Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 16:32

   Dans l'ensemble de la filmographie mondiale, tous genres confondus, la bataille d'Angleterre est, avec la bataille de Stalingrad - si l'on excepte les batailles du Pacifique, la plus visitée par les réalisateurs.

  Côté documentaires, on peut la voir abordée dans la série Apocalypse, la seconde guerre mondiale, dans sa deuxième partie ; dans la série Les grandes batailles, Angleterre, 1940 ; dans la série 39-45, dans le volume 1, Seule ; dans Pourquoi nous combattons? dans sa quatrième partie et enfin dans les Grandes batailles de la deuxième guerre mondiale, au titre La bataille d'Angleterre. Il y a aussi le documentaire de la BBC de 2010, The battle of Britain, qui reconstitue en 88 minutes la bataille avec une présentation de Ewan McGREGOR ,sous la direction de Ashley GETHING.

  Côté film de fiction, on peut retenir deux, film et téléfilm. La bataille d'Angleterre d'HAMILTON fait figure de référence par la reconstitution historique et les rencontres entre avions ennemis. Spitfire, de Mathew WHITEMAN en 2010 laisse plus mitigé, est parfois même ennuyeux, se concentrant sur le plus jeune des combattants de la RAF. On pourrait même préféré à ce téléfilm, le film de 1942 de Leslie HOWARD, du même nom, même s'il s'agit là aussi d'une biographie, celle du concepteur du Spitfire.

   Côté série, Le Souffle de la guerre, dans ses parties 4 et 5 évoque également la bataille d'Angleterre.

 

Une documentaire-phare et un film-phare.

       Avec tout le subjectivisme dont je peux faire preuve (et il s'en vante, en plus! - sacré filmus va!), je conseillerais de prendre comme référence le documentaire de la série française Les grandes batailles, pourtant ancien, dont la trame d'ailleurs est reprise dans Apocalpyse, avec la colorisation de séquences entières, de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, nommé La bataille d'Angleterre, diffusé en septembre 1966, de 1 heure huit minutes. Alternant séquences tirées d'archives et interview, celui-ci constitue une excellente introduction, qui aborde nombre d'aspects : de la stratégie allemande à la résistance britannique, depuis le sauvetage de Dunkerque au renoncement hitlérien. Cette bataille met un terme à la série de victoires éclatantes des Allemands, grâce à la fermeté du personnel politique, à la ténacité notamment des londoniens, au sacrifice et à l'héroïsme - le mot est parfois trop fort mais il faut reconnaitre qu'à cette occasion, il sonne juste - d'un petit nombre d'hommes. Contexte historique et changements de stratégie allemande (qui passe de la tentative de destruction de la RAF, à celle de la flotte britannique puis aux bombardements massifs voulant semer la terreur) y sont bien rendus.

 

    On s'appuiera de façon bienvenue sur les ouvrages de J. de LESPINOIS (La bataille d'Angleterre, Tallandier, 2011) et de François BEDARIDA (Complexe, 1999) pour tous les débats techniques et politiques autour de cette bataille, du fait que 20% des Messerschmitt 109 alignés en avril 1940 ont été détruit pendant la bataille de France) au rôle des renseignements anglais et allemands, comme à celui de l'invention technique du radar, comme bien entendu sur la comparaison des performances au combat des différents appareils aériens...

      Cela est bien rendu aussi par le film de Guy HAMILTON de 1969, une excellente interprétation des acteurs, une présentation la plus juste possible des combats aériens, les circonstances des bombardements, tout cela forme un grand spectacle qui est aussi une présentation historique fidèle. Le DVD, avec les commentaires du réalisateur, est très éclairant sur les conditions de la réalisation du film. Le film a non seulement une place spéciale dans les films de guerre de la seconde guerre mondiale mais constitue une véritable référence pour les réalisateurs de cinéma... et le moindre n'est pas Georges LUCAS qui s'inspira de la chorégraphie des combats aériens pour son film Star Wars. Est bien mis en scène, in fine, le fait que l'issue de la bataille d'Angleterre est dû au moins autant aux erreurs tactiques de l'état-major d'HITLER (qui, à l'instar de NAPOLÉON sait faire les bonnes erreurs au bon moment pour ses adversaires...) qu'aux exploits de la RAF...

 

D'autres documentaires...

   39-45 Le monde en guerre évoque la bataille d'Angleterre, sur le DVD 2, Seule,

 

   Apocalypse, 2ème guerre mondiale  évoque lui aussi cette bataille

 

  Pourquoi nous combattons, également

 

 Dans Grandes batailles de la 2ème guerre mondiale, série de 5 bataille ( 1 DVD par bataille)

 

Un autre film, un téléfilm produit par la BBC, Spitfire se concentre sur les luttes des pilotes de l'aviation anglaise ainsi que sur leurs appareils

 

La série Le souffle de la guerre, se déroule dans nombre de séquences en Angleterre, où se noue l'idylle entre le personnage principal et une jeune attachée au service de planification de la défense de l'Angleterre.

 

   L'historiographie récente contrebalance quelque peu la vision de la bataille d'Angleterre, notamment celle restituée par le film britannique de la fin des années 1960 et le documentaire français (COSTELLE) du même nom. En effet, tant dans les limites temporelles (non du 10 juillet au 31 octobre 1940, mais avant juillet 1940 et jusqu'en 1941) que dans la balance véritable des forces en présence. En fait, basée sur des Mémoires (il faut toujours se méfier un peu des Mémoires souvent justificatrices et restées sur les perceptions du moment!) de généraux anglais (notamment  de l'Air Chief Marshal Keith PARK), la vision qu'on en a, celle reprise en fin de compte par les réalisateurs et scénaristes, est celle de combats aériens entre aviateurs, où l'héroïsme de ceux qui combattent dans les rangs de l'Angleterre l'emporte sur leurs adversaires sûrs d'eux. En fait, dans la bataille d'attrition qu'ils se livrent, aucun des adversaires n'a une perception exacte de la situation : les Anglais croient se battre contre deux fois une flotte aérienne allemande et les Allemands contre la moitié d'une flotte anglaise ; de plus la planification, le renseignement et les capacités logistiques nécessaires pour l'emporter sont bien de qualité supérieure chez les Anglais que chez les Allemands. En outre, la guerre contre l'Angleterre est pour Hitler et son état-major une entreprise risquée et contre-productive (puisque l'objectif est à l'Est...). C'est dans une guerre courte qu'ils comptaient avoir le plus de chances de l'emporter, non dans une bataille d'usure... Compte tenu des véritables forces en présence, les Allemands, contrairement à une légende tenace, n'ont pas failli gagner la bataille d'Angleterre... On ne peut que conseiller de prendre connaissance de cette historiographie récente par le livre  de Jean LOPEZ et d'Olivier WIEVIORSKA, Les mythes de la seconde guerre mondiale (Perrin, 2020)

FILMUS

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 13:03

    Revue bimensuelle fondée en 1963, The New York Review of Books traite des questions littéraires, culturelles et plus généralement de grandes questions d'actualité. Elle se base sur une importante revue de press de la production éditoriale internationale et est considérée parfois comme la première revue intellectuelle et littéraire du monde anglophone.

