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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 08:25

   Un des thèmes sans doute les plus intéressants dans le déroulement de la seconde guerre mondiale, car ayant un enseignement bien au-delà de cette guerre, est la mobilisation des populations. Comment les gouvernements américains, japonais, allemands, italiens et français ont-ils pu (ou au contraire être contrariés) obtenir l'assentiment de populations pourtant encore marqués par les souvenirs de la première guerre mondiale à la participation à la guerre? L'effort de propagande des gouvernements, mâtinée souvent de mensonges d'État, a été particulièrement vif durant cette guerre et maints documentaires en rendent aujourd'hui bien compte. L'image de populations déterminées les unes contre les autres à en découdre, pour des raisons diverses, s'efface alors devant le constat des grandes difficultés qu'ont eu les agences gouvernementales de convaincre les populations de la légitimité de la guerre. Que ce soit en Allemagne, où l'intérêt au départ du soutien aux populations germanophones fut avancé pour le soutien aux actions de l'armée pour envahir des pays limitrophes (de manière concomitante à la répression de toutes les oppositions, de manière radicale), aux États-Unis, où il fallu l'exploitation de l'attaque surprise de Pearl Harbour pour convaincre la population au départ en grande majorité isolationniste, ou en France, où on dû installer une atmosphère de "drôle de guerre", et d'entretien de l'espoir de plier le régime nazi par la diplomatie, pour faire accepter la mobilisation générale, ces documentaires montrent le déploiement sans précédent de tout un appareil de propagande, où sont mis en jeu autant les émotions populaires que les arguments rationnels.

 

     39-45 Le monde en guerre dans les deux "épisodes" La guerre des civils, Angleterre 40-44 (DVD 2 volume 2)

 

La vie dans le Reich, 40-44 (DVD1 volume 3) indiquent de manière contrastée le grand jeu de la mobilisation civile, parallèlement à la mobilisation des armées, menés par les deux gouvernements britannique et allemand.

 

Pour sa part Pourquoi nous combattons? (DVD 7) montre bien la difficile mobilisation de l'opinion américaine en faveur d'une participation ouverte à la guerre. 

 

  

Les documentaire 39-45, quant à lui montre comment le pouvoir japonais emmène tout le peuple dans la guerre (DVD 2 volume 3), comment Hitler mène les Allemands des guerres en faveur des peuples germanophones à une entreprise bien plus vaste de conquête de territoires pour la race supérieures, notion que ne partage en fin de compte pourtant modérément les populations allemandes (DVD 1, volume 5), comment s'organise, entre collaboration des civils et maillage des forces policières et militaires, l'Empire nazi (DVD1, volume 5).

  

 

    Le documentaire Propaganda Kompanien montre combien, à travers les activités des reporters du IIIe Reich, l'information-désinformation sur les combats de la guerre, s'avéra indispensable pour obtenir la collaboration active des populations allemandes aux menées du régime nazi. Ce documentaire de 95 minutes de 2012, réalisé par Véronique LHORME (producteur La cuisine aux images, diffuseur Planète+, RTBF), a été sélectionné au Festival du film d'histoire de Pessac.

Présents sur tous les théâtres d'opération aux côtés de l'armée allemande, les caméraman des Propaganda Kompanien ont traversé la seconde guerre mondiale caméra au poing (payant d'ailleurs un lourd tribut dans leurs rangs). Ils ont rapporté des milliers d'images qui ont maintenu le statut d'archives, utilisées dans un but précis par les responsables du Reich : la propagande. Leur maitrise professionnelle, acquise bien avant leurs confrères des armées des autres pays, leur qualité et leur tournage systématique, font qu'aujourd'hui encore, ces images continuent d'influencer la perception que nous avons du grand conflit armé. Un gros plan est effectué dans ce documentaire sur les parcours de quatre reporters du IIIe Reich (dont le cameraman personnel d'Adolf HITLER, Walter FRENTZ) et sur les mécanismes qui ont hissé l'image au rang d'arme de guerre.

   

   

 

    Le film américain de Edward DMYTRYK Les enfants d'Hitler sorti en 1943, est une adaptation dramatisée de l'enquête journalistique Education for Death de Gregor ZIEMER. Ce métrage de 82 minutes, en noir et blanc, se centre autour des relations entre Karl, jeune allemand, hitlérien et une enseignante de nationalité américaine d'origine allemande, Anna Miller, qui se rencontrent à Berlin, en 1933, entre une école destinée aux enfants des résidents américains et une Horst Wessel Schule, qui la jouxte, où l'on enseigne à de jeunes recrues les rudiments de la propagande nazie. Lorsque la guerre se déclenche en Europe, Ana, considérée désormais comme allemande, est congédiée de l'institution américaine et contrainte de travailler pour le nouveau régime. Avec courage, elle refuse d'obtempérer et sur les recommandations de Karl, devenu lieutenant, est transférée dans un camp de travail. Son e-x-supérieur hiérarchique, le professeur américain Nichols, se lance désespérément à sa recherche... Loin d'une caricature, la description de l'évolution des personnages et des situations, font de ce film une "véritable révélation" selon les archivistes de la RKO. Le réalisateur Edward DMYTRYK, malgré le succès de son film, n'échappe cependant pas aux accusations d'activités communistes en 1948 et est contraint de s'exiler en Angleterre.

Ce film ne doit pas être confondu avec le documentaire - très intéressant par ailleurs - du même nom en Français, de Chanoch ZEEVI, de 59 minutes, sur les témoignages de 5 descendants de nazis figurant parmi les plus influents du régime d'HITLER.

 

    Parmi les livres traitant de l'évolution des populations allemandes pendant la seconde guerre mondiale, nous recommandons celui de Ian KERSHAW, professeur à l'université de Sheffield et membre de la British Academy, et spécialiste de la société allemande sous Hitler, L'opinion allemande sous le nazisme, Bavière 1933-1945, paru aux CNRS Éditions en 1995, réédité plusieurs fois depuis. Cette étude fondamentale a révolutionné la connaissance de l'opinion publique sous le IIIe Reich, alors que persistait l'image d'un peuple unanime avec le régime nazi. Dans une région emblématique, la Bavière, où Adolf Hitler fit ses premières armes, l'histoire indique plutôt un mélange changeant d'inertie, d'adhésion, de peur ou de renoncement. L'auteur s'efforce de répondre aux question entourant les réactions de "l'homme de la rue" aux défilés nazis, au boycott des commerces juifs, aux attaques contre le clergé, à la brutalité des SS et à la répression des opposants, comme à celles des églises, des ouvriers, des classes moyennes, du patronat et de l'aristocratie...

 

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 12:04

  S'il est bien une constante dans le déroulement de la seconde guerre mondiale, c'est la persistance de l'erreur stratégique majeure des bombardements aériens massifs. Imprécis, aléatoires dans leurs résultats, soumis à des conditions atmosphériques changeantes, dirigés souvent sur de faux objectifs de par les activités d'espionnage, mauvaise coordination au sein des armées de l'air, ils sont pourtant réitérés dans les deux grands camps en Europe, de l'Angleterre, à la France et à l'Allemagne. Que ce soit sur des objectifs liés à la démoralisation des populations ou sur des objectifs proprement militaires ou industriels, les exemples ne manquent pas d'échecs constatés sur le terrain. Les documentaires mettent bien en relief cette erreur stratégique, que ce soit sur l'Angleterre, où l'état-major allemand vise alternativement de détruire un potentiel industriel et de saper le moral des populations, que ce soit en France, où se mêlent errances tactiques et alimentation de la propagande allemande contre les alliés - à l'exception notable des lâchers de bombes sur les infrastructures de transports (guidés par les renseignement de la Résistance) en vue de la préparation des débarquements en Normandie et en Provence, ou que ce soit en Allemagne, où malgré les destructions énormes des infrastructures industrielles et civiles, ils n'ont fait que de renforcer le soutien inconditionnel de la population vis-à-vis du régime, et de plus ont été l'occasion de reconstruire ce même potentiel industriel à l'abri desdits bombardements (en quantité et en qualité supérieures en plus, à la fin par rapport aux autres périodes de la guerre!)... Il est dommage d'ailleurs que ces documentaires n'aillent pas au bout de leur démonstration et de le leur démarche : il a fallu tout le poids des complexes militaro-industriels aéronautiques pour maintenir cette même erreur tout au long de la guerre!

    Alors que la plupart des documentaires "expédient" le fait en quelques images et commentaires, parfois avec un certain pathos, 39-45. Le monde en guerre, dans L'orage en flamme restitue bien l'ampleur des bombardements comme de l'échec souvent des objectifs affichés (volume 2 DVD 2).

 

   La France sous les bombes alliées, le documentaire en noir et blanc et couleurs de 91 minutes, réalisé par Catherine MONFAJON, Emmanuel BLANCHARD et Fabrice SALINIÉ, pour France Télévisions, se situe dans toute une historiographie critique de la seconde guerre mondiale qui s'empare de la production littéraire depuis le début des années 2000. Ce sujet, longtemps passé sous silence, est vulgarisé par ce documentaire avec un certain bonheur. C'est que le documentaire, s'il est centré sur la question du bombardement des villes française, puise plus profond, puisqu'il fait démarrer l'histoire pendant la Première Guerre mondiale par une assez brève allusion, avant de planter le décor. Les premières bombes anglaises tombèrent d'abord sur Dunkerque en juin 1940, lors de l'attaque de la RAF contre les armées allemandes stationnées à proximité. La suite du film n'est pas qu'n amoncellement d'évocations de bombardements, lesquels sont replacés dans un contexte stratégique : les destructions des ports sont ainsi différenciées de celles d'usines produisant des biens pour l'occupant ainsi que les dévastations de noeuds ferroviaires. L'accent est mis sur le Transportation Plan visant à restreindre profondément la mobilité des troupes allemande l'été 1944, sans pour autant que les autres opérations, comme celle des attaques contre les "poches de l'Atlantique" soient négligées. Les deux points vue opposés sur ces opérations sont bien présentés : celui des Alliés pour qui les bombardements sont jugés indispensables, et celui des Français bombardés, des nuances étant apportées par d'autres, comme par exemple des Résistants ou des combattants de la France libre. Le film est réalisé à partir d'images d'archives ainsi que de témoignages émanant de personnes ayant vécu sous ces bombes (Philippe BELLARINI, aerostories.celeonet.fr)

 

     Parmi les films de fiction relevons-en deux très différents, Dresde (2006) et Les briseurs de barrages (1955).

Dresde, téléfilm allemand réalisé en 2006 par Roland Suso RICHTER, qui se centre sur le bombardement de cette ville en février 1945, est d'abord un film d'amour entre fille d'un riches directeur d'hôpital et le docteur Alexander, mais fait une part très grande aux circonstances des événements dramatiques pendant 3 jours (14 au 15 février). Produit par la ZDF, divisé à l'origine en deux parties de 90 minutes chacune, avec une version cinéma sortie en 2010, le film est inspiré du livre de Jorg FRIEDRICH, Le Feu. L'analyse des faits montre que cette destruction était parfaitement inutile sur le plan stratégique. La seule utilité sans doute, du point de vue des concepteurs de l'opération fut de monter le potentiel destructeur (en bâtiments et en vies humaines) des bombes utilisées...

