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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 11:43

   Alors que les concepts simmeliens sont devenus monnaie courante dans la sociologie contemporaine (distance sociale, rôle, groupes de référence, interaction...) et malgré la renaissance des études de l'oeuvre de Georg SIMMEL, le sociologue et philosophe allemand reste relativement méconnu.

On se concentre généralement sur la micro-sociologie et on oublie la philosophie qui anime sa pensée. En insistant sur l'unité de sa pensée, on rejoint les grands interprètes contemporains (ADLER, ARON, FRIECHEISEN-KÖHLER, KRACAEUR, MAMELET) comme les nôtres (BEVERS, BECHER, DAL LAGO, FREUND, HABERMAS, LEVINE, OAKES, WEINGARTNER) qui refusent le découpage de son oeuvre selon les périodes ou les disciplines et s'efforcent de présenter une interprétation globale de SIMMEL, même si parfois, on a l'impression à la lecture de ses oeuvres d'une certaine dispersion, due dans une certaine mesure à son style mais souvent volontaire, comme pour couvrir tout le champ de la recherche en sociologie. Dans les différentes revues et même au sein du Centre Simmel de l'EHESS, on retrouve ces deux tendances de micro-sociologie et de globalité philosophico-sociologique. En France plus qu'en Allemagne, domine encore, mais sans doute pour peu de temps, un découpage artificiel de son oeuvre, propice à des interprétations partielles et/oupartiales, notamment chez les "individualistes méthodologiques" et autres anti-marxistes (alors que souvent SIMMEL part de lectures de MARX...) qui insistent de façon unilatérales sur des aspects méthodologiques de la pensée de SIMMEL tout en retranchant sa critique du temps présent, ou, pire encore, dans la récupération irrationaliste de SIMMEL par des soit-disant "sociologues de la vie quotidienne".... Pour restituer toute la richesse de sa pensée, un certain nombre d'auteurs, isolément ou au sein du Centre Simmel en France, même s'ils l'abordent par le biais  d'un thème (l'étranger, par exemple), permettent la de comprendre mieux et de l'utiliser en cohérence.

   S'il n'existe en France pas de revue "simienne" à proprement parler, le Centre Georg Simmel, au sein de l'Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales, sous la direction de Rainer Maria KIESOW, de Florence DELTEIL et de Julie LALLEMENT, publie un certain nombre de travaux qui constituent des pépites de réflexions sociologiques. 

Issu du Centre de recherches interdisciplinaires sur l'Allemagne (CRIA) fondée en 2001, le Centre Georg Simmel est une unité de recherche EHESS-CNRS. Ses chercheurs explorent à partir de différentes disciplines - histoire, sociologie, anthropologie, droit, philosophie, études littéraires et germaniques, musicologie - un ensemble de questions et de problématiques qui, en référence à Simmel, prennent à bras le corps le défi de penser un monde en transformation, à travers ses manifestations les plus caractéristiques. Cette exigence amène à positionner les recherches franco-allemandes dans une approche européenne et transnationales plus large, mais aussi à les nourrir des débats méthodologiques et théoriques propres aux différentes disciplines en présence. 

Ainsi les axes de recherches sont de quatre sortes, organisés de façon interdisciplinaire : Actes de la création, Travail, capacités et parcours biographiques, Espaces de normativité, Théories et pratiques de la connaissance historique. Parmi les publications en 2017, on peut citer celle  sous la direction de Laure SCHNAPPER - Du salon au front, Fernand Halpen (1872-1917), compositeur, mécène et chef de musique militaire (Hermann), celle sous la direction de Jean-Louis GEORGET, Gaëlle HALLAIR et Bernhard TSCHOFEN, Saisir le terrain ou l'invention des sciences empiriques en France et en Allemagne (Presses Universitaires du Septentrion) ou encore celle sous la direction de Denis THOUARD et Benedicte ZIMMERMANN, Simmel, le parti-pris du tiers (CNRS-Éditions). 

   Si l'on veut avoir une vue d'ensemble de cette renaissance des études autour de son oeuvre, on peut lire également des auteurs comme FRISBY et FEATHERSTONE au Royaume-Uni, comme LEVINE, JAWORSKI, WEINSTEIN aux Etats-Unis, BOUDON (même si son approche peut apparaitre partiale, notamment dans son Traité critique de sociologie...), DEROCHE-GURCEL, MAFFESOLI, WATIER et LÉGER en France, ACCARINO, CAVALLI, DAL LAGO en Italie et RAMMSTEDT, DAHME, LICHTBLAU et KÖHNKE en Allemagne. On peut en outre trouver une bonne sélection d'articles sur Simmel dans la Simmel Newsletter, publiée par l'Université de Bielefeld. La Georg Simmel Homepage met une multitude de textes primaires et secondaires de ou sur Simmel sur le site www.socio.ch/sim/index_sim.htm. 

 

 

Centre Georg Simmel - EHESS - 54 boulevard Raspail, 75006 PARIS.

Frédéric VENDENBERGHE, la sociologie de Georg Simmel, La Découverte, Repères, 2001.

