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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 08:22

     Les études sur la religion juive sont encore rendues compliquées par la situation politique de l'Etat d'Israël et sa détermination dans la non-résolution du conflit avec les populations palestiniennes. Cette position rend plus aigüe une opposition au sein de la diapora juive (plus importante, rappelons-le, que la population d'Israël) entre sionistes et anti-sionistes. Cette opposition s'envenime d'une seconde opposition, apparue bien envant la Shoah, entre une judaïté religieuse et une conception intégrative des communautés juives dans les divers Etats européens. Le mouvement de critique contre les religions des XVIIIe et XIXe siècle n'a pas épargné le judaïsme ; il est même parfois bien plus radical que dans le monde chrétien. Même s'il a été réduit en importance, sauf aux Etats-Unis, terre de refuge pour une partie de l'intelligentsia juive germanique (où se trouvait la plus importante communauté et les mouvements critiques les plus radicaux), à cause du nazisme et de sa politique de spoliation et d'extermination en Europe, la communauté juive reste active et est traversée par de nombreux courants religieux et non-religieux.

Les publications autour de la religion juive sont tout de même nombreuses, même si parfois, elles s'ignorent les unes des autres, Il ne faut pas confondre Etudes juives, de l'EHESS, qui produit des ouvrages et la Revue des Etudes juives (REJ), revue régulière bi-annuelle semblable à la Jewish Quartely Review, ni non plus le site des études juives, revue virtuelle disponible uniquement sur Internet, qui préviligie la démarche talmudique, ni encore, mais là c'est plus facile à distinguer, Yod, la revue des études hébraïques et juives ou encore Tsafon, revue d'études juives du Nord.

    Les études juives sont restées longtemps quasi inexistantes dans le paysage académique français. Sous l'impulsion de François FURET, au sein de l'EHESS, à la fin des années 1980, une chaire itinérante est allouée par la Fondation du Judaïsme Français. organisées en groupe, composé en 1990 de trois membres (Nancy L GREEN, Laurence PODSELVER et Sylvie Anne GOLDBERG) et d'une direction collégiale associée (Jacques REVEL, Lucette VALENSI, Pierre VIDAL-NAQUET) pilotée par Dominique SCHNAPPER, elles ont formé un centre en 1995 placé sous la rsponsabilité de Maurice KRIEGEL jusqu'en 2013. Ayant pour ambition d'accueillir et de favoriser à l'Ecole le développement de recherches consécrées aux études juives en leur appliquant les méthodes et les problématiques de l'histoire et des sciences sociales, le groupe, puis le Centre d'Etudes juives, ont eu le privilège de recevoir les meilleurs chercheurs internationaux dans le domaine et de contribuer à former des doctorants, dont plusieurs sont aujourd'hui en poste.

Orienté par une triple dynamique, l'équipe s'est donnée pour tâche de dessiner un champ pluridisciplinaire et spécialisé afin d'étudier l'historie des juifs et des judaïsmes dans un espace ouvert tant aux traditions historiographiques reposant sur des bases solides (philologiques, textuelles, culturelles, etc.) sachant privilégier les interactions avec les environnements culturels, qu'aux problématiques récentes engagées dans les sciences historiques et sociales. Elle publie régulièrement des livres selon cette orientation académique.

    Si la reconnaissance universitaire des études sur le judaïsme est relativement clairsemée, il faut compter depuis longtemps, sans oublier les nombreux départements sur les religions dans diverses universités, sur des revues, dont la plus ancienne en France, la Revue des Etudes Juives (REJ) date de 1880. 

Fondée par la Société des études juives en même temps qu'elle, publiée sous la direction d'Isidore LOEB (1839-1892), puis d'Israël LÉVI, elle devait mettre en oeuvre un équivalent (mais non une copie) français de la grande entreprise d'étude scientifique du passé juif et de défense du judaïsme face à ses détracteurs qui s'était développée en Allemagne (Wissenschaft des Judentums). Elle est actuellement dirigée par Jean-Pierre ROTHSCHILD, directeur de recherches au CNRS et directeur d'études à l'EPHE et José COSTA, professeur à l'université Paris-III. Un comité de rédaction est appuyé par un comité scientifique largement international. C'est l'IRHT (Institut de recherche et d'histoire des textes) qui héberge la revue dont elle fait partie, ainsi d'ailleurs que des (336 titres) publications qui se spécialisent généralement dans des travaux de recherche sur les manuscrits et imprimés anciens et sur les textes écrits dans les principales langues de culture du pourtour méditerranien. Les publications y sont consultables sur catalogue papier, daté de 2002, au format pdf. Le catalogue des publications en ligne recence les publications depuis cette année-là jusqu'à aujourd'hui.

La Société des Etudes Juives est hébergée par l'Alliance israélite universelle. Fondée en 1860, c'est une société juive internationale culturelle, installée dans différents pays, mais originellement fraçaise. Directement issue des événements sanglants qui frappent la communauté juive de Damas en 1840, présidée de 1973 à 1976 par René CASSIN, elle poursuit son activité suivant trois axes : éducation, défense des droits de l'homme et des droits des Juifs et défense des conditions de vie des Juifs. Cette société culturelle est l'une des plus importants réseaux de diffusion de la francophonie en milieu scolaire dans le monde. Historiquement d'abord anti-sioniste farouche, elle a assoupli sa position après-guerre.

Organisée en volumes, dont deux contenant les archives de l'année, elle est consacrée à la recherche scientifique et à la publication de textes inédits (histoire, littérature, sociologie, anthropologie) concernant le jadaïsme, entre autres des documents relatifs à l'histoire du peuple juif, comme la Jewish Qauterly Review. Cette dernière est le plus ancien journal d'études juives en langue anglaise, fondé en 1888-1889 et a rarement traité de sujets théologiques.