Les briseurs de barrage, film britannique réalisé par Michael ANDERSON, sorti en 1955, d'après le livre éponyme de 1954 de Paul BRICKHILL, relate des faits ayant réellement eut lieu (l'Opération Chastise). La RAF décide de faire sauter trois barrages ennemis sur la Ruhr à l'aide de bombes spéciales, mais le raid est dangereux pour de nombreuses raisons. Composé de deux parties bien distinctes - la première sur la conception et les essais d'une combe spéciales inventées par le Docteur Barnes WALLIS, la seconde, la plus courte, sur le raid lui-même - le film ne montre que l'attaque sur les barrages de la Möhne et de l'Eder, mais pas sur les autres qui demeurèrent intacts. Contrairement au barrage de la Möhne, celui de l'Eder n'alimentait pas le réseau de la Ruhr et sa destruction n'eut aucun impact sur la production industrielle. Plus un millier de personnes périrent, et plus de moitiés se trouvaient être des prisonniers de guerre français et ukrainiens stationnés dans un camp au-dessous du barrage de l'Eder... Film à grand spectacle, Les briseurs de barrage évite bien soigneusement l'échec quant aux objectifs pour se centrer sur l'héroïsme des combattants, avec une perte de 8 avions et de 56 hommes... Il faut signaler que de nombreux raids furent minutieusement préparés, même si c'est parfois sur la base d'informations inexactes ou fausses, et leur analyse après opération faisait l'objet de rapports très précis qui étaient destinés à l'ajustement des prochains raids, mais l'histoire montre, que, compte tenus des différents terrains et conditions atmosphériques en cause, peu de leçons réelles en ont été tirées dans le feu de la guerre, sauf sur des plans mineurs tactiques...

 

 

FILMUS

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 11:09

     La filmographie, comme d'ailleurs l'historiographie, n'est pas tendre envers les armées italiennes. Passé l'épisode éthiopien, elles se sont illustrées sur nombre de champs de bataille, par de nombreuses défaites... Que ce soit en Afrique ou dans les Balkans, la réputation des officiers et des soldats italiens, est faite de mollesse, d'hésitations et de... retraites... Heureusement, des documentaires font justice de cette réputation et dans la série française Les grandes batailles, Italie - 1943, l'un des intervenants, dans la partie finale, où ils interviennent toujours pour commenter, et souvent corriger les impressions du téléspectateurs à la vision du film proprement dit, indique avec justesse que si les Italiens se font battre ainsi tout au long de la guerre, sur de nombreux fronts, c'est que, tant chez les soldats que chez les officiers, hormis les dirigeants fascistes, souvent aiguillonnés par des "conseilleurs allemands", l'envie de se battre n'existe pas réellement... Surtout contre des Français - hormis l'épisode où les Alliés commencent à prendre pied sur leur sol (prenant par surprise des états-majors, qui croyaient que cela allait être facile...), qui rappelons-le avait contribué à la libération de l'Italie, en 1870, des austro-hongrois, et surtout avec pour alliés des Allemands dans lesquels ils n'ont pas alors de sympathie particulière.... Sans remonter aux temps du Saint-Empire-Romain germanique dont principautés italiennes et principautés germaniques se disputent (Église romaine en tête) l'hégémonie et direction... Bref, dans l'imaginaire italien, les fascistes - même au moment de leur grande popularité - se trompent d'ennemi! L'homologie, souvent montrée entre nazisme allemand et fascisme italien, n'existe souvent que dans l'esprit des dictateurs et de leurs entourages et fait oublier l'antériorité forte des italiens sur les Allemands dans la marche vers la dictature...

   Dernière remarque liminaire : pourquoi s'obstiner à parler de bataille d'Italie, alors que nous avons affaire là à tout un pan de la seconde guerre mondiale, de plusieurs batailles d'envergures et parfois très sauvages : campagne de Sicile, bataille de Monte Cassino (elle-même série de quatre batailles...), Opération Avalanche, Conquête du Nord de l'Italie, Offensive de printemps 1945

     Les deux documentaires Les grandes batailles cité et 39-45, Le monde en guerre - Plus dur qu'on ne le pense 42-44, montrent bien ces facettes des armées italiennes, lorsqu'elles sont confrontées aux forces alliées.

La Bataille d'Italie, dans la série d'émissions télévisées historiques de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, en un peu plus d'heure et demie, a le grand mérite d'apporter un éclairage sur les événements de 1943, alors que relativement peu de films traitent de cette période.

 

L'autre documentaire 39-45, Le monde en guerre, créé par Peter BATTY j Jeremy Isaacs et Hugh RAGETT Plus dur qu'on ne le pense, traite d'une période plus étendue (1942-1944), et montre l'ensemble de la progression alliée dans la Péninsule (volume 2 sur le DVD2), même s'il le fait dans une durée un peu plus courte. le sous-titre indique que les combats furent plus durs que prévus par les Anglo-saxons et les Français, tant en Sicile que vers le Nord de l'Italie.

   

   Nous retenons principalement quatre films pour cette "bataille d'Italie" : Anzio, B-17, Bienvenue en Sicile et Païsa.

La bataille pour Anzio, film italo-américain coréalisé par Duilio COLETTI et Edward DMYTRYK, sorti en 1968, mêle la grande bataille, l'une des plus dure de la guerre, en 1944, aux aventures d'un correspondant de guerre (campé par Robert MITCHUM). Si l'un des enjeux de l'histoire est la compréhension des raisons profondes qui poussent les hommes à se faire la guerre (et là le propos est plutôt pessimiste, c'est parce que... ils aiment ça!), les 118 minutes du métrage permettent de bien voir le déroulé des opérations, depuis la pénible tête de pont de Salerne en Sicile en été 1943. Même si la responsabilité de la stagnation des forces alliées dans le film est porté sur le commandement (le général LESLEY étant démis pour être remplacé par "un chef plus énergique", le problème principal est bien la répartition des forces à consacrer aux opérations en Italie concurremment à celles en France, via les débarquements en Normandie et en Provence.

 

B-17, la forteresse volante, film réalisé par Michel R. PHILLIPS, sorti en 2011, de 97 minutes, conte l'histoire de l'équipage du bombardier américain B-17 Flying Fortress Lucky Lass, pendant la campagne de bombardement de l'Italie à partir de l'Afrique du Nord. Il s'agit de plusieurs opérations en juillet 1943, d'abord au-dessus de Gerbini en Sicile puis à la fin sur Rome, qui  ont eu réellement lieu. Le film est un mélange d'images réelles et d'images de synthèse, notamment pour les vols en escadrille. Le film montre ce qui fut une des grandes stratégies du commandement allié, bombardement pour écraser le potentiel militaire de l'adversaire - objectif peu atteint on le sait par ce moyen, d'autant plus que ces raids furent d'une intensité bien moindre que ceux réalisés en Allemagne. Même si sur le plan technique, les prouesses de l'avion et de l'équipage semble peu réalistes, l'effort de l'équipe des effets spéciaux est méritoire, car de toute façon entre le spectaculaire nécessaire de la mise en scène et la réalité des opérations elles-mêmes dans le bombardier, elle n'a guère le choix...

 

Bienvenue en Sicile, film italien de Pierfrancesco DILIBERTO, sorti en 2016, se situe en 1943, et démarre quand l'armée américaine prépare son débarquement. Le film de 99 minutes tourne autour d'une sicilien à la famille appartenant à la mafia et qui découvre la guerre, alors qu'il est tout à ses tentatives de mariage. Il lie une étrange relation avec un lieutenant américain échoué lors d'un parachutage, en pleine autre guerre, celle de deux branches de la mafia tandis que celles-ci aident les Américains à envahir l'île. Outre les aventures romantiques contrariées du sicilien, le film montre bien l'implication américaine dans la restauration de la mafia en Sicile en échange de son aide, celui-ci tenant à dénoncer toute cette entreprise au Président des États-Unis. Fictive, l'histoire se base en revanche sur la vérité historique de cette implication. Loin d'être donc un film "de guerre", Bienvenue en Italie montre bien les conséquences de certains moyens employés dans la "libération" de l'Italie.

 

Païsa, film italien réalisé par Roberto ROSSELLINI, sorti en 1946, de 126 minutes, présente six récits successifs, liés par le thème à la libération de l'Italie par les Alliés durant la compagne d'Italie. Chaque court métrage suit une grande étape de leur progression géographique. Ces récits non titrés sont introduits par une voix off, et simplement séparés par une zone noire. Ainsi la Sicile, Naples, Rome, Florence et la Romagne, puis enfin le delta du Pô sont conquis de haute lutte. A chaque fois est représenté le vécu d'Italiens et de soldats, sans fioriture ni lyrisme. L'ensemble constitue un tableau très représentatif d'aspects de la guerre, surtout vue hors des combats proprement dit, le récit intervenant souvent au début ou à la fin d'une "bataille". Païsa constitue le deuxième chapitre de la trilogie de la guerre mondiale de ROSSELLINI, qui commence par Rome, ville ouverte (1945) et se conclut avec Allemagne année zéro (1948). Chef d'oeuvre réalisé principalement avec des acteurs non professionnels choisis sur les lieux de tournage, il est exemplaire du style du réalisateur, humaniste et témoin lucide de son temps. Film désespérant aussi, car il n'y a que des hommes et des femmes qui tentent de survivre plutôt que de vivre et même que de se battre (même s'ils le font effectivement), excepté quelques uns, d'ailleurs écrasés dans la tragédie de toutes ces destructions.

 

    Parmi les idées reçues ou mythes bien ancrés figure celle que le corps expéditionnaire français en Italie fut un sacrifice inutile. Même si les victoires obtenues pour la libération de la péninsule sont, dans l'ensemble des théâtres d'opérations, secondaires, ces opérations constituent pour les armées françaises engagées une mise à l'épreuve utile, notamment sur la perception aux yeux des alliés des capacités françaises. Ce n'est que progressivement que l'image d'une France vaincue et passée à l'ennemi  s'efface dans leur esprit, et après les campagnes d'Afrique, la campagne d'Italie, notamment de janvier à mars 1944, ouvre définitivement la voie d'une prise par ce pays d'une place entière dans la guerre. C'est sur la scène diplomatique que le crédit des alliés est le plus important, le Comité français de libération nationale étant progressivement associé à la politique italienne des Alliés. Ces opérations constituent aussi une étape capitale dans la reconstruction de l'armée française. Tout ceci joue en faveur d'une nouvelle France, même si les victoires d'Italie sont vite rejetées dans l'ombre par le débarquement de Normandie de juin de la même année. (Julie LE GAC, auteure de Vaincre sans gloire. Le corps expéditionnaire français en Italie, Paris, Les belles lettres, 2013. Les mythes de la seconde guerre mondiale, Perrin 2020).

FILMUS

 

Complété le 21 janvier 2021.

 

 

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 11:47

   Dans la filmographie et l'éventail des documentaires sur la seconde guerre mondiale, on est frappé de voir combien les réalisateurs et producteurs se polarisent, pour le versant occidentale de la guerre, sur deux grandes "batailles", la bataille d'Angleterre d'une part, et la bataille de Stalingrad d'autre part. Ce qui n'est pas injustifié, tant ces deux batailles marquent le retournement de situation militaire et stratégique, un coup d'arrêt à l'expansion nazie et également à chaque fois, un regain d'espoir chez des millions d'Européens. Dans la contre offensive soviétique, et même dans le temps 1941-1943, la bataille de Stalingrad est bien plus évoquée qu'aucune autre partie de cette grande "bataille", sur le plus important front en terme de kilomètres de territoire. Bien plus que l'offensive qui conduit les armées allemandes aux portes de Moscou et de Léningrad. cette contre-offensive est filmée, représentée, analysée, dramatisée, dans de nombreux films et documentaires de bien des pays.