 

     

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 08:28

     Si la revue apparait comme relativement technocrate et un brin élitiste, elle se permet, parce qu'elle n'est pas une revue s'émanation gouvernementale des saillies (assez nombreuses d'ailleurs,et de plus en plus...) de bon aloi et surtout elle insiste sur le fait que les activités humaines, parce qu'elles ont un impact sur la planète toute entière, nécessitent une prospective et une certaine planification. Notamment parce que les impacts sur l'environnement sont de plus en plus irréversibles. A une période de libéralisme très peu tempéré, cette revue est bien entendu bienvenue. Elle forme un think tank relativement écouté. 

Elle a la particularité aussi d'accueillir dans ses colonnes des contributions de personnalités très différentes de tous les continents.

 

Futuristes est un néologisme créé par Bertrand de JOUVENEL, mot-valise formé de la rencontre de futurs et de possibles. Ce terme aurait déjà été utilisé par un jésuite du XVIe siècle, Luis MOLINA. 

 

   Créée en 1960 par Bertrand de JOUVENEL sous la forme d'un "comité international" elle rassemble une vingtaine d'intellectuels de différents pays (Etats-unis, France, Royaume-Uni, Japon, Inde...) de diverses disciplines (sciences politiques, économie, sociologie, sciences et techniques...).  Son financement était assuré par la Fondation Ford. De 1960 à 1965, le "Comité international Futuristes" publie une cinquantaine d'essais de prospective (dans les "Bulletins de la SEDEIS") et organise cinq grandes conférences internationales (Genève, Paris, Genève, New Hapenet, Paris).

En 1967, est créée l'Association Internationale Futuristes (association sans but lucratif) sous la présidence initiale de Bertrand de JOUVENEL, puis très rapidement de Pierre MASSÉ (ancien Commissaire au Plan, France). Cette association, bénéficiant alors d'importantes subventions des pouvoirs publics français, s'installe dans un hôtel particulier où se trouvent la plupart des centres se réclamant de la prospective ; en particulier le Centre d'études prospectives créé par Gaston BERGER (qui rapidement fusionne avec Futuribles), le Collège des techniques avancées, la Société d'études et de documentation économiques, industrielles et sociales (SEDEIS, alors éditrice de la revue Analyse et Prévision), puis la Revue 2000 alors éditée par la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR, France).

L'Association internationale Futribles joue alors deux fonctions principales : d'une part, elle gère un important centre de documentation et une bibliothèque des travaux sur le futur ; d'autre part, elle joue un rôle de centre international de rencontres pour tous ceux, intellectuels et décideurs, qui s'intéressent à l'avenir à long terme.

Pierre PIGANIOL, ancien directeur de la Délégation à la recherche scientifique et technique (DGRST) prend la présidence de l'association en 1970 et, peu de temps après, est créé au sein de l'association le "Laboratoire de prospective appliquée" dirigée par André-Clément DECOUFLÉ, délégué général de l'association, qui entreprend la réalisation d'études prospectives sur contrat. L'association organise à Paris une conférence international au cours de laquelle est créée la World Future Studies Federation (1973).

Mais les subventions s'étant entretemps taries, signe que le vent tourne par rapport à la planification d'une manière général (le libéral Giscard d'ESTAING est élu président l'année suivante), l'association rencontre d'importantes difficultés financières la contraignant à une restructuration drastique de ses activités. Le "Laboratoire de prospective appliquée" disparait alors. Hugues de JOUVENEL est élus délégué général avec pour mission d'assainir la situation. L'association quitte l'hôtel particulier et est abritéeà la "Maison des sciences de l'homme" dirigé alors par Fernand BRAUDEL. L'association s'efforce de poursuivre ses objets en recherchant des contrats publics ou privés.

L'association renommée "Futuristes international" se réinstalle en 1975 de manière indépendante. Est élu à la présidence Philippe de SEYNES, ancien secrétaire général adjoint de l'UNESCO. Hugues de JOUVENEL, toujours délégué général, crée alors la revue Futuristes en lieu et place de deux revues défuntes, Analyse et Prévisions et Prospectives qu'éditaient les Presses Universitaires de France. Certains confondent encore aujourd'hui cette revue avec le centre qui l'a créé bien plus tard... 

Les années 1980-1990 sont marquées par un développement important des activités de l'association, bien plus connue du public universitaire : création d'une base de données sur les centres de prospectives et d'une base de données bibliographiques, organisation de plusieurs colonies européens de prospective, production d'un grand nombre d'études prospectives sur contrat, création en 1987 d'une société de presse (SARL Futuristes) qui prend en charge l'édition de la revue. Qui s'installe alors au 55 rue de Varenne à Paris, où se trouvent regroupés plusieurs organismes s'intéressant à la prospective, notamment la Revue 2000, initialement lancés par la DATAR et dirigée par Serge ANTOINE. Le siège français de l'Institut pour une politique européenne de l'environnement est alors présidé par Brice LALONDE.