    La cofondatrice et journaliste Barbara EPSTEIN (avec Robert B. SILVER) a contribué à faire de la revue, selon le Washington Post un "journal d'idées qui, depuis quatre décennies, contribue à définir dans le monde anglophone le cadre du débat d'idées." Les articles de la revue, auxquels collaborent régulièrement une soixantaine d'écrivains et auteurs, sont très souvent érudits, étoffés, sans être pour autant arides. Éditée par Rea S. Hederman,, elle tire (en 2011) en moyenne à 135 000 exemplaires.

   En 1979, la revue fonde le London Reciew of Books qui devient vite indépendant. Et de même en 1990, la Rivista dei Libri, édition italienne, publiée jusqu'en 2010. Elle a également depuis 1999, une division qui publie des livres, New York Review Books, surtout réimpressions de classiques. Depuis 2010, la revue a ouvert un blog qui recueille également des contributions. Martin SCORCESE EN 2013, pour son cinquantième anniversaire, a réalisé un film appelé The 50 Year Argument, sur son histoire et son influence.

   Ian BURULA est le directeur de la revue depuis septembre 2017.

   La revue n'a pas abandonné une rubrique encore très étoffée sur la poésie, par laquelle elle avait débuté. Elle alterne dans ses pages critiques de livres et... publicités de livres, cette dernière ne l'empêchant pas d'être un organe de débats, si nécessaire polémiques. Ce côté polémique s'est accru avec l'ouverture de son site Internet. Dès le début de sa parution, les plus grands écrivains, tels Hannah ARENDT, W.H. AUDEN, Saul BELLOW, Norman MAILER, Truman CAPOTE... ont répondu au pari d'un groupe d'amis de lancer une revue dans laquelle s'exprimeraient les esprits de l'époque. La maquette, austère mais allurée, est rehaussée par les caricatures de David LEVINE.

   Reflet en ligne de la revue, le site Internet va à l'essentiel. Pour chaque édition, seuls quelques articles sont disponibles gratuitement. L'internaute peut toutefois s'informer des dernières parutions littéraires, consulter une galerie de caricatures et bénéficier de liens vers d'autres revues. Alimenté quotidiennement, le blog de la revue, très populaire, a permis à la publication d'élargir son lectorat sur Internet.

    Dans le numéro 20, volume LXVI, paru le 19 décembre 2019, on peut lire un texte de Robert SAVIANO sur la Mafia calabraise, une présentation de la menace russe en matière de cyberguerre, une étude des révolutions en Haïti, un article sur les erreurs judiciaires commises au nom de la science...

 

The New York Review of Books, Site nybooks.com

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 08:31

   Un des artisans de la politique de dissuasion nucléaire de la France, Pierre-Marie GALLOIS (de son vrai nom Pierre Gallois), est un général de brigade aérienne et géopolitologue français.

 

Une carrière militaire au plus haut niveau

Après avoir, pendant la seconde guerre mondiale (dès 1939), été chargé d'instruire les jeunes officiers à l'état-major de la 5e Région aérienne à Alger, puis rejoint en 1943 la Grande-Bretagne pour être navigateur au sein de la Royal Air Force (bombardiers lourds), il est affecté au début des années 1950 à l'OTAN. En pleine période de définition du rôle de l'arme nucléaire et d'émergence des vecteurs balistiques. En 1953 et 1954, il est affecté au cabinet du ministre de la Défense nationale pour y suivre les questions aéronautiques. En 1953, exerçant parallèlement  ses deux fonctions, le colonel GALLOIS est également affecté au Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE).

Dès 1953, il mène campagne pour l'arme atomique français, propageant la notion de "dissuasion personnelle" et l'idée d'une capacité d'intimidation du "faible par rapport au fort". Il est l'un des créateurs de l'opération "Gerboise bleue" et considéré comme le "père de la dissuasion nucléaire française". En 1954, toujours au SHAPE, donc très au fait de la coopération franco-américaine et des évolutions des États-Unis dans leurs aspects les plus confidentiels, il étudie un programme d'avion d'attaque à décollage court, qui donne naissance à une nouvelle génération d'avions de combat.

En 1955, il assiste aux essais nucléaires dans le Nevada. Le général américain Lauris NORSTAD le convainc d'aller exposer au général de GAULLE la transformation nucléaire de la doctrine défensive de l'OTAN. L'entretien du général GALLOIS avec le général de GAULLE, en avril à l'hôtel La Pérouse constitue l'aboutissement du travail effectué par le "lobby nucléaire" ("nucléocrate" pour les opposants). Ayant pris sa retraire en 1957, il mène toujours campagne pour un programme nculéaire militaire français et la mise sur pied d'un arsenal nucléaire approprié à une doctrine de dissuasion.

Il continue d'être actif les années suivantes, par exemple en 1979, il participe, selon Alain de BENOIST, à la rédaction sous le pseudonyme collectif de "Maiastra" de Renaissance de l'Occident?, paru aux éditions Plon. Avec Marie-France GARAND, il fonde notamment en 1982 l'Institut International de Géopolitique. En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie, la pétition "Les Européens veulent la paix", initiée par le collectif Non à la guerre. En 2003, avec l'ambassadeur de France Pierre MAILLARD, ancien conseiller diplomatique du général de GAULLE, et Henri FOUQUEREAU, président du Mouvement démocrate français, il fonde le Forum pour la France, un regroupement politique qui oeuvre pour "la souveraineté et l'indépendance de la France". Il a milité aussi pour le "non" au référendum sur le projet de traité constitutionnel européen.

Parallèlement à ces activités, il enseigne la stratégie nucléaire et les relations internationale dans les écoles de l'enseignement militaire supérieur français et étranger, notamment aux États-Unis, à Montréal, Tokyo, Séoul, Buenos Aires, Bruxelles... ainsi qu'à la Sorbonne et au Collège de France.

 

Au service de la stratégie de dissuasion française

   Profondément marqué par la défaite française de 1940, GALLOIS voit immédiatement le parti que peut tirer la France de ce qu'il va nommer le pouvoir "égalisateur" de l'atome. Dès 1960, il expose dans son ouvrage majeur, Stratégie de l'âge nucléaire, les propriétés de l'arme et surtout les implications stratégiques qui en procèdent. Il insiste sur la capacité de destruction unitaire du feu nucléaire qui bouleverse les rapports de force classiques et sur son efficacité qui dispense désormais de la recherche de la grande précision. Il fait valoir que, avec l'arme atomique emportée par des engins balistiques qu'aucune défense ne peut contrer efficacement, les notions traditionnelles de la stratégie subissent une transformation radicale. Le rapport traditionnel entre l'offensive et la défensive doit donc être reconsidérer. L'avènement de la stratégie de dissuasion nucléaire en procède directement.

