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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 17:33

    Beaucoup de grands documentaires, à l'issue de leur récit de la Seconde Guerre mondiale, veulent consacrer un temps de réflexion sur la manière dont ils la racontent. Que ce soit pour De Nuremberg à Nuremberg, 39-45, Le monde en guerre ou Apocalypse, il s'agit de se livrer à une sorte d'inventaire de ce qu'ils ont pu montrer et de qu'ils n'ont pas pu montrer, l'historiographie étant constamment en mouvement, soit par développement de thèmes de réflexion (la Shoah par exemple) ou par découvertes d'archives inédites. Car l'histoire de la seconde guerre mondiale, par écrit ou par l'image, n'est jamais définitivement écrite : elle est source d'interrogations continues sur notre propre histoire. A ce titre, les reportages "de clôture" des séries The Pacific et Band of brothers sont en quelque sorte incontournables....

 

- 39-45, Le monde en guerre. Sans doute le "bonus" le plus remarquable, qui perpétue la réputation de sérieux de la BBC, parmi tous les bonus consacrés à la manière dont les auteurs construise un documentaire sur la seconde guerre mondiale. Les longs interviews des auteurs portent sur la guerre elle-même et le découpage de la série en différents pôles d'intérêts, dont le plus marquant et le plus important concerne l'holocauste des Juifs, la Shoah. Toutes ces parties sont construites autour des entretiens avec des participants au conflit mondial, quel que soit son camp, et les tensions entre les commentaires et les images sont bien expliquées par les auteurs. Avec la volonté de partir surtout du vécu des participants à cette guerre, actifs ou victimes passives, les auteurs, à commencer par Jeremy ISAACS, participe à l'éclosion et à la diffusion d'une manière de parler de la seconde guerre mondiale, autrement que par le sommet, par les états-majors et leurs décisions, autrement que par un récit géopolitique et de batailles, c'est toute une équipe qui porte le lourd projet, serrant de près la recherche historique du moment - car depuis d'autres faits ont été mis en évidence, comme le rôle des services de renseignements et d'écoute - de parcourir l'ensemble des événements de la seconde guerre mondiale. Effort récompensé par une notoriété encore intacte, dont l'importance accordée à l'Holocauste, n'est pas le moindre effet de leur travail. Que ce soit pour rechercher des archives qui couvrent tous les événements ou pour faire intervenir des personnes qui n'ont pas spécialement envie de faire état de leur "expérience" (on pense à certains responsables nazis encore en vie à l'époque ou à des victimes traumatisées par la guerre), ces interviews montrent bien le travail important qu'il a fallu fournir. Le produit de ce travail est aujourd'hui le prototype du documentaire sur la seconde guerre mondiale, et par extension sur la guerre.

 

- De Numremberg à Nuremberg

- Apocalypse

 

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 07:03

   Maints férus de technologie militaire alignent des listes sur les matériels militaires utilisés pendant la seconde guerre mondiale. Cela a son utilité dans la présentation technique et par leur utilisation sur le terrain, mais il faut savoir que comparer par exemple les chars allemands ou italiens aux chars anglais, français ou américains a des limites. En effet, presque jamais, les armements les meilleurs sont opposés les uns aux autres et on a affaire au contraire à toutes sortes de chevauchement où se mêlent recherche de nouveautés technologique (la percée qui donnera l'avantage majeur) et amélioration du matériel existant, comme me montre d'ailleurs le documentaire, parmi d'autres disponible sur filmsdocumentaires.com. De plus, énormément de matériels d'armements surclassés, selon les experts, furent utilisés sur les champs de bataille, dont certains dataient directement de la première guerre mondiale. Et par ailleurs nombre de matériels supérieurs ne furent produits qu'à l'état de prototype, et cela quel que soit la catégorie de l'armement (air, terre, mer). Enfin, énormément de matériels furent conçus sur les planches à dessins ou en restèrent au plan d'essais restreints, l'imagination de techniciens et des ingénieurs pouvant d'ailleurs faire l'objet de documentaires (parfois amusants). Enfin des matériels considérés comme nouveaux ont été élaborés et utilisés pendant la seconde guerre mondiale, mais leur conception date des années antérieures : avions à réaction, hélicoptères, arme atomique...  

Les documentaires et films de fiction et séries sont émaillés de considérations techniques et parfois l'action met en valeur certaines armes, même si celles-ci ne constituent par le sujet principal. Hormis tout ce qu'on peut trouver sur Internet (à foison là-dessus, mais il faut quand même chercher car les moteurs de recherche sont vraiment à la peine!), quelques documentaires se centrent sur les armements, chars et avions surtout. Des films sur l'arme atomique ont déjà été cités (voir dans la série sur ce blog Comment voir la seconde guerre mondiale).

 

Côté documentaires :

- un documentaire sur les différentes aviations

 

- Champs de bataille 2 : les bunkers oubliés d'Hitler (TIGNÈRES)

 

Côté films :

- Tanks for Stalin (Kim DRUZININE). Il s'agit d'une partie de  l'histoire du fameux char T-34 soviétique, celle de son inspection par l'état-major de l'armée, qui exige son déplacement sur plusieurs centaines de kilomètre pour parvenir à Moscou. Ce film russe de 95 minutes sorti en 2018, raconte donc des péripéties de ce voyage (entre difficultés techniques et tentative de destruction par les renseignements allemands). Très romancée, l'histoire, qui se déroule en 1940, est véridique et les qualités de ce char, remarquable équilibre entre les trois composantes fondamentales que sont la puissance de feu, la protection blindée et la mobilité, qui joua un rôle essentiel sur le front de l'Est au cours de la seconde guerre mondiale. Le T-34 est alors considéré comme le meilleur blindé des Forces Alliées et l'un des meilleurs chars de la guerre, supérieur même au Panzer. Il n'est pleinement opérationnel en nombre que lors des batailles de Moscou et de Stalingrad en 1942, et joue un rôle décisif dans la bataille de Koursk à l'été 1943, où furent apportées des améliorations importantes. Pour ceux qui se demandent comment les Allemands étaient au courant du développement de ce char dès ses débuts, et ait pu tenté de le contrecarrer si précisément, il suffit de rappeler que la coopération - y compris dans le domaine de l'armement - germano-soviétique ne stoppa que le premier jour de l'invasion allemande du territoire soviétique! Présenté comme un film à grand spectacle, le métrage souffre tout de même visiblement d'un manque de moyens...

 

- Les héros de Télémark (MANN). Rappelons qu'il s'agit de l'histoire du sabotage en Norvège de la production d'eau lourde pouvant servir à fabriquer la bombe atomique (même si en définitive l'état-major allemand n'est intéressé que sur la forme de production d'énergie - réacteur nucléaire...). Là aussi, le film intervient au niveau du développement d'une arme (potentielle)...

 

    Thème récurrent à fort potentiel cinématographique et littéraire, les armes miracles allemandes auraient-elles pu tout changer? Très esthétique, cette croix gammée frappant tant des armes technologiquement avancées plus ou moins fictives que des armées d'extra-terrestres ou rescapées du IIIe Reich nous revenant de la Lune... Mais contrairement au mythe, toute cette technologie futuriste (pour l'époque et même pour nous...) n'est que le produit très réussi de la propagande nazie, les dirigeants de l'Allemagne cherchant tous les moyens possibles d'entretenir la combativité de leurs troupes. Pour contrebalancer les masses des armées venant de l'Ouest et de l'Est, ils évoquent dans leurs discours ces armes miracles, s'appuyant sur l'effet des armes V1 et V2.... Il s'avère que celles-ci étaient les derniers cris de la technologie allemande d'alors et non les prémisses d'armes encore plus "absolues". Beaucoup de prototypes (souvent inachevés) sont construits tout au long de la guerre et surtout en 1943-1944, souvent au détriment des capacités d'armement (détournements de ressources, interventions constantes des autorités militaires demandant toujours plus de performances pour une arme donnée, rivalités entre chefs nazis...). Ces rivalités mêmes et les interventions de l'armée (qui retardent la production en série des armements) expliquent d'ailleurs pour une grande part, le fait que la Wehrmacht en 1945 est la moins bien équipée de toutes les armées. Les seuls résultats de la mise en oeuvre d'une supériorité technique allemande dont maints historiens doute de la réalité (vu entre autres l'exil forcé d'une très grande partie des ingénieurs et des savants dans les années 1930), sont les armes guidées et les sous-marins, hélas pour le IIIe Reich, arrivant en trop peu grand nombre dans les armées. Derrière ce mythe, se profile une conception de la guerre axée sur le seul plan militaire, négligeant beaucoup d'aspects, y compris civils... Si le Reich était en avance (surtout sur le plan théorique, avec des manques évidents) dans certains domaines, il n'avait ni les capacités industrielles ni les ressources pétrolières ou humaines indispensables pour gagner un conflit armé contre les États-Unis, l'URSS et l'Empire britannique. (Pierre GRUMBERG, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale). Des historiens avancent même que compte tenu de ce que les dirigeants nazis savaient de leur situation, que la victoire alliée aurait dû intervenir plus tôt. Mais ce furent sans doute les premiers à croire en leur propre propagande...

 

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Complété le 24 mars 2021

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 13:11

     La grande tradition de la biographie en littérature a déteint depuis longtemps sur les plans cinématographiques. Singulièrement concernant l'histoire de la seconde guerre mondiale, prolongeant ainsi la plus ou moins mauvaise habitude de voir l'Histoire à travers des individualités, à qui l'on attribuent souvent plus d'influences qu'ils n'en ont eu réellement.

 

Côté documentaire :