Au début des années 1990 est créé en appui à l'association un club composé de plusieurs grandes entreprises publiques (EDF, France Télécom, SNCF, La Poste, GDF...). A la tête de l'association est élu le professeur au Conservatoire des Arts et Métiers (CNAM), Jacques LESOURNE, ancien directeur du programme interfuturs de l'OCDE et ancien directeur du journal Le Monde.

Depuis, Futuristes développe fortement ses activités de veille et d'analyse prospective (Vigie et Bibliographie prospective), ses activités de formation et de conseil au profit de démarches de prospective appliquée aussi bien dans les territoires que dans les organisations, ses activités de presse, à la fois papier et numérique. Il est installé depuis 2006, au 47, rue de Babylone à Paris.

La revue mensuelle francophone Futuribles tire en 2009, 5 000 exemplaires.

Le numéro de janvier-février 2018 (n°422) accueille les contributions de Hugues de JOUVENEL (Des paroles aux actes), Gilbert CETTE et Ombeline JULLIEN DE POMMEROL (Dromadaire ou chameau? A propos de la troisième révolution industrielle), de Martin RICHER (Comment travaillerons-nous demain? Cinq tendance lourdes d'évolution du travail), de Charles du GRANRUT (L'essor des inégalités aux Etats-Unis), de Patrick VIVERET (Trois clefs pour réinventer la politique), de Thierry GAUDIN (Vers une prospective des monnaies), de Pierre)Frédéric TÉNIERE-BUCHOT (Quel monde en 2050?), de Victor NDIAYE, Ruben B. DJOGBENOU (L'émergence des économies africaines), de Jean-François DREVET (Catalogne, Kurdistan, Écosse, quel droit à l'indépendance?, dans la tribune européenne). Suivies des deux rubriques Actualités prospectives n°422 et Bibliographie n°422. 

Le site de Futuristes aborde également d'autres thèmes.

Hugues de JOUVENEL, Historique de Futuristes, mars 2012. www.futuribles.com

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 13:10

     Publiés par l'Institut d'études lévinassiennes fondé lui-même en 2000 à Jérusalem, les Cahiers, revue annuelle dirigée par Gilles HANUS et Carole BRENNER, se consacre aux commentaires (très étendus) de l'oeuvre d'Emmanuel LEVINAS. Elle constitue un des organes de diffusion d'idées autour de cette oeuvre, à côté de séminaires, de grands débats et de grands entretiens. L'ensemble des contributions peut difficilement être situé de manière partisane sur l'échiquier politique français, même si on remarque le poids d'Alain FINKIELKRAUT, plutôt à droite et défenseur inconditionnel de l'Etat d'Israël et de Bernard-Henri LÉVY, plutôt à gauche (mais cela est souvent contesté...) et militant interventionniste sur des conflits en Europe ou ailleurs au nom de valeurs qui devraient être portées bien plus fortement par l'Occident. D'ailleurs, ils assument tous deux la direction de l'Institut, (auparavant sous Benny LÉVY jusqu'à sa mort en 2003), présidé par Shmuel WYGODA. De par leur parcours comme de leur formation intellectuelle, les membres de l'Institut, avec son antenne sur Paris (laquelle est prédominante) présidée par le professeur José-Alain SAHEL, participent beaucoup aux différents débats qui agitent la communauté juive, tout faisant une place de manière plus générale dans les débats de société qui agitent le monde. C'est tout-à-fait d'ailleurs à l'image de l'oeuvre d'Emmanuel LEVINAS, partagée en contributions propres à la communauté juive et en contributions au débat philosophique général. 

   Mais la revue ne se contente pas de poursuivre l'oeuvre d'Emmanuel LEVINAS : Alain FINKIELKRAUT écrit dans la Conférence inaugurale des Cahiers (n°1, 2002) que "la ligne de fracture passe aujourd'hui entre ceux, de plus en plus rares, qui continuent à faire le pari formulé en ces termes par Levinas : "Ce qu'on écrit dans les âmes est d'abord écrit dans les livres", et ceux, toujours plus nombreux, qui ferment les livres pour philosopher à neuf, ou qui pensent que la science a réponse à tout, ou qui enfin, confortablement installés dans le relativisme, comme d'autres jadis dans le dogme, sacrifient la recherche de la vérité à la reconnaissance des identités et la grande énigme humaine au règne de l'équivalence. Contre l'extase technique ou multiculturelle, il s'agit dans l'Institut Emmanuel Levinas, de contribuer par un dialogue exigeant et sans concession à la vie de l'esprit".

Bernard HENRY-LÉVY, dans la même Conférence inaugurale, écrit : "De l'un, Alain Finkielkraut, me séparent Péguy, les petites nations, l'idéologie française ou non, son romantisme, mon goût de l'esprit moderne et de la technique. De l'autre, Benny LÉVY, me distinguent, encore que de façon infiniment moins décisive, le passé militant, le présent et le futur sionistes, le rapport à Israël et à l'exil, la question Spinoza, la foi (...). Qu'entre l'un, l'autre et le troisième s'instaure, à dater d'aujourd'hui, non pas un "dialogue", ou un "débat", mais un espace de pensée menée en commun, voilà qui ressemble à un petit miracle philosophique. Que ce miracle soit, non seulement possible, mais à l'oeuvre, d'ores et déjà à l'oeuvre à dater, donc, de cet instant, nous le devons à la présence, en chacun de nous, du nom, du visage, des textes de Levinas."

