sociologie", autrement que ne le fait la sociologie classique, c'est-à-dire en montrant comment cette objectivité est constituée dans le cours même de la vie sociale par les pratiques ordinaires des membres. Ce qui, entre parenthèses, n'est pas forcément bien reçu par l'ensemble des sociologues actuels...

En 2005, Anne RAWLS édite sous le titre Seeing Sociologically, The Routine Grounds of Social Action, un manuscrit date de 1948. Cet ouvrage éclaire une phase de la trajectoire de GARFINKEL. Il montre en particulier que le programme présenté en 1967 dans Studies in Ethnomethodology s'enracine dans une réflexion approfondie sur les problèmes que pose l'analyse sociologique de l'action sociale. (Louis QUÉRÉ)

  

Harold GARFINKEL, Studies in Ethnomethodology, Prentice-Hall, 1967. Traduction en Français, L'Ethnomethodologie. Une sociologie radicale, La Découverte, Paris, et  PUF, 2007) ; Seeing Sociologically. The Routine of Social Action, Paradigm Publisheers, Boulder, 2006.

Louis QUÉRÉ, Harold Garfinkel, dans Encyclopedia Universalis, 2014.

Partager cet article
Repost0
8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 13:13

      Le journal de la décroissance, publication mensuelle éditée depuis 2004 par l'association Casseurs de pub est l'une des nombreuses publications qui s'inscrivent dans un mouvement général d'idées orientées vers une décroissance économique, l'arrêt du gaspillage généralisé qui détériore chaque jour un peu plus notre environnement. Il ne se veut pas un journal de militants ou de convaincus, mais s'adresse au grand public, en argumentant avec humour sur la nécessité d'une réduction de la production matérielle.

    Journal alternatif et indépendant lancé en 2004 par Bruno CLÉMENTIN, Vincent CHEYNET et Sophie DIVRY, initialement bimestriel, puis mensuel (des objecteurs de croissance) comme envisagé au départ, il est sous-titré "le journal de la joie de vivre", dans une perspective humaniste, non puriste sur l'écologie et pas du tout puritain ou rigoriste... Il rappelle lun autre journal, aujourd'hui disparu, La Gueule Ouverte. Il pourfend ce qu'il nomme les "écotartuffes" d'un "capitalisme vert" et autres partisans de l'"escroquerie" d'un "développement durable", qui ne sont, selon lui, que des zélateurs de la croissance verte". Il est donc très loin d'un certain "apolitisme" dont se réclame une partie des écologistes. D'ailleurs, en 2006, CLÉMENTIN et CHEYNET fondent le Parti pour la décroissance.

      Le directeur de la rédaction et responsable de rédaction est Vincent CHEYNET, fondateur de l'association Casseurs de pub; et ancien publicitaire lui-même. Le journal est illustré par des dessins de LÉANDRE, Pierre DRUILLE, Andy SINGER, Raoul ANVÉLAUT, Rash BRAX, Stéphane TOROSIAN. Les chroniqueurs - irréguliers - sont des personnalités plus ou moins connues connues comme Alain ACCARDO, Jacques TESTART, François BRUNE, Cédric BIAGANI, Alain GRAS, Fabrice NICOLINO, Thierry BRULAVOINE, ADONIS, Stéphane LHOMME, Pierre THIESSET... Le politologue Paul ARIÈS a également contribué au journal, jusqu'à sa rupture idéologique avec Vincent CHEYNET en 2011 (problématique de conflit entre décroissance de gauche et décroissance en général...). Il ne semble employé qu'un journaliste, Pierre THIESSET, la majeure partie du journal étant constitué d'apports extérieurs et bénévoles.

     Basé à Lyon, le journal diffuse sur toute la France à presque 50 000 exemplaires, mais sa diffusion connait des a-coups, malgré la progression des idées dans son sens. On peut retrouver à la boutique de la Fondation Nicolas Bertrand toute l'édition des Casseurs de pub. Son site Internet se veut également l'écho des luttes pour la décroissance.

Ses titres d'accroche sont parlants : Vert partout, décroissance nulle part ; Comment les Verts sont devenus libéraux?, A mort l'avion, Arrêtons le Progrès!, Un monde de fakes, Ushuaïa ministre, L'écran fait écran.... Le numéro 165, de décembre-janvier 2019 comportait un entretien avec le député François RUFFIN (La France insoumise) sur le productivisme, le consumérisme et le danger éventuel de cibler les riches plutôt que l'idéologie petite-bourgeoise et les structures mêmes de la société. Il proposait également un dossier : Casseurs de pub, 20 ans.

 

Le journal de la décroissance, Casseurs de pub, 52 rue Crillon, BP 36003, 69411 LYON CEDEX 06. Site Internet : ladecroissance.net

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : LE CONFLIT
  • : Approches du conflit : philosophie, religion, psychologie, sociologie, arts, défense, anthropologie, économie, politique, sciences politiques, sciences naturelles, géopolitique, droit, biologie
  • Contact

Recherche

Liens