GALLOIS montre que le coût exhorbitant que représente le risque, jamais nul, de représailles massives devient inacceptable dès lors que l'enjeu n'est pas suffisamment élevé. Il suffit de disposer d'une capacité de frappe nucléaire limitée mais assurée parce qu'elle peut survivre à une attaque surprise, susceptible d'infliger des dommages équivalent ou légèrement supérieurs à la valeur de l'enjeu qu'il représente pour un éventuel ennemi. Pour garantir le caractère insupportable de représailles éventuelles, sans avoir à surdimensionner les forces nucléaires et rester dans les limites de coûts supportables, il importe de ne pas prendre pour cible l'appareil militaire de l'adversaire mais bien ses forces vives, grandes villes et centres industriels riches et peuplés. La légitimité du but, protéger l'intérêt vital et lui seul, justifie cette posture choquante pour l'éthique traditionnelle. (Mais il faut dire que cette éthique a déjà bien été écornée par les bombardements massifs de la seconde guerre mondiale...). Car un principe de proportionnalité détermine la crédibilité de la dissuasion. Nul ne peut faire croire  qu'il mettrait en enjeu son intérêt vital pour des enjeux secondaires ou mineurs. Enfin, la crédibilité repose sur la volonté et la fermeté morale des responsables politiques, indépendamment de l'opinion populaire. Il en découle que la validité des alliances s'en trouve sérieusement ébranlée. face à la menace nucléaire c'est plus que jamais l'égoïsme sacré qui prévaudrait en cas de crise grave. Affirmant que dans la crise où se jouerait le vital il ne saurait y avoir délégation du feu nucléaire, GALLOIS tourne en dérision la "farce multilatérale", les acrobaties de la rhétorique de l'OTAN et du ministre de la défense américaine de l'époque MAC NAMARA au point de dénier toute crédibilité à la doctrine de riposte graduée adoptée par l'Alliance.

GALLOIS s'emploie constamment à dénoncer l'absurdité de la course aux armements des deux grandes puissances. Il critique dans L'Adieu aux armées, de 1976, l'incapacité des forces françaises, aux effectifs pléthoriques, d'épouser la logique de la stratégie de dissuasion nucléaire. Le souci de contrer les dérives, qui constamment menacent une stratégie fondée sur la suffisance, fait du général GALLOIS un auteur prolixe dont l'oeuvre se caractérise par la rigueur des raisonnements logiques et un sens aigu de la critique, non exempt d'esprit polémique, comme en témoigne sa querelle avec Raymond ARON.

    Progressivement, les études de GALLOIS s'orientent vers la stratégie classique et la réflexion sur l'enseignement des maîtres (Géopolitique, 1990). Tirant les conséquences de la guerre froide, il est parmi les premiers à déclarer révolu le temps de la dissuasion nucléaire qui doit momentanément laisser la place à une pratique stratégique plus complexe et plus traditionnelle. Ainsi poursuit-il une veille rigoureuse des insuffisances de la réflexion stratégique contemporaine. Au Livre Blanc de 1994, on le voir opposer un Livre Noir (1995) qui dénonce les manquements d'une stratégie sans objectifs perdant de vue les principes de l'autonomie et de l'indépendance nationale diluée dans un projet européen qu'il ne cesse de dénoncer depuis 1974. Fidèle à son engagement national, il combat ce qu'il considère comme les illogismes d'une défense collective européenne qui lui parait aussi utopique qu'incompatible avec les intérêts de la France. (François GERÉ)

 

Pierre-Marie GALLOIS, Le Sablier du siècle, Mémoires, Lausanne, L'Âge d'homme, 1999 ; L'Europe au défi, Plon, 1957 ; Stratégie de l'âge nucléaire, Calmann-Lévy, 1960 ; L'Alliance atlantique, Berger-Levrault (en collaboration), 1961 ; Paradoxes de la paix, Presses du Temps Présent, 1967 ; L'Europe change de maître, L'Herne, 1972 ; La Grande Berne, Plon, 1975 ; L'Adieu aux armées, Albin Michel, 1976 ; Le Renoncement, Plon, 1977 ; La Guerre de cent secondes, Frayard, 1985 ; Géopolitique, les voies de la puissance, Plon, 1990 ; Livre noir de la défense, Plon, 1994 ; Le Sang du pétrole, en deux tomes, L'Âge d'homme, 1995 ; Le Soleil d'Allah aveugle l'Occident, L'Âge d'homme, 1995 ; La France sort-elle de l'Histoire?, L'Âge d'homme, 1999 ; Écrits de guerre, L'Âge d'homme, 2001 ; Le Consentement fatal, Éditions Textuel, 2001 ; L'Année du terrorisme, L'Âge d'homme, 2002 ; L'Heure fatale de l'Occident, L'Âge d'homme, 2004.

Christian MALIS, Pierre Marie Gallois : Géopolitique, histoire, stratégie, L'Âge d'homme, 2009.

François GERÉ, Pierre-Maris Gallois, dans Dictionnaire de la stratégie, Sous la direction de Thierry de MONTBRIAL et de Jean KLEIN, PUF, 2000.

Partager cet article
Repost0
29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 14:11

   Bimestriel des États-Unis (basé à New York) à l'influence internationale, Foreign Affairs est publié par le groupe de réflexion Conseil des relations étrangères (Council on Foreign Relations - CFR). Fondé en 1922, il est diffusé à environ 100 000 exemplaires en 2004 pour sa version papier. Cette revue constitue la référence obligée de tout commentateur en politique internationale. Elle traite de politique étrangère et de relations internationales et d'économie et ses articles sont écrits par des universitaires, des chercheurs, des hommes politiques... Ainsi Woodrow WILSON, Hillary CLINTON, Zbigniew BRZESINSKI et Henry KISSINGER ont écrit pour la revue.

   La revue est d'autant plus suivie qu'elle est "nonprofit, nonpartisan, membership organization and think tank specialized", entendre qu'elle ne recherche pas le profit, n'est ni républicaine ni démocrate, est financée par ses membres, s'apparentant à ce qui est en Europe une Organisation Non Gouvernementale (ONG), et qu'elle a précisément et ouvertement vocation à influencer la politique étrangère des États-Unis. Elle est d'ailleurs considérée comme l'organe de presse - démultiplié d'ailleurs par Internet - le plus influent des États-Unis. Les articles publiés sont généralement assez longs et très argumentés.

   Il s'agissait en 1922 pour le Council on Foreign Affairs de rendre permanente les réflexions engagées auparavant lors de différentes rencontres entre diplomates, professeurs d'université, hommes de droit et économistes. Le Conseil nomma le professeur Archibald Cary COOLIDGE, de l'université d'Harvard, premier journaliste éditeur, auquel succèda assez vite Hamilton Fish ARMSTRONG (de Princeton, correspondant européen du New York Evening Post). A noter que le journal n'est pas la première tentative de ce genre, l'ont précédé le Journal of International Relations (1910-1922) et le Journal of Race Development (1911-1919).