   Edités aux Editions Verdier, dirigés par Gilles HANUS et Carine BRENNER, les Cahiers sont surtout disponibles en ligne et dans les librairies du Quartier Latin à Paris. Ils portent sur un thème central : le numéro 2 aborde le monothéisme, le n°4 le messianisme, le n°5 les rapports Devinas-Sartre, le n°7 le mal, le n°9 s'interroge sur ce qu'est philosopher aujourd'hui et le n°13 porte sur L'Etat de César.

Les responsables de la revue introduisaient de la manière suivante le numéro consacré à la nation (n°11) : "Entre métaphysique, histoire et politique, le terme de "nation" évoque un principe de cohésion, de vie commune et, simultanément, de séparation. Par-delà les individus et leurs différences, les nations renvoient en effet à l'existence commune et supposent une unité des hommes. Mais la pluralité des nations semble indiquer l'existence de divers modes d'être ensemble et, peut-être, l'irréductibilité de ces modes d'être. Selon Lésinas, les nations, outre leur réalité historique, peuvent être considérées comme des métaphores, "des concepts, peut-être même des catégories", c'est-à-dire des modes d'existence collective qui structurent l'histoire davantage qu'ils n'en découlent. C'est pourquoi la nation, par-delà son lieu de naissance - Hegel aimait à répéter que nation vient de nasse, naître -, se définirait par une langue et/ou par une sagesse. Peut-être n'est-il pas inopportun d'interroger le rapport entre la nation comme catégorie et les nations historiques.

Qu'est-ce; donc, que le mode d'existence collective propre aux nations? Comment celles-ci sont-elles nées? La question vise certes l'histoire, mais aussi la façon dont une nation prend conscience d'elle-même et se transforme, le cas échéant, en vision du monde. Qu'en-est-il alors des multiples visions du monde qu'incarnent ou illustrent les nations?. Existe-t-il au coeur de cette multiplicité une principe d'unité, ou les nations, dans leur pluralité, sont-elles un obstacle à l'universalité? Faut-il dépasser l'existence nationale vers un inter-nationalisme ou bien tenir que celle-là est irréductible? Telles sont les questions que nous avons cherchées à développer dans cette livraison."

 

Cahiers d'études lévinassiennes, Institut d'études lévinassiennes, www.levinas.fr

 

 

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 06:02

  La revue trimestrielle (plus ou moins) Tribune des athées, organe de l'Union des Athées, peu connue et peu lue, sur papier ou électronique selon les numéros, affirme calmement que les "croyants ne croient pas en dieu, mais à ceux qui leur en parlent", s'appuyant en cela sur "les derniers développements de la théologie moderne. Ceci indique bien que l'Union des athées veut réunir ceux qui refusent toute croyance et considèrent les "Dieux" comme des "mythes".

Notre volonté de couvrir tout le champ des revues qui discutent de la religion, qui justifie cet article, passe avant la constatation que l'athéisme en tant telle ne rencontre guère d'écho en France, sauf sous forme d'arrière-fond à un agnoticisme bien plus répandu, et ceci de manière générale comme dans les milieux universitaires.

  L'Union des athée, fondée en 1970 par Albert BEAUGHON et Auguste CLOSSE, "regroupe tous ceux qui considèrent qu'une croyance, une "Vérité", est un frein, un obstacle, une porte fermée au progrès de l'esprit humain, et qu'une réflexion cohérente ne peut se fonder que sur des hypothèses qui ne sont jamais des "Vérités", et doivent toujours pouvoir être remises en question. L'athéisme est une attitude intellectuelle unissant un rationalisme large et ouvert à une liberté de pensée sans limites imposées". 

Dirigée par Johannès ROBYN, cette revue entend réaliser une véritable réflexion sur les diverses religions, suivant leur actualité. Chaque numéro comporte une vingtaine de pages.

  Dans la Tribune des athées, au n°144, de 2014/1, consacré à l'Islam, Michel THYS propose, dans un article touffu et très référencié, des éléments de débats sur "une manière différente de promouvoir l'athéisme?". Il se pose la question de savoir pourquoi "au niveau mondial la majorité des humains persiste à croire en un dieu qui n'a pourtant jamais donné le moindre signe concret et indéniable de son existence réelle (...)". Il tente de comprendre alors que, comme l'Observatoire des religions et de la laïcité de l'université Libre de Brurxelles le confirme dans son rapport de 2012, dans la  plupart des pays intellectualisés, la religiosité est en chute libre, elle persiste et même se développe en terre d'Islam. Plusieurs contributions alimentent ce débat avant d'aborder plusieurs sujets de manière plus courte (par exemple un hommage à Jean MESLIER (1664-1729).

 

Tribune des athées, Maison des associations, 15 passage Ramey BP 64, 75018 Paris.