  

Côté documentaire, citons :

  la série américaine Pourquoi nous combattons, dans sa partie cinq qui évoque "l'offensive soviétique" ;

 

   la série française Les grands batailles, dans La bataille de Stalingrad, juillet 1942-février 1943 ;

  

 

  39-45, Le Monde en guerre, Stalingrad ;

  

Apocalypse la deuxième guerre mondiale, dans son Épisode 5 ;

  

la série Grandes batailles de la Deuxième Guerre Mondiale, La bataille de Stalingrad...

 

    La bataille de Stalingrad, de 1972, dans la série française de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, montre durant 1 heure 21 minutes, l'avant, pendant et l'après bataille, incluant bien à la fois les enjeux stratégiques et les souffrances humaines. Les autres documentaires cités sont tout aussi instructives à cet égard, une mention devant être faite pour, dans la série Grandes Batailles de la Seconde Guerre Mondiale de Cyril DION et Mélanie LAURENT, de 2014, de la bataille de Stalingrad.

    A noter aussi le 3e épisode de la série Les grandes batailles de la seconde guerre mondiale, sur National Geographic, sur la bataille de Koursk.

  

    Côté film, notons les trois Stalingrad, mais il y en a d'autres, de BONDARCHOUK, ANNAUD et VILSMAIER.

Le film allemand de 115 minutes sorti en 1993, de Joseph VILMASTER, Stalingrad vu du côté allemand, suit le parcours au front d'un lieutenant et de ses hommes - montée au front, enfer des combats, marche à travers les steppes glacées, tentatives de rébellion après encerclement par les forces soviétiques, puis anéantissement. Fort de moyens importants (trente acteurs, 25 000 figurants, 100 cascadeurs, de nombreux moyens motorisés militaires, le film est d'abord une reconstitution historique impressionnante. Sont bien montrées ces hommes perdus physiquement (froid, poux et faim) et moralement (doute sur la mission, doute sur la légitimité de cette guerre). Le film ne tombe jamais dans le manichéisme ou l'apitoiement et offre un regard nouveau et nuancé sur cette terrible bataille. Il s'inspire du roman du même nom; de Theodor PLIEVIER.

 

Le film international de Jean-Jacques ANNAUD sorti en 2001, raconte l'affrontement entre deux tireurs d'élite, instrumentalisé par la propagande de leurs camps respectifs, tout au long de la bataille de Stalingrad. De 131 minutes, le métrage, malgré quelques erreurs de détail, largement fictif (les personnages sont changé soit n'existent pas dans la réalité...), a le grand mérite de mettre les projecteurs sur une réalité souvent oubliée de la bataille, le va-et-vient de soviétique de part et d'autre du front, propice à tous les espionnages (pour les repérages de l'ennemi, essentiels dans cette fournaise de ruines et de fumées...) et l'existence de corps de tireurs d'élite chargés d'éliminer les officiers de l'armée ennemie.

Le film russe sorti en 2013 du réalisateur Fiodor BONDARTCHOUK - premier film de ce pays à sortir en 3D et en IMAX (film largement produit à Los Angeles...) début à partir du moment où en 1942, les troupes allemandes atteignent les rives de la Volga mais échouent dans leur tentative de franchir le fleuve. Les troupes allemandes doivent donc battre en retraite. Une partie du film se focalise sur le siège par les Allemands d'une maison où se sont retranchés des soldats russes. De 135 minutes, le film montre - sobrement il faut le constater - l'héroïsme de ces soldats encerclés, en contre-point de scènes de grande ampleur (ces longues colonnes de soldats qui se ruent sur la ville...).

 

D'autres films racontent cette bataille de Stalingrad :

- le film soviétique de Youri OZEROV, de 196 minutes, parfois montré comme une mini-série, sorti en 1990. En deux parties : la première montre l'attaque des Allemands en 1942 et la deuxième partie consacrée à la contre-offensive des Russes jusqu'à la victoire en février 1943.

- Stalingradskaja Bilva, film soviétique de 1949, restauré en 2008 par International Historique Films.

- Chiens, à vous de crever! de Frank WISBAR, film oust-allemand de 1958 et Stalingrad Snipers d'Alexandre EFREMOV, film béliorusse en deux partis de 2009, que l'on peut oublier sans dommages...

   D'autres films portent sur d'autres aspects de la contre-offensive soviétique :

- Attaque sur Léningrad, d'Alexandre BOURAVSKI, de 2009, inédit en salles en France

 

     Coté série, indiquons-là, en signalant que dans nombre d'entre elles, sont évoqués les espoirs qu'ont fait naitre l'arrêt de l'invasion soviétique, deux d'entre elles, Les orages de la guerre et La libération.

- Les orages de la guerre, suite du Souffle de la guerre, dans ses parties 4 et 6, évoquent cette contre-offensive soviétique, cette série qui raconte, en adaptation du roman War and Remembrance de Roman WOUK (1978), la suite de l'histoire des familles Henry et Jastrow. La mini-série états-unienne de 1988-1989, créée par Dan CURTIS, Herman WOUK et Ernst WALLACE, de douze épisodes en tout, rend bien compte notamment à travers les missions de Victor "Pug" Henry, la perception qu'on pu avoir les États-Unis de l'état du front à l'Est.

 

- La libération, série du cinq films, souvent appelé le "cycle de la guerre patriotique", de Youri OZEROV (le réalisateur de plus tard en 1990 de Stalingrad), tournés entre 1967 et 1971, propose une évocation épique de grands moments de la Seconde guerre mondiale, avec en point d'orgue la prise de Berlin par les russes. Après L'Arc de feu (sur notamment la bataille de Koursk) et la Percée (l'avancée sur le fleuve Dnierp), Opération Bagration raconte la grande attaque menée par l'Armée rouge à l'automne 1944. Oeuvre de glorification de l'armée soviétique, elle se veut aussi un contre-point de la vision occidentale de la seconde guerre mondiale, souvent axée autour du Débarquement de Normandie (voir Le Jour le plus long...). En noir et blanc et en couleur, en jouant habilement sur les contrastes, le réalisateur communique réellement à son oeuvre un souffle épique, même s'il déforme notablement les personnages d'HITLER et de STALINE (aimable fumeur de pipe...). Mais le commentaire pompeux - commande de propagande oblige - et la description des opérations (cartes animées à l'appui) parfois trop techniques, limite documentaire, passent mal aujourd'hui, même avec le remarquable travail de remastérisation de l'ensemble des films. Les commentaires éclairés d'Ada ACKERMAN dans les DVD qui permettent de redécouvrir ces films, aident toutefois à dépasser cette impression. On peut comparer ces films, très grandes différences d'époque mis à part, avec la trilogie Chinese Wars commandée par le Parti communiste chinois.

 

      Pour comparer avec les faits, rien ne valent les livres, et nous pouvons conseiller Le front germano-soviétique (1941-1945) : Une apocalypse européenne, de Masha CEROVIC, Gallimard, 2015 et les deux livres de Jean LOPEZ : Opération Bagration : La revanche de Staline (1944), Economica, 2014 et Les offensives géantes de l'Armée Rouge, de la même maison d'édition, 2010, pour ce qui est la fin de cette contre-offensive qui emmène les soldats soviétiques jusqu'à Berlin. Et aussi le livre malheureusement pas encore traduit en Français de Albert SEATON, The Russo-German WAR, 1941-1945, Reprint edition, Presidio Press, 1993.

  Un des mythes, ou plutôt strabisme, persistant quant à la guerre à l'Est est que les Allemand n'ont pas pris Moscou à cause de l'hiver. C'est d'ailleurs la ritournelle de la propagande nazie servie à la population allemande pour justifier la stagnation puis le recul sur le front Est. Mais, outre le fait que cet hiver 1941-1942 n'est pas le plus rigoureux alors déjà enduré, ce thème tend à occulter une grande faiblesse de la Wehrmacht, qui opère en outre avec d'autres armées, donnant à l'ensemble tourné contre l'Union Soviétique un caractère hétérogène. En effet on reste frappé par une certaine faiblesse numérique de l'armée allemande et de ses alliés, en regard des territoires à conquérir, faiblesse que ne parvient pas à camoufler la partie moderne (char/aviation) lancée à l'avant. Les milliers de véhicules, dont la moitié est déjà détruite ou hors service en octobre 1941, sont mal adaptés au terrain ; les chars (les fameux panzers) manquent à de nombreuses divisions soit disant blindées. Et surtout l'infanterie à pied, la partie importante des matériels tractés par chevaux, toute la logistique aussi, a peine à suivre les manoeuvres (que ce soit dans l'offensive ou dans le repli...) des trois grandes armées, lancées d'ailleurs dans trois directions différentes. (Lasha OTKHMEZURI et Jean LOPEZ, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale) HITLER et son état-major, tout confiant dans les faiblesses estimées de l'armée soviétique, bénéficiant de l'effet de surprise initial, n'a même pas retenu les leçons des campagnes russes de NAPOLÉON, ne prenant même pas la peine de doter leurs troupes de vêtements adaptés aux rudes conditions climatiques... De plus si leurs troupes subissent les assaut du général Hiver, les Soviétiques ne sont pas non plus dans une partie de plaisir...

   Un autre mythe est que la bataille de Stalingrad marque un tournant dans la seconde guerre mondiale. Sans sous-estimer ni les éléments de la bataille ni l'impact sur les populations des territoires occupés de cette victoire soviétique, il faut mentionner que de part et d'autre, on a fait de la ville un symbole fort à forte charge propagandiste. En fait, ce sont surtout les Alliés de l'URSS qui attendaient une issue favorable de cette bataille, proclamant très vite ce tournant de la guerre. Les Soviétiques, eux, sont plus prudents, quitte à qualifier STALINE de "génial", car la situation sur le terrain est plus compliquée, Stalingrad n'étant pas la seule ville ou le seul lieu stratégique à reconquérir, et savent plus que tous sans doute qu'il n'y a pas de bataille décisive sur le front Est. Si les Alliés et les Allemands attendent un tournent, ces derniers minimisant vite les pertes endurées (camouflant même à la population la perte de toute une armée...), la bataille de Stalingrad est précédée et suivie de beaucoup d'autres, celle de Koursk en juillet 1943 par exemple, qui montre une Wehrmacht encore vigoureuse... Mais la défaite de Stalingrad aggrave le processus d'attrition qui ronge de façon continue les effectifs de l'armée de terre depuis le lancement du plan bleu - la marche vers le Caucase. (Lasha OTKMEZURI et Jean LOPEZ, Les mythes de la seconde guerre mondiale)

 

   FILMUS

 

Complété le 19 novembre 2020. Complété le 2 janvier 2021.