  Le journal devint le plus influent des États-Unis surtout après le deuxième guerre mondiale, et le resta de 1945 à 1991. Il le reste, surtout avec l'éclosion d'internet et ne pâtit pas de la crise de la presse-papier, sauf que l'axe des réflexions centrales passe de l'Atlantique au Pacifique, alors qu'il reste fidèle à une prédominance des relations entre l'Europe et les États-Unis. Actuellement, depuis 2010, Gideon ROSE préside aux destinées du journal. Bien qu'il ne soit pas traduit en Français, il est beaucoup lu parmi les décideurs européens francophones, et ses articles entrent vite en résonance et la provoquent, avec l'actualité des activités du gotha diplomatique américain.

Très critique par rapport à l'administration Trump, la revue analyse, parfois avec inquiétude, les signes d'un certain déclin américain dans les affaires mondiales. Dans le numéro 6, volume 98, de novembre-décembre, figurent dans le journal des articles sur la politique moyen-orientale (un fiasco) de la présidence Trump, de Martin INDYK et Robert MALLEY sur l'obsession iranienne des États-Unis, sur le bilan (décevant) de la politique étrangère de Barak OBAMA... Dans le numéro 1, volume 99, de janvier-février 2020, est examiné notamment le futur du capitalisme.

    Le Council on Foreign Affairs exerce également des activités, sous forme de rencontres, entre responsables politiques et économiques et influe notablement les réflexions de la Commission Trilatérale et de Business Roundtable, de même que sur le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.

  On peut écrire sans se tromper que le Conseil comme la revue-journal émettent les analyses et les défenses les plus intelligentes (au sens des plus élaborées) du capitalisme américain...

  

Foreign Affairs, Site foreignaffairs.com

 

Partager cet article
Repost0
28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 10:04

   Sigle de Ce qu'il faut dire, détruire, développer, CQFD (en maths, ce qu'il faut démontrer...) est le nom de la revue qui se présente comme un "mensuel de critique et d'expérimentation sociales". Fondée en 2003 autour du journaliste Olivier CYRAN, transfuge de Charlie Hebdo, elle se compose essentiellement de chômeurs et se présente comme un journal marseillais d'enquête et de critique sociale. Il ne faut pas la confondre avec Ce qu'il faut dire, journal libertaire, antimilitariste et pacifiste, fondé en avril 1916 par Sébastien FAURE et MAURICIUS pour s'opposer au "Manifeste des Seize".

   Sa rédaction aborde des sujets liés à la pauvreté, aux mouvements sociaux, à toutes les résistances sociales parmi les salariés, dans les périphéries urbaines et dans le milieu agricole. Elle présente régulièrement des expériences d'organisation nouvelle concernant les modes de vie. La revue, impliquée dans la critique du capitalisme et des médias à son service, traite des sujets les plus variés; locaux, nationaux et internationaux : le chômage, les luttes sociales passées sous silence par la grande presse, le culte du travail, les discriminations, les expulsions, les violences policières, les faux amis (dans les partis politiques notamment, les guerres, les syndicats pro-patronaux, les usagers pris en otage (par les politiques libérales), les prisons, les Directions des Ressources Humaines des entreprises, la croissance... Dans le numéro 182 de décembre 2019, la revue traite entre autres des conséquences des réformes Blanquer, qui aggravent les inégalités d'accès à l'école et de l'embrasement social au Chili. Chaque numéro traite ainsi de sujets très variés.

   Diffusant (en 2011) à 6 000 exemplaires, elle est surtout connue dans la région de Marseille. on note parmi ses collaborateurs Sébastien FONTENELLE, Éric HAZAN, Olivier CYRAN, Noëlle GODIN, Jean-Pierre LEVARAY, Jean-Marc ROUILLAN (après sa mise en semi-liberté en décembre 2007)...On y trouve également de nombreux dessins de CHARB, LUZ, JUL, HONORÉ, TUGNOUS, Rémi...

  En 2006, CQFD crée les Éditions le Chien rouge, qui publie et republie de nombreux ouvrages contestataires. Parmi eux notons Abrégé du Capital de Karl Marx (rédigé en 1878), de Carlo CAFIERO, Vive le feu!, de Sébastien FONTENELLE, La ville sans nom, Marseille dans la bouche de ceux qui l'assassinent, de Bruno LE DANTEC (112 pages) ou encore Marquis de Sade, Dialogue entre un prêtre et un moribond, de RÉMI.

   Comme beaucoup de publications de ce genre, CQFD rencontre régulièrement des problèmes financiers (les derniers en décembre 2019), ce qui ne l'empêche de produire de manière assez prolifique, sur papier ou sur Internet.

 

CQFD, BP 70054, 13192 MARSEILLE CEDEX 20. Site cqfd-journal.org

Partager cet article
Repost0
26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 07:36

    Très récente revue semestrielle, amorcée en janvier 2018, Paysageur s'adresse "à tous ceux et toutes celles qui s'émeuvent, qui se questionnent et qui se soucient du paysage sous toutes ses formes". S'inscrivant dans le courant de renouveau d'intérêts envers la nature, notamment sous les effets du changement climatique, la revue, dès le premier numéro, revendique un "esprit nomade" et veut dévoiler "le paysage à travers le reportage, la photographie, la littérature, le cinéma, l'illustration, la botanique et la marche". "Penser avec ses pieds, une promesse que la revue souhaite tenir."

    Le numéro 1, de 112 pages, intitulé Puissants paysages, invite à explorer des territoires, qu'ils soient sauvages ou habités, avec la subjectivité que cette notion recouvre. "Notre errance nous mène ainsi des Alpes-Maritimes à Istambul, du Grand Nord en Norvège à la Nouvelle-Zélande. Avec les contributions, entre autres, de Valérie CABANES (juriste en droit international), Julien JEDWAB (journaliste au Monde), Gilles CLÉMENT (ingénieur horticole) et de Lucie OLIVIER (diplômée de l'école nationale d'architecture de Bretagne). Le numéro 3 comporte un abécédaire des boues rouges, par lequel la revue explore les pollutions liées à l'industrie de l'alumine, ce matériau produit à Guardanne, dans les Bouches-du-Rhône, à partir de bauxite extraite en Guinée. Dans chaque numéro, qui prend son temps de gestation, un seul thème

     La revue est publiée par les Éditions Paradisier, fondées par Claire FAU (photographe et paysagiste) et Maxime LANCIEN (membre de l'association des journalistes du jardin et de l'horticulture). Collaborent régulièrement aux Éditions Paradisier, Matthieu BECKER (designer graphique), Véronique LE SAUX (journaliste et formatrice) et Charles NOLLET (développeur front-end). L'association à vocation cuturelle compte également produire et diffuser des monographies sur des jardins exceptionnels. A noter l'ouvrage de Gaspard D'ALLENS, recensé sur sa page Facebook (parfois Facebook sert à quelque chose...) Main basse sur nos forêts, qui raconte l'industrialisation des forêts en France, qui rejoint l'enquête publiée dans le 2ème numéro de Paysageur. Et qui ne devrait pas déplaire aux (très) anciens objecteurs de conscience à l'ONF...