Presque tous les numéros contiennent aussi une section bibliographique spéciale, consacrée à la recension de travaux actuels sur la culture juive. Les contributeurs sont de diverses nationalités et appartiennent à différentes universités ou instituts de recherche.

L'éditeur de la REJ, Peeters, publie également des ouvrages séparés dans la " Collection de la Revue des études juives", avec des auteurs comme Paul FENTON et Mireille HADAS-LEBEL. 

 

M J-P. Rothschid (REJ), LRHT (CNRS), 40, avenue d'Iéna, 75116 Paris

   

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 09:15

   La revue Chrétiens et sociétés, fondée en 1994, se présente comme une revue d'histoire des religions, centrée sur l'étude des différentes confessions chrétiennes à l'époque moderne et contemporaine. Dans une conception ouverte, en dialogue constant avec les autres secteurs des sciences sociales, ses animateurs, travaillant surtout dans la région lyonnaise, alternent numéros thématiques et numéros de varia, tout en proposant des dossiers d'étude sous la forme de numéros spéciaux.

Créée sous l'égide du Centre André Latreille (Université Lyon 2) et de l'Institut d'Histoire du Christianisme (Université lyon 3), elle est aujourd'hui animée par les chercheurs en histoire religieuse du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes. Les premiers numéros portaient surtout sur les activités des centres et progressivement la revue s'est diversifiée.

   La mise en ligne de Chrétiens et Sociétés a débuté en 2007 et se fait du numéro le plus récent au plus ancien, à l'exception des deux premiers numéros (1-1994 et 2-1995). Ces numéros sont disponibles en libre accès sur le portail revues.org.

  L'équipe de rédaction est actuellement animée par deux directeurs de publication, Yves KRUMENACKER, enseignant d'histoire moderne à l'Université Jean-Moulin-Lyon 3, spécialisé en histoire religieuse de la France moderne et sur le protestantisme et Bernard HOURS, historien spécialiste d'histoire moderne, et deux rédacteurs en chef, Paul CHOPELIN, auteur d'une thèse de doctorat sur l'histoire religieuse de Lyon pendant la Révolution (2006) et Christian SORREL, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Lyon 2, auteur d'ouvrages sur le catholicisme. Un comité de rédaction est épaulé par un comité scientifique d'universitaires français et européens. 

   Son numéro spécial II de 2013 portait sur La vocation du Prince, L'engagement entre devoir et vouloir (XVIe-XVIIe siècles). De nombreux numéros sont sur des sujets très variés. A noter le numéro 19 de 2012 sur Médecine et religion.

Ce numéro, sous la direction de Jean-Dominique DURAND aborde les relations difficiles entre médecins et autorités ecclésistatiques dans l'époque moderne. Olivier FAURE expose le rapprochement de deux univers longtemps affrontés mais aux relations plus complexes qu'on le pense, tandis que Cécile FLOURY-BUCHALIN nous éclaire sur le modèle du "bon malade" pris entre traités religieux et traités médicaux. A noter dans les facteurs de rapprochement, le fait, décrit par Anne JUSSEAUME, de Soigner des femmes en couches : un interdit levé pour évangéliser? Les auteurs abordent cette question des relations entre médecine et religion tant du côté catholique que chez les Protestants.

 

Chrétiens et Sociétés, XVIe-XXIe siècles, Christine CHADIER, Equipe RESEA (Religions, sociétés et acculturation), LARHRA UMR 2190, Université Jean Moulin Lyon III, 18 rue Chevreul, 69362 Lyon Cedex 07.

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 08:51

     Publication scientifique, rédigée et publiée par les enseignants-chercheurs de la Faculté catholique de Strasbourg, ouverte à l'extérieur, la Revue des Sciences Religieuses, aborde tous les champs disciplinaire de la théologie, du droit canonique et des sciences religieuses. Etant donné son origine clairement religieuse, la revue est l'une ce celles qui tourne autour des questions, abordées avec le souci d'objectivité, qui intéressent directement les Eglises : l'éxégèse, l'histoire, la théologie fondamentale et dogmatique, la pastorale et la pratique, l'éthique, la philosophie, les études oecuméniques.

Fondée en 1921, la Revue des Sciences Religieuses, entend toujours, rattachée à la Faculté de Théologie Catholique de Strasbourg, "se consacrer à l'ensemble des disciplines ecclésiastiques". Ses premières signatures étaient celles de Monseigneur RUCH, M. ANDRIEU, E. MANGENOT. 

Trimestrielle, avec deux numéros thématiques par an, la revue comporte un nombre significatif de recensions. Elle est diffusée dans de nombreux pays et publie volontiers des auteurs étrangers, mais toujours en langue française.

    Par une certaine indépendance d'esprit, le souci principal du comité de rédaction, lorsque les auteurs abordent par exemple La théologie à l'université (n°87/4, 2013), Les figures du maitre médiéval et les modèles de son autorité (1400-1500) (n°85/3, 2011) ou Frontière de l'Eglise, frontières dans l'Eglise, La période paléochrétienne (n°81/1, 2007), n'est pas de se conformer aux dogmes officiels, mais de rechercher plutôt les variations et les permanences des attitudes et des fonctionnements religieux, historiquement et théoriquement bien définis dans leur contexte.

   Avec comme directrice de la Revue Isabel IRIBARREN, docteur en philosophie et théologie de l'Université d'Oxford et maitre de conférences en histoire de l'Eglise médiévale à la faculté de théologie catholique de Strasbourg, et Rédactrice en chef Françoise VINEL, responsable de la section Histoire à la Faculté de théologie catholique, la revue est animée par un comité de rédaction d'une dizaine de membres qui s'appuie sur un Comité de lecture d'universitaires de provenances diverses. 