 

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 12:26

     Ces batailles sur l'Atlantique et sous l'Atlantique d'ailleurs, puisqu'elles s'inscrire dans une véritable guerre sous-marine, qui se déroulent tout au long de ces années 1939 à 1945, font l'objet de documentaires et, moindres en définitive, de métrages de fiction. Notons que cette appellation est parfois étendue aux combats ayant eu lieu dans l'océan Arctique, l'Océan Indien, voire la Méditerranée...

   Côté documentaires, on peut voir Bataille de l'Atlantique, dans la série Les grandes batailles, des années 1960, d'Henri de TURENNE et Jean-Louis GUILLAUD. En un heure 7 minutes, les réalisateurs de ce documentaire tiennent la gageure de raconter ces combats à importance stratégique, puis l'enjeu principal est de d'abord pour les États-Unis de soutenir l'Angleterre dans le combat contre l'Allemagne nazie, à des milliers de kilomètres de distance, puis de permettre à la flotte américaine d'avancer en Europe et à l'inverse pour l'Allemagne nazie d'abord d'établir sa domination afin d'étrangler l'Angleterre et de vaincre ainsi son dernier adversaire en Europe puis de freiner l'acheminement en Europe du corps expéditionnaire américain. On peut voir dans ce documentaire, très bien illustré, ce combat qui eut lieu principalement entre U-boots, sous-marins allemands et escorteurs et avions alliés.

 

La meute des loups, dans la série Le monde en guerre 39-45 a également pour objet cette bataille de l'Atlantique.

   

    Côté métrages plusieurs films de fiction éclairent plus ou moins bien cette succession de bataille, en se centrant sur un de ses aspects.

Coulez le Bismark !, film américano-britannique en noir et blanc sorti en 1960 de Lewis GILBERT, avec Kenneth MORE et Dana WYNTER, s'inspire de la mission d'un navire britannique ayant pour mission de couler le fameux cuirassé allemand. De 97 minutes, le film conte avec réalisme ce combat de mai 1941, restant très proche de la vérité historique. Il s'agit d'ailleurs du dernier combat naval mettant aux prises des cuirassés, le navire emblématique de l'Allemagne nazie et son équivalent britannique, le Hood, qui a subi de très grands dommages (seulement 11 survivants sur 2 200 hommes), n'ayant pas de successeurs. Les marines se tournent désormais vers les porte-avions et les sous-marins...

 

Torpilles sous l'Atlantique, de 1957, film américain réalisé par Dick POWELL, est surtout le combat de deux caractères, ceux des officiers campés par Robert MITCHUM et Curd JURGENS, et relate l'aventure du capitaine d'un cargo torpillé par un sous-marin allemand qui accepte le commandement d'un destroyer d'escorte, et qui poursuit précisément le capitaine du torpilleur... Spectaculaire et distrayant, ce métrage de 98 minutes, couronné d'un Oscar (effets spéciaux), recèle un certain nombre d'erreurs plus ou moins importantes, notamment du côté du sous-marin allemand? Et pour le réalisme, on préfère le film Das Boot.

 

Das Boot (le Bateau), film allemand sorti en 1981, réalisé par Wolfgang PETERSEN (un de mes réalisateurs préférés depuis L'Histoire sans fin... Tais-toi coco, ce n'est pas le bon endroit...), adapté du livre (Le Styx) de Lathar-Günther BUCHHELM, relate l'histoire du sous-marin allemand U-96 et de son équipage à l'automne 1941. D'une durée de 149 minutes pour la version cinéma de 1981, le film existe en plusieurs versions de durée variable, jusqu'à 300 minutes pour la version en mini-série. Si les attaques relatées lors de la sortie en mer, la rencontre avec un autre sous-marin, sont véridiques, elles sont bien entendu dramatisées, le scénario comporte quelques erreurs (de détail sur le rang du sous-marin, les bases d'attache, les qualités des bombardiers américains de la fin qui le détruisent, et le fait que le capitaine... en fait ne meurt pas à la guerre, contrairement au film, mais en 1986...). Succès au box office, Das Boot a le mérite de bien rendre compte de la vie à bord du sous-marin, de la mentalité des sous-mariniers et du contexte des batailles de l'Atlantique.

   La série Le Souffle de la guerre, dans sa partie 6, porte sur la lutte dans les mers, l'attaché naval apportant son éclairage pertinent pour la présidence des États-Unis. Cette avant-dernière partie, qui se situe en 1941, montre bien les implications des États-Unis bien avant l'entrée officielle en guerre, et bien des motivations de cette entrée en guerre. A noter que la qualité technique de la série (coûteuse...) le rapproche à bien des égards de celles d'un (très) bon métrage de fiction.

  Sur l'importance de la "bataille de l'Atlantique", conseillons l'ouvrage de Guy MALBOSC, La bataille de l'Atlantique (1939-1945) : la victoire logistique et celle du renseignement, clés de la victoire des armes, Économica, 2010 et sur la stratégie allemande, celui de François-Émmanuel BRÉZET, La guerre sous-marine allemande, 1914-1945, Perrin, 2017. Nous proposons ces deux ouvrages récents par rapport à d'autres - aussi estimables - parce que la vision et l'étude de la bataille de l'Atlantique ont été profondément renouvelés depuis les années 1980, à la suite des révélations de l'existence de la machine à décoder les messages secrets Ultra.

  Un des mythes persistants, véhiculé  entre autres notamment par CHURCHILL (déjà "l'inventeur de la bataille d'Angleterre", inventeur aussi de la "bataille de l'Atlantique", suivi par des cohortes d'historiens dans le découpage de la seconde guerre mondiale) et par les milieux de la marine allemande, surtout l'amiral RAEDER chargé sous la république de Weimer du programme des U-Bootes) est que les sous-marins U-bootes, s'ils avaient été produits en quantité suffisante auraient renverser le cours de la guerre. Il est vrai que jamais le pouvoir nazi ne voulut se doter d'une stratégie maritime adaptée, car fondamentalement HITLER n'a jamais compris l'obstination de l'Angleterre à poursuivre la guerre. Mais, dès 1942, la marine américaine se dote de moyens importants pour couler ces sous-marins, et l'Allemagne n'aurait jamais pu soutenir un programme de construction à la hauteur. Dans la guerre sous-marine reprise en septembre 1943, les U-bootes manoeuvrent au prix de pertes de plus en plus lourdes. La raison principale de l'impossibilité de ces sous-marins de renverser le cours de la guerre est que les matériels construits par les Américains les en ont empêchés! (François-Emmanuel BRÉZET, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale)  Il est vrai que pour y parvenir, il aurait fallu ne pas détourner tant de ressources pour la guerre à l'Est!  Les documentaires montrent bien cet aspect..

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Complété le 17 novembre 2020

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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 14:21

  On commence par une excuse, à cause d'un tropisme européen.

   Le Pacifique, s'il a bien fait l'objet de batailles pendant la seconde guerre mondiale en constitue à beaucoup d'égards, le théâtre souvent principal de cette guerre. En effet, si les batailles dont il est le lieu de la seconde guerre mondiale commencent en 1942 de manière formelle après l'attaque "surprise" de Pearl Harbor, ces opérations se déroulent dans des logiques antagonistes qui remontent bien plus loin en arrière, dans la dernière phase de la colonisation occidentale de l'Asie, de la Chine aux Indes, du Japon à l'Australie. Les guerres chinoises se déroulent de 1927 à 1945 et constituent une trame qui influe et qui est influencée par le déroulement du conflit armé américano-japonais. Plus, les conquêtes nippones en Asie constituent un élément d'un vaste échiquier mondial de l'Atlantique au Pacifique, où les plans des adversaires tiennent compte de la possibilité d'une véritable jonction opérationnelle forte entre forces alliées, que ce soit entre Allemagne, Italie et Japon qu'entre Grande-Bretagne et États-Unis et Union Soviétique, la France étant souvent moins acteur (colonial) qu'objet (enjeu, possessions de ses territoires et de ses armées).

   Aussi s'attend à voir dans les films et documentaires, une grande partie consacrée à ce "front" bien plus large que le front européen et même européo-africain-moyen-oriental, surtout si l'on considère que la guerre se situe très à l'Ouest pour l'Empire soviétique. Dans des conditions parfois bien plus éprouvantes qu'en Europe, dans des climats et des territoires souvent hostiles à l'homme, les armées se livrent à de gigantesques parties, dont malheureusement les document filmés rendent insuffisamment compte.

 

Avant l'entrée en guerre des États-Unis...

   Deux métrages, un documentaire et une série de trois films rendent compte largement de cette période. D'une part le documentaire Le Monde en guerre 39-45, dans  le Volume 1 du DVD 2, intitulé Conquêtes nippones et d'autre part Chinese WARS, la trilogie de films officiels sur la guerre civile chinoise (1927-1949).

Concernant ces trois films, The first August (2007), My long March (2006) et Night Attack (2007), d'à peu près 90 minutes chacun et aux trois réalisateurs différents, respectivement de Song Mainland, Zhai Junjie et de Lan An, il s'agit essentiellement d'une oeuvre de propagande très nationaliste à la gloire du Parti Communiste, basée sur des faits réels, avec un vrai souci historique. Même s'il magnifie des soldats héros communistes de cette guerre civile, ces trois films permettent de se faire une idée précise de ce qu'elle fut, ce qui est utile étant donné le vide existant de production pour cette période ailleurs. le premier film particulièrement est plus axé sur la stratégie que sur la peinture de héros campés d'ailleurs par des acteurs jouant sobrement. La Longue marche est moins subtil dans son discours et renferme une vision quelque peu glorifiée de cette grande retraite où l'armée populaire perdit l'essentiel de ses moyens. Avec Night Attack, on entre fièrement dans le film de propagande et l'ensemble est plutôt gonflé de morale facile, de métaphores hallucinantes et de bons sentiments sirupeux. (Laurent, 28 septembre 2010, site darksidereviews.com). Lors de sa sortie en DVD (Pretty Pictures), seul moyen d'ailleurs qui le rend visible au public français, les métrages sont accompagnés d'un commentaire critique de Jean Louis MARGOLIN, agrégé d'histoire et maitre de conférences à l'université d'Aix en Provence et directeur adjoint de l'institut de recherche sur le Sud-Est asiatique, qui thématise un discours bien construit sur ce que les films montrent, sur ce qu'ils déforment et sur ce qu'ils ne montrent pas.

Autrement, une partie de documentaire et une partie de série montrent plutôt les conditions dans lesquelles les États-Unis entrent en guerre :

- dans le documentaire 39-45 Le monde en guerre, les USA en route (1939-1942) dans la partie concentrée sur les DVD volumes 1 et 3

 

- dans la série Les Orages de la guerre, Parties 1 et 3, à travers notamment des missions d'un officier supérieur attaché naval, qui a l'oreille du président des États-Unis.

 

Des documentaires qui "ramassent" les batailles du Pacifique en une seule partie...

    On peut citer dans cette catégorie La bataille du pacifique (décembre 1941-août 1945) dans la série française Les grandes batailles des années 1960 et 1970 d'Henri de TURENNE et de Jean-Louis GUILLAUD, d'une durée tout de même de presque trois heures, partagée en deux partie, Banzaï! et La Reconquête), parmi les 11 "batailles" présentées dans cette série. Images d'archives et interviews, plus des commentaires des auteurs dressent un tableau vivant et serré des stratégies employées par les deux camps.