  

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 16:19

   Organe de l'Union Rationaliste fondée en 1930, mise sur pied sous l'impulsion notamment de Paul LANGEVIN (1872-1946), philosophe des sciences et pédagogue, "pour faire connaitre dans le grand public l'esprit et les méthodes de la science", la revue, conjointement avec Raison présente, se donne pour but "de promouvoir le rôle de la raison dans le débat intellectuel comme dans le débat public, face à toutes les dérives irrationnelles. Elle lutte pour que l'Etat reste laïque, assume sa fonction de protection des jeunes contre toute forme d'endoctrinement, et garantisse à l'école publique son prestique et son entière indépendance à l'égard des idéologies." 

    Editée par les Nouvelles éditions rationalistes, la revue bimestrielle a pour rédacteur en chef depuis 2012 Alain BILLECOQ, spécialiste de l'oeuvre de SPINOZA (voir Les combats de Spinoza, Ellipses, 1997). Dans son comité de rédacteur, on note les noms de Philippe DAIGREMONT, Jean-Pierre KAHANE et Gerhardt STENGER. Il est soutenu comme dans beaucoup de revues aujourd'hui par un comité de lecture.

   Dans son numéro 640 de janvier-février 2016, les Cahiers Rationalistes abordent "le nécessaire débat d'idées, la France en quête de raison et d'humanisme : propositions pour une éthique des Lumières renouvelée, Débats "lumière/matière" à travers la peinture du 17e et 19e siècle en Europe occidentale, ainsi que la Journée du droit des femmes dans sa rubrique régulière Radio. Des émissions ont lieu régulièrement à France culture (et sur Radio libertaire), animée par l'Union Rationaliste. 

  La revue est la seule revue de réflexions en France sur les questions religieuses qui adoptent une posture rationaliste, et plus largement un agnostisme combattant. Ses deux axes sont La science, la société et la culture ; et la laïcité, la liberté d'expression et la morale. Pour la revue, "la défense de la laïcité est étroitement liée à celle de la liberté d'expression, au respect des conditions qui permettent aux hommes et aux femmes de maitriser leur destin. Nous ne pouvons accepter que le rôle de l'enseignement public laïque soit subverti par de multiples agressions. Nous refusons la supérématie d'une morale révélée sur une morale laïque, produit de l'histoire dans nos sociétés. Nous dénonçons les tentatives d'instrumentalisation de la laïcité à des fins partisanes et xénophobes."

   La revue a une revue soeur, Raison présente. trimestrielle, fondée par Victor LEDUC et dirigée actuellement par Guy BRUIT, Gabriel GOHAU et Christian RUBY.

 

 

 

 

Cahiers rationalistes, Union rationaliste, 14, rue de l'Ecole Polytechnique, 75005 Paris. www.union-rationaliste.org.

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 12:52

     Les publications qui traitent du religieux ne sont pas toutes l'émanation plus ou moins lointaine de préoccupations religieuses. Très tôt, les intellectuels agnostiques, athées et/ou matérialistes ont exprimé leur opinion sur tous les aspects des religions, et l'ont fait notamment dans des feuilles paraissant régulièrement, dans des bulletins ou dans des revues depuis notamment en Occident au XVIIIe siècle, d'abord de façon anonyme, ésotérique et/ou clandestine, puis de façon de plus en plus ouverte, même si elles ont été (et parfois le sont encore) censurées, poursuivies, détruites par toutes sortes d'autorités civiles, religieuses et même... militaires (on songe là à certains pays d'Amérique Latine...).

     Le cas de la France est particulier en ce que l'établissement officiel de la laïcité peut faire penser que le combat des rationalistes, agnostiques, athées... est victorieux et que par conséquent il n'est plus utile d'avoir des revues de réflexion sur les religions qui adoptent ces points de vue. D'autant que nombre de revues scientifiques se chargent d'étudier les multiples aspects de toutes les religions. Mais subsiste, de manière très minoritaire, un certain nombre de revues qui continuent de combattre les croyances religieuses et surtout leurs incursions dans les débats politiques, moraux et scientifiques. Aucune des revues universitaires actuelles n'adopte le point de vue anti-religieux. 

Faisant de la spiritualité religieuse le centre de leurs articles, en dehors d'options idéologiques précises, les revues des mouvances antireligieuses n'attirent que peu de signatures même si leur parution régulière témoigne d'une vitalité persistante. Des publications qui se déclarent ouvertement a-religieuses ou contre-religieuses, par ailleurs, notamment dans la mouvance communiste ou dans la mouvance anarchiste, ne se penchent pas seulement sur les phénomènes religieux, mais abordent toutes sortes d'autres sujets, comme La Pensée libre, à ne pas confondre avec l'émanation des libre-penseurs, La Raison par exemple.

 

  Prenons précisément cette revue, La Raison, revue de La Libre pensée, qui milite pour la laïcité. Apparue en 1890, alors hebdomadaire, avec pour directeur Victor CHARBONNEL, La Raison est directement à l'origine en 1902 de l'Association nationale des libre-penseurs de France, qui agit parallèlement à la fédération française de la Libre Pensée dont la revue est issue. La Libre pensée repose sur quatre principes : anticléricalisme, antidogmatisme, antimilitarisme et refus de toute oppression économique. La commission exécutive, au plus fort de l'activité de l'Association comme de La Raison, comprend des dreyfusards, comme Alphonse AULARD, des radicaux, comme Ferdinand BUISSON, des socialistes, comme Jean ALLEMANE, Aristide BRIAND, Marcel SEMBLAT et des anarchistes comme Sébastien FAURE. 