   La revue est disponible sur le portail revues.org, la plupart des articles étant en libre accès, à partir de certains numéros. 

 

     Son numéro 86/4 de 2012 porte sur Dire la guerre, penser la paix, avec des contributions de Frédéric ROGNON, Jacques SÉMELIN, Jason DEAN, Daniel FREY, Frank BOURGEOIS, Jan JOOSTEN et Etienne FOUILLOUX.

Dans le liminaire de ce numéro, on peut lire, sous la plume de Frédéric LOGNON :

"Depuis deux siècles, la guerre a radicalement changé de visage. Armements et stratégies ont connu de profondes transformations mais c'est la conception même du conflit militaire qui a subi les mutations les plus considérables. La Révolution française avait déjà introduit une césure dans l'histoire de la guerre, en instituant la conscription, c'est-à-dire en universalisant l'engagement de la population masculine en âge de combattre dans les opérations militaires. C'est ainsi que Napoléon a bénéficié d'un peuple en armes pour mener ses campagnes et que Clausewitz a cru discerner dans cette guerre "à but absolu" et dans cette "montée aux extrêmes", une véritable accélération de l'histoire.  Les conflits européens du XIXe siècle, les deux guerres mondiales, les génocides et crimes contre l'humanité qui ont ponctué le XXe siècle, l'entrée dans l'ère nucléaire, la guerre froide, n'ont pas démenti cette analyse, d'autant que les populations civiles ont été de plus en plus directements concernées par les effets de la guerre.

Et pourtant, il semble bien que nous soyons désormais face à une nouvelle mutation, totalement inédite. Depuis les guerres de décolonisation et les tensions révolutionnaires dans le Tiers monde, mais surtout depuis la sortie de la guerre froide, nous n'avons plus affaire à deux ennemis clairement identifiés qui respectent tacitement les mêmes règles de l'art militaire, mais à ce que Gérard Chaliand appelle "les guerres irrégulières" : guérillas, guerres de harcèlement et d'usure, attentats terroristes, qui compensent largement l'infériorité technique des insurgés par un intense travail psychologique sur l'opinion publique de l'adversaire."  il faut donc penser la guerre et la paix autrement, vu ses formes nouvelles, idéologiques, basées en grande partie sur le mensonge. "En ce sens, dire la guerre peut être un premier pas sur le chemin qui consiste à penser la paix. Il ne s'agit pas en effet de se contenter de dire la paix, au risque de glisser vers le registre purement invocatoire, si ce n'est incantatoire, d'une paix factice que stigmatisait déjà en son temps le prophète Jérémie. Il importe au contraire d'élaborer une conceptualisation de la paix qui contribue à la construire dans la réalité. Si l'on peut espérer dire la guerre pour éviter de la faire, on peut inversement oser penser la paix pour être en mesure de la faire. La première étape consisterait à préciser les différentes acceptions de la notion de "paix", de manière à évaluer la teneur de chacun d'entre elles, de critiquer les plus inconsistantes et de sélectionner les plus efficientes. Les conditions historiques, économiques, juridiques, sociologiques, éthiques, philosophiques et théologiques d'une paix véritable devaient ensuite être discernées, articulées et problématisées. Enfin, on pourrait interroger les vecteurs de passage de ce concept théorique de "paix" aux modalités concrètes de son effectuation et de sa pérennisation.

C'est à cette fin que s'est tenu, à Strasbourg, de 2008 à 2012, un Séminaire interdisciplinaire, suivi d'un Colloque international en mai 2012. Leur ambition était de faire dialoguer des chercheurs de différentes disciplines pour nous aider à comprendre les tensions spécifiques au monde dans lequel nous vivons, mais aussi les divers efforts de rapprochement entre les peuples. Nous espérions ainsi contribuer à réduire l'opacité qui entoure notre condition ultra-moderne."

 

Revue des sciences religieuses, Palais Universitaire, 9, place de l'Université, BP 90020, 67084 Strasbourg cedex.

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 09:16

Le "renouveau religieux" ne se limite pas à la croissance du discours prosélytes ou à un renouveau de la foi, même si beaucoup de bruits parasitent dans ce sens les médias et Internet, mais aussi par la floraison de revues qui d'une manière ou d'une autre évalue la religion à l'aune d'analyses sociologiques ou/et historiques qui ne laissent guère de place à la crédulité facile... Les Cahiers d'études du religieux font partie de ces revues récentes qui fleurissent, l'existence de l'outil Internet facilitant cette évolution. 

    Les Cahiers d'Etudes du Religieux - Recherches interdisciplinaire sont l'émanation des activités du Centre Interdisplinaire d'Etudes du Religieux (CIER) au sein de la Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier (MSH-M). Ils sont constitués de numéros thématiques, de communications présentées lors des différents séminaires.

Conçus comme un espace de recherche partagé, les Cahiers ont pour objectif de favoriser la collaboration, sur le plan diachronique, des spécialistes de périodes allant de l'Antiquité aux sociétés d'aujourd'hui pour saisir dans toute sa complexité le fait religieux. Les sciences de l'Antiquité, l'histoire, les littératures et civilisations européennes et méditerranéennes, le droit, la théologie sont conviés afin que, multipliant les points d'observation du même phénomène, elles contribuent à une meilleure compréhension des sociétés contemporaines et de leurs trajectoires.