 

   Une présentation dérivée (avec images colorisées) de ces batailles est présentée dans la série Apocalypse : La deuxième guerre mondiale, dans la quatrième des six parties L'embrasement (1941-1942 et un peu au-delà), la dernière partie L'enfer (1944-1945) évoquant les bombardements nucléaires du Japon et sa capitulation.

     Enfin, encore plus ramassé, Ils ont filmé la guerre en couleurs, L'enfer du pacifique de BOUYER.

  

  

   Le documentaire La bataille de Midway, dans le coffret Grandes batailles de la seconde guerre mondiale, se concentre pour la guerre dans le Pacifique sur cette bataille de juin 1942, décisive et spectaculaire, succession de coups de théâtre dans lesquels le hasard et la chance jouèrent un rôle déterminant. Le Japon y laisse ses 4 plus gros porte-avions, la totalité de son aviation (laissant la maitrise des airs aux États-Unis) et ses meilleurs pilotes.

 

 

 

"La" série incontournable sur la guerre dans le Pacifique.

   Dans la série The Pacific (L'enfer du pacifique en France), américano-australienne, en dix épisodes d'environ 1 heure chacun, produite par Tom HANKS et Steven SPIELBERG, diffusée pour la première sur le réseau HBO en mars 2010, on peut suivre, au coeur de plusieurs batailles importantes de la guerre du Pacifique, plusieurs membres d'un corps de Marine. Analogue à une autre série sur le front européen, Band of Brothers (Frères d'armes), elle est basée sur deux livres de vétérans du Corps des Marines, et raconte d'ailleurs les histoires des deux auteurs Eugene SLEDGE et Robert LECKIE.

    Chaque épisode montre à la fois le combat des Marines et les enjeux stratégiques des batailles dans lesquels nous les voyons :

- Guadalcanal/Meckie. On découvre le groupe de soldats, leur enrôlement dans les marines, leur débarquement sur l'île de Guadalcanal, les premiers affrontements (Bataille d'Alligator Creek). La bataille de l'île de Savo est brièvement dépeinte.

- Basilone : Bloqués sur l'île, sans soutien, ils résistent à l'armée japonaise jusqu'à la victoire.

- Melbourne : Envoyés en Australie pour se reposer, ils boivent et séduisent des Australiennes. La pensée de la mort n'est cependant jamais loin.

- Gloucester/Pavuvu/Banika : les marines débarquent en Nouvelle-Bretagne et doivent résister face aux attaques japonaises. Cet épisode se concentre sur Robert LECKIE, ses problèmes de santé et ceux avec son son officier supérieur.

- Peliliu Landing : SLEDGE arrive au front, retrouve son ami d'enfance, ainsi que LECKIE, puis débarque avec les Marines à Peleilu (l'enfer...).

- Peleilu Airfield : SLEDGE, LECKIE, SHELTON, RUNNER et les marines continuent leur progression sur Peleilu, et doivent pour cela traverser l'aéodrome à découvert.

- Iwo Jima : Johne BASILONE demande sa réintégration, et est transféré à la 5ème division de Marines, qui débarque à Iwo Jima.

- Okinawa : SLEDGE et la 1ere division de Marines participent à la bataille d'Okinawa, dernier bastion avant la mère patrie japonaise.

- Home : Le Japon se rend. SLEDGE, LECKIE et les autres rentrent chez eux.

  C'est bien entendu un point de vue américaine qui s'exprime dans la série, mais on est loin d'une présentation officielle glorifiante. C'est le vécu des soldats qui est mis en avant et à de nombreuses reprises les critiques sur le commandement s'expriment, entre artillerie qui décime les frères d'armes et ordres à l'évidence inadapté au terrain, sans compter les informations plus qu'approximatives sur l'évolution de la situation. La férocité des combats est bien rendue et on voit que le moral des soldats, qui souvent attendent la relève plus qu'autres choses, ne tient souvent qu'à un fil. La réalité de la guerre, loin des cartes d'état-major et des calculs stratégiques, à laquelle pourtant elle est intimement liée. Le vécu des "héros" de la série, sans jamais tomber dans la romance (notamment lors du séjour en Australie), est bien rendue, et la série semble bien suivre le récit des auteurs. Dans un DVD 6 est précisée la vie des vrais marines présentés dans The Pacific, les éléments de la réalisation et dans un petit documentaire de dix minutes, une analyse de la guerre du Pacifique. Retenons simplement une réflexion émise par un ancien Marine : Comment les dirigeants japonais ont-ils pu croire pour tenir tête aux États-Unis, plus peuplé, plus industrialisé, plus conscients des enjeux? C'est un de perplexes interrogations.

 

 

Des films qui éclairent (mais il faut parfois prendre garde aux propagandes qui y sont distillées plus ou moins intelligemment) quelques grandes batailles-clés.

   Plusieurs films éclairent, parfois de manière infidèle quant aux faits, cette guerre du Pacifique. A éviter bien entendu, pour comprendre la seconde guerre mondiale, les films tournés alors que les combats ne sont pas terminés...

- Tora, tora, tora!, de Richard FLEISCHER, de 1970, reprenant le code japonais de l'attaque de Pearl Harbour de 1941. Durant 144 minutes, nous voyons se déployer l'histoire depuis 1939, année de l'embargo imposé par les États-Unis au Japon, pour freiner son expansion en Asie, jusqu'aux conséquences, dont l'entrée en guerre des États-Unis dans la seconde guerre mondiale. Les aspects stratégiques et tactiques sont bien détaillés, ainsi que le résultat de cette attaque aérienne sur l'un des plus importantes bases américaines dans le Pacifique, soit en réalité un demi-échec, puisque les éléments principaux de la flotte n'ont pas été touchés, soient les porte-avions, même si par ailleurs, l'US Navy doit reconstituer une partie de sa force. Ce dont l'amiral YAMAMOTO, commandant de la flotte japonaise est parfaitement conscient. Succès public, le film n'est jamais caricatural et ne comporte que peu d'erreurs factuelles.

 

- Pearl Harbor, film américain de Michael BAY, sorti en 2001, évoque surtout l'attaque japonaise, mais aussi la bataille d'Angleterre qui la précède et le raid de Doolittle sur le Japon qui la suit. C'est à travers la romance de deux amis d'enfance féru d'aviation que l'action se déroule. Il me semble que la version DVD inclut beaucoup plus de scènes de bataille que la version cinéma. Grand succès public et critique mitigée. Si les maitres d'oeuvre du film disent avoir voulu retranscrire aussi le point de vue japonais, cela n'apparait pas trop à l'écran, surtout en regard de Tora, tora, tora!, qu'on lui, somme toute, préférera (d'ailleurs le film reprend certaines scènes à l'identique du film de Richard FLEISCHER...

- Les diables de Guadalcanal, de Nicholas RAY, de 1951, détaille des aspects de cette bataille, avec des personnages fortement typés mais justement dépeints (John WAYNE dans le rôle principal). De 97 minutes, de son vrai bon titre (le tire français est très souvent non représentatif de l'intention du film et est choisit pour des raisons strictement commerciales) Flying Leathemecks, ne déroule pas l'action uniquement sur Guadalcanal, se passe sur deux années et se centre sur des pilotes américains appartenant à la même escadrille.

 

- Le pont de la rivière Kwai, de David LEAN, de 1957, est une adaptation du roman de Pierre BOULLE, avec notamment William HOLDEN et Alec GUINNESS. Des groupes de soldats britanniques, prisonniers en Birmanie des Japonais, sont contraints de participer - et même prennent en quelque sorte la direction des opérations, sous les ordres d'un officier - à la construction d'un point de chemin de fer d'importance stratégique. Un des prisonniers évadés est envoyé avec une équipe saboter l'ouvrage... Succès critique malgré un scénario où s'affrontent des caractères complexes, grâce notamment à des décors en réel et extérieurs et un montage bien rythmé, le film toutefois ne correspond que très globalement à la vérité historique, surtout sur le rôle joué par les acteurs (l'officier britannique qui inspire le personnage du colonel qui prend carrément en main la construction de l'ouvrage, n'a jamais collaboré avec les Japonais... et l'évadé n'a jamais existé, le sabotage étant l'oeuvre d'une unité de commandos). Par contre, la construction du pont par des prisonniers et son sabotage - mais ce n'est pas le seul point de ce genre... - a bien existé. Un film reflète bien plus la réalité et insiste mieux sur la condition très dure des prisonniers de guerre : Chungkai, le camp de survivant de David L. CUMMINGHAM, réalisé en 2001, tiré des mémoires du capitaine Ernest GORDON (1916-2002).

 

- Iwo Jima, d'Allan DWAN, de 1950 (avec John WAYNE) partage avec Les diables de Guadalcanal, une même peinture de la guerre, et décrit la vie quotidienne d'un commando de Marines en janvier-février 1945, stationné dans un camp en Nouvelle-Zélande. Outre l'entrainement et les permissions, ces soldats participent à deux combats meurtriers : celui sur l'île de Tarawa et surtout la prise du mont Suribachi sur l'île Iwo Jima, position stratégique devant servir de base avancée à l'aviation américaine chargée de pilonner le Japon au bord de la capitulation. D'une durée de 105 minutes, le film décrit bien l'aspect sanglant des combats. C'est lors de cette prise d'Iwo Jima que la célèbre photo du drapeau américain plantée au sommet fut prise - la mini-série The Pacific restitue bien les circonstances de cette mise en scène de propagande...

 

- La bataille de Midway, de Jack SMIGHT en 1976, de 132 minutes est l'un des rares à avoir exploité les effets spéciaux Sensurround (à l'instar du film Tremblement de terre). Le film décrit le raid de Doolittle sur Tokyo, mentionne la bataille de la mer du Corail, puis raconte cette bataille qui décide du sort de la guerre dans le Pacifique. Jusque là, la marine japonaise était invaincue et surclassait l'US Navy. Chrlston HESTON incarne le héros du film, avec une intrigue amoureuse secondaire, qui est l'occasion de montrer l'internement des familles d'origine japonaise à Hawaï, même de nationalité américaine. Malgré quelques anachronismes historiques qui sautent aux yeux des spécialistes - le visionnage du documentaire de John FORD sur La bataille de Midway, corrige un peu ces erreurs -  le film montre bien et l'atmosphère de la guerre et les enjeux stratégiques de la bataille. Sans doute parce qu'il est produit bien plus tard que d'autres sur la guerre du Pacifique, le film est bien moins glorificateur de l'armée américaine. A remarquer que l'utilisation d'images d'archives, pas très adroite, donnent des séquences un peu incohérentes, et le réalisateur, pour les intégrer, a dû baisser la qualité de l'image du film... Il existe une version télévision plus longue de 33 minutes.

 

- Kamikaze, assaut dans le Pacifique, de Taku SHINJO, de 2007, montre un point de vue japonais sur la guerre du pacifique à la fin, lorsque l'état-major aux abois demande aux pilotes de mourir en kamikazes, en jetant leur avion rempli de bombes sur les navires ennemis. Ce métrage de 135 minutes, avec des acteurs renommé comme Hiroshi KATSUNO, fait partie d'un ensemble de films récents japonais voulant donner un éclairage autre sur la guerre du Pacifique. Voisin est le film de Takashi YAMAZAKI, Kamikaze, le dernier assaut (The Eternal Zero), de 2013, assez long lui aussi, de 144 minutes.  Ce dernier film accentue encore plus l'aspect redécouverte de l'univers culturel et mental de ces pilotes de la seconde guerre mondiale. Notons que le roman (Eien no zero, 2006) de Naoki HYAKUTA qui inspire ce film a également été adaptée en une série manga en cinq volumes dessinée par Soïchi SUMOTO, publiée au Japon entre 2010 et 2013. Un drama est sorti également sur TV Tokyo en 2015 sous le titre Kamikaze. Cela participe d'une certaine "réhabilitation" aux accents parfois nationalistes, de l'armée japonaise sous la seconde guerre mondiale.