 

Association Paradisier Vert, 17, rue du Goëlo, 22260 QUEMPER GUÉZENNEC. Site Internet : paysageur.com

Partager cet article
Repost0
25 janvier 2020 6 25 /01 /janvier /2020 09:33

   Dans ce gros livre, suivi de Totalitarisme pervers, Alain DENEAULT livre le résultat de son enquête sur l'une des principales multinationales françaises, le groupe Total, dont les activités ne se limitent pas, loin s'en faut, au secteur pétrolier. Le philosophe et directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris détaille l'histoire de cette société, née sous l'appellation de Compagnie Française des Pétroles (CFP) en 1924, qui évolue au sein d'un cartel pétrolier au Moyen Orient, pour devenir au fil des ans une multinationale disposant de milliers de structures dans les régions les plus diversifiées du monde. L'ensemble de ses activités forme une sorte de tradition en dehors du droit, où les impératifs économiques sont qualifiés de stratégiques pour le pays. Si la multinationale a été mêlée à des affaires de vente d'armes, de travail forcé, de complicité de crimes, de corruption, de trafic d'influence ou d'évitement fiscal, tout cela a été fait dans la légalité et l'état de droit français ne prévoit aucune sanction. Si des indélicatesses, frisant parfois l'incident diplomatique, ont été commises, au nom de la raison d'État, elles sont passées soit sous silence (gare aux journalistes qui tentent d'en faire des affaires) soit réglées dans les procédures si compliquées que même les juristes ne s'y retrouvent pas...

   Alain DENEAULT démontre dans ce livre que ces pratiques indélicates, héritées de pratiques coloniales ou colonialistes,  n'appartiennent pas, contrairement aux voix de son maître Total, au passé. "Ce passé, écrit-il, n'est pas passé. C'est au moyen d'activités légales de cette nature que la firme a accumulé dans son histoire le capital dont elle dispose massivement aujourd'hui. A ce capital financier hors du commun, qui traduit à lui seul, de manière aigüe, des décennies de controverses, s'ajoutent un capital culturel d'égale envergure, soit l'appartenance à d'importants réseaux de relations commerciales, industrielles, mercenaires et politiques ainsi qu'à un savoir-faire en matière d'intervention et d'influence qui se révèle tout-à-fait redoutable. Le trésor financier de Total, les méthodes auxquelles elle est toujours à même de recourir en les adaptant au gré des circonstances, les pratiques qu'elle peut toujours avoir dans des régions où seuls de vifs rapports de force prévalent sont la résultante de compétences qu'elle s'est données dans son passé chargé. Il fait pour les comprendre rappeler les cartels auxquels a pris part la CFP au Moyen-Orient d'abord, et des pratiques d'inspiration mafieuse élaborée par Elf dans des régimes néocoloniaux d'Afrique ensuite. Par ces antécédents s'explique la puissance dont la firme fait désormais montre, dans un esprit de conquête qui l'amène à se projeter à la manière d'une autorité souveraine d'un nouveau genre. Se demander de quoi Total est la somme revient à s'interroger sur ce dont elle est maintenant capable, sur la façon dont elle compte disposer des richesses, réseaux et outils hérités de sa sulfureuse histoire. Notamment en ce qui concerne ses moyens de représentation et de pression auprès des législateurs, organes judiciaires et institutions internationales pour que se développe, sous une apparente neutralité, un cadre favorisant la légalisation de ses activités.

Se pencher sur l'histoire de Total et de ses composantes d'origine, soit exposer les ressorts de son pouvoir d'action bien contemporain, c'est montrer comment l'état du droit et la complicité des États ont permis à une firme, souvent légalement, de comploter sur la fixation des cours du pétrole ou le partage des marchés, de coloniser l'Afrique à des fins d'exploitation, de collaborer avec des régimes politiques officiellement racistes, de corrompre des dictateurs et représentants politiques, de conquérir des territoires à la faveur d'interventions militaires, de délocaliser des actifs dans des paradis fiscaux ainsi que des infrastructures dans des zones franches, de pressurer des régimes oligarchiques en tirant profit de dettes odieuses, de polluer de vastes territoires au point de menacer la santé publique, de vassaliser des régimes politiques pourtant en théorie souverains, de nier des assertions pour épuiser de simples justiciables, d'asservir indirectement des populations ou de régir des processus de consultation." Chacune de ces actions : comploter, coloniser, collaborer, corrompre, conquérir, délocaliser, pressurer, polluer, vassaliser, nier, asservir, régir sont autant de titre des différents chapitres à ce qui ressemble par moment à de véritables réquisitoires.

     L'entreprise, au fil des chapitres, se révèle avoir la compétence optimum d'évoluer en univers capitaliste, se payant le luxe, tout en niant la responsabilité des pétroliers dans le changement climatique actuel, de prôner un éco-capitalisme...  C'est à travers des dossiers circonstanciés, documentation très importante à l'appui, parfois issue de Total même, que l'auteur décrit cette puissance qui permet de se jouer des réglementations internationales et bien entendu de la simple morale, étant entendu que le capitalisme n'en a pas... L'auteur termine par un constat d'impuissance des juridictions instituées, elles-mêmes gangrénées par un lobbying doté de moyens très importants.

  Dans un texte complémentaire, le totalitarisme pervers, Alain DENEAULT dénonce ce qu'il appelle une perversion de langage, pointe la genèse libérale du totalitarisme, système de domination à l'échelle du monde plaçant le destin de la planète sous la direction des puissants et non sous la régulation de la loi. Citant souvent dans l'ensemble du livre Christophe de MARGERIE, feu PDG de Total, l'auteur indique qu'au cours de sa rencontre d'une heure, "dira qu'il ne fait pas de politique, qu'il ne se reconnaît pas même l'autorité de faire des propositions aux politiques mais seulement des suggestions, puis dédaigneux, il fera passer la politique pour le menu fretin qui l'encombre et dont il se désintéresse pour se poser finalement, lui, en "chef d'entreprise", avec des allures de supériorité, en intégrant la politique sous son aile, en en faisant plus-que-sa-chose, en la digérant complètement dans la prestation même de son acte de pouvoir, jusqu'à ce qu'elle se dissipe dans un principe suprême : "L'entreprise, c'est la politique"."

Cette arrogance n'est pas évidemment l'apanage des dirigeants de Total, on retrouve chez maints autres, et pas seulement parmi les entreprises du secteur pétrolier ou de l'énergie, la même suffisance...

  Livre engagé bien entendu, cet ouvrage est particulièrement à recommander, ne serait-ce que pour éclairer bien des faits et jeter de la lumière sur la part d'ombre du système capitaliste français dont Total est un des fleurons.