   La postérité de La Raison est plutôt intermittente, au gré des scissions et divisions au sein de la "famille" des Libre-penseurs : de 1933 à 1936, elle est l'organe de la Fédération anarchiste de Normandie ; en 1943 à Toulouse un réseau anarchiste dans le Midi de la France parait le journal La Raison, "organe de la Fédération Internationale Syndicaliste Révolutionnaire" ; de 1946 à 1955, la Fédération nationale des libres penseurs de France et l'Union français de la Libre pensée publient La Raison militante, toujours éditée aujourd'hui par l'Association des Libres penseurs de France (ADLPF) ; et en 1956, André LORULOT et Jean COTEREAU fondent La Raison, "organe d'action laïque et de propagande rationaliste", toujours édité par la Fédération nationale de la libre pensée.

    Cette dernière revue est disponible par infographie sur internet (issuu.com). Les militants de la FNLP sont toujours actifs sur des actions ponctuelles, par exemple contre l'utilisation d'argent public pour les crèches de Noël. Conformément à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905, la Fédération a engagé des actions dans ce sens contre les crèches de Noël dans les établissements publics. En 2014, des actions en justice ont entrainé le retrait de crèches de Noël au nom du principe de laïcité, mais n'ont pas abouti partout.

 

La Raison, La Libre pensée, 10-12, rue des Fossés Saint-Jacques, 75005 PARIS.

     

 

 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 14:19

     Issue de l'Association pour un Islam des lumières fondée par le philosophe Malek CHEBEL, pour favoriser une meilleur connaissance de l'Islam, comme civilisation dans l'Histoire et à travers le monde, dans une approche contemporaine et proche de la vie comme elle se vit aujourd'hui, Noor se veut "le porte-voix d'initiatives, de dialogues, de réflexions, de médiations sur des sujets afférents à l'islam dans son interaction avec le monde actuel, en tentant d'être le laboratoire d'idées humanistes ou progressistes pour répondre aux défis de notre époque : la revue se donne d'abord la liberté d'un traitement libre et non conventionnel de ce sujet - l'islam - sous l'éclairage des Lumières, justement."

Malek CHEBEL, anthropologue des religions et philosophe algérien, essayiste et auteur d'ouvrages spécialisés (dont un dictionnaire du Coran), tient des conférences dans de nombreux pays d'Europe et d'Afrique. Il travaille à une vaste enquête sur l'Islam dans le monde, connu pour ses prises de position pour un Islam libéral et en faveur d'une réforme de l'Islam incluant certains aspects de la modernité politique (séparation du temporel et du spirituel, réévaluation du pouvoir des religieux...).

  Dans sa présentation, la très jeune - le numéro 1 date de princtemps 2013 - revue "sur papier et l'écrit et même l'image sonore plus tard", poursuit : "D'où ces rencontres ici ou là avec des artistes, des cheminements pour réfléchir sur la spiritualité et la laïcité, en sortant des sentiers (re)battus, en montrant comment l'intégration va vite et apporte à notre culture française de la richesse, et, dans le fond, en menant à notre manière une réflexion profonde et originale sur notre responsabilité (ou pas) d'êtres humaines à vouloir Vivre Ensemble. Pensée ici pour tous les enfants sacrifiés au nom des religions. C'est ce qu'appelle Malik Chebel, l'Alliance des subjectivités. Lui, qui est persuadé avec nous, que le réveil du racisme et la montée des radicalismes dont nous sommes les témoins sont paradoxalement signal d'un monde qui se meurt, par peur et faute de passions collectives, de projets rassembleurs.

Comme un long trait, sa ligne, son horizon, le grand soir, la revue nous conduit ici ou là, parfois pas loin - dans une salle de spectacle, toujours ouverte aux autres et sur le monde dans sa diversité, nourrie de questionnements délicats et en apparence insolubles, axée sur l'actualité sûrement plus culturelle que politique. Jamais, cependant, la politique n'en est absente, car elle est vue du point de vue de la collectivité, c'est-à-dire non partisane.

L'idée est aussi de donner envie de réfléchir autrement, en écourant ceux que l'on n'entend peu, confinés sans cesse dans leur propre circuit de médiation : artistes entre eux, politiques entre eux, bourgeois entre eux, etc. Etre pédagogue tout en surmontant la difficulté d'y parvenir. Toujours y penser, en soutenant la tension entre grand public et public averti. S'y engager comme une marque de fabrique. ici, et dans l'esprit de la Fondation, la revue se veut comme un clin d'oeil à ces Lumières qui furent au XVIIIe siècle un véritable mouvement de fond pour réagir à l'absolutisme de la pensée (religieuse, politique et scientifique) qui paralysait tout ; aujourd'hui ce serait ce retour des extrémismes, cette peur panique de la liberté, de l'Autre, de la différence qui produit forcément le repli et des questionnements angoissés.