Si les Cahiers sont naturellement l'organe de diffusion des débats interdisciplinaires organisés par le CIER et sont destinés à recevoir les travaux présentés au cours de ses séminaires, ils sont néanmoins ouverts aux propositions extérieures.

Le comité de rédaction comprend Béatrice BAKHOUCHE, professeur de langue et de littérature latines, au CRISES (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences humaines et sociales) de Montpellier et Paula BARROS, maitre de conférences en civilisation britannique, XVIe-XVIIe siècles à Montpellier également. Il est appuyé par un comité de lecture (animé par Anita GONZALEZ-RAYMOND) et un comité scientifique (centré sur Montpellier).

  les Cahiers ont à leur actif actuellement 15 numéros, consultables en libre accès sur le portail revues.org. Le dernier numéro (n°15, 2016) porte sur Le religieux interrogé par les chercheurs. Constructions disciplinaires. ils ont déjà abordés des thèmes comme La religion, instrument de domination?, Les missions (n°1, 2008), La conversion (N°6, 2009), Monothéismes au cinéma (numéro spécial, 2012), Le corps témoin du religieux : corps et âme (N°12, 2013)....

Dans le dernier numéro disponible, plusieurs chercheurs s'interrogent, au cours de Journées d'études, sur la manière dont le religieux est interrogé par les chercheurs. Deux premiers textes abordent des questions épisémologiques. Antony FERNEUIL montre, à partir de l'exemple de Karl BARTH, comment la théologie peut contribuer à la réflexion en sciences des religions alors que Julien CAVAGNIS interroge le thème du "retour du religieux" à partir d'une lecture croisée de trois oeuvres de M FOUCAULT, M de CERTEAU et L KOLAKOWSKI. Bien qu'elle s'inscrive dans une perspective différente, Esther PINON, dans son étude sur les religions romantiques, révêle de même la nature potentiellement problématique de l'objet religieux, qu'elle propose de dépasser par un recours fécond au doute. Plusieurs autres auteurs interrogent l'influence du contexte des chercheurs sur leurs études du religieux, qu'il soit laïc, boudhique, entre autres contributions. 

 

Cahiers d'études du religieux, Maison des sciences de l'homme, cerri.revues.org.

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 12:17

    Sous-titrée Enjeux des approches empiriques des religions, cette revue récente (2011), à périodicité annuelle, veut "se mettre à l'école de l'expérience pour la penser". "Loin de pouvoir leur imposer des catégorie prédéfinies, la philosophie comme les sciences humaines et sociales des religions ne sauraient faire l'impasse sur les différentes manières dont se donnent les pratiques et les croyance squ'elles veulent penser. Cette rencontre de la philosophie et des sciences avec l'expérience religieuse, les conflits qu'elle génère, les potentialités théoriques qu'elle porte, sont les thèmes de la revue (...). Par conséquent, ThéoRèmes a pour vocation de proposer des travaux originaux en sciences des religions, que ce soit en anthropologie, sociologie, psychologie ou sciences cognitives, mais qui toujours possèdent une portée réflexive."

     Publiée en ligne et en accès libre sur le portail revues.org, elle présente sous une forme originale des recherches en cours dans l'urniversité francophone mais aussi de langue anglaise. En effet, au lieu de reprendre la formule classique, héritée de la parution sur papier, de la parution par numéros, elle choisit de publier les articles sélectionnés par son comité scientifique dès qu'ils sont finalisés et de les organiser par discipline et thématiquement. Même si cette méthode joue sur la souplesse d'Internet, les articles publiés sont l'objet de la même attention que dans l'édition habituelle en matière scientifique. 

     Ainsi la revue a-t-elle déjà plusieurs dossiers en activité : 

- Wittgenstein et le religieux (depuis 2011) ;

- Les renouveaux analytiques de la philosophie de la religion en question (2012) ;

- Réfléchir les conversions (2012) ;

- Christianisme et condition postcoloniale (2013) ;

-Ll'incroyance religieuse (2013) ;

- Le réalisme spéculatif. Entre athéisme et messianisme (2014)

- Capter le rite, filmer le rituel (2015).

     Son directeur de publication Anthony FENEUIL (Université de Lorraine), docteur en philosophie et théologie, spécialisé en partie sur BERGSON, qui travaille sur les apports possibles de la théologie à la philosophie, et son rédacteur en chef Yann SCHMITT, docteur en philosophie (EHESS), spécialisé en métaphysique et philosophie de la religion animent un comité de rédaction de 4 membres, appuyé par un comité scientifique d'universitaires de plusieurs horizons.

 

Revue ThéoRèmes, Anthony Ferneuil, Faculté de théologie - IRSE, Université de Genève, 5 rue de Candolle, 1211 GENÈVE 4.

 

     

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 06:46

  La Revue de l'histoire des religions (RHR), publication trimestrielle fondée en 1880, dont la direction est établie au Collège de France, couvre toutes les formes du donné religieux, discours et vécu, des origines à nos jours, sous toutes les latitudes. Publiée aux éditions Armand Colin et disponible sur le site Internet Cairn, la revue met à la disposition du public le texte intégral des fascicules parus de 1946 à 2004, consultable gratuitement sur le portail Persée. La revue alterne mélanges et numéros thématiques avec à chaque fois un coordinateur particulier. 

    Lancée par l'industriel lyonnais Emile GUIMET (1836-1918), sa direction est confiée à un fils de pasteur, spécialiste du judaïsme, Maurice VERNES, avant qu'il ne devienne président de la section des "sciences religieuses" à l'Ecole pratique des hautes études. Ce n'est qu'en 1988 que les responsables de la publication mettent en place pour la première fois un conseil de rédaction composé de jean BAZIN, Nicole LORAUX, Charles MALAMOUD et Maurice OLENDER, sous la direction d'Antoine GUILLAUMONT (1915-2000) et de Charles AMIEL, de l'EHESS, toujours à son poste.