   Alain DENEAULT, né en 1970, intervient souvent comme spécialiste à des émissions pour parler d'affaires publiques ou d'actualité. Il est l'auteur de plusieurs monographies sur le fonctionnement de l'économie, notamment au Québec, dont Paradis fiscaux : la filière canadienne, Éditions Écosociété, 2014, Offshore : paradis fiscaux et souveraineté criminelle;, Paris-Montréal, La Fabrique éditions/Éditions Écosociété, 2010. Et aussi, parmi d'autres, Politiques de l'extrême centre, Montréal-Paris, Lux Éditeur, 2013 ou encore une sorte de trilogie sur l'Économie (de la nature, de la foi, esthétique, Montréal, Lux Éditeur, 2019-2020). A noter qu'il a préfacé et traduit de l'allemand Psychologie de l'argent, de Georg SIMMEL (Allia, 2019), auteur dans lequel il se spécialise. Prolifique auteur de livres et d'articles, il est également réalisateur de films documentaires, dont L'impossible exil du Doktor Mabuse, Les productions Valence, France, 2006.

 

Alain DENEAULT, De quoi Total est-elle la somme? Multinationales et perversion du droit, Rue de l'échiquier/Écosociété, 2017, 515 pages.

 

Partager cet article
Repost0
23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 15:00

   Alternative libertaire, né en 1991, avant l'organisation du même nom, est l'héritier, qui dépasse les 30 ans de son existence actuelle, d'une longue tradition libertaire.

     Fondé lors de la guerre du Golfe, en ligne droite de l'ébullition créée par l'Appel pour une alternative libertaire, de janvier 1989, surtout animé par des jeunes libertaires (Collectif des...) et par des membres de l'Union des travailleurs communistes libertaires (d'environ 500 membres à travers la France), le journal est conçu pour être un "creuset, lieu de débat, sorte d'agora pluraliste et libre". En élaboration permanente, il accompagnait, avec à sa tête Alain CROSNIER (aujourd'hui défunt), le processus de construction de la nouvelle organisation. A partir de 1993, Alternative libertaire devient mensuel, tiré à un millier d'exemplaire, avec une équipe essentiellement non professionnelle, et tente de devenir un pôle de référence de la mouvement libertaire. Une nouvelle formule, née de la stagnation du lectorat, paraît en 2007, avec une équipe renouvelée, un tirage à 8 500 exemplaires, une pagination accrue, une nouvelle présentation et un nouveau rubriquage, enrichi d'un contenu culturel (hip-hop et contestation, science fiction et politique...). Il s'agit pour la nouvelle formule d'intéresser le grand public et être utile en même temps aux milieux militants. L'équipe veut vitaliser un journalisme ouvrier et équilibrer plusieurs exigences :

- assurer une cohérence d'ensemble, avec un sommaire conçu en amont et un choix assumé dans la hiérarchie des sujets ;

- éviter de publier un fanzine de militants qui perlent à d'autres militants, donc garantir un langage accessible, des titres attrayants ;

- ne pas se cantonner aux mêmes rédactrices et rédacteurs éprouvés, mais "pousser" également des camarades moins à l'aise avec l'écriture ;

- se situer dans le cadre des orientations politique d' Alternative Libertaire, sous le contrôle (bienveillant) de l'organisation.

   Rappelons qu'Alternative Libertaire était la principale organisation de tendance communiste libertaire en France. En 2019, elle fusionne avec la Coordination des groupes anarchistes, pour former l'Union communiste libertaire. AL disait fonder sa politique "sur l'action directe des classes et groupes sociaux dominés, dans une finalité anticapitaliste, révolutionnaire et autogestionnaire". Elle se réclamait des partisans de BAKOUNINE au sein de la Première Internationale, du syndicalisme révolutionnaire de la CGT d'avant 1914, de la Makhnovchtchina et de la plate-forme organisationnelle des anarchistes russes en exil en 1927, de l'anarcho-syndicalisme espagnol, de la Fédération communiste libertaire et du Manifeste communiste libertaire de Georges FONTENIS en 1984 et de l'Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL), des travaux de Daniel GUÉRIN et du Projet communiste libertaire de 1986.... La nouvelle organisation reprend nombre des principes directeurs d'Alternative Libertaire et souhaite la mise en place de luttes auto-organisées, pour mener des combats féministes, antiracistes, pro-droits LGBTI et écologistes en même temps que la lutte anarcho-communiste et révolutionnaire.

   Présent en kiosque et en vente par abonnement, Alternative libertaire veut donner envie "de s'informer, de se révolter, de s'engager". Avec des rubriques récurrentes comme Pleins feux, Luttes, Politique, Antipatriarcat, Syndicalisme, Écologie, Histoire et Culture, avec des infographies et des argumentaires précis, avec la contributions de dessinateurs engagés et le souci de coller à l'actualité tout en publiant des analyses de fond.

Le numéro n°299 de novembre 2019 portait par exemple entre autres sur Vent de révoltes, la question des retraites, la contre offensive islamophobe (le numéro suivant traite de a marche du 9 novembre et débats soulevés au sein de l'Union communiste libertaire), le congrès de la Ferc-CGT, le climat et les anarcho-syndicalistes allemands dans la guerre d'Espagne. Le numéro 300 revient sur les ouvrages de Thomas PIKETTY, en se demandant s'il est anticapitaliste.

Citons l'édito du 23 décembre 2019 pour se faire un idée du ton du journal : "Gouverner sur les ruines. Qu'importe les énièmes casseroles, un cumulard de capitaux non déclarés est remplacé par un quelconque homme de main, servile comme il faut. Une marionnette remplace une marionnette. Qu'importent les subtilités de la stratégie politicienne, diviser pour mieux régner, le gouvernement marche sur la tête des directions syndicales réformistes, habituelles serpillères du pouvoir, qui ne demandaient pourtant qu'à collaborer. Le pouvoir ne prend même plus la peine de jouer à la démocratie" car ce temps est révolu. Cette arrogance repose sur des mirages : ceux de ne voir dans les colères exprimées que de simples colères localisées et de prendre pour un assentiment majoritaire le silence des autres ; ceux de croire à la résilience éternelle du système qu'ils servent et à leur inutilité totale, loin de la lame de froide et tranchante de la guillotine. Ce pouvoir ne gouverne pourtant que sur les ruines des illusions capitalistes, et ne tient que par sa police et sa justice. "Jusqu'ici tout va bien", se dit-il. Mais les colères débordent et cherchent encore leur lit commun. Et le temps vient où les affrontements désarticulés seront remplacés par de grandes batailles. Nous voulons l'effondrement total du capitalisme, nous voulons la fin de ce monde inique, et sur ses ruines, bâtir un monde meilleur."

  A noter un guide de féminisation du mensuel présent dans les pages internet de l'Union Communiste libertaire. Comme nous, il juge la fameuse nouvelle écriture inclusive pénible à la lecture comme à l'écriture d'ailleurs. Et suit les recommandations de l'Office québécois de la langue française, qui consiste à répéter simplement masculin et féminin dans une même phrase lorsqu'il y a lieu.

