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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 16:23

 

   Fondée en 1975 par Pierre BOURDIEU et un groupe de chercheurs du centre de sociologie européenne, à la Maison des Sciences de l'Homme, cette revue trimestrielle, publiée aux Editions du Seuil, avec le concours, entre autres de l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), offre une gamme de connaissances intéressantes en ce qui concerne les conflits sociaux. Son équipe, insérée dans un vaste réseau international de chercheurs de sciences sociales et humaines, actuellement dirigée par Maurice AYMARD, est soucieuse depuis l'origine d'une interdisciplinarité qui lui fait aborder tous les sujets sociaux.

   On se souvient des numéros publiés dans les années 78-80 sur le déclassement, le capital social, l'institution scolaire. J'avais été frappé à cette époque par un article de Sylvain MARESCA sur "Grandeur de permanence des grandes familles paysannes", avec ses impressionnantes précisions généalogiques des relations familiales entre dirigeants d'un département français. Et également par l'article de Pierre BOURDIEU sur "les trois états du capital culturel" (numéro 30, novembre 1979).
  C'est par des monographies et des enquêtes du type de celui, encore un exemple, de Paul WILLIS sur "l'école des ouvriers" (numéro 24, novembre 1978) que l'on peut approcher scientifiquement et précisément la réalité sociologique, notamment les conflits, pris dans leur complexité.
  Aujourd'hui, cette rigueur se perpétue avec des numéros tels que celui de mars 2008, sur "les politiques impérialistes" avec une dizaine de contributions. Le Centre de Sociologie Européenne, qui publie les Actes de la recherche en sciences sociales, organise également des Colloques. On peut consulter les articles de cette revue sur le site créé par le ministère de l'enseignement supérieur, Persée.fr. et également pour les numéros plus récents sur Cairn.info.
 
Rédaction : 3, rue d'Ulm, 75005 PARIS.
site internet : http://cse.ehess.fr

    A signaler deux numéros successifs (173 de juin et 174 de septembre 2008) qui portent sur "Pacifier et punir", respectivement sous-titrés "Les crimes de guerre et l'ordre juridique international" et "La force du droit international et le marché de la paix".
Ces numéros marquent la volonté de la revue d'aborder plus qu'auparavant des thématiques planétaires. Jérôme BOURDIEU, Sara DEZALAY et Franck POUPEAU, dans un "Prologue de la rédaction" les introduisent pour l'essentiel comme voulant faire "l'analyse des processus sociaux de qualification juridique et politique des (phénomènes de massacres collectifs) comme crimes dans un cadre supranational." "Le parti pris méthodologique de ces deux numéros a été non pas en fait de prendre les "crimes de guerre" pour des objets sociologiques en soit, mais de lire l'élaboration historique de cette notion comme le produit de la genèse multiforme d'un ordre juridique international de gestion par "le Nord" des "violences du Sud". Nous reviendrons dans la rubrique "Droit" sur les études très intéressantes de ces deux numéros.
    A signaler aussi le numéro 190 de décembre 2011, sur le pouvoir économique, coordonné par Anne-Catherine WAGNER. Présentant ce numéro, elle écrit que "la mondialisation n'ébranle pas de manière uniforme les structures du pouvoir économique : elle produit des effets contrastés selon l'histoire et les structures sociales des différents pays. La comparaison internationale des propriétés sociales des dirigeants d'entreprises multinationales met en évidence la diversité et la stabilité dans le temps des modèles nationaux de recrutement et de légitimation des plus hauts dirigeants. La domination économique prend appui sur des capitaux liés, selon des modalités diverses, aux structures sociales et aux Etats nationaux. Si le système des grandes écoles et des grands corps de l'Etat est propre à la France, chaque pays a son mode de formation et de sélection des élites économiques. En Allemagne, c'est le partage d'un même habitus de classe se marquant par des manières d'être forgées par la commune appartenance au petit monde de la bourgeoisie des affaires allemande qui soude le grand patronat. En Angleterre, les filières de formation sont un peu plus diverses qu'en France (...) et la légitimation du pouvoir repose moins sur le passage par le service de l'Etat que sur l'engagement dans des oeuvres caritatives ou culturelles qui marque l'appartenance à la "noblesse" des affaires. Du fait de cette diversité des filières, l'interpénétration des différentes fractions des classes dominantes prend des modalités spécifiques dans chaque contexte national : le passage par les mêmes institutions d'élites ou, comme en Suisse, par l'armée de milice, la participation aux mêmes cercles et clubs exclusifs ou encore les liens de filiation ou d'alliance assurent la solidarité des différents pouvoirs". Ce numéro montre bien ces spécificités et les changements introduits par la perte d'importance de l'échelon politique national pour les plus grandes entreprises au profit d'instances politiques internationales ou supranationales, telles que l'Union Européenne ou l'Organisaion Mondiale du Commerce, ce qui entrainent des recompositions dans les réseaux du pouvoir. 
   Les derniers numéros portent sur Les classes sociales européennes (septembre 2017), Plages, territoires contestés (juin 2017), Les classes sociales au foyer (décembre 2016) et Les structures contemporaines de la "parentalité" (septembre 2016).
 