Actuellement le comité de rédaction est composé d'Hélène BERNIER, Katell BERTHELOT, Frédéric GABRIEL, Viviane COMERRO, Milad DOUEIHI, Guillaume DUCOEUR, Cédric GIRAUD, Laura PETTINAROLI, Alain RAUWEL, Gaëlle TALLET, François TRÉMOLIÈRES et de Stéphanie WYLER. Avec une trentaine de correspondants à l'étranger.

   D'emblée, Maurice VERNES annonce son refus de tout dogme et veut appliqueer les méthodes critiques et historiques aux faits religieux, mettant sur un même plan les textes bibliques, le judaïsme, le Coran et les textes de l'Islam, les mythologies égyptienne, grecque ou romaine, les religions chinoises, etc.

Un des objectifs de la revue est de rendre possible l'enseignement des religions dans l'enseignement public et obligatoire.

 

  Plus sans doute que beaucoup d'autre revues, la revue se démarque de tout esprit d'activité ou de pensée religieuse. Elle n'entend pas participer ni à l'oecuménisme ni aux manifestations diverses de dénigrement. Il s'agit d'analyser froidement, en regard de la réalité observable, les tenants et aboutissants du phénomène religieux.

Ainsi dans le numéro 2 de 2011 qui porte sur Religion, secret et autorité, pratiques textuelles et cultuelles en clandestinité, on trouve les contributions de Chrystel BERNAT et Deborah PUCCIO-DEN (avant propos), d'Asma HILLALI (Compiler, exclure, cacher. Les traditions dites "forgées dans l'Islam sunnite (VIe-XIIe siècle)), de Frédéric GABRIEL (Les mystères de l'institution liturgique (1629-1662)) ou d'Okhan MIR-KASIMOV (Techniques de garde du secret en Islam)... Le numéro 2 de 2013 porte sur Ecrire dans les pratiques rituelles de la Méditerranée antique. Identités et autorités, tandis que le numéro 2 de 2014 sur Langue et autorité théologique à la fin du Moyen Âge... Ces thèmes parmi bien d'autres éclairent sur des aspects tous particuliers des manifestations bien temporelles du pouvoir religieux. 

 

 

Revue de l'histoire des religions, Collège de France, 11, place Marcelin Berthelot, 75231 Paris CEDEX 05.

 

 

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 09:27

Les Archives des sciences sociales des religions, fondée en 1956 sous l'égide du CNRS (d'abord sous le nom de Archives de Sociologie des Religions, puis en 1973 sous le nom actuel), est publiée par les Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Elle se donne pour objectifs, selon ses propres termes de :

- promouvoir une perspective comparative, élargie à toutes les religions, et à toutes les aires culturelles ;

- favoriser une coopération de toutes les sciences sociales aux fins d'éclairer les facettes multiples du phénomène religieux ;

- accueillir l'exposé des réflexions méthodologiques et théoriques sur les objets de la recherche.

"L'effervescence, écrivent ses animateurs, de l'actualité religieuse et la globalisation des formes de religiosité conduisent plus que jamais les sciences sociales à interroger leurs frontières disciplinaires et à mettre à l'épreuve leurs paradigmes du fait religieux."

    Archives de Sciences Sociales publie alternativement des numéros thématiques ou de varia et des synthèses bibliographiques. Trilingue (anglais, français, espagnol), trimestrielle, ses articles témoignent des recherches les plus avancées en ce domaine, en France et à l'étranger. Les numéros de la revue sont disponibles sur le portail revues.org, en consultation libre pour les numéros de plus de trois ans (tous les résumés sont consultables).

   Fondée par Henri DESROCHE (1914-1994), prêtre catholique et sociologue, par ailleurs proche du groupe Économie et Humanisme de Louis-Joseph LEBRET, spécialiste des coopératives et Gabriel Le BRAS (1891-1970), juriste et sociologue des religions et du droit, elle constitue une mine d'informations sur les recherches en sciences sociales concernant les religions au sens large.

    Les Archives désignent moins au départ une revue qu'un bulletin, instrument au service d'un projet scientifique de catégorisation, de classement et de typologie de la matière disponible. Puis de vrais numéros thématiques apparaissent, surtout à partir des années 1970, avec la floraison d'articles. Le premier paradoxe est que l'épuisement de cette entreprise de recensement exhaustif de thèses, d'articles et d'ouvrages, et l'échec de la grande ambition de typologie des faits religieux qui lui donnait sens, a engendré, au fil du temps une revue dont la "partie rédactionnelle" n'a cessé de s'étoffer et de se construire. Elle passe d'une sociologie religieuse, plus ou moins héritée de l'école durkheimienne (surtout versant MAUSS) à une sociologie des religions d'intellectuels progressistes chrétiens, lecteurs de MARX, d'ENGELS, de WEBER et de DURHEIM et inspirés par l'entreprise de typologie des groupes religieux de Joachim WACH. Ces "jeunes sociologues des religions" se précipitent sur les non-conformismes et sur les marges du religieux autant que sur toutes les "religions de contrebande". En fait, au sein de l'équipe de rédaction comme entre les collaborateurs plus ou moins réguliers de la revue, la séparation entre une science des religions, dominée par le modèle universitaire de la scientificité sociologique et une sociologie appliquée, sociologie confessionnelle ou pastorale, sociologie d'expertise et de conseil de "pasteur sociologue" ou de sociologue pasteur, s'exprime difficilement.