Car l'Islam parle désormais autant de la France, des Français et des Européens, de nos résistances à ce que nous percevons encore comme une culture étrangère, dans un monde en métamorphose, entre globalisation et nouvelles technologies, histoires d'indentités en vrac. il y a des thèmes, des idées qui viendront nous aider à préciser les contours de ces sujets selon ce quelques principes arbitraires assumés : "J'aime, j'aime pas, je ressens, j'éprouve quelque chose, cela me parle, cela me plait, cela m'intéresse ou ne m'intéresse pas", en guise de sélection. Il s'agit de creuser dans cette voie pour arriver à traver un sillon que nous pourrons suivre - sans cependant jamais s'obliger à aller droit..."

   Les animateurs de la revue abordent dans le n°2 de janvier 2014 des situations trouvées un peu partout, en Egypte, en Turquie et en Afrique du Sud... 

 

Noor - revue pour un Islam des Lumières, Noor Editions, 23-25, rue Jean-Jacques Rousseau, 75001 Paris.  www.noorrevue.fr.

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 09:11

 Les Cahiers de l'Islam veulent favoriser la diffusion de contributions sur l'Islam émanant de scientifiques ou d'auteurs spécialistes, à destination d'un public d'horizons divers, spécialisés ou non, en proposant une approche pluridisciplinaire, rigoureuse et renouvelée de l'Islam, à vocation culturelle et pédagogique, dans le triple perspective :

- de valoriser et vulgariser le patrimoine spirituel et intellectuel de l'Islam ;

- de promouvoir et de contribuer à restaurer une image non altérée de l'Islam ;

- de susciter, à travers des contributions rigoureuses, des débats sur les défis et enjeux que traversent, de nos jours, les musulmans en Occident et dans les sociétés musulmanes.

Prenant acte des manquements dans ce domaine, en prise avec les réalités et les problématiques de notre temps, utilisant aussi bien les médias et les canaux de diffusion numériques que traditionnels, il s'agit de fournir au lecteur, en toute indépendance, des clés de compréhension de l'Islam avec tant que faire se peut : objectivité, probité, respect de la pluralité et de la diversité des opinions tout en restant conforme aux principes, valeurs et éthique islamiques.

   Cette auto-présentation sur Internet (qui date de 2013) de la revue indique bien la sympathie religieuse de la revue, et son projet de pluralisme et de respect des valeurs islamiques soulève bien plus de problèmes que dans les deux autres religions monothéistes... et exige une bien forte dose de courage!

Revue d'études sur l'Islam et le monde musulman, elle est visible surtout sur le web et forme un ensemble de revues, de livres, de conférences et de contributions qui vont dans le sens des objectifs présentés. La revue web proprement dite, éditée par l'association loi 1901 "Les Cahiers de l'Islam" date de 1995. Responsables autant du site web que de la revue académique du même nom, Djebbar AMINE, réalisateur du court métrage documentaire "Regards croisés sur l'Islam" et Lemmel PASCAL, cadre en entreprise et ancien élève de l'Institut International de la pensée islamique veulent à la fois oeuvrer pour la connaissance de l'Islam et la discussion scientifique de celui-ci.

L'Institut International de la Pensée islamique (IIIT) fondé en 1981, dans l'Etat de Virigine aux Etats-Unis, proche de l'Association des Chercheurs Musulmans en Sciences sociales se donne pour objet de défendre et de promouvoir les patrimoines intellectuels et civilisationnels musulmans. Il affirme la contribution musulmane des approches historiques, orientalistes, idéologiques et juridiques de l'Islam, en même temps que ses chercheurs entendent participer à un renouveau de l'Islam lui-même. Il s'agit de faire comprendre et de faire progresser la pensée de l'Islam, mais pas la vérité de l'Islam, comme insiste sur ce point par exemple Mohamed MESTIRI en 2003, alors directeur de l'Institut.

La Revue académique Les Cahiers de l'Islam se présente comme un périodique sous forme de livre. Ainsi le n°1-2014 porte sur la question Qu'est-ce que la philosophie arabe?  Des spécialistes s'y interrogent sur la philosophie produite "en climat islamique". Ce dossier est suivi de "Mémoire du Haji... le pélerinage à La Mecque" vu à travers les Arts de l'Islam, la production intellectuelle et matérielle de l'époque médiévale à l'époque contemporaine et de trois recensions. 

 

Les cahiers de l'Islam, Revue d'études sur l'Islam et le monde musulman, www.cahiersdelislam.fr

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 07:59

Publiée par l'Association Jean-Marie DELMAIRE en 1999, cette revue bi-annuelle entend mettre à la disposition du public un large éventail d'articles sur les études juives et la littérature hébraïque. Rédigée par de jeune chercheurs et des enseignants de Lille III, d'autres universités françaises et israéliennes ou étrangères, elle veut conciler exigence universitaire et lisibilité. 