    La revue ne fait pas qu'aborder des sujets de sociologie, elle participe également aux débats sur la situation des sociologues. Ainsi en juin 2017, le comité de rédaction d'Actes de la recherche en sciences sociales s'inquiète de la politique du jury d'admission de l'InSH où nombre de candidats sociologues ont été éliminés, non pas en regard de leur compétence mais au nom de logiques académiques contestables. 
 
   Autour du rédacteur en chef François DENORD, s'active un comité de rédaction d'une vingtaine de personnes., lui-même épaulé par un conseil scientifique et aidé par une multitude de rédacteurs associés. Le secrétariat de rédaction se trouve 105 boulevard Raspail, à Paris, dans le 6ème arrondissement. Jocelyne PICHOT anime un site Internet fourni. 
 
(Actualisé le 8 mars 2012)
Complété le 8 novembre 2017
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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 16:57
      Fondée en 1991 par Pascal BONIFACE, géopolitologue de l'Université Paris 8, cette revue trimestrielle offre toute une gamme d'analyses sur les multiples enjeux contemporains. Sur l'or bleu (entendre l'eau), sur l'Islam (peut-on le critiquer?) comme sur les nouveaux enjeux en Asie Centrale, une équipe d'une vingtaine de spécialistes des relations internationales fait le point régulièrement sur les nombreux conflits qui agitent notre globe.
    La revue de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) fait partie d'un ensemble de moyens d'information et de formation qui comprend également la livraison annuelle de "L'année stratégique", des ouvrages d'actualité comme "Lettre ouverte à notre futur(e) Président(e) de la République sur le rôle de la France dans le monde" de 2006, des interventions nombreuses dans les médias (Radio Orient notamment, mais aussi souvent dans C'est dans l'air, l'émission de La Cinquième, que je recommande d'ailleurs chaudement, pour ce qui concerne les questions internationales, car pour les affaires françaises, c'est une autre affaire......), et diverses expertises auprès d'organismes nationaux et internationaux.
   
       Chaque année, l'IRIS publie en collaboration avec Dalloz, l'Année stratégique, Analyse des enjeux internationaux, sous la direction de Pascal BONIFACE. En plus de 600 pages, le lecteur peut trouver des informations sur tous les pays de la planète et des articles faisant le point sur les principaux problèmes internationaux. L'année stratégique constitute un excellent complément d'une autre "atlas" annuel, dont nous parlerons plus loin, L'état du monde, publiée par les Editions La Découverte.
    Orientée plutôt à gauche, sans être partisane, cette revue revient souvent sur le conflit israélo-palestinien-arabe. Pour qui s'intéressent aux questions de défense et qui ne veulent pas se limiter à la "Revue de Défense Nationale", dont je parlerais d'ailleurs, et aux débats trop franco-français, c'est un outil indispensable.
    