La revue a du mal dans les années 1960 à se démarquer des pressions des institutions religieuses, le principe de la complémentarité des intérêts scientifiques et religieux étant très discutable et très discuté. S'agit-il de se démarquer des ancrages ou des héritages confessionnels au sein même de la revue ou de contribuer d'une certaine manière à un eoecuménisme interconfessionnel, interdisciplinaire, international? Cette problématique se retrouve en dehors du traitement du christianisme, dans les études sur l'Islam, le boudhisme, dle chamanisme, le judaïsme, et au delà sur les formes de non religiosité. L'ouverture de la revue à des auteurs non catholiques favorise avec un oecuménisme méthodologique qui n'est pas à confondre avec l'engagement dans un oecuménisme théologique ou religieux (qui était dans l'air du temps). La revue trouve l'aboutissement de ses interrogations dans une pratique coopérative rassemblant des compagnons de toutes convictions au service d'un développement humain communautaire.

Aujourd'hui la revue garde son aspect "mise à disposition du patrimoine" tout en continuant de développer des thématiques fournies. Tout en laissant chaque discipline concernée par l'étude des religions occuper un espace important, l'équipe s'efforce, avec peine tout de même, à traiter du phénomène religieux en tant que tel, préférant à la notion de spécificité tranchante celle d'une expérience du sacré. Sur le fond, les grands débats originels de la revue font retour dans les préoccupations philosophiques d'aujourd'hui, comme le montre l'engouement des philosophes pour le religieux. (André MARY, n°136, octobre-décembre 2006).

 

    Archives de sciences sociales des religieux, entre ces "Bulletins bibliographies", traite de questions aussi diverses que Chrétiens au Proche-Orient (170, 2015) que Religions et dictatures (169, 2015), Postérités allemandes (167, 2014) ou L'orthodoxie russe aujourd'hui (162, 2013) ou encore Les laïcités dans les Amériques (145, 2009). 

    Actuellement dirigée par Pierre-Cyrille HAUTCOEUR, la publication a à sa tête comme rédacteurs en chef Pierre LASSAVE et Emma AUSTIN-BOLTANSKI et un comité de rédaction d'une vingtaine de membres, sans compter un Conseil scientifique. Elle est publiée en collaboration avec le Centre d'Etudes Interdisciplinaires des Faits religieux (EHESS-CNRS), le groupe Sociétés, Religions, Laïcités (EPHE-CNRS), le Centre d'Anthropologie Religieuse (EHESS-CRH), le Centre d'Etudes de l'Inde et de l'Asie du Sud (EHESS-CNRS) et le Centre d'Anthropologie Sociale (LISST-CNRS, Université de Toulouse II - Le Mirail).

 

 

 

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 11:15

Parmi les revues d'études sur le cinéma, et plus largement sur l'audiovisuel, signalons la revue dirigée actuellement par Pierre ARBUS, proposé par l'Ecole Supérieure d'Audiovisuel (ESAV) et l'équipe Esthétique du Laboratoire de Recherche en Audiovisuel (LARA) de l'Université Toulouse II le Mirail. Editée sur internet sur le site revues.org, grâce au concours du Centre pour l'Edition électronique ouverte (CLEO/Open édition/CNRS. 

Revue annuelle, Entrelacs propose aux enseignants-chercheurs du laboratoire mais aussi de laboratoires extérieurs, docteurs, doctorants, créateurs non enseignants impliqués dans une démarche de création-recherche, un "lieu de communication et de valorisation de leurs travaux. Elle reprend m'orientation thématique du laboratoire, à savoir Histoire, Esthétique, et Publics de l"audiovisuel."

Evitant les synthèses, questions de cours et vulgarisations, elle veut profiter aux "croisements disciplinaires, approches inattendues,  postures nouvelles dans la communication d'une recherche orientée vers tous les champs du cinéma et de l'audioviduel." Ses fondateurs veulent pouvoir recourir "aux intuitions et hypothèses de l'imaginaire, de manière à doubler les états de la pensée rationnelle des modes du sensible et de l'intime, et de toute l'expérience intérieure qui fait de chacun de nous non plus de simples commentateurs de formes, mais, à part entière, de véritables inventeurs de sens."

Existante depuis 2000, la revue offre en ligne ses numéros depuis 2004. Ainsi, ces numéros, tous reliés chacun à un thème, portent successivement sur La Machine (2005), L'Arbre (2007), L'atelier (2009), Imaginaire (2011), Voir le genre (2012), Le Toucher (2013), La Voix (2014), Nouvelles formes audiovisuelles documentaires (2016). Des Hors déries portent respectivement sur Séries in/out (Les séries télévisées à la télévision et ailleurs) en 2008 et Le post-humain et les enjeux du sujet en 2012. ce dernier numéro s'inscrit dans le prolongement d'une journée d'études organisée en mai 2009 qui a regroupé plasticiens, philosophes et psychanalystes pour réfléchir sur un concept récurrent qui traverse aussi bien le champ de l'art, que celui de la philosophie, voire celui de la psychanalyse, sans parler des enjeux politiques.

Dans le dernier numéro de 2016, figurent, pour évoquer le webdocumentaire, les signatures de Claire CHATELET, Bruno BERNARD, Marianne CHARBONNIER, Samuel FANTIER, de Marine BÉNÉZECH et de Michel LAVIGNE. Pour réfléchir sur le renouvellement des genres et les procédés narratifs, celles de Fanny MAHY, Philippe BRAND, Julie SAVELLI,  et d'Hélène LAURICHESSE. Des oeuvres interactives singulières sont évoquées par Rémy BESSON, Caroline SAN MARTIN, Lise GANTHERET, Amanda ROBIES, Andrey GINESTET et Fabrice LAPEYRERE.