 Dirigée à l'origine par le professeur DELMAIRE (1943-1997), historien et hébraïsant, puis depuis par Danielle DELAMAIRE, maitre de conférences en histoire contemporaine à l'Université Charles de Gaulle,-Lille III, elle propose dans chaque numéro (de 200 pages environ) un dossier thématique, des varia, un document inédait ainsi que des recensions, en particulier de livres parus en hébreu et rarement analysés ailleurs. 

Ainsi le numéro 70 d'automne 2015-hiver 2016 porte sur les écrivains juifs de langue française, Ecrire la judéité, le numéro 68 d'automne 2014-hiver 2015 sur la Grande Guerre et les juifs.

Pour donner une idée de l'orientation de la revue, citons un résumé du dossier sur les Ecrivains juifs de langue française : "Ecrire la judéité est un essai qui fait ce pari : la littérature est traversée par un double rapport de facination et de rejet face à l'identité juive." L'auteur, Maxime DECOUT, entreprend de "relire l'histoire de la littérature du XXe siècle en regard du malaise attaché à la judéité afin d'éclairer les complexités de nos rapports à l'autre et à la différence. Dans le même numéro, Nadia MALINOVICH écrit que "Pendant les années 1920, les Juifs français créèrent de nouveaux espaces d'expression littéraire et culturelle. Beaucoup commencèrent à affirmer leur judéité en termes ethno-culturels, s'éloignant d'une définition purement confessionnelle de celle-ci. Ces nouvelles activités et auto-questionnements - que les contemporainx eux-mêmes désignèrent sous le terme de "réveil juif" - ne furent pas, toutefois, sans critiques. Certains pensèrent que ce "réveil" ne ferait rien, à terme, pour renforcer les liens communautaires et freiner l'assimilation, tandis que d'autres craignaient que toute mise en valeur de supposées "différences juives" se mairait trop facilement, et dangereusement, avec l'antisémitisme." Dans les varia du même numéro, on note Le Noé de la bible hébraïque. Comment relire un texte usé et abusé? par Christophe BATSCH : cet article rappelle les principales difficultés textuelles connues du texte biblique du Déluge et fait le point de la recherche actuelle dans ce domaine.

  La revue publie également des numéros hors série, par exemple sur les Répresentations juives du christianisme au XIXe et XXe siècles (n°8 hors série, 2015), Les Juifs d'Algérie, de l'enracinement à l'exil (n°6 hors série, 2012) ou sur Persécutions raciales dans le Douaisis, pendant la Seconde Guerre Mondiale (n°4 hors série, 2008)...

 

Association Jean-Marie DELMAIRE/TSAFON, BP 61 012, 59012 Lille cedex.

 

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 12:24

  Yod, revue de l'INALCO (Institut National des Langues et civilisations orientales), est centrée sur la littérature, l'histoire, la philosophie et la sociologie du peuple juif en Israël et dans la diaspora,  surtout du XIXe au XXIe siècles (mais elle ne refuse pas d'aller jusqu'à au début du Talmud), ainsi qu'à l'hébreu et aux langues juives. Chaque numéro est consacré à une thématique précise et fait appel à des chercheurs européens, américains et israéliens. Fondée en 1975, c'est la revue du CERMON (Centre de recherche Moyen-Orient, Méditerranée).

La recherche à l'INALCO associe de manière générale les aires culturelles et les champs disciplinaires. Leur croisement, qu'il considère comme particulièrement novateur et fécond sur le plan scientifique concerne des langues rares et des civilisations qui occupent aujourd'hui, de plus en plus, le devant de la scène, Afrique, Moyen-Orient, Eurasie, Asie, jusqu'à l'Arctique, et qui sont au centre des préoccupations majeures de notre siècle. 

Dirigée par Masha ITZHAKI, spécialiste de la poésie hébraïque, et animée par un Comité de rédaction de huit membres qui s'appuient, comme presque toutes les revues universitaires de nos jours, sur un comité scientifique international, Yod parait annuellement et est à consultation entièrement gratuite sur revues.org. Elle aborde des thèmes très précis, comme Le Proche-Orient ancien à la lumière des sciences sociales (n°18, 2013), Le yiddish dans la sphère francophone (n°16, 2011) ou La littérature israélienne, miroir d'une société multiple (n°14, 2009). 

La revue aborde la sociologie et l'histoire du peuple juif de manière très large et ne traite pas du judaïsme en tant que tel. On y trouve néanmoins des articles éclairants sur les relations qui peuvent exister entre religion et littérature. Dans la mesure où les communautés juives sont rarement dépourvues d'une dimension religieuse (et parfois, elles en ont une très forte) et que dans son épaisseur historique l'histoire du peuple juif est aussi celui du judaïsme, il nous a paru utile dans la présenter dans le cadre de notre survol des revues sur les religions. C'est, qu'à l'image de l'arabe avec le Coran et du latin avec le Christianisme, la langue hébraïque est liée à la mentalité religieuse judaïque. Un certain nombre de ses articles abordent d'ailleurs des aspects très forts de la religiosité juive.

Yod, CERMON, Inalco, 49bis, avenue de la Belle Gabrielle, 75012 PARIS

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