     L'IRIS organise chaque année des cycles de formation sur mesure pour les entreprises. A travers son établissement privé d'enseignement supérieur technique, il forme des étudiants à différents métiers dans un contexte international (220 étudiants par an, avec 20% d'étudiants internationaux). Des observatoires, dirigés par des experts de l'IRIS, proposent de suivre l'actualité et les enjeux de zones géographiques sur des thématiques transversales particulièrement stratégiques. Ainsi l'observatoire des mutations politiques dans le monde arabe (sous la direction de Béoligh NABLI), celui stratégique et économique de l'espace post-soviétique (Philippe MIGAULT), de la Turquie et de son environnement géopolitique (Didier BILLUN), de la géopolitique du religieux (Nicolas KAZARIAN), géostratégique de l'information (François-Bernard HUYGHE), de la politique étrangère européenne (consortium de 13 think tanks et universités issus ou voisins de l'Union Européenne).
 
   Dans l'ensemble des moyens dont se dotent les responsables et de la revue et de l'IRIS, l'espace de conférences situé 2bis rue Mercoeur à Paris, dans le 11ème arrondissement,  prend une grande importance. Les locaux peuvent s'adapter à toutes sortes de manifestation et sont utilisés régulièrement comme salles de conférence pour des thèmes touchant aux relations internationales et à la défense.

  La revue internationale et stratégique, revue de l'IRIS, Editions Dalloz. Abonnements au 2bis, rue Mercoeur, 75011 PARIS.
  Site IRIS-France.org.
Un nouveau site est disponible depuis octobre 2008, www.affaires-stratégiques.info. Pour l'espace de conférences : espace-conferences@iris-france.org.
 
(Actualisation du 7 mars 2012)
Complété le 14 novembre 2017.
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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 14:31

 

    Cette revue trimestrielle traite, sous l'angle de la géographie et de la géopolitique, de pratiquement tous les conflits politiques et sociaux. Par exemple, en 2007, l'équipe dirigée par Béatrice GIBLIN et Yves LACOSTE a traité du Proche-Orient, de la Chine, de la langue française et du tourisme. Il s'agit donc d'une mine d'informations où se mêlent souvent sociologie et histoire au long cours, rassemblées en un dossier consistant par numéro (vers 180 pages de lectures denses).
   Créée en 1976, en même temps que la parution du livre-manifeste, "La géographie, ça sert d'abord à faire la guerre", la revue a aujourd'hui un tirage de 3 500 exemplaires (1 200 abonnés). Son équipe, basée à l'Université Paris 8, anime également un "Institut Français de Géopoltique", qui forme au master de géopolitique, avec option recherche et option professionnelle.
  A signaler que la revue a fait l'objet d'une mise en ligne de tous les anciens numéros (130 numéros) par la Bibliothèque Nationale Française. Ces numéros sont disponibles sur le site Gallica.bnf.fr, y compris des tables des sommaires bien utiles. 
      Site Internet : Hérodote.org 
                 Editions La Découverte

                     Abonnements : Editions Elsevier Masson, 62 rue Camille-Desmoulins, 92442  ISSY-LES-MOULINEAUX CEDEX 9

                        Rédaction : Institut Français de Géopolitique, Université Paris VIII, Annexe Basilique, 6, rue Edouard Vaillant, 93200 SAINT DENIS.

  A noter le numéro du premier trimestre 2009, portant le Numéro 132, un dossier très instructif sur les plans stratégiques et économiques autant que géopolitiques proprement dits, sur "L'Amérique d'Obama". Prenant ouvertement parti pour le nouveau président des Etats-Unis, qui sucite beaucoup d'espoir après les années catastrophiques des administrations Bush, la revue propose une longue interview de Pierre MELANDRANI (Vers une nouvelle politique étrangère?) ainsi que neuf gros articles portant sur divers domaines. Ainsi sur les relations des Etats-Unis avec les diverses parties du monde, sur les défis énergétiques et climatiques, sur la question de l'immigration, très vive là-bas, comme sur les enjeux de la revitalisation urbaine est dressé l'ensemble des problèmes que doit affronter Barak Obama, ainsi que la nouvelle administration qui se met en place. En juin 2009, il est utile de jeter un coup d'oeil sur les structures pour juger rationnellement les diverses initiatives des Etats-Unis.