Notons également dans le numéro 5 (La Machine, 2005) une contribution de David FAROULT sur le Cinéma : connaissances, croyances et idéologies (Transformations du cinéma, transformations des spectateurs : ce que peut le cinéma), qui resitue notamment des expériences cinématographiques auxquelles font souvent référence les cinéastes militants.

 

 

 

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 09:18

   L'univers de l'édition sur papier ou électronique sur l'addiction est assez important, compte-tenu de la mobilisation d'une grande partie des ministères de la santé et des spécialistes sur l'étude des drogues, de l'alcool et du tabac. Longtemps restées sur des logiques plus répressives que thérapeutiques, les Etats se sont attaqués depuis un bon quart de siècle maintenant aux aspects sociaux et sociologiques de ces addictions "chimiques" et ont même étendus leurs énergies (au plan national comme au plan international) sur les addictions comportementales, tel que l'audiovisuel (télévision + jeux videos). L'ensemble de la littérature traite encore de manière majoritaire des addictions "chimiques", avec des perspectives très nombreuses et diverses. 

   On peut citer un certain nombre de publications spécialisées, mais dans la littérature scientifiques des sciences humaines, on trouve de très nombreuses réflexions et parfois l'ébauche d'établissement d'un modèle général des addictions, quels que soient leur nature. 

    L'Organisation Mondiale de la Santé établit une liste des principales publications internationales, régionales ou nationales, lesquelles ont chacune un site Internet dédié :

- Actualité et Dossier en Santé Publique (ADSP), revue trimestrielle du Haut Comité de Santé Publique ;

- Alcoologie et Addictologie, revue trimestrielle de la Société Française d'Alcoologie ;

- Antiane-éco, revue trimestrielle de l'INSEE ;

- Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), bulletin hebdomadaire de la Direction Générale de la Santé ;

- Drugnet Europe, lettre d'information trimestrielle de l'OEDT (Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies ;

- Interdépendances, revue mensuelle éditée par le groupe SOS Drogue International (Première association de lutte contre les toxicomanies et d'aide aux usagers de drogue) ;

- Interventions, revue de l'ANIT (Association Nationale des Intervenants en Toxicomanie) ;

- Le courrier des addictions, revue trimestrielle de la Société d'Addictologie Francophone (SAF) ;

- Les données de l'environnement, parution trimestrielle de l'IFEN (Institut Français de l'ENvironnement) ;

- Objectif Drogues, bulletin trimestriel édité par l'OEDT (Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies) ;

- Pan American Journal of Public Health, revue éditée par la Pan American Healthe Organization ;

- Pharmacentiques (Santé, médicaments et industrie), revue de presse éditée par PR-Editions ;

- Population et sociétés, bulletin mensuel de l'INED (Institut National d'Etudes Démographiques) ;

- Questions d'économie de la santé, bulletin d'information de l'IRDES (Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé) ;

- Revue d'Epidémiologie et de Santé Publique ;

- Revue Psychotropes, revue trimestrielle spécialisée éditée par les éditions de BOEK ;

- Revue Toxibase, revue trimestrielle éditée par Toxibase (Réseau nationale d'information et de documentation sur les drogues et les dépendances) ;

- Santé Publique, revue trimestrielle de la Société Française de Santé Publique ;

- Tendances, bulletin trimestriel édité par l'OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies) ;

- THS - La Revue des addictions, bulletin trimestriel de la Société Européenne Toxicomanies, Hépatites, sida (SETHS), éditée par les Editions du Mûrier.

   A cette liste, très centrée sur la question des drogues et de l'alcoolisme, nous pouvons adjoindre d'autres revues qui examinent plus largement les addictions :

- Addiction Journal, publiée depuis 1884 par la Society for the Study of Addiction ;

- Addictive Behaviors, éditée depuis 1976 par Elsevier ;

- Le courrier des addictions, publiée depuis 1997, première revue médicale francophone à tisser des liens entre les acteurs issus de champs différents (alcool, tabac, drogues) (edimark.fr) ;

- Addictions, publication de l'ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alccologie et Addictologie) qui examine réellement toutes les formes d'addiction (le numéro 41 aborde par exemple l'insertion à l'école, les pillules du bonheur, les drogues numériques...).

   Il faut en outre signaler la tenue en novembre 2014, d'un colloque organisé par le Groupe Romand d'Etudes des Addictions, l'Université de Genève, et Première Ligne, à l'occasion du 50 ème anniversaire du GREA  et des 10 ans de Première ligne (Association genevoise des risques liés aux drogues). Avec quatre thématique, afin de préciser la signification des addictions, trop noyées dans le langage courant, : le risque, la construction identitaire, l'Espace public, privé, Les politiques publiques. 

 

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 14:31

   Créée récement (2010) et publiée par l'Institut de recherches historiques du Septentrion (CNRS/Université Lille3), la revue Comptabilités porte sur l'histoire et l'archéologie des documents comptables, des institutions qui les commanditent et des personnes qui les réalisent et les utilisent, d'aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps et jusqu'à la mise en place, au milieu du XXe siècle, des pratiques comptables actuelle. Publication électronique en libre accès, elle est disponible sur le portail reveues.org. 

  Dans son premier numéro (1/2010, Varia), les initiateurs de la revue écrivent que la revue entend s'ouvrir "aux historiens comme aux chercheurs d'autres disciplines s'intéressant à l'histoire de la comptabilité, à ses documents, ses institutions et ses acteurs."