 

- Battleship Island, film coréen réalisé par Ryoo SEUNG-WAN, sorti en 2018, est une vision cette fois coréenne de la seconde guerre mondiale, telle que l'ont vécue des centaines de Coréens faits prisonniers sur l'île d'Hashima par les forces coloniales japonaises. Un résistant infiltré sur l'île élabore un plan d'évasion, afin de sauver le plus grand nombre possible de prisonniers. Très bon film qui fait voir la condition de ces prisonniers mis en esclavage au service de la production de charbon dans les mines. En fait, aucun prisonnier ne s'est réchappé de cette île au large du Japon, du côté de Nagasaki (le film s'achève au moment de l'explosion atomique, tuant d'ailleurs beaucoup de Coréens demeurant au Japon à ce moment-là...).

(liste qui peut se poursuivre...)

   Contrairement aux sirènes de la propagande, l'attaque japonaise contre Pearl Harbor ne fut pas une victoire japonaise, l'objectif de détruire l'essentiel de la flotte américaine (surtout d'ailleurs les porte-avions) n'étant pas atteint, ne fut pas non plus une grande défaire américaine, le jour d'infamie clamé alors n'en étant pas un pour tout le monde aux États-Unis, bon prétexte plutôt pour l'exécutif américain d'entrer en guerre ouverte contre les forces de l'Axe, et ne fut pas non plus célébré de façon unanime au Japon : pour l'amiral YAMAMOTO, l'opération ne mit pas hors jeu un temps la flotte américaine comme prévu. Et pour plus d'un centre de recherches (dont le célèbre Institut de la guerre totale fondé en octobre 1940) au Japon, ignorés superbement par toute la gens militaire, l'aventure de Pearl Harbor scelle tout simplement le destin de l'Empire du Japon, la défaite en moins de quatre ans... (Pierre GRUMBERG, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale)

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Complété le 1 décembre 2020

 

 

 

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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 16:20

      Alors que l'ensemble des batailles en Afrique du Nord - que ce soit des escarmouches ou des batailles rangées de chars - constitue un enjeu majeur dans la Deuxième Guerre Mondiale, enjeu d'ailleurs pas seulement militaro-stratégique, mais aussi politique (une partie est française, tiraillée entre État Français et France libre - les premières unités française combattantes étant d'ailleurs en Afrique...), la filmographie est plutôt chétive, surtout en comparaison du traitement fait à la période de la libération de l'Europe.

   

    C'est surtout côté documentaire qu'on trouve la matière la plus importante,

que ce soit La bataille du désert (1h 21 minutes), dans la série Les Grandes Batailles ;

 

La guerre du désert, dans 39-45 Le monde en guerre ;

 

la troisième partie des six d'Apocalypse La deuxième guerre mondiale (Le choc)

 

La bataille d'El Alamen dans la série Grandes batailles de la deuxième guerre mondiale...

 

Autre documentaire, La guerre du désert, présente de manière exhaustive et chronologique les événements qui se sont déroulés durant ces trois années, entre 1940 et 1943. Durant 60 minutes en noir et blanc. Édité sous la bannière AAA, il s'agit d'une partie d'une longue série documentaire (non authentifiée sur la jaquette), formée uniquement d'images d'archives et dictée directement en français (sans problème de mixage donc avec le narrateur américain d'origine). Sous le titre The war in Africa, écrit par Michael LEIGHTON et édité par Peter JONSON, en 2007, Edgehill Publishing Ltd. Cela ressemble aux documentaires présentés aux élèves ou étudiants dans les établissements scolaires aux États-Unis. Très pédagogique et très sec.

 

  Ces documentaires ne se contentent pas de décrire les opérations du point de vue des états-majors, mais décrivent bien les conditions "spéciales" de la guerre dans ces reliefs avec ce climat rude pour les combattants de deux camps.

Le livre sous la direction de Nicolas LABANCA, de David REYNOLD et de Olivier WIEVIORKA, commandé par le Ministères des Armées et co-édité avec Perrin, de 2019, décrit bien les tenants et aboutissants de cette série de batailles, en 347 pages grand format.

   

        Côté films de fiction, on relève le film de Robert WISE, Les rats du désert. Sorti en 1953 et de 88 minutes, le métrage se centre surtout sur la bataille de Tobrouk.

Laquelle est aussi le sujet du film Tobrouk, commando pour l'enfer, de Arthur HILLER, sorti en 1967. Le métrage de 110 minutes se centre surtout sur l'enjeu stratégique des réserves de carburant de l'armée allemande, qu'un commando doit détruire avant que ROMMEL ne l'utilise pour son offensive.  

   

   Enfants de salauds, film britannique réalisé par André de TOTH et sorti en 1968, s'inspire des opérations menées par des unités alliées comme le Long Range Desert Group, la Ppski's Private Army ou encore le Special Air Service ayant opéré pendant la guerre du désert. Pendant ces 118 minutes, il est question aussi de ces dépôts de carburants et d'autres objectifs militaires précis. A noter que le réalisateur, à l'inverse sans doute des deux premiers films cités ici, n'a pas cherché à glorifier ni la guerre ni les combattants. On trouve dans ce film que certains qualifient (c'est peut-être aller un peu loin) d'antimilitariste, des militaires engagés pour l'argent, des officiers déséquilibrés n'hésitant pas à trahir leurs hommes, des mutineries, des pillages et des viols... Le lot en fait de toutes les guerres...

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14 février 2020 5 14 /02 /février /2020 13:23

      Tout d'abord une petite note : il est irritant de voir s'intituler nombre de commentaires sur l'opération Babarossa, nom allemand de cette ruée vers l'Est, invasion de la Russie, alors que ni les frontières ni les conditions d'existence de ce territoire ne correspondent à l'URSS de ce moment-là, de juin 1941  à décembre 1941.

L'invasion de l'Union Soviétique, est surtout évoquée dans des documentaires et fait l'objet de peu de métrages de fiction.

 

- Dans la série française Les grandes batailles, dans la partie La bataille de Moscou,

- comme dans 39-48, Le monde en guerre; Volume 1, Barbarossa

 

sont bien expliquées la préparation, les circonstances et le déroulement de toute succession de batailles qui mènent aux portes de Léningrad, de Moscou et de Stalingrad, sans oublier le déploiement en trois grandes branches des corps d'armée ni l'occupation sanglante des territoires. Les exactions des armées allemandes sont bien évoquées comme les résistances fortes, une fois la surprise passé (les approvisionnements en nourriture et en carburants venant de l'Union Soviétique, de par le traité germano-soviétique, se dérouleront jusqu'au dernier jour!), de troupes soviétiques, même si pour l'essentiel ces dernières se sont trouvées dans un état d'impréparation stratégique et militaire rarement atteint dans l'Histoire, résultat direct des purges staliniennes.

- Dans Pourquoi nous combattons sont autant rendues les conditions de la résistance russe en 1943 que l'invasion russe elle-même. Ce n'est que par un certain effort des autorités militaires de surmonter l'anti-soviétisme de l'ensemble de l'administration fédérale américaine, que Frank CAPRA (sympathisant des idées socialistes) pu montrer pourquoi les soldats américains devaient défendre la Russie.

    Là encore, on remarquera l'explication didactique de La bataille de Moscou, d'1 heure 29 minutes, succession de documents et d'interview, succession même qui peut briser, même si certains peuvent trouver cela ennuyeux, qui brise un aspect dramaturgique, par contre recherché dans Apocalypse, qui pourrait faire oublier les logiques des opérations et faire mémoriser le pathos. Le documentaire britannique de Peter Batty recherche lui aussi le même angle didactique, composé de nombreuses interview comme le documentaire français.

 

   Côté série, on note la partie 7, de Le souffle de la guerre, où les pérégrinations de l'attaché naval l'amène à constater à la fois l'intention nazie et l'impréparation soviétique. Le climat des relations entre les USA et l'URSS est très bien rendu à cette occasion. Son montrés également des éléments qui montrent que l'état-major allemand croyait en une victoire rapide : vêtements d'été pour les soldats, absence de disposition pour rouler sur des terrains inondés des matériels blindés... Déjà, la haute administration américaine est traversée par un débat sur la nécessité de défendre l'URSS des visées allemandes, pour des raisons multiples, notamment stratégiques (ressources pétrolières et intention de faire la jonction avec le front en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, avec l'assistance de la Turquie) et économiques (concurrence des entreprises allemandes contre les entreprises américaines pour le marché du pétrole...).

   Côté films, très peu tournent autour de l'invasion de la Russie et

- La bataille de Brest-Litvosk, du réalisateur russe Alexandre KOTT, de 2010 est une très notable exception. Le métrage russe et béliorusse de 138 minutes, sorti simultanément à Brest, et à Moscou au Festival international du film de Moscou, évoque la bataille de cette forteresse de Brest-Litovk en 1941 entre les troupes soviétiques et allemandes. Les aspects relationnels, affectifs, familiaux, militaires sont bien rendus dans cette résistance - imprévue - de la garnison, qui ne laisse que quelques survivants, au bout de laquelle les Allemands décident d'en finir en larguant une bombe de deux tonnes. Située à un endroit stratégique, la garnison, qui sert aussi d'école militaire, devait être franchie pour que les troupes aient accès - en reprenant le site cédé en 1939 (lors de l'invasion de la Pologne) selon le pacte germano-soviétique) - à la rivière Bug ainsi qu'au chemin de fer Varsovie-Moscou et à l'autoroute. Bien entendu, n'est pas absente une certaine volonté d'héroïser ces vaillants combattants soviétiques (d'ailleurs, il faudrait écrire sur le regain du nationalisme russe, supporté par tout un pan de l'industrie cinématographique...), mais il est relativement rare de voir raconter cette partie de l'histoire de la seconde guerre mondiale. A voir donc, avec les documentaires, pour comprendre cette invasion... Pour le DVD, il est nécessaire d'outrepasser la présentation non explicite et publicitaire;.. Comme souvent, il y a peu de rapport entre la jaquette DVD et le film pour les films peu connus...

     Bien entendu, il est toujours indispensable d'avoir en tête les écrits qui permettent de fixer les idées à la fois sur les motivations des adversaires (c'est central dans l'esprit des dirigeants nazis - même si l'ensemble des militaires de haut rang considère dès le début qu'il s'agit d'une erreur stratégique)) et les enjeux de cette succession de batailles qui aboutit aux portes des capitales symboliques et politique de l'URSS. On ne saurait trop conseiller, à cet égard, la lecture de l'ouvrage de Hans SEIDLER, Opération Barbarossa : Hitler envahit l'URSS, Pierre de Taillac, 2011 ou encore de Jean LOPEZ et Lasha OTKHMEZURI (un pavé de 956 pages), Barbarossa, 1941 : la guerre absolue, Passés composés, 2019.