Un autre numéro était en préparation pour faire, au moment des élections présidentielles de 2012, pour faire le point sur les avancées ou les stagnations de cette présidence Obama. Il y a à ce jour deux numéros sur la politique d'OBAMA : les numéros 132 et 149 (2ème trimestre 2013).

 

    Les numéros 146-147 du 3e/4e trimestre 2012 (de 325 pages) nous parait important car il traite de La géopolitique des géopolitiques. C'est l'occasion pour l'équipe de la revue de faire le point sur le succès, uniquement en France d'ailleurs, de la géopolique. "il répond àla préoccupation de l'équipe d'Hérodote face au succès médiatique du terme (souvent utilisé à tort et à travers) et à la multiplication de manuels de géopolitique à l'adresse des étudiants d'école de commerce, de science politique et, dans une moindre mesure, de géographie - où la géopolitique est encore tenue en suspicion. En effet, si, grâce à l'appui de Laurent Carrouée, géographe, inspecteur général, les conflits sont désormais étudiés en tant que tels au programme de l'agrégation et du CAPES, l'approche géopolitique reste mal vue. Cet engouement pour la "géopolitique" est une caractéristique française, car on le constate pas ailleurs en Europe, ni dans le reste du monde. De nouvelles revues : Diplomatie, Carto, Questions internationales, sont autant de publications qui doivent aussi leur existence au succès d'une émissions, ancienne désormais, Le dessous des cartes, pensée il y a vingt ans déjà par Michel Foucher, réalisée par Jean-Christophe Victor, et dont le succès ne se dément pas." L'équipe pointe ce succès médiatique, et l'utilisation abusive du mot géopolotique à propos de presque tout (Diplomatie sort, par exemple Une géopolitique des religions, dont l'ambition pourtant est de dépasser les frontières géographiques...). Cette fréquence sert parfois à discréditer àla géopolotique dans les milieux universitaires. Retraçant l'histoire de la discipline Géopolotique en France, les membres de l'équipe rappelle la liaison entre géopologique et géographie, et la fonction efficace de l'outil Géopolitique dans les représentations contradictoires des territoires objets de conflits. Yves LACOSTE rappelle les fondements du raisonnement géographique dans la géopolitique et comment cette discipline, autrefois au service des dirigeants, pénètre le monde universitaire et constitue un outil important dans la compréhension des ensembles spatiaux de tailles très différentes et dont les configurations s'entrecroisent et se superposent pour tous ceux qui se réclament d'une lutte politique en faveur de changements importants. Nous nous demandons par ailleurs si la réticence d'une partie importante du monde universitaire ne provient pas du fait que la géopolitique peut être envisagée comme élément par des militants politiques très engagés pour la réforme ou pour la révolution du système politique existant... Entre autres, Philippe SUBRA s'interroge sur la place, les enjeux et les outils d'une géopolitique locale, Barbara LOYER analyse Les crises géopolitiques et leur cartographie, Xavier Le TORRIVELEC donne des éléments sur le nomadisme : patriotisme, citoyenneté et sous-idéologies dans une Russie multiethnique, Kevin LIMONIER se livre à une Analyse géopolitique des enjeux d'une politique de puissance dans le cas de la science et de l'innovation en Russie et Frédérik DOUZET avec David H KAPLAN scrutent Geopolitcs : la géopolitique dans le monde anglo-américain.  On remarque aussi une étude de Philippe PELLETIER sur La guerre de Fukushima.

 

 

(Article actualisé le 6 mars 2012)

Complété le 21 septembre 2013

    
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