Le sujet est vaste "par l'universalité des pratiques comptables et la diversité des formes qu'elles ont prises, depuis l'encoche sur un morceau de bois des temps néolitihiques jusqu'au programme informatique d'aujourd'hui. Vaste aussi car l'activité de gérer et de contrôler des recettes et des dépenses ne peut être aisément isolée de tous les autres actes de gestion des droits, des biens et des personnes qui finalement l'encadrent et l'expliquent, car il est vain de vouloir étudier les comptabilités en ignorant tous ces documents associés qui ont pour nom censier, cherche de feux, état, aperçu, journal, livre de raison, grand-livre, registre, prospectus, brouillard, manuel..., qui dorment par milliers dans les fonds d'archives.

Mais la richesse des fonds ne seraient guère un argument si les comptes ne nous restituaient des concepts, des savoirs et des savoir-faire en constante évolution et interaction : ceux du philosophe et du clerc, du paysan et du marchand, du bourgeois et e l'entrepreneur, du prince et de l'Etat. L'histoire de la comptabilité est autant une histoire des idées que des techniques et de la civilisation matérielle, aussi bien une histoire économique et financière que sociale et politique. (...)".

Sujet neuf aussi car "ce n'est que depuis peu, et encore trop rarement, que les enquêtes portent sur les documents eux-mêmes et sur les conditions de leur production. Répondre aux appels à la constitution d'une codicologie et d'une "diplomatie des comptabilités" apparait pourtant essentiel pour déssiner les contours socio-culturels des acteurs et pour mettre en lumière les stratégies de gouvernance des autorités et des entreprises. Et si les enquêtes initiées par Pierre Jeanin, Jocken Hook et Wolfgang Kaiser sur les manuels et traités à l'usage des marchands ont montré des voies certes désormais empruntées par les sciences historiques comme par les sciences de gestion, il reste beaucoup à faire et à faire connaitre à propos des comptabilités marchandes et industrielles. L'étude des comptabilités privées a certes progressé, ainsi qu'en témoignent un nombre croissant de publications mais le champ est vaste et l'on ne saurait non plus oublier les comptabilités nationales, macro-économiques, et les relations qu'entretiennent les uns et les autres. Quant à la comptabilité publique, la recherche s'est essentiellement développée sur les aspects institutionnels et rares encore sont les études portant sur la formation de la science administrative : sur le processus de normalisation et d'acculturation entre les administrations centrales et locales, sur la place des savoirs marchands dans les organisations publiques, sur la circulation des modèles et l'analyse de leurs performances, sur les concepts et les modalités de contrôle. Les travaux des précurseurs existent, mais il importe aujourd'hui de promouvoir des analyses comparées à l'échelle européenne, à l'instar de ce qui a pu déjà être fait en matière de comptabilité industrielle.

Comptabilité, revue d'histoire des comptabilités, naît sur ce terreau fertile en cultivant le souhait d'aider au développement et à la diffusion des enquêtes et des la réflexion sur les rapports entre économie, société et politique. Les crises systémiques de gouvernance que traversent actuellement nos sociétés ont à l'évidence inspiré la démarche mais, fondée par des historiens, la revue entend prendre le recul nécessaire et affirmer sa différence, si l'on veut bien considérer que ses comparses étrangères (...) ont été initiées par des chercheurs en Sciences de Gestion. N'est-il pas temps pour les historiens de participer activement et lisiblement aux débats?"

  La revue a déjà traité plusieurs thèmes (Approches codicologique des documents comptables du moyen-Age, Objets et formes du contrôle en Europe à l'époque moderne, Le vocabulaire et la rhétorique des comptabilités médiévales, Maux et mots de la comptabilité privée (1750-1980), Comptables et comptabilités dans l'Antiquité, Savoirs et savoirs-faire comptable au Moyen Âge) à raison d'une parution par an. Les auteurs de la revue s'assignent des bornes temporelles. S'ils veulent aborder toutes les époques et tous les pays, il s'arrêtent à l'adoption définitive en 1957 du Plan comptable général et la mise en place de la comptabilité nationale par l'ordonnance du 2 janvier 1959. Le directeur actuel de la publication est Patrick BECK, professeur d'histoire  médiévale à l'université Lille-Nord de France-Lille 3, secondés par deux rédacteurs en chef, Marie-Laure LEGAY et Matthieu de OLIVEIRA, tous deux travaillant à la même université. Un comité scientifique comprend des universitaires d'autres régions). La périodicité se veut semestrielle.

  Si le vocabulaire utilisé dans les présentations reflète les vocables utilisés par la profession de comptable, les articles présentent un intérêt certain, qui dépasse largement les aspects techniques, quant à leurs contenus et leur formulation. Ainsi, chaque thème est précédé d'un Editorial qui expose les problméatiques abordées par les auteurs. Le numéro de 2014 (n°6) portant sur Comptables et Comptabilités dans l'Antiquité, commence par un Editorial de Patrick BECK et une introduction de Véronique CHANTOWSKI, qui permettent d'aborder les contributions de Cécile MICHEL (La comptabilité des marchands assyriens de Kanis), de Laetitia GRASLIN-THOMÉ (Archivage et comptabilité en Babylonie au VIe siècle av JC), de Charles DOYEN (Pratiques comptables en Grèce hellénistique), de Leopold MIGEOTTE (Les grands livres de Tauroménion en Sicile), de Alain SHÄRLIG (Les moyens di compatable antique), de Julien M. OGEREAU (La plus ancienne référence comptable chrétienne), de Gérard MINAUD (La comptabilité pour mieux communiquer : l'étrange cas romain)... Gérard MINAUD écrit ensuite une conclusion sur les comptables et la comptabilité dans l'Antiquité.

 

Comptabilités - Revue d'histoire des comptabilités, portail www.revues.org.

 

 

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