Alternative libertaire, BP 295, 75921 PARIS CEDEX 19. Site unioncommunistelibertaire.org

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 14:52

   On pourrait imaginer que le cinéma a abordé pratiquement toutes les facettes des batailles de la seconde guerre mondiale, mais il n'en est rien, ne serait-ce que sur un plan géographique. Même dans les grands documentaires, les débuts de la guerre sont passés assez rapidement en revue, voire expédiés, pour arriver à la bataille de la France, sur laquelle se focalise énormément de films de fiction et de documentaires. Enfin, pas toute la bataille de France, car c'est surtout le front franco-allemand qui est examiné, parfois avec forces descriptions des détails des mouvements des troupes et analyses tactiques et stratégiques. Le front franco-italien ne fait guère l'objet que de courtes séquences et les batailles en Afrique ne sont guère présentées comme étant de premier plan, du moins celles de 1940, celles qui se déroulent précisément en même temps ou presque que les opérations sur le continent.

Ce que l'on nomme la "drôle de guerre" tant en France qu'en Angleterre, est regardé surtout sous l'angle de l'arrière et des civils français pris de panique. Et pourtant, il se passe bien des choses, sur le plan politique et sur le plan militaire, entre la déclaration de guerre, consécutive de l'invasion de la Pologne, et les premiers combats sur le sol français. En revanche, la bataille de France proprement dite (on a passé-expédié sur l'invasion de la Belgique...), fait l'objet de présentations et d'analyses, qui d'ailleurs changent avec le temps, car il ne s'agit en définitive ni d'une défaite en rase campagne, ni le résultat d'un laissez-aller sur le plan des matériels (voir les stigmatisations de l'effort d'armement pendant la période du Front Populaire). De fait, l'invasion (éclair, hum!...idée un peu fausse d'ailleurs) de la France a été une divine surprise pour HITLER, qui, sans doute, après l'invasion de la Tchécoslovaquie et de la Pologne, s'est auto-intoxiqué sur une pseudo-invincibilité de l'armée allemande de la "race supérieure"...

 

  Ce qu'on a appelé la "drôle de guerre" et la bataille de France sont évoqués dans deux documentaires  :

- 39-45, le monde en guerre, , Sur un fond de guerre et également La Chute de la France (septembre 1939-mai 1940)....

 

- Apocalypse, la seconde guerre mondiale, dans sa première partie.

 

Sur la période de la drôle de guerre, suivie de près par la chute de la France, également, deux films :

- Le discours d'un roi, de Tom HOOPER. Ce dernier, film de fiction, exprime un point de vue britannique, même si ce métrage de 2010, américano-australo-britannique, se centre sur les difficultés du prince (d'ordre physiologique d'élocution, mais aussi dynastique, à avoir sa position dans l'attitude bien ambigüe des membres de la maison des Windsor) à préparer et déclamer son discours de septembre 1939, dans lequel il proclame l'entrée en guerre du Royaume Unie contre l'Allemagne.

   

C'est aussi le point de vue britannique qui s'exprime dans Les heures sombres, de Joe WRIGHT. Ce film britannique sorti en salles en 2017 raconte les quelques jours avant l'arrivée au pouvoir de Winston CHURCHILL, fraichement nommé Premier ministre, et son succès face aux hommes politiques (proches de CHAMBERLAIN, et de Lord HALIFAX) partisans de négociations de paix avec l'Allemagne, en pleine bataille de France.

   

     La bataille de France fait l'objet de nombreux documentaires et films, avec en point d'aboutissement l'épisode de Dunkerque, où le corps expéditionnaire britannique et de nombreux soldats et pilotes français sont rapatriés en Angleterre.

- Dans la série des grandes batailles, de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, diffusée à la télévision française dans les années 1960 et 1970, la bataille de France, l'avant-dernière partie diffusée (2 mai 1974) la raconte en 1 heure et 49 minutes, avec beaucoup de détail et aussi beaucoup de finesses d'analyse, renversant pas mal d'idées encore reçues à cette époque. Les DVD, diffusé par TF1, sont placés dans un coffret dont le contenu n'est guère explicite....

 

- Le volume 1 de 39-45, le monde en guerre expose également les conditions de la chute de la France (voir avant)

- Apocalypse, seconde guerre mondiale, 2/6, l'écrasement, où l'on retrouve, il faut le dire maintes images des Grandes batailles... (voir avant)

 

- Pourquoi nous combattons? dans sa troisième partie Diviser pour régner expose les raisons d'aller combattre l'Allemagne nazie en se centrant sur la bataille de France.

 

- La bataille de France, de Jean AUREL, documentaire sorti en 1964, montage d'archives commenté par Cecil SAINT-LAURENT a un ton décalé particulier qui vaut le détour, à défaut d'être très didactique. Pendant 86 minutes se déroule sous nos yeux une façon particulière de voir cette défaite de la France.

- Juin 1940, Le grand chaos, de Christophe WEBER, montre en 90 minutes, en premier lieu l'exode des Belges et des Français devant l'avance des armées allemandes, et insiste sur les atrocités commises par celles-ci, notamment sur les prisonniers de guerre africains. Il montre la décomposition du gouvernement, du fait des conflits de personnes et de la pusillanimité des dirigeants civils et militaires, lesquels ne suivent qu'avec retard l'évolution des opérations (du fait de la quasi absence de communication en temps réel), alors que beaucoup de Français résistent avec l'énergie du désespoir. Le documentaire débute le 2 juin et s'achève le 22, par la répétition inversée de l'armistice de 1918, dans la fameuse clairière de Rethondes, avec un éclairage bref sur après...

 

- Dunkerque, d'Alex HOMES, mini série britannique, de 176 minutes au total, donne un tableau saisissant des événements, notamment des conditions du rapatriement.

- Dunkerque est aussi le titre du film de guerre américano-britannico-franco-néerlandais écrit et réalisé par Christopher NOLAN en 2017. Oscarisé, le film pèche pourtant sur le plan historique, se concentrant quasi-exclusivement sur le côté britannique : flotille hétéroclite des bateaux qui permet le rapatriement, débats au sein de l'état-major anglais, vues surtout des combattants britannique. La mise en scène fait surtout ressortir un côté survival, ce qui lui a été reproché par une partie de la critique.  On préférera de loin la série de Alex HOMES.

- D'autres cinéastes se sont penchés sur l'épisode de Dunkerque, qui semble en fait dans la filmographie celui le plus visité de cette bataille de France : Henry KING (1941, dans Un Yankee dans la RAF), Leslie NORMAN (Dunkerque, 1958), Henri VERNEUIL (Weed-end à Zuydcoote, 1964)... Avec NOLAN, VERNEUIL est le seul réalisateur à avoir reconstitué l'opération Dynamo sur les véritables plages de Dunkerque. On n'oubliera pas le film sorti en 1969 de Enzo CASTELLARI, réalisateur italien aux nombreux films de série B plus que recommandables d'ailleurs, Sur ordre du Fuhrer (mauvaise traduction française du titre original, La battaglia d'Inghilterra) (120 minutes, italo-franco-espagnol), où de Dunkerque, une poignée d'espions SS parvient à s'introduire en Angleterre dans le but de détruire la défense anti-aérienne de l'intérieur du pays permettant à la Luftwaffe de bombarder l'Angleterre. Même si l'action est centrée sur l'amitié impossible entre deux officiers, allemand et anglais, le métrage, très bien construit, spectaculaire et très rythmé (malgré l'abus des zoom et gros plans), montre bien l'atmosphère et le contexte de cet épisode important de la seconde guerre mondiale.

  Si on passe assez vite sur l'épisode belge, certains documentaires et séries montrent mieux l'invasion de la Pologne :

- Pourquoi nous combattons?, où elle constitue le véritable casus belli qui mène à la seconde guerre mondiale, et justifie que l'Amérique s'en mêle ou

- La deuxième partie de la série Le Souffle de la guerre, où est bien mis en évidence l'application du pacte germano-soviétique concernant la Pologne.

- Par ailleurs, la bataille de Westerplatte, lors de cette invasion est relatée dans le film polonais du même nom de Pawel CHOCHLEW, sorti en 2013. Cet affrontement entre les troupes allemandes et la garnison polonaise stationnée à Dantzig entre le 1er et 7 septembre 1939, est le premier de la seconde guerre mondiale. Cet avant-poste militaire devait être pris par les troupes allemandes pour favoriser la suite de l'invasion. Un film de 1967, Westerplatte, de Stanislaw ROZEWICZ, évoquait déjà cette bataille. (elle est relatée de manière très détaillée dans le livre de Chris MANN, Les grandes batailles de la seconde guerre mondiale, Parragon Eds, 2009).   On note d'ailleurs que les événements précédents l'invasion de la France font actuellement l'objet d'un regain d'intérêt (livres et films).

 

Certains mythes sur la bataille de France...

   La défaite de la France en 1940 a été souvent présentée comme inéluctable, pour diverses raisons (évolution historique de la France dans l'entre-deux-guerres, batailles perdues sur le plan diplomatique, démographie, décadence morale...), or même l'état-major allemand craint au moment de l'engagement les forces armées françaises et pour Hitler lui-même, le fait et la rapidité de cette défaite est une surprise... Sur le plan militaire, on a mis en avant l'infériorité qualitative et quantitative des armements et la faiblesse combative des Français. Or, et les documentaires le montrent bien - moins les films de fiction... - la campagne de 1940 menée par l'armée ne ressemble ni de près ni de loin à une guerre éclair, des combats acharnés ont eu lieu, et les plans stratégiques français, qui prévoient une guerre longue, gardent jusqu'au bout leur logique. Mais l'armée allemande ne se comporte pas du tout comme prévu, s'attaquant à des points vulnérables à des moments décisifs, des divisions s'enfonçant dans le territoire sans souci de la logistique suivante pour les troupes derrière elles - les forçant d'ailleurs à plusieurs reprises à ralentir leur avance... Mais si sur le plan qualitatif et quantitatif, les deux armées se valent largement, et même avec une tendance à quelques armements supérieurs du côté français, la répartition du matériel français, réalisée en dépit notamment des demandes de Charles de Gaulle, est parfaitement inadéquate. Les blindés sont dilués dans les divisions français au lieu de pouvoir être utilisés comme de véritables fers de lance. La seule supériorité matérielle flagrante du côté allemand est aérienne, les aéronefs anglais n'étant pas engagés dans la bataille de France, contrairement à certaines espérances françaises. C'est sur le plan stratégique que la décision se fait et également du fait de l'inaction française durant la "drôle de guerre" : au lieu de s'élancer directement après la déclaration de guerre en territoire allemand, comme le craignait d'ailleurs l'état-major allemand et une partie des diplomates (qui avaient d'ailleurs établis des plans de propositions de trêves en prévision de ce cas), à un moment où les armées allemandes n'étaient pas encore prêtes à l'Ouest, l'armée française attend sur pied, dans une position strictement défensive... Enfin, les forces allemandes bénéfices de chances incroyables à plusieurs reprises, preuve supplémentaire que la guerre est d'abord un chaos (dont l'inertie française face à un gigantesque embouteillage de 41 000 véhicules allemands dans le corridor des Ardennes...). Ernest MAY décrit bien cette rapide victoire de l'Allemagne bien plus difficile à expliquer qu'une finalement mythique inévitable défaite française (Strange Victory : Hitler's conquest of France, New York, Hill & Wang, 2000) plus intéressant que le livre de Marc BLOCH, L'Étrange défaite, Gallimard, 1990...) (Maurice VAISSE, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale, Sous la direction de Jean LOPEZ et Olivier WIEVERSKA, Perrin, 2020)

FILMUS

 

Complété le 21 février 2020, le 27 juin 2020, Complété le 30 octobre 2020.

 

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2020 2 21 /01 /janvier /2020 15:50

      La Brique, nouvelle revue trimestrielle lilloise et de sa région datant de 2007, se veut un média libre ni brûlot propagandiste, ni organe militant, ne se rattache à aucune parti politique, organisation ou institution, ayant opté (ce qui a toute notre sympathie) pour l'absence de publicité (quitte à racketter comme ils disent, le mairie, la région ou l'État), auto-financé par ses ventes, canard "sérieux et documenté, veut participer à la formation d'un contre-pouvoir local et combat le racisme, l'antisémitisme comme il défend le féminisme.

   Son équipe, autogérée, s'attache à la fabrication de numéros collés à un agenda de luttes populaires locales, situées dans un ensemble plus général. Ainsi le numéro 60 d'automne 2019 : Invisibles, et pourtant... On est là et le numéro 59 d'été 2019 sur L'ordre règne comme le numéro 51 d'Été 2017 sur Crève travail.

Les rubriques de ce numéro d'Automne 2019 parlent d'elles-mêmes : Transparence de la vie publique, La démocratie selon V. Spillebout, Les petites affaires financières des Spillebout, Les CHU ont chu, Accès aux soins des personnes trans, Lutte des femmes de voyage à Hellemmes, Crêpes-Party des antispés, Liaisons Bien Dangereuses, Camenbert rose : culture! Agenda de l'automne, SNCF : espace "ventes" en colère, Chroniques en jaune et noir (poésie). A signaler un reportage au centre hospitalieer universitaire de Lille, où les journées de grève se multiplient depuis juin 2019.

   La Brique fait partie de ces journaux désireux de diffuser des informations alternatives et de contre-pouvoir local, présents dans l'Hexagone et souvent ouvert sur les activités militantes dans les régions frontalières des pays voisins. Ces journaux perpétuent une tradition anarchiste ou libertaire, de tirage souvent modeste, avec une équipe très restreinte et qui tentent, bon an mal an, avec leur santé financière fragile de paraitre (relativement et parfois carrément) régulièrement.

 

Journal La Brique, Journal local de critique sociale, 14 rue des Tours, 59800 LILLE. Site labrique.net

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : LE CONFLIT
  • : Approches du conflit : philosophie, religion, psychologie, sociologie, arts, défense, anthropologie, économie, politique, sciences politiques, sciences naturelles, géopolitique, droit, biologie
  • Contact

Recherche

Liens