Parmi les mythes qui circulent sur la seconde guerre mondiale, l'un d'eux se distingue par sa radicalité : en déclenchant l'opération Barbarossa EN JUIN 1941, Hitler n'aurait fait que devancer de quelques jours une offensive soviétique. Cette thèse de révisionniste veut renverser le jugement commun, celui par exemple émit par le tribunal de Nuremberg. Répandue par les services de propagande du Reich (pour convaincre une opinion publique pas si demandeuse d'opérations militaires, malgré l'absence - pour cause d'assassinats et de déportations - de toute opposition), resurgie dans les années 1980 sous la plume de Viktor SOUVOROV (Le Brise-glace, 1988), ancien officier du renseignement soviétique passé à l'Ouest, cette thèse ne tient pas la route, les historiens n'ayant aucune peine à démontrer son invraisemblance. Si elle est mentionnée ici, c'est parce qu'elle s'est répandue notamment en Allemagne et en Autriche, les groupes d'extrême droite ayant tôt fait de la répandre, à la suite de son succès éditorial dans ces pays. Alors que dès Mein Kampf, le projet hitlérien d'envahir l'Est est bien exposé, alors que le Kremlin de STALINE vient de décapiter tout le haut commandement militaire soviétique dans le cadre des luttes idéologique internes du PCUS, alors que même STALINE est convaincu de l'idiotie utile du Reich dans le monde capitaliste et de l'impossibilité pour ce dernier de combattre à la fois sur deux fronts (ce qui est tout-à fait vrai, du reste!).... L'impréparation stratégique, logistique et psychologique de l'Union Soviétique, et de plus l'aide économique au Reich (pétrole, nourriture et produits stratégiques...) dans le cadre du Pacte germano-soviétique de 1939 rendent nulle cette thèse. (Les mythes de la seconde guerre mondiale, Jean LOPEZ et Lasha OTKHMEZURI)

   L'historiographie s'intéresse récemment plus au Pacte germano-soviétique et à ses conséquences sur la guerre, avec par exemple le livre de Roger MOORHOUSE, Le Pacte des diables, de 2014. L'historien britannique, spécialiste de l'histoire récente de l'Allemagne et de l'Europe de l'Est, décrit l'histoire de cette entente, scandée par le Pacte de 1939, mais s'inscrivant dans une relation économique antérieure compliquée, avec ses dispositions prometteuses pour les deux parties, avec ses difficultés très importantes d'application, et également avec ses répercussions diplomatiques, politiques et pas seulement sur la marche de la guerre.

 

    Un des mythes les plus persistants de la seconde guerre mondiale est que l'économie soviétique ne pouvait rivaliser avec le potentiel industriel du Reich. Émis dans la foulée des justifications de la défaite soviétique en 1941, pour en quelque sorte camoufler la responsabilité de l'élite politique stalinienne dans la quasi auto-destruction de l'armée rouge, il est contredit par les récentes recherches sur les deux systèmes productifs. En fait, l'effort de réarmement de l'Allemagne depuis 1933 cache des faiblesses structurelles importantes, induites par de problématiques fournitures de matières premières et d'énergie. Les apports en matériels à l'armée allemande à l'assaut des territoires à l'Est s'avérèrent insuffisants par rapport aux besoins, mal évalués et surtout incapables de pallier à une certaine myopie stratégique hitlérienne (lignes de communications, intendances, effets de l'hiver). De son côté, la planification soviétique orientée également vers le réarmement dans les années 1930 est obérée d'une productivité faible, de gaspillages et... de faux rapports de production. On en arrive d'ailleurs d'un côté comme de l'autre à des divisions d'armée, impressionnantes sur les cartes d'état-major,  non complétement pourvues en hommes et en matériels (et parfois de très loin!)... De part et d'autre, les effets de la propagande masquent les réalités matérielles... (Olivier WIEVIORKA, Les mythes de la seconde guerre mondiale)

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Complété le 13 novembre 2020. Complété le 3 décembre 2020. Complété le 27 décembre 2020.

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 16:32

   Dans l'ensemble de la filmographie mondiale, tous genres confondus, la bataille d'Angleterre est, avec la bataille de Stalingrad - si l'on excepte les batailles du Pacifique, la plus visitée par les réalisateurs.

  Côté documentaires, on peut la voir abordée dans la série Apocalypse, la seconde guerre mondiale, dans sa deuxième partie ; dans la série Les grandes batailles, Angleterre, 1940 ; dans la série 39-45, dans le volume 1, Seule ; dans Pourquoi nous combattons? dans sa quatrième partie et enfin dans les Grandes batailles de la deuxième guerre mondiale, au titre La bataille d'Angleterre. Il y a aussi le documentaire de la BBC de 2010, The battle of Britain, qui reconstitue en 88 minutes la bataille avec une présentation de Ewan McGREGOR ,sous la direction de Ashley GETHING.

  Côté film de fiction, on peut retenir deux, film et téléfilm. La bataille d'Angleterre d'HAMILTON fait figure de référence par la reconstitution historique et les rencontres entre avions ennemis. Spitfire, de Mathew WHITEMAN en 2010 laisse plus mitigé, est parfois même ennuyeux, se concentrant sur le plus jeune des combattants de la RAF. On pourrait même préféré à ce téléfilm, le film de 1942 de Leslie HOWARD, du même nom, même s'il s'agit là aussi d'une biographie, celle du concepteur du Spitfire.

   Côté série, Le Souffle de la guerre, dans ses parties 4 et 5 évoque également la bataille d'Angleterre.

 

Une documentaire-phare et un film-phare.

       Avec tout le subjectivisme dont je peux faire preuve (et il s'en vante, en plus! - sacré filmus va!), je conseillerais de prendre comme référence le documentaire de la série française Les grandes batailles, pourtant ancien, dont la trame d'ailleurs est reprise dans Apocalpyse, avec la colorisation de séquences entières, de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, nommé La bataille d'Angleterre, diffusé en septembre 1966, de 1 heure huit minutes. Alternant séquences tirées d'archives et interview, celui-ci constitue une excellente introduction, qui aborde nombre d'aspects : de la stratégie allemande à la résistance britannique, depuis le sauvetage de Dunkerque au renoncement hitlérien. Cette bataille met un terme à la série de victoires éclatantes des Allemands, grâce à la fermeté du personnel politique, à la ténacité notamment des londoniens, au sacrifice et à l'héroïsme - le mot est parfois trop fort mais il faut reconnaitre qu'à cette occasion, il sonne juste - d'un petit nombre d'hommes. Contexte historique et changements de stratégie allemande (qui passe de la tentative de destruction de la RAF, à celle de la flotte britannique puis aux bombardements massifs voulant semer la terreur) y sont bien rendus.

 

    On s'appuiera de façon bienvenue sur les ouvrages de J. de LESPINOIS (La bataille d'Angleterre, Tallandier, 2011) et de François BEDARIDA (Complexe, 1999) pour tous les débats techniques et politiques autour de cette bataille, du fait que 20% des Messerschmitt 109 alignés en avril 1940 ont été détruit pendant la bataille de France) au rôle des renseignements anglais et allemands, comme à celui de l'invention technique du radar, comme bien entendu sur la comparaison des performances au combat des différents appareils aériens...

      Cela est bien rendu aussi par le film de Guy HAMILTON de 1969, une excellente interprétation des acteurs, une présentation la plus juste possible des combats aériens, les circonstances des bombardements, tout cela forme un grand spectacle qui est aussi une présentation historique fidèle. Le DVD, avec les commentaires du réalisateur, est très éclairant sur les conditions de la réalisation du film. Le film a non seulement une place spéciale dans les films de guerre de la seconde guerre mondiale mais constitue une véritable référence pour les réalisateurs de cinéma... et le moindre n'est pas Georges LUCAS qui s'inspira de la chorégraphie des combats aériens pour son film Star Wars. Est bien mis en scène, in fine, le fait que l'issue de la bataille d'Angleterre est dû au moins autant aux erreurs tactiques de l'état-major d'HITLER (qui, à l'instar de NAPOLÉON sait faire les bonnes erreurs au bon moment pour ses adversaires...) qu'aux exploits de la RAF...

 

D'autres documentaires...

   39-45 Le monde en guerre évoque la bataille d'Angleterre, sur le DVD 2, Seule,

 

   Apocalypse, 2ème guerre mondiale  évoque lui aussi cette bataille

 

  Pourquoi nous combattons, également

 

 Dans Grandes batailles de la 2ème guerre mondiale, série de 5 bataille ( 1 DVD par bataille)

 

Un autre film, un téléfilm produit par la BBC, Spitfire se concentre sur les luttes des pilotes de l'aviation anglaise ainsi que sur leurs appareils

 

La série Le souffle de la guerre, se déroule dans nombre de séquences en Angleterre, où se noue l'idylle entre le personnage principal et une jeune attachée au service de planification de la défense de l'Angleterre.

 

   L'historiographie récente contrebalance quelque peu la vision de la bataille d'Angleterre, notamment celle restituée par le film britannique de la fin des années 1960 et le documentaire français (COSTELLE) du même nom. En effet, tant dans les limites temporelles (non du 10 juillet au 31 octobre 1940, mais avant juillet 1940 et jusqu'en 1941) que dans la balance véritable des forces en présence. En fait, basée sur des Mémoires (il faut toujours se méfier un peu des Mémoires souvent justificatrices et restées sur les perceptions du moment!) de généraux anglais (notamment  de l'Air Chief Marshal Keith PARK), la vision qu'on en a, celle reprise en fin de compte par les réalisateurs et scénaristes, est celle de combats aériens entre aviateurs, où l'héroïsme de ceux qui combattent dans les rangs de l'Angleterre l'emporte sur leurs adversaires sûrs d'eux. En fait, dans la bataille d'attrition qu'ils se livrent, aucun des adversaires n'a une perception exacte de la situation : les Anglais croient se battre contre deux fois une flotte aérienne allemande et les Allemands contre la moitié d'une flotte anglaise ; de plus la planification, le renseignement et les capacités logistiques nécessaires pour l'emporter sont bien de qualité supérieure chez les Anglais que chez les Allemands. En outre, la guerre contre l'Angleterre est pour Hitler et son état-major une entreprise risquée et contre-productive (puisque l'objectif est à l'Est...). C'est dans une guerre courte qu'ils comptaient avoir le plus de chances de l'emporter, non dans une bataille d'usure... Compte tenu des véritables forces en présence, les Allemands, contrairement à une légende tenace, n'ont pas failli gagner la bataille d'Angleterre... On ne peut que conseiller de prendre connaissance de cette historiographie récente par le livre  de Jean LOPEZ et d'Olivier WIEVIORSKA, Les mythes de la seconde guerre mondiale (Perrin, 2020)

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 14:52

   On pourrait imaginer que le cinéma a abordé pratiquement toutes les facettes des batailles de la seconde guerre mondiale, mais il n'en est rien, ne serait-ce que sur un plan géographique. Même dans les grands documentaires, les débuts de la guerre sont passés assez rapidement en revue, voire expédiés, pour arriver à la bataille de la France, sur laquelle se focalise énormément de films de fiction et de documentaires. Enfin, pas toute la bataille de France, car c'est surtout le front franco-allemand qui est examiné, parfois avec forces descriptions des détails des mouvements des troupes et analyses tactiques et stratégiques. Le front franco-italien ne fait guère l'objet que de courtes séquences et les batailles en Afrique ne sont guère présentées comme étant de premier plan, du moins celles de 1940, celles qui se déroulent précisément en même temps ou presque que les opérations sur le continent.