- Dans la série Apocalypse, Hitler (CLARKE-COSTELLE). C'est un des plus récents documentaires sur le parcours d'HITLER (diffusé sur France 2 en octobre 2011) et il bénéficie donc des plus récentes recherches historiographiques. Condenser en deux heures environ (en deux parties) cela est d'autant plus compliqué qu'il faut non seulement montrer mais aussi expliquer, et tenir compte du contexte, notamment de la première à la seconde guerre mondiale. Il regroupe des documents d'époque connus ou inédits, officiels ou amateurs, sur les grands événements l'ayant amené à la prise de pouvoir. Les images d'archives ont été restaurées et colorisées. Réalisée par Isabelle CLARKE et Daniel COSTELLE (déjà dans la direction de la grande série Les grandes batailles), narrée par Mathieu KASSOVITZ, cette série de deux films est remarquable par son rythme et par la prise en compte de nombreux événements. On y montre notamment que l'ascension d'HITLER fut bien plus compliquée que voulurent le dire la propagande nazie et qu'à plusieurs reprises, elle aurait pu se terminer, soit sous le coup d'issues incertaines des élections, soit sous le coup de ses aventures personnelles. L'exploitation des données de la presse de l'époque montre bien que sans la crise économique de 1929, HITLER ne serait sans doute pas parvenu au pouvoir. Des critiques, que les auteurs balaient d'ailleurs, ont été émises, soit sur la forme - la colorisation (mais, au fait, la vie était en couleur à l'époque!) menée de nos jours de manière très fine, soit sur le fond. L'historien Édouard HUSSON, tout en soulignant l'intérêt du documentaire pour ses images inédites, lui fait trois reproches majeurs : "l'absurde insistance sur la possible ascendance juive de Hitler, une thèse bien éculée, et dont on se demande pourquoi les auteurs la réhabilitent", mais c'est que HITLER aurait bien été incapable de satisfaire à l'exigence nazie elle-même de prouver son ascendance "aryenne" sur quatre générations..., "la thèse historiquement fausse qu'il y aurait eu un danger communiste en Allemagne fin 1918", ce qui n'est pas l'avis ni de la population à l'époque ni d'autres historiens qui insistent sur l'atmosphère révolutionnaire et pas seulement en Allemagne de 1918-1919; et enfin "la quasi-absence des crises économiques dans l'énumération des facteurs qui amenèrent Hitler au pouvoir", ce qui montre seulement une chose, c'est qu'il n'a pas "vu le film!"... Le bonus - chose à ne jamais négliger, les bonus, lorsqu'on a le DVD - où interviennent nombre des fabricants du documentaire (des monteurs aux chercheurs d'archives), nous informe que la série à l'origine devait comporter quatre parties allant jusqu'à 1939, alors qu'elle s'arrête, de manière un peu abrupte il faut le dire, à 1935. De nombreuses images n'ont pas été exploitées et certains souhaitent un second volet (Hitler 2).

 

- Speer et Hitler, L'architecte du diable, en 3 parties

 

- La série de documentaire 1914-1945. Ils ont fait le monde, The World Wars, 3 DVD en 6 parties. Où les deux conflits armés mondiaux sont vus (à juste titre) dans un même ensemble de problématiques. Mais également, et là c'est tous les dangers de l'histoire vue à travers le parcours des personnages historiques, centrés sur eux.

 

- Adolf Hitler. Du charisme au chaos (REES)

 

- Nazis, Un avertissement de l'histoire (REES)

 

- Mussolini et Hitler, L'opéra des assassins (ROSÉ)

 

 

Côté films :

- Patton (SCHNAPPNER)

 

- Mac Arthur (SARGENT)

 

- Ike, Opération Overlord (HARMON)

 

- Amiral Canaris (WEIDENMANN)

 

  Le général PATTON est indiscutablement le plus célèbre général américain de la seconde guerre mondiale. Commandant notamment de la 3e armée, c'est un leader plus qu'un stratège, et il possède un goût et un talent certain pour la publicité de sa propre personne. Il a pourtant à son actif des performances contrastées, mais les hasards de la guerre, les rivalités en matière de choix stratégiques et parfois tactiques, les difficultés d'approvisionnement y sont sans doute pour beaucoup. En revanche, il a le sens du mouvement, et surtout de ne pas distendre trop ses troupes entre les pointes avancées et l'ensemble des moyens dont il dispose. A quelques reprises, on le choisit (lors de la bataille des Ardennes par exemple), pour sauver une situation ou même tromper l'ennemi qui fonde ses connaissances sur sa propagande personnelle (lors de l'opération Overlord). Toutefois, il n'a pas trop le sens de la coordination des efforts entre les différentes armées, et constitue - ce qui freine fortement sa carrière - un élément perturbateur dans la stratégie alliée (en Sicile par exemple). Pur produit du système éducatif américain (notamment dans les écoles militaires) qui cultive l'individualisme et l'engagement personnels, il n'est pas un génie militaire - contrairement à ce qu'il prétend - et des hommes comme MARSHALL, McNAIR ou SOMERVELL ont un impact bien plus considérable en façonnant l'armée de la victoire depuis Washington et leur influence a été plus durable. (Nicolas AUBIN, Les mythes de la seconde guerre mondiale). S'il bénéficie d'un déploiement médiatique important, et d'une présentation cinématographique notoire, d'autres généraux auraient pu plus attirer l'attention dans le monde du cinéma et de la télévision.

 

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Complété le 2 février 2021

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12 août 2020 3 12 /08 /août /2020 14:13

  Bien que la filmographie se concentre sur le grand procès des criminels chefs de l'État nazi, à Nuremberg ou ailleurs eurent lieu d'autres procès concernant les crimes commis dans diverses parties du monde pendant la seconde guerre mondiale (notamment de la part de responsables japonais), qui marquent pour longtemps la tradition juridique dans le monde entier, poursuivie notamment par le la Cour de Justice Internationale (crimes en ex-Yougoslavie par exemple).

 

Côté documentaires :

- Dans la série Les grandes batailles, le procès de 1945-1946

 

- De Nuremberg à Nuremberg, dans la partie 2 (ROSSIF) et Avant l'oubli? (GIROD)

 

Côté films :

- Eichmann Show, Le procès d'un responsable nazi

 

- Jugement à Nuremberg (KRAMER)

 

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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 09:15

  On n'insistera pas suffisamment sur la distinction entre le guerrier - aimant ou faisant de son activité principale la guerre et le soldat - obligé de participer à ou volontaire pour une guerre précise. Des documentaires et films rendent bien cette distinction. Bien entendu, avec la présence - quasi technique - des principaux personnages à l'écran dans les films de fiction, pratiquement tous les métrages se centrent plus ou moins du début à la fin sur un homme ou un groupe d'hommes. Sinon sans doute, le film ne "fonctionne" pas, le spectateur devant pour soutenir son attention s'identifier à un personnage dans l'action.

 

Côté documentaires :

- 39-45, Le monde en guerre, Le guerrier, dans le DVD 2, volume 4

 

- L'Asie en flammes, Saïpan. Le 15 juin 1944, les troupes américaines entreprennent la conquête des iles Marianne et en particulier de l'île de Saïpan où 30 000 japonais, militaires et civils, sont allés jusqu'au dernier sacrifice pour protéger cette terre. Le réalisateur Serge VIALLET revient sur cette tragédie et tente d'expliquer comment les japonais ont été endoctrinés afin de tous donner leur vie ôur empêcher les américains de prendre ces îles stratégiques qui mettaient le Japon à portée des bombardiers alliés. Ce documentaire utilise de nombreuses images en noir et blanc et en couleur prises durant la bataille complétée par de passionnants témoignages de survivants des deux camps. Exemplaire, ce montage nous montre jusqu'où peut aller l'horreur de la guerre quand les militaires sont également des fanatiques obnubilés par leur empereur...

 

Côté séries :

- Frères d'armes, Les hommes avant tout dans le DVD 5

 

- The Pacific, dans plusieurs parties (Partie 3, partie 4, partie 10...)

 

- Generation War, série télévisée allemande de 2013 en trois épisodes, relate le parcours hétéroclite de cinq amis, ayant 20 ans en 1941, qui vivent différemment les heures de gloire et de misère de l'armée allemande et du IIIe Reich. Elle permet d'aborder des thèmes clefs de cette période sombre - et occultée dans l'esprit de beaucoup d'Allemands. Multiplicité des positionnements, à cent lieues de la propagande nazie, prise de conscience de l'absurdité de la guerre sont bien rendues par la qualité de la reconstitution, tant dans les scènes intimistes que dans les scènes de bataille. Ce réalisme est en partie gâché par la présentation de la résistance polonaise comme antisémite, autant que les nazis eux-mêmes. Même si des pogroms eurent lieu en Pologne, avant, pendant et après la seconde guerre mondiale, on ne peut pas dire que cette résistance, qui se composait aussi d'organisations armées ou humanitaires juives était globalement antisémite. Le fait même d'ailleurs qu'une polémique à cet égard eut lieu en Pologne à la sortie du métrage dans ce pays montre une réalité, là encore, plus complexe. Cette série fait partie d'un ensemble d'oeuvres qui ravive en Allemagne les débats sur les événements de la seconde guerre mondiale.

 

Côté films :

- Bataillon du ciel (ESWAY)

 

- La bataille de Tobrouk (film tchèque)

 

- Bastogne (WELMANN)

 

- Mémoires de nos pères (EASTWOOD)

 

- Indigènes ( BOUCHAREB)

 

- Nom de code : Overlord (COOPER)

 

- Le général du diable  (KAUTNER)

 

- Le pont (WICKI)

 

- Far away  (KANG JI KUJ)

 

- The captain , l'usurpateur (SCHWENTKE)

 

- Kokoda, le 39e bataillon

 

- Attack! (ALDRICH)

 

On oubliera sans doute sans peine Les douze salopards, de même qu'un certain film de TARENTINO... tant les personnages frisent la caricature (mais il est parfait pour les âmes simples de brut décoffrage)

 

 

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 08:10

   L'histoire de la seconde guerre mondiale se clôt généralement par les deux explosions atomiques sur le Japon en 1945, et nombre de documents filmiques lui sont consacrés, soit dans la genèse de l'existence de ces deux bombes, soit dans les conditions politiques de leur utilisation, soit encore dans les conséquences de leur usage pour l'après Seconde guerre mondiale.

 

Côté documentaires :

- 39-45, Le monde en guerre, La bombe, février-septembre 1945

 

- L'Asie en flammes, Nagasaki. Le 9 août 1945, un bombardier américain largue la seconde bombe atomique sur la ville japonaise de Nagasaki. A l'aide des témoignages des survivants, des équipes de secours et d'images d'archives, le réalisateur Serge VIALLET nous dépeint l'horreur qui a suivi l'emploi de l'arme la plus terrible jamais fabriquée par l'homme. Une grande partie des victimes étaient des prisonniers de guerre coréens ou même européens. A travers ces témoignages, on comprend l'impact psychologique de cette arme sur la population alors que la guerre était de toute façon déjà perdue pour le Japon mais que les militaires qui dirigeaient le pays ne voulaient pas de la paix. Le documentaire s'attarde aussi sur la façon dont les Japonais ont vécu la défaite dans un pays dévasté par tant d'années de guerre et alors que les radiations continuent à tuer à Hiroshima et Nagasaki.

 

Côté films :

- USS Undianapolis

 

- Day one (SARGENT)

 

- La bataille de l'eau lourde (DRÉVILLE)

 

- Les héros de Télémark

 

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1 août 2020 6 01 /08 /août /2020 07:08

    Nul doute que l'étude de la politique d'extermination des Juifs par les nazis avant et pendant la Seconde Guerre mondiale a aboutit à la production d'un nombre considérable de documents filmiques. Pour de multiples raisons, mais la raison de l'inhumanité de cette politique eut suffit, de nombreuses institutions, à des fins d'information documentaire, policières (recherche des criminels nazis) et politiques (valorisation du sionisme)n c'est à une profusion de documents que nous avons affaire, présentés aux différents publics sous différentes formes, alimentant nombre de réflexions (parfois polémiques) sur le sens de la Shoah. De nombreuses oeuvres de fictions, souvent très documentées et ancrées dans la réalité, témoignent également de cette abondance. Côté fiction, d'innombrables films évoquent l'holocauste dont a été victime le peuple Juif, sans en faire le thème central.

 

Côté documentaires :

- La série 39-15, Le monde en guerre : Génocide 41-45 (DVD 2 Volume 3) ; La solution finale, en deux parties (DVD 2 Volume 5).

 

- Auschwitz, Les nazis et la solution finale (REES)

 

Côté séries :

- Frères d'armes, Pourquoi nous combattons, dans le DVD 5

- Les orages de la guerre, dans les parties 2, 5, 7, 8, 10 et 11

 

- Holocauste

 

Côté films :

- Amen (COSTA-GAVRAS)

 

- Au nom de tous les miens (ENRICO)

 

 

- Sobibor, qui relate la seule révolte-évasion réussie d'un camp de concentration (KHABENSKI)

 

- La rafle (BOSCH)

 

- Le procès du siècle (JACKSON)

 

- Hannah ARENDT (VON TROTTA)

 

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 08:44

  Maints documentaires évoquent l'avancée des Alliés et le repli stratégique de l'Armée allemande, surtout côté Ouest, mais pas seulement. Côté films, la série soviétique La libération, déjà évoquée, détaille l'avancée sur le front Est des Soviétique, tandis que de nombreux films en Occident se concentrent sur la bataille des Ardennes, contre-offensive allemande, dont l'échec précipite la fin de l'Allemagne nazie, pratiquement toutes ses forces les plus entrainées, les plus aguerries et les plus dotées de chars de dernière génération ayant été consacré à cette tentative d'atteindre Anvers et de priver les Alliés de cette précieuse tête de pont, dans l'espoir (fou et vain) d'obtenir des États-Unis un répit afin de pouvoir contrer les forces soviétiques.

 

Côté documentaires

- 39-45, le monde en guerre, L'étau, Août 44-mars 45, DVD 1, volume 3

- Les grandes batailles, Allemagne 1944, partie 1

 

- Apocalypse La deuxième guerre monde, épisode 6 L'enfer

 

- Champs de bataille, La bataille des Ardennes (TIGNERES)

 

 

Côté films :

La bataille des Ardennes (ANAKIN)

 

- Attack! (ALDRICH)

 

- Un pont trop loin Hollande 1944 (ATENBOROUGH)

 

- Section 44 (GORDON)

 

- L'enfer est pour les héros (PIROSH)

 

- Bastogne (WELLLMAN) qui relate en 114 minutes l'histoire de la 101e aéroportée résistant à la contre-offensive allemande finale.

 

- Dans la série soviétique évoquée auparavant, La libération : DVD 2, l'opération Bagratin ; DVD 3, La bataille pour Berlin

 

 

Côté série

Frères d'armes : A la croisée des chemins, Bastogne (DVD3) et Point de rupture, La dernière patrouille (DVD 4)

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 11:48

  On peut considérer la filmographie - documentaires, séries télévisées et films de fiction confondus - de la seconde guerre mondiale comme étant réparties en plusieurs blocs de thèmes, et non seulement sur le plan des opérations militaires. Les résistances et les collaborations dans les territoires occupés avec l'occupant constituent à elles seules un de ces blocs : riche, fourni, global ou local, ce bloc a inspiré nombre de réalisateurs, et au fur et à mesure que l'on s'éloigne dans le temps de cette guerre, de manière de moins en moins caricaturale, de plus en plus nuancée, prenant en compte de plus en plus les conflits sociaux exacerbés par elle, s'attardant de plus en plus sur les motivations (politiques, psychologiques...) des adversaires face à face.

 

Côté documentaires

- Dans la série 39-45, Le monde en guerre, dans le DVD1, volume 3 sont développés l'Occupation de la Hollande (1940-1944).

 

- Vichy ou la mémoire emprisonnée est un de plusieurs documentaires consacrés au régime de l'État Français.

 

- Résistants-Collabos, Une lutte à mort (WEBER/MAZUET) éclaire le combat féroce entre deux facettes extrêmes de la résistance et de la collaboration.

 

- Collaborations (LE BONIN) parcoure les différents types de collaborations en Europe.

- Les combattants de l'ombre (GEORGE) dresse en 3 DVD le panorama des résistances. C'est un ensemble de commentaires, de témoignages d'anciens résistants (certains se considèrent d'ailleurs encore comme des résistants), d'images d'archives (remarquable travail sur la photographie), qui permet de se faire une première idée (car il faut toujours prolonger par l'écrit...) de l'état des différentes résistances en Europe durant la seconde guerre mondiale. Le documentaire reste toujours au niveau des acteurs de ce drame tout en prenant très souvent de la hauteur dans la narration des événements. Si l'on doit conseiller un seul documentaire ou un documentaire d'ouverture à la réflexion, c'est bien celui-là.

 

- Elles étaient en guerre 1939-1945 (BEZIAT-NANCY) se consacre à une grande partie du vécu des femmes pendant la seconde guerre mondiale.

 

Côté séries

- Une française des plus récentes, Un village français suit les différentes "aventures" d'un médecin contraint d'exercer des responsabilités politiques pendant l'Occupation.

 

- La ligne de démarcation, une des plus anciennes séries françaises consacrées à l'Occupation décrit plusieurs "faits héroïques" de résistants autour de la zone de démarcation entre le territoire sous administration directe allemande et celui sous le gouvernement de Vichy.

 

- Le 16 à Kerbriant tourne autour des relations entre résistants et un commandant allemand aux positions ambigües.

- La bicyclette bleue

 

Côté films, voici une sélection parmi la surabondante production autour de l'occupation, de la collaboration et de la résistance en Europe

 

- Uranus, sur la collaboration française (BERRI)

- Rome, Ville ouverte (ROSSELLINI)

 

 

- L'Élu (DISOAR)

- Fortunat (JOFFE)

- Monsieur Batignole

- L'armée du crime (GUEDIGUIAN)

 

- Black Book (VERHOEVEN)

- Sous la ville

- Le train (FRANCKEIMER) montre les réseaux français de résistance dans les chemins de fer, à l'appui de la chasse à un train bourré de trésors volés, en route pour l'Allemagne. 

A rapprocher ce film, sur le thème des vols d'oeuvres d'art par les nazis, le film Monuments Men, de George CLOONEY, qui relate l'aventure d'une équipe chargée de récupérer ces multiples oeuvres volées dans toute l'Europe.

- HHhH, L'assassinat d'Heydrich (JIMENEZ)

 

- Opération Lidice

- La nuit des généraux

 

- Walkyrie (SINGER)

- La traversée de Paris (AUTANT-LARA)

- Normandie Niemen (DREVILLE)

 

- Suite française (SALL DAVB)

- Achtung! Bandits! (LIZZANI)

- La bataille du rail

 

Côté téléfilm, sélection autour d'une production elle aussi abondante

- 1943, L'ultime révolte (AYMET)

- Le temps de la désobéissance (VOLSON). Il s'agit-là des résistances au sein de la police française, à la politique d'extermination des Juifs en France.

- War of resistance (SPENCER)

 

   A propos de la résistance en France, une question à la fois stratégico-politique (concernant la place de la France aux côtés des Alliés) et historique (qui est aussi une question de mémoire nationale) se pose toujours : la France a-t-elle réellement contribué à la victoire des Alliés. Si dans l'ensemble, films, documentaires, séries, répondent, à l'instar d'autres résistances en Europe, par l'affirmative, les historiens eux, sont beaucoup plus nuancés. Ils veulent distinguer plusieurs niveaux, à commencer par celui de la perception des différents camps en présence pendant la seconde guerre mondiale. Le poids militaire de l'engagement de la France, en ce qui concerne son engagement (tardif et très progressif) des Alliés peut se mesurer à l'aune de 15 divisions (selon EISENHOWER dans ses Mémoires de 1949) - on peut discuter du format des divisions et de leur armement... - à l'aune des mythes fondateurs des batailles de Koufra et Bir Hakeim (aux poids stratégiques discutables), à l'aune de la résistance intérieure et des maquis (malheureusement sur le plan strictement militaires, des échecs), à l'aune encore de l'aide aux débarquements de Normandie et de Provence (plus probante en ce qui concerne le deuxième), mais outre que par l'exemple l'armée de libération est surtout une armée en trompe l'oeil (sur les plans des effectifs et des capacités de manoeuvres...), Il faut sûrement mesurer l'effet des résistances militaires et civiles plus globalement et faire la comparaison (même si elle est un peu uchronique...) avec la possible disponibilité pour le Reich de la marine et des forces terrestres françaises, en tant que troupes encadrées face aux Alliées. Que la marine se saborde et que l'armée parte en ordre dispersé plus ou moins dans la résistance a changé bien des choses. Si l'apport à la victoire finale est modeste (Tunisie, Cassino, Provence surtout) et si les Allemands ne s'attendaient pas à trouver à la table de la reddition les Français, on n'oubliera jamais que la représentation de ce que fut réellement l'attitude des Français, comme souvent dans l'Histoire, compte plus en définitive pour la suite des événements, que la réelle participation à la guerre... (voir Jean-François MURACCIOLE, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale)

 

FILMUS

 

Complété le 23 mars 2021

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30 mai 2020 6 30 /05 /mai /2020 11:30

     Alors que stratégiquement le débarquement en Provence des troupes venant d'Afrique du Nord et comprenant un fort contingent français est aussi important que celui en Normandie, la filmographie a favorisé fortement jusqu'à aujourd'hui celui des Anglo-saxons principalement engagés, avec à leurs côtés de multiples et beaucoup plus petits contingents de différentes nations. Si l'on célèbre chaque année, à force de petits documentaires souvent pris dans d'autres plus longs dans les différentes chaines de télévision, le débarquement du jour J en Normandie, peu de place est consacrée à l'autre, par le Sud, organisé notamment pour faire la grande jonction avec celui du Nord et devant également - même si dans les calculs des états-majors, ce ne fut pas toujours aussi clair, en terminer avec la présence efficace des troupes allemandes dans l'Italie du Nord.

Tant les documentaires que les films de fiction racontent ces combats, décisifs pour l'issue de la seconde guerre mondiale, qui ouvrent enfin le deuxième front demandés avec insistance par les Soviétiques depuis le début de leur "grande guerre patriotique". Dans la filmographie de la seconde guerre mondiale, si l'on excepte les oeuvres consacrées à la guerre dans le Pacifique, le débarquement de Normandie possède pratiquement la première place.

 

Côté documentaires, concernant le débarquement de Normandie, on pourra voir :

- Dans la série française Les grandes batailles, la partie La Bataille de Normandie (1944), d'une heure et 29 minutes (voir outre le DVD de la série, le site de l'INA) ;

 

- Dans la série britannique Le monde en guerre (the world at war), Une certaine aube, Juin-Août 1944

 

- le documentaire D Day, Ils vont voir l'enfer du débarquement (de Richard DALE)

- Ils ont filmé la guerre en couleur La Libération, de BOUYER;

- Champs de bataille partie 2,  dans les DVD 3 ET 4, Les anges de la victoire et La Hitlerjugend contre-attaque, qui a le mérite de bien montrer les actions et réactions du débarquement (TIGNÈRES)

 

- Jour J, Le débarquement, de CAPRA, qui se situe dans la logique de Pourquoi nous combattons?

 

- La bataille de Normandie, documentaire américain. Diffusé en DVD à l'occasion du 70e anniversaire du débarquement, dans le flot de documents habituellement produits ou reproduits à ces anniversaires annuels, avec une présentation un peu tapageuse qui informe peu sur le contenu, ce documentaire, sous la bannière des AAA, semble une partie tirée de plusieurs autres, la dernière (?), éditée par Peter JONSON, en 2007 (Edgehill Publishing Ltd), à l'adaptation française de Gilles THOMSON. Composé uniquement d'images d'archives en noir et blanc, de 51 minutes.

 

- Grandes batailles de la Deuxième guerre mondiale, Le débarquement.

 

 

      Côté films, nous ne conseillerons que les trois films suivants, bien que le thème du débarquement inspire de nombreux réalisateurs, mais souvent de manière annexe :

- Le jour le plus long, métrage américain (Twentieh Century Fox) de ZANUK et de ses nombreux co-réalisateurs, aux interprètes de renommée internationale. Centré sur le débarquement, le film de 172 minutes (mais la longueur peut varier) noir et blanc de 1962, ou colorisé plus récemment, présente les différents théâtres d'opération, du point de vue Allié et Allemand dans la journée du 6 juin 1944, précédé des préparatifs de la veille au soir. Il présente divers points de vue, de l'état-major au soldat de base, des forces régulières aux résistants, le tout avec de véridiques anecdotes. Très spectaculaire, le film serre de près la réalité historique,et les principaux déterminants des stratégies face à face.

 

- Il faut sauver le soldat Ryan, film américain de Steven SPIELBERG, sorti en 1998, qui met en scène des soldats américains ayant pour mission de retrouver un soldat, dans la ligne de front, dont les frères sont morts au combat. Il est intéressant de comparer les scènes mêmes du débarquement avec celles du Jour le plus long. Le réalisme est plus fort dans ce qui a été le vécu des soldats venant des navires de la côtes : un enfer et une boucherie.

- Paris brûle t-il? de René CLÉMENT, film franco-américain sorti en 1966, à la demande du producteur Paul GRAETZ et adapté du livre éponyme de Larry COLLINS et Dominique LAPIERRE. Fresque historique qui montre les faits de résistance et les actions militaires qui conduisent à la libération de Paris et à la reddition du général von CHOLTITZ, commandant en chef de la Wehrmacht à Paris, chargé par HITLER de détruire Paris en cas de débordement des troupes alliées, le film montre bien l'état des forces en présence, tant militaires que civiles (résistances rivales). Mêlant images tournées et archives, le film atteint un niveau de véracité historique intéressant, même s'il ne s'intéresse qu'à un tronçon de l'histoire de la libération de la France. En tout cas, il fait avancer dans le temps dans la perception de cette libération, qui s'arrêtait souvent aux plages de Normandie et aux villes côtières. Le DVD comporte des bonus intéressants qui resituent l'épisode de la libération de Paris dans son contexte et qui commentent la place du film dans l'historiographie générale, puis dans la filmographie de René CLÉMENT.

   

- Overlord, flm britannique de Stuart COOPER, sorti en 1975. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Tom, jeune homme de 20 ans, quitte le foyer familial pour rejoindre l'armée britannique. Il découvre la discipline militaire, l'entraînement, les copains, il rencontre une jeune femme dont il tombe amoureux... mais il entrevoit aussi sa propre mort qui le hante dans ses rêves. Son unité est placée au secret car elle doit débarquer en Normandie, et le jeune soldat, qui vient de fêter son 21e anniversaire, est coupé de toutes ses racines et de tout contact avec l'extérieur. Il embarque avec ses camarades sur le chaland de débarquement et laisse ses pensées errer parmi les évocations de ses cauchemars et de son ami désormais lointaine... Si l'on se donne la peine ici de reproduire le synopsis de ce film, c'est parce qu'il est rarement diffusé. Présenté au festival de Berlin (1975) où il obtient le Prix spécial du Jury, Overlord voit sa diffusion cantonnée au Danemark, au Japon et aux États-Unis, et même pas dans son pays d'origine.  Sans concession sur le thème du soldat chair à canons et sur la rhétorique militaire, il est à cent lieues des métrages de commémoration. De plus, l'entrelacement d'archives et de scènes de fictions a dû rebuter plus d'un distributeur... D'une heure 24 minutes, en noir et blanc (superbe), il est édité par Sidonis Calysta.

 

 

     Côté séries, il faut mentionner deux réalisations marquantes. L'une surtout, Frères d'armes (HANKS/SPIELBERG), qui débute pratiquement par le débarquement en Normandie (DVD 1 : Currahee, Day fo Days ; DVD 2 : Carentin). L'autre Les orages de la guerre, dans sa partie 9, fait une large part à l'histoire de ce débarquement.

     

 

 

     Il faut souligner que très peu de film de fiction ou de documentaire vont plus loin, après la libération de Paris et l'espace-temps entre le Débarquement et la bataille des Ardennes est très peu occupé par la filmographie. Il serait injuste toutefois de dire qu'il n'y en a pas. Témoin ce documentaire, intitulé La grande offensive, qui va des plages de Normandie aux rives du Rhin, sous la bannière des AAA, déjà mentionnée, construit à partir d'images - parfois très rares - en provenance des archives alliées et allemandes.

   

    Alors que, notamment avec la conjonction des forces débarquées en Provence, des combats importants se déroulent sur le sol français, obligeant les troupes allemandes à une manoeuvre stratégique de repli des troupes d'Italie et de France sur le Rhin.

   Il faut mentionner le documentaire Provence Août 1944, L'autre débarquement, qui dépasse par sa densité l'aspect hommage du 70e anniversaire d'un débarquement peu évoqué de la Seconde guerre mondiale. Dans ce DVD figure, outre le film-documentaire (2014) lui-même, réalisé par Christian PHILIBERT et Laurent MOËNOARD, d'une durée de 52 minutes, composé d'images d'archives d'origine variée, des entretiens avec d'anciens soldats et de historien (70 minutes) avec des extraits de D-Day, leur jour le plus long et de La libération en couleur.

 

La filmographie sur le débarquement de Provence n'est pas pour autant inexistante. Mentionnons le film algéro-belgo-français de Rachid BOUCHAREB sorti en 2006 (découverte de la guerre par trois tirailleurs algériens et un goumier marocain, de l'Italie jusqu'aux portes de l'Alsace) et le film Au soldat inconnu, le débarquement de Provence (2009) du réalisateur et acteur Thomas LEMOIGNE. Cette prise en considération est toutefois très récente.

 

    Le traitement différent des débarquements de Normandie et de Provence a diverses provenances dont l'opinion selon laquelle le débarquement de Provence était une opération inutile. La presse comme les commentaires officiels, ainsi que le rythme de commémorations suit là l'opinion précise du maréchal Montgomery, commandant des forces terrestres de l'opération Overlord, opinion qu'il avait déjà sur moment et réitérée dans ses Mémoires publiées dans les années 1960. Contestable d'un point de vue militaire face à l'enlisement des Alliés en Italie, celui-ci était une erreur géopolitique majeure. En concentrant les troupes alliées en France et non en Italie puis dans les Balkans, Anvil-Dragoon aurait laissé le champ libre aux Soviétiques pour étendre leur mainmise sur l'Europe centrale et orientale. Or, ce débarquement incita les Allemands à une opération stratégique de retraite devant l'avancée en étau des troupes issues des deux débarquements, ce qui n'empêche pas de faire un nombre impressionnant de prisonniers allemands et de causer d'importantes pertes de matériel à l'Armée allemande. Ce débarquement s'inscrit dans un déploiement important de forces françaises - marginales en Normandie, qui opèrent la libération du territoire - Marseille s'est bien plus auto-libéré, du coup, que Paris. Avec lui, la France émerge véritablement comme partenaire à part entière. (Claire MIOT, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale) Mais, comme le montre d'ailleurs le film Indigènes, la forte proportion de troupes venant directement de l'Empire française d'Afrique, composés de Noirs en grand partie, est sans doute une des raisons pour lesquelles l'État n'a pas beaucoup insisté sur ce débarquement de Provence. La libération est dans tous les esprits en France, l'oeuvre de Blancs d'abord, surtout et finalement seulement... In fine, cela rejoint aussi l'un de ces mythes de la Libération, qui serait partie de Londres, alors que tous les éléments politiques, logistiques et stratégiques (y compris sur le plan des fournitures d'hydro-carbures) proviennent alors de l'action du gouvernement provisoire établi à Alger. La reconquête de la France en passant par les colonies constitue à ce titre la réalité historique. (voir à ce titre Éric JENNINGS dans Histoire mondiale de la France).

 

Complété le 23 janvier 2021

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