Ce que l'on nomme la "drôle de guerre" tant en France qu'en Angleterre, est regardé surtout sous l'angle de l'arrière et des civils français pris de panique. Et pourtant, il se passe bien des choses, sur le plan politique et sur le plan militaire, entre la déclaration de guerre, consécutive de l'invasion de la Pologne, et les premiers combats sur le sol français. En revanche, la bataille de France proprement dite (on a passé-expédié sur l'invasion de la Belgique...), fait l'objet de présentations et d'analyses, qui d'ailleurs changent avec le temps, car il ne s'agit en définitive ni d'une défaite en rase campagne, ni le résultat d'un laissez-aller sur le plan des matériels (voir les stigmatisations de l'effort d'armement pendant la période du Front Populaire). De fait, l'invasion (éclair, hum!...idée un peu fausse d'ailleurs) de la France a été une divine surprise pour HITLER, qui, sans doute, après l'invasion de la Tchécoslovaquie et de la Pologne, s'est auto-intoxiqué sur une pseudo-invincibilité de l'armée allemande de la "race supérieure"...

 

  Ce qu'on a appelé la "drôle de guerre" et la bataille de France sont évoqués dans deux documentaires  :

- 39-45, le monde en guerre, , Sur un fond de guerre et également La Chute de la France (septembre 1939-mai 1940)....

 

- Apocalypse, la seconde guerre mondiale, dans sa première partie.

 

Sur la période de la drôle de guerre, suivie de près par la chute de la France, également, deux films :

- Le discours d'un roi, de Tom HOOPER. Ce dernier, film de fiction, exprime un point de vue britannique, même si ce métrage de 2010, américano-australo-britannique, se centre sur les difficultés du prince (d'ordre physiologique d'élocution, mais aussi dynastique, à avoir sa position dans l'attitude bien ambigüe des membres de la maison des Windsor) à préparer et déclamer son discours de septembre 1939, dans lequel il proclame l'entrée en guerre du Royaume Unie contre l'Allemagne.

   

C'est aussi le point de vue britannique qui s'exprime dans Les heures sombres, de Joe WRIGHT. Ce film britannique sorti en salles en 2017 raconte les quelques jours avant l'arrivée au pouvoir de Winston CHURCHILL, fraichement nommé Premier ministre, et son succès face aux hommes politiques (proches de CHAMBERLAIN, et de Lord HALIFAX) partisans de négociations de paix avec l'Allemagne, en pleine bataille de France.

   

     La bataille de France fait l'objet de nombreux documentaires et films, avec en point d'aboutissement l'épisode de Dunkerque, où le corps expéditionnaire britannique et de nombreux soldats et pilotes français sont rapatriés en Angleterre.

- Dans la série des grandes batailles, de Daniel COSTELLE, Jean-Louis GUILLAUD et Henri de TURENNE, diffusée à la télévision française dans les années 1960 et 1970, la bataille de France, l'avant-dernière partie diffusée (2 mai 1974) la raconte en 1 heure et 49 minutes, avec beaucoup de détail et aussi beaucoup de finesses d'analyse, renversant pas mal d'idées encore reçues à cette époque. Les DVD, diffusé par TF1, sont placés dans un coffret dont le contenu n'est guère explicite....

 

- Le volume 1 de 39-45, le monde en guerre expose également les conditions de la chute de la France (voir avant)

- Apocalypse, seconde guerre mondiale, 2/6, l'écrasement, où l'on retrouve, il faut le dire maintes images des Grandes batailles... (voir avant)

 

- Pourquoi nous combattons? dans sa troisième partie Diviser pour régner expose les raisons d'aller combattre l'Allemagne nazie en se centrant sur la bataille de France.

 

- La bataille de France, de Jean AUREL, documentaire sorti en 1964, montage d'archives commenté par Cecil SAINT-LAURENT a un ton décalé particulier qui vaut le détour, à défaut d'être très didactique. Pendant 86 minutes se déroule sous nos yeux une façon particulière de voir cette défaite de la France.

- Juin 1940, Le grand chaos, de Christophe WEBER, montre en 90 minutes, en premier lieu l'exode des Belges et des Français devant l'avance des armées allemandes, et insiste sur les atrocités commises par celles-ci, notamment sur les prisonniers de guerre africains. Il montre la décomposition du gouvernement, du fait des conflits de personnes et de la pusillanimité des dirigeants civils et militaires, lesquels ne suivent qu'avec retard l'évolution des opérations (du fait de la quasi absence de communication en temps réel), alors que beaucoup de Français résistent avec l'énergie du désespoir. Le documentaire débute le 2 juin et s'achève le 22, par la répétition inversée de l'armistice de 1918, dans la fameuse clairière de Rethondes, avec un éclairage bref sur après...

 

- Dunkerque, d'Alex HOMES, mini série britannique, de 176 minutes au total, donne un tableau saisissant des événements, notamment des conditions du rapatriement.

- Dunkerque est aussi le titre du film de guerre américano-britannico-franco-néerlandais écrit et réalisé par Christopher NOLAN en 2017. Oscarisé, le film pèche pourtant sur le plan historique, se concentrant quasi-exclusivement sur le côté britannique : flotille hétéroclite des bateaux qui permet le rapatriement, débats au sein de l'état-major anglais, vues surtout des combattants britannique. La mise en scène fait surtout ressortir un côté survival, ce qui lui a été reproché par une partie de la critique.  On préférera de loin la série de Alex HOMES.

- D'autres cinéastes se sont penchés sur l'épisode de Dunkerque, qui semble en fait dans la filmographie celui le plus visité de cette bataille de France : Henry KING (1941, dans Un Yankee dans la RAF), Leslie NORMAN (Dunkerque, 1958), Henri VERNEUIL (Weed-end à Zuydcoote, 1964)... Avec NOLAN, VERNEUIL est le seul réalisateur à avoir reconstitué l'opération Dynamo sur les véritables plages de Dunkerque. On n'oubliera pas le film sorti en 1969 de Enzo CASTELLARI, réalisateur italien aux nombreux films de série B plus que recommandables d'ailleurs, Sur ordre du Fuhrer (mauvaise traduction française du titre original, La battaglia d'Inghilterra) (120 minutes, italo-franco-espagnol), où de Dunkerque, une poignée d'espions SS parvient à s'introduire en Angleterre dans le but de détruire la défense anti-aérienne de l'intérieur du pays permettant à la Luftwaffe de bombarder l'Angleterre. Même si l'action est centrée sur l'amitié impossible entre deux officiers, allemand et anglais, le métrage, très bien construit, spectaculaire et très rythmé (malgré l'abus des zoom et gros plans), montre bien l'atmosphère et le contexte de cet épisode important de la seconde guerre mondiale.

  Si on passe assez vite sur l'épisode belge, certains documentaires et séries montrent mieux l'invasion de la Pologne :

- Pourquoi nous combattons?, où elle constitue le véritable casus belli qui mène à la seconde guerre mondiale, et justifie que l'Amérique s'en mêle ou

- La deuxième partie de la série Le Souffle de la guerre, où est bien mis en évidence l'application du pacte germano-soviétique concernant la Pologne.

- Par ailleurs, la bataille de Westerplatte, lors de cette invasion est relatée dans le film polonais du même nom de Pawel CHOCHLEW, sorti en 2013. Cet affrontement entre les troupes allemandes et la garnison polonaise stationnée à Dantzig entre le 1er et 7 septembre 1939, est le premier de la seconde guerre mondiale. Cet avant-poste militaire devait être pris par les troupes allemandes pour favoriser la suite de l'invasion. Un film de 1967, Westerplatte, de Stanislaw ROZEWICZ, évoquait déjà cette bataille. (elle est relatée de manière très détaillée dans le livre de Chris MANN, Les grandes batailles de la seconde guerre mondiale, Parragon Eds, 2009).   On note d'ailleurs que les événements précédents l'invasion de la France font actuellement l'objet d'un regain d'intérêt (livres et films).

 

Certains mythes sur la bataille de France...

   La défaite de la France en 1940 a été souvent présentée comme inéluctable, pour diverses raisons (évolution historique de la France dans l'entre-deux-guerres, batailles perdues sur le plan diplomatique, démographie, décadence morale...), or même l'état-major allemand craint au moment de l'engagement les forces armées françaises et pour Hitler lui-même, le fait et la rapidité de cette défaite est une surprise... Sur le plan militaire, on a mis en avant l'infériorité qualitative et quantitative des armements et la faiblesse combative des Français. Or, et les documentaires le montrent bien - moins les films de fiction... - la campagne de 1940 menée par l'armée ne ressemble ni de près ni de loin à une guerre éclair, des combats acharnés ont eu lieu, et les plans stratégiques français, qui prévoient une guerre longue, gardent jusqu'au bout leur logique. Mais l'armée allemande ne se comporte pas du tout comme prévu, s'attaquant à des points vulnérables à des moments décisifs, des divisions s'enfonçant dans le territoire sans souci de la logistique suivante pour les troupes derrière elles - les forçant d'ailleurs à plusieurs reprises à ralentir leur avance... Mais si sur le plan qualitatif et quantitatif, les deux armées se valent largement, et même avec une tendance à quelques armements supérieurs du côté français, la répartition du matériel français, réalisée en dépit notamment des demandes de Charles de Gaulle, est parfaitement inadéquate. Les blindés sont dilués dans les divisions français au lieu de pouvoir être utilisés comme de véritables fers de lance. La seule supériorité matérielle flagrante du côté allemand est aérienne, les aéronefs anglais n'étant pas engagés dans la bataille de France, contrairement à certaines espérances françaises. C'est sur le plan stratégique que la décision se fait et également du fait de l'inaction française durant la "drôle de guerre" : au lieu de s'élancer directement après la déclaration de guerre en territoire allemand, comme le craignait d'ailleurs l'état-major allemand et une partie des diplomates (qui avaient d'ailleurs établis des plans de propositions de trêves en prévision de ce cas), à un moment où les armées allemandes n'étaient pas encore prêtes à l'Ouest, l'armée française attend sur pied, dans une position strictement défensive... Enfin, les forces allemandes bénéfices de chances incroyables à plusieurs reprises, preuve supplémentaire que la guerre est d'abord un chaos (dont l'inertie française face à un gigantesque embouteillage de 41 000 véhicules allemands dans le corridor des Ardennes...). Ernest MAY décrit bien cette rapide victoire de l'Allemagne bien plus difficile à expliquer qu'une finalement mythique inévitable défaite française (Strange Victory : Hitler's conquest of France, New York, Hill & Wang, 2000) plus intéressant que le livre de Marc BLOCH, L'Étrange défaite, Gallimard, 1990...) (Maurice VAISSE, dans Les mythes de la seconde guerre mondiale, Sous la direction de Jean LOPEZ et Olivier WIEVERSKA, Perrin, 2020)

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Complété le 21 février 2020, le 27 juin 2020, Complété le 30 octobre 2